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Bienne recoit : la source de la Doye-Magnin, l'Evalude, la Doye-Gabet, la riviere du Trou de l'abime, le Tacon, le Flumen, le Lison, le Longviry, V'Enragé et l'Héria.
La Valouse reçoit le ruisseau de l'Evéque, le Valouson et le Sançon. En dehors du département, l'Ain reçoit encore le Surand qui naît dans le Jura et qui y reçoit le Noëllun, le Ponson, le torrent de La Balme d'Epy et les deux fontaines de la Doye.
La Valserine, affluent direct du Rhône, naît sur la frontière du canton de Vaud. Elle forme pendant 17 kilomètres la ligne de séparation entre les départements du Jura et de l'Ain et entre ensuite dans ce dernier.
La Saône ne touche pas le Jura, mais elle reçoit du département l’Oignon, la Brizotle, le Doubs et la Seille. Le Doubs entre dans le Jura un peu en aval de Rozet; il arrose Dôle, puis entre dans la Haute-Saône après un parcours de 80 kilomètres dans le Jura. Le Doubs reçoit dans le Jura : l'Arne, la Véxe, la Clange, la Loue, l'Orain et la Sablonne. La source de la Loue est l’une des plus belles de France ; cette rivière reçoit elle-même dans le Jura la Furieuse, la Lurine, le Saron et la Cuissance qui traverse Arbois.
Le bassin du Rhin ne comprend que l’Orbe qui naît dans le canton de Morez, passe à Bois d'Amour, et sort de France, après un cours de 15 kilomètres, pour entrer en Suisse, où elle se perd dans le lac de Neuchâtel.
Les lacs disséminés dans la montagne sont nombreux. Les plus considérables sont : le Zac des Rousses, le lac de l’abbaye de Grandvaux et celui de Chalin. Les étangs sont peu nombreux dans la Bresse, car, depuis trente ans, on a desséché beaucoup. Les lacs sont poissonneux.
Le climat du Jura est très variable. La température moyenne annuelle est de 12 degrés à Lons-le- Saunier, de 8 degrés à Champagnole et de 5 degrés seulement sur les sommets découverts de la haute région jurassique. L'hiver, dans la Bresse, commence en décembre pour finir en mars; dans le pays moyen, les froids commencent à sévir en novembre pour cesser en avril; enfin, dans la montagne, où l'hiver dure six à sept mois, les neiges apparaissent en octobre et persistent jusqu’en mai. Les gelées tardives sont à redouter dans le Jura central. Les. orages et la grêle sont fréquents dans la zone des collines en juillet et août, mais ils sont plus rares dans la plaine. La hauteur moyenne d’eau qui tombe annuellement est de 1,15. Dans la plaine cette hauteur d’eau ne dépasse pas 0,580 ; elle s’élève à 0,600 dans la région des collines et atteint 1,380 dans la montagne. Les vents dominants dans la plaine sont ceux du nord et du nord-est, dans la montagne ceux de l’est et de l’ouest. Les vents du sud-ouest, du sud, du sudest et du sud-ouest amènent presque toujours des pluies violentes. Dans la plaine, le soir des chaudes Journées et avant le coucher du soleil, le vent de l’est, appelé juron ou montaine, descend des montagnes le long des collines et occasionne souvent des refroidissements.
Comme nous l'avons dit, le Jura a été formé de la Franche-Comté. Le bailliage d’Aval a formé les arrondissements de Lons-le-Saunier et de Poligny, et toute la partie septentrionale du canton de Saint- Laurent, qui appartient à l'arrondissement de Saint- Claude. La partie occidentale est peu mouvementée. On y rencontre des plaines assez étendues depuis les limites du département de Saône-et-Loire jusqu’à la base de la falaise qui passe à l’est de Beaufort. C’est la Bresse; on y cultive les céréales et le Maïs. Son sol est trop froid et trop humide pour la Vigne. Le Chêne, le Charme et le Hêtre y végètent bien. Les collines et les plateaux qui dominent la plaine et qui sont protégés des vents du nord et d'est par les élévations jurassiques, pré-
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sentent aussi des cultures de Froment et de Maïs, mais ces cultures sont encadrées de beaux et fertiles vignobles. Le Noyer et les arbres fruitiers sont nombreux. Les plateaux commencent à 500 mètres; les pâturages qu’on y rencontre sont rares et maigres. — La partie située à l’est est plus mouvementée ; elle appartient à la région des montagnes et forme le plateau de Nezeroy. On n'y cultive que le Seigle, l’'Orge, l’Avoine et exceptionnellement le Froment. Cette région renferme de magnifiques forêts résineuses, c’est la zone des Sapins. Au-dessus on trouve la région des pâturages d'été.
La terre de Saint-Claude est la partie la plus accidentée et la plus pittoresque. Elle renferme des montagnes ornées de magnifiques forêts : c’est dans cette partie que sont situés les hauts plateaux des Moussières, de Prémaron et de Saint-Laurent, sur lesquels il existe de nombreuses fromageries et de très beaux lacs.
Le bailliage du Milieu renferme l'arrondissement de Dôle. On y remarque des plaines, des vallées et des plateaux. Cette partie appartient à la région des vignobles. Elle comprend un îlot granitique situé entre les vallées du Doubs et de l’'Ognon.
On peut distinguer dans le Jura français quatre régions agricoles. Voici comment M. Risler les définit dans sa Géologie agricole : 1° La région basse ou région de la Vigne, où l’on cultive la Vigne jusqu'à 400 mètres de hauteur, dans les endroits bien exposés, principalement dans les marnes du lias; la culture du Maïs y est aussi très répandue, et les fermes sont entourées de Noyers et d'arbres fruitiers de toutes sortes. 2° Dans la région moyenne ou région des forêts de Chênes et de Hêtres, qui s'étend de 400 à 700 mètres de hauteur, la Vigne a disparu, le Maïs devient rare, maïs toutes les céréales donnent de bons produits. Les forêts sont composées de Chênes et de Hôêtres. 3° Dans la région montagneuse ou région des forêts de Sapins, de 700 à 1100 mètres environ, le Froment ne réussit plus. Comme céréales, on ne cultive que l’Orge et l’Avoine. Plus de Noyers, plus d'arbres fruitiers ; les forêts de Sapins et d'Epicéas ont remplacé celles de Chênes et de Hêtres. 4° Enfin, la région des pâturages, qui s'élève de 1100 mètres jusqu'aux cimes les plus hautes, est parsemée de bois de Sapins.
Le système géologique du Jura est bien défini. — Il appartient au trias, au lias, au groupe oolithique, au système infra-crétacé, au système crétacé.
Le trias est représenté au pied du Jura, près de Salins, par son étage supérieur, le Keuper, qui se compose, d’après M. Marcou, de trois assises : l’assise inférieure, de plus de 100 mètres de puissance, qui fournit les eaux mères des salines, l’assise moyenne qui a 50 mètres d'épaisseur et contient du gypse régulièrement stratilié, et l’assise supérieure, qui est schisteuse et calcaire; cette dernière a une épaisseur d’une trentaine de mètres.
La composition du lias dans le Jura peut, d’après M. de Lapparent, être exprimée par le tableau suivant, relatif aux environs de Salins :
Grès supérieur et minerai de fer oolithique à Amm.. opalinus (8 à 20 mètres).
Poarcien ee Tes Puisperdu, à Trochus (15 mètr.). Schiste bitumineux à posidonies (2 à 3 m.).
Marnes à plicatules. | (46 m.) Marnes à Amm. margarilatus. |: sf
Liasien 0 { Calcaire à Bélemnites, avec Bel. acutus,
] B. umbilicatus.
\ Marnes à Gryphæa reqularis.
Sinémurien.. — Calcaires à Gryphées arquées (8 mètres).
Le système oolithique est représenté par le bajocien qui, aux environs de Lons-le-Saunier, com prend une zone à Amm. Murchisonæ composée de 50 mètres de calcaires oolithiques et spathiques, avec minces lits de marnes grises ou bleuâtres;
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puis viennent les calcaires siliceux, avec ilots de polypiers, de la zone à Amm. Humphriesianus, associés à des calcaires en grandes dalles que recouvrent des calcaires roux spathiques.
Le bathonien, aux environs de Dôle, offre en général trois assises consécutives, distinguées par leur teinte dominante. A la base est le bathonien irisé; le bathonien blanc vient ensuite, il est formé de calcaires à oolithes cannabines de Sampans, de l’oolithe subcrayeuse à spongiaires et à nérinées et enfin du calcaire ruiniforme. La série se termine par le bathonien jaune. Près de Lons-le-Saunjer, on voit disparaître la masse des calcaires blancs ; cette partie se fond avec les deux autres, dans une même teinte brune qui justifie le nom de Jura brun. Le rauracien offre une succession assez constante de calcaires à polypiers et de bancs grumeleux supportant des bancs oolithiques que couronnent » ou 6 mètres de calcaires compacts. À la base du séquanien, on trouve les calcaires marmoréens à nérinées de Saint-Ylie et de Damparis, près de Dôle. — Près de Salins, les calcaires portlandiens deviennent compacts, d’aspect laiteux. Dans la région de Lons-le-Saunier, le bathonien a de 80 à 100 mètres. — Sur quelques points des montagnes du Jura, MM. Lory, Jaccard et de Loriol ont constaté l'existence d’une couche d’eau douce qui représente le purbeckien.
Quels sont les caractères qu'offre la série oolithique au point de vue agricole? — D’après M. Risler, partout le carbonate de chaux prédomine, et la magnésie, quoique en faible proportion, accompagne toujours la chaux. Dans la plupart des assises l’acide phosphorique ne manque pas, mais son abondance dépend de celle des polypiers, etc. Le fer peut, pour ainsi dire, être dosé à l'œil d’après la couleur des roches ; il y en a peu dans le Jura blanc, beaucoup dans le Jura brun et dans le lias ou Jura noir. Ge qui fait le plus défaut, c’est la potasse ; sa quantité dépend de celle de largile qui se trouve dans les roches ; elle n’est abondante que dans les marnes. Quant à l'acide sulfurique, il est généralement absent; de là l'utilité du plâtre dans la plupart des terrains jJurassiques. Dans les terrains calcaires du Jura, il faut donc des engrais qui renferment beaucoup de phosphates, aussi solubles que possible, avec un peu d’azote et de potasse.
Le système infracrétacé est représenté, dans le Jura proprement dit, par l'étage aptien d’une puissance de 12 mètres, et composé de calcaires marneux à Ostrea aquila. Au-dessus vient l’albien, représenté par 1 à 3 mètres de sables siliceux que surmontent 2 à 4 mètres de calcaires marneux verdâtres et d'argiles sableuses. Les sables verts se rencontrent par lambeaux dans le bassin de Nozeroy. Le système crétacé est représenté par une dizaine de gisements cénomaniens.
Le système miocène est représenté par une molasse marine en discordance avec les dépôts lacustres de la Bresse. Près de Fouerne, cette même molasse est observée sous la forme de sables micacés verdâtres à débris de Pecten. On peut rapporter au même niveau des poudingues à galets impressionnés, avec fragments d’'argiles sableuses, visibles près de Champagnole.
Les fissures et les cavités des calcaires jurassiques supérieurs sont, dans les montagnes du Jura, remplies d'argiles bigarrées que l’on appelle bolus. Les bigarrures sont dues à l’oxyde de fer. On y trouve aussi des veines de sable quartzeux blanc. Le tout entoure une masse de grains de fer. Ce fer est exploité en beaucoup d’endroits.
Outre ces dépôts ferrugineux, on trouve à la surface des montagnes du Jura des restes des argiles et des moraines des glaciers. Ces terres sont moins riches en chaux et, par contre, plus riches en potasse que les calcaires jurassiques auxquels elles sont superposées,
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La superficie du Jura est de 499 401 hectares. Voici comment elle est répartie d’après le cadastre, achevé en 1838 :
hectares LecreplADOUTADIeR ne entendre 187498 Pres, A M NUE TR RE ER ee EPA PALTE 46 320 NVIRRO RES A ee PLAN al ee SAN A 18551 ROIS IR AE SAME OA Tara 419 490 Vergers, pépinières, jardins........... 2 325 Oseraies, aulnaies, saussaies. ......... 288 Carriéres- et MINES dre aan 102 Mares, canaux d'irrigation, abreuvoirs.. 407 Canaux de navigation.............,., 37 Landes, pâtis, bruyères, etc........... 78 410 Hans eee RAR ERP AR SENTE à 4 505 Propriétés halles, FPE NAME 1831 Total de la contenance imposable... .. 456464 Total de la contenance non imposable. 42937 Superficie totale du département...... 499 401
La superficie des terres labourables représentait 37 pour 100 de la superficie totale du département; celle consacrée aux prés formait 9 pour 100 de la même surface ; celle consacrée aux bois était de 24 pour 100 de la surface totale.
Le tableau qui suit indique l'étendue des terres cultivées en céréales, d’abord d’après la statistique de 1852, ensuite d’après celle de 1882, avec les rendements moyens aux deux mêmes époques :