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PÉTER É ÉTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT

hectares hectol. hectares hectol.

Froment .... 61514 41,56 21 870 18,28 Méteil...... 1 586 10,533 1 346 19,97 Seigle 7... 9 305 11,43 2 092 46,13 Orge... 13878 13,63 10 367 18,03 Avoine...... 18644 49,01 16386 25,01 SATTASIN ee 4 027 44,37 852 13,67 Mais rene 15944 414,39 12 994 46,75 Millet....... » » 4 000 14,34

En 1852, la superficie totale consacrée aux céréales était de 114168 hectares; en 1862, cette superficie était de 116 047 hectares, l'augmentation portant sur la culture du Froment qui était passée de 61 514 à 63773 hectares. D’après la statistique de 1882, la surface consacrée aux céréales n’est plus que de 97407 hectares, soit 17 000 hectares de moins qu'en 1852. Cette réduction porte princeipalement sur la culture du Froment qui comprend 10 000 hectares de moins qu’en 1852. La culture de l'Orge perd 3000 hectares et celle de l’Avoine 2000 hectares ; le Maïs et le Millet occupent 2000 hectares de moins qu’en 1852.

Par contre, si les surfaces ensemencées ont diminué d'importance, les rendements se sont élevés d’une façon sensible. En 1882, le Froment a produit 18 hectolitres à l’hectare, contre 14 hectol. 48 en 1862 et 11 hectol. 56 en 1852. Les autres céréales ont subi la même augmentation de rendement, ainsi qu'il est facile de s’en rendre compte par le tableau publié plus haut.

Voici, d’autre part, au même titre, le tableau comparé des autres cultures :

1852 1882 PE nee Oro ER Une Dee en PU ÉTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT

hectares hectares

Pommes de

terreur 5 198 40 h1. 47 12057 71 qx Betteraves ... 324 133 qx 32 1589 2926 qx Légumessecs. 4803 13 h1. 07 2106 16 h1. 40 Racines et lé- |

gumes divers 473 192 qx 60 299 88 qx Colza, Navette 4470 6 hl. 15 9 688 8 hl. 32 Chanvre...... 4270 6 h1. 92 o11 7 hl. 90 Dinan ets. 18 4 h1. 28 7 9 h1.

Houblon ..... » » 13 4 qx

JURA

La culture des Pommes de terre a presque doublé d'importance. Les chiffres de 1882 donnent une augmentation de 1748 hectares sur ceux de 1862, et de 6199 hectares sur ceux de 1852. La culture de la Betterave comprend 1265 hectares de plus qu’en 1852, et, sur les 1589 hectares cultivés en 1882, on compte 265 hectares de Betteraves à sucre. Les légumes secs occupent une superficie moitié moins considérable que celle qui leur était consacrée en 1852; les 2106 hectares cultivés en 1882 comprennent : 1302 hectares de Fèves et Féveroles, 131 hectares de Haricots, 434 hectares de Pois et 239 hectares de Lentilles. Les racines et légumes divers subissent la même réduction. Quant au Colza et à la Navette, il y a diminution très sensible dans les surfaces ensemencées, par suite de la concurrence des huiles exotiques et des huiles minérales. Le Chanvre n’occupe que 511 hectares au lieu de 1270 en 1852.

La statistique de 1852 évalue à 48 076 hectares la superficie des prairies naturelles ; sur cette surface, 7539 hectares étaient irrigués. En 1862, cette surface était passée à 51786 hectares, comprenant 37196 hectares de prés secs, 13 892 hectares de prés irrigués et 768 hectares de prés vergers ; de plus, 1603 hectares étaient consacrés aux fourrages verts. D’après la statistique de 1882, les prairies naturelles occupent 48 062 hectares répartis comme il suit :

Prairies naturelles irriguées naturellement par les crues Mes TIVIÉTOSE MAN Er mare eee 17638 Prairies naturelles irriguées a l’aide de travaux BDAGIAUX Ne LP vale M ne ee 5 749 Prairies naturelles non irriguées................ 240675

Il convient d'ajouter à ces chiffres 13061 hectares de prés temporaires et 20 875 hectares d’herbages pâturés, se décomposant comme il suit :

hectares

Herbages pâturés de plaines.................. 4472 — de gofeaux- aie entre 13 849

r- alpestres'...L.5.. 24004200 0 2554

Enfin, les fourrages verts étaient cultivés, en 1882, sur 2538 hectares, comprenant : 1093 hectares de Vesces, 936 hectares de Trèfle incarnat, 148 hectares de Maïs fourrage, 149 hectares de Choux et 212 hectares de Seigle en vert.

En 1852, les prairies artificielles occupaient 99 671 hectares ; en 1862, le chiffre avait peu varié, il était de 29 518 hectares. D’après la statistique de 1882, la surface consacrée aux prairies artificielles serait de 24 222 hectares seulement, répartis comme il suit :

hectares Dre tler iene end ee des eee NE EE PERS eine 6718 HZ EN Rae en RDS cet MINT Se Se Ne Te 3292 SAR LOS en D EE UE REA A ele 19503 Mélanges de Légumineuses ................... 1649

La production herbagère n’est donc pas en progrès dans le Jura, et nous verrons, en étudiant les animaux domestiques, que leur nombre a diminué.

La Vigne occupait, en 1852, 19609 hectares; en 1862, la surface consacrée à cette culture était de 19 323 hectares, et, d’après la statistique de 1882, elle serait de 19 348 hectares, c’est-à-dire sensiblement la même. Les Vignes occupent le revers occidental des montagnes du Jura. Les deux tiers existent sur les pentes des collines, sur une longueur de 60 kilomètres; l’autre tiers est situé dans la plaine. Les Vignes sont généralement échalassées. Les cépages les plus cultivés sont : le Poulsard noir, le Trousseau, le Savagnin noir, le Gamai, le Chasselas noir, le Meunier, le Béclan, le Maldoux;

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et pour les cépages blancs : le Poulsard blanc, le Savagnin blane, le Gamai, le Geuche blanc.

Les vignobles qui fournissent les meilleurs vins sont situés dans les arrondissements de Poligny et de Lons-le-Saunier. Les meilleurs vins rouges sont fournis par les Vignes des Arsures, de Salins, d’Arbois et de Poligny; les vins blancs les plus renommés proviennent des Vignes de Château- Chalon, d’Arbois, de Pupillin et de l'Étoile.

Les forêts ont également une grande importance dans le Jura. On compte, en 1882, 157 167 hectares de bois, alors qu’en 1838 il n’y avait que 119 490 hectares. Une grande partie de cette augmentation provient du reboisement de terres autrefois en pâturages ou consacrées aux cultures de céréales. Depuis la confection du cadastre, les surfaces reboisées comprennent 38 677 hectares.

Les 157 167 hectares de bois, en 1882, se décomposent ainsi :

Bois appartenant à l'Etat......0 23 982 = —- au département et aux COMMUNES. 2-0 86142 — — aux particuliers .....:,0° 47043

Les principales forêts sont celles de Chaux, de la Joux, des Moisdons, d’Arbois et de Poligny.

Les forêts de la plaine sont peuplées par le Chêne blanc, le Chêne rouvre, le Charme, le Hêtre, le Bouleau, le Trémble, le Frène et l’Erable. Les essences qui dominent dans la montagne sont le Hêtre, le Sapin et l’Epicéa.

Le tableau suivant donne, relativement à la population animale du département, les chiffres accusés par les recensements de 1852, 1862 et 1882 :

4852 1862 1882 Chevaux PSS 16511 14502 13202 Anes et ânesses ..... 696 576 411 Mulets et mules...... 132 726 977 Bêtes bovines........ 172 380 1824901 162365 BéteslOViInEs nee 39835 34473 15078 Bêtes porcines....... 30614 43518 53 614 Bêtes caprines....... 3323 4427 4471

D’après ces chiffres, on constate une diminution dans le nombre des existences, pour toutes les espèces, sauf pour l’espèce porcine. Cette diminution correspond à une décroissance du nombre d'hectares consacrés aux fourrages artificiels et aux prairies naturelles.

L'espèce chevaline perd 3000 têtes; l'espèce bovine, 10 000 ; l’espèce ovine, 24000. Par contre, l'espèce porcine gagne 23 000 têtes.

Les bêtes bovines, les seules qui aient une grande importance, appartiennent à la race Fémeline et à la race Bressanne. Les derniers sommets du Jura sont peuplés par la race Fribourgeoïise, la race Bernoise. La race Schwitz a été introduite sur un grand nombre de points. C’est avec le lait de ces vaches laitières que l’on fabrique les fromages de Gruyère et de Septmoncel. Du 15 mai au 15 septembre, les vaches montent à la montagne, et Île fromage est fabriqué dans les chalets qui y sont établis. La création de fruitières a rendu d’immenses services au département.

Les volailles n’ont d'importance que dans la Bresse. Le miel récolté dans le Jura est blanc et très parfumé.

D’après le recensement de 1881, la population du Jura est de 285263 habitants, ce qui représente une population spécifique de 57 habitants par kilomètre carré. Depuis 1801, le département du Jura a perdu 2888 habitants.

La population agricole (mâles adultes), de 1852 à 1882, a subi les variations suivantes :

JURA 1852 1882 Propriétaires agriculteurs... 38 892 44138 ROIS Nantes sorte etat 20 357 45 697 MéTAVEPS RL. LA LE 3 398 4724 Doméstiques"#. 502.000 6085 8 523 Jotrnallorss.. 12030 13 960 5 248

On voit que le nombre des propriétaires a augmenté et que, par contre, le nombre des journaliers a diminué. C’est que la petite propriété domine; chaque famille possède un lopin de terre.

Le nombre des exploitations qui, en 1862, était de 36419, s'élève, en 1882, à 55614. Pour expliquer cette différence, il convient de remarquer que la statistique de 1862 n'avait pas relevé les exploitations de moins de 1 hectare, et que ces exploitations, d’après la statistique de 1882, sont au nombre de 20118. Ces exploitations se divisent comme suit, par catégories de contenances :

1862 1882 Exploitations de moins de 5hectares... 23489 40 825 — de 5 à 10 hectares...... 7690 8 744 es deHOP AL IOME ETS. 3 899 4 398 22 de 201àa 8000 Li 839 1072 HO SO A AUENE TON TE. 263 293 — au-dessus de 40 hectares. 239 282

La eulture directe par le propriétaire est pour ainsi dire la règle générale. Le métayage est l’exception, comme on peut s’en rendre compte par les chiffres suivants fournis par la statistique de 1882 :

NOMBRES CONTENANCE D'EXPLOITATIONS MOYENNE hectares Gulture directe.-5....... 46857 9,57 Mer lu iris 19 398 5,20 Mefayage sn. 44e 4637 4,45

Le nombre total des parcelles est de 1487741 d’une contenance moyenne de 31 ares!

Le nombre des cotes foncières était, en 1861, de 147686 ; en 1871, de 156796 ; en 1881, de 161 753. Par suite, la contenance moyenne imposable a suivi une marche descendante. Elle était :

hectares INAPrORRIe CAdAS TE ER tee eQre 4 AD qe à 3,71 PASSAT MEN ER de ete de lors 3,30 D D et RE tete Res 3,09 BREST ER EN ET Re se cre 2,96 RSS ER PA en lues es dates d'est 2,87

La valeur vénale de la propriété, de 1852 à 1882, a subi les fluctuations suivantes :

pates aies francs Terres labourables. 823 à 2106 1243 à 3020 5914 à 2565 PROS EC Le 1199 3143 1712 4007 949 35926 NRRGR UE où 1168 2764 9933 5080 735 2649 1 EVE EI NS NPA ER 524 1436 459 24046 445 1765

Pendant la même période, le taux du fermage par hectare a subi les variations ci-après :

francs francs francs Terres labourables 29 à 64 SR AUS 32 à 78 EnOS ER SA ren 51 "1491 66 138 48 191 Vignés....1.:1.:.. ie UE 16 161 AT 191

L'outillage agricole est en progrès. En 1852, il y avait 69 machines à battre à vapeur et 473 mues par des animaux. En 1862, le nombre des machines à battre était de 982; il est, en 1882, de 3015. En

JURASSIQUE

1862, il y avait 56 faucheuses et 1 faneuse ; en 1882, on en compte 87. Enfin, en 1882, une force totale de 2480 chevaux- vapeur est consacrée exclusivement aux usages agricoles; cette force est utilisée par 333 roues hydrauliques, 81 machines à vapeur et 6 moulins à vent.

Les voies de communication comptent 9677 kilomètres, savoir :

kilomètres

J'cbemins dé fer RER OU te na 293 ROUTES TATIONAlIE SN SR RE EN 399,9 Routes! départementales... "50.0: 04.2: 607 Chemins vicinaux de grande communication. 846

— d'intérêt commun........ 447

— ORAINAÏTESNS à 4 de A Nr 6996 PE TINIORES HAVISAPIES, : 24. nd eee es 94 A CAT AL A ER LT UE 2 MAUR TA RL Le 39,5

Le propre de l’agriculture du Jura est son alliance heureuse avec l’industrie. Les montagnards du Jura exercent des industries très variées. A Saint- Claude, ce sont les tourneries d'os, de corne, d'ivoire, de buis; à Septmoncel, les pierres fines. Mais l'horlogerie est aussi une industrie importante.

La petite propriété et la petite culture, qui en est la conséquence forcée, ont de grands avantages, surtout lorsqu'elles s’allient à l’industrie. C'est l’organisation du travail qui s’adapte le mieux aux pays de montagnes. Les vallées où se trouvent les eaux, les terres profondes et les routes n’ont qu'une faible surface relativement à l’ensemble des massifs, et pour que la population puisse atteindre un chiffre aussi élevé que dans le Jura, il faut que chacun, ou du moins chaque famille, y ait sa part de vallée. Par contre, les forêts et les pâturages d'été, échelonnés sur les parties les moins accessibles de la montagne, appartiennent aux riches particuliers ou le plus souvent aux communes.

Depuis la fondation des concours régionaux, trois de ces solennités se sont tenues à Lons-le-Saunier, en 1860, 1868 et 1876; un quatrième concours a été tenu à Dôle, en 1884. La prime d'honneur y a été décernée deux fois : en 1860, à MM. Chauvin frères, à Pont-d'Héry ; en 1868, à M. Gréa, à Rotalier; en 1876 et en 1884, la prime d'honneur n’a pas été décernée.

Le département du Jura compte un grand nombre d'associations agricoles. Ce sont : la Société d’agriculture, sciences et arts de Poligny, la Société d'agriculture de Dôle, les comices agricoles d’Arinthod, de Lons-le-Saunier, de Moirans, de Morez et Saint-Laurent, des Planches, d’Orgelet, de Poligny, de Saint-Julien, et les Société d’horticulture et de viticulture d’Arbois et de Dôle. Le département possède une chaire départementale d’agriculture. G. M.

JURASSIQUE (PÉRIODE) (géologie). — Ensemble

de dépôts d’origine organique ou chimique, particu-

lièrement développés dans les montagnes du Jura et caractérisés par la prédominance du carbonate de chaux. L’abondance de la précipitation du calcaire au sein des mers Jurassiques est expliquée par la diminution de l'acide carbonique qui a dû se produire dans les eaux, comme dans l'atmosphère, à la suite de la puissante végétation de l’époque houillère. M. Schlæsing a montré qu'il y a toujours équilibre entre la tension de l’acide carbonique qui existe dans l’air et celle de l'acide carbonique qui est dissous dans les eaux de la mer et qui y maintient en dissolution les carbonates terreux. Tant que latmosphère était très chargée d’acide carbonique, les eaux devaient donc contenir beaucoup plus de carbonate de chaux que de nos jours ; mais, dès que la végétation houillère eut enlevé à l'atmosphère une portion de son acide carbonique, le carbonate de chaux dissous dans les mers dut diminuer également et se déposer dans leurs profondeurs avec les sables, les vases, les débris de

JURASSIQUE

coraux, ete. Ainsi l’époque houillère aurait non seulement mis en réserve la provision de combustible qu'utilise l’industrie moderne, mais elle aurait préparé pour l’agriculture des terres où toutes ses récoltes peuvent trouver assez de chaux et qui peuvent même en fournir comme amendement aux sols moins complets d’origine granitique, silurienne, etc. (E. Risler, Géologie agricole). |

Le terrain jurassique est, de tous les terrains secondaires, celui qui contribue le plus à donner à la France son relief actuel. Au nord, ses affleurements autour des terrains de transition forment une vaste ellipse, dont Paris et Londres occupent la partie centrale; au sud-est de ce bassin ils se relient aux montagnes du Jura; enfin ils contournent le plateau central et forment le littoral du bassin crétacé de la Gironde. Les dépôts formés au fond des mers jurassiques ont une puissance de 500 mètres en moyenne, mais qui atteint sur certains points 1500 mètres. Toutes les couches calcaires qui les composent n’ont ni la même origine, ni la même structure. L’argile, le sable, les dépôts calcaires, organiques ou chimiques, y sont en proportions différentes et diversement agrégés. Mais certaines couches, dont l’origine est bien déterminée, ont des caractères généraux que l'agriculteur doit connaitre.

Les calcaires coralliens donnent des sols contenant une assez forte proportion d’acide phosphorique. D’après Rose, les madrépores renfermeraient près de 1 pour 100 de phosphate de chaux.

Les oolithes qui donnent leur nom à la partie supérieure de l’étage jurassique sont moins riches en acide phosphorique; elles sont formées par des particules de sable quartzeux feldspathique ou coquillier autour desquelles se sont déposées, en couches concentriques, des incrustations de carbonate de chaux. Ces globules, dont la forme rappelle les œufs de poisson, sont cimentés par du carbonate de chaux auquel vient quelquefois s'ajouter de l’argile. De là denombreuses variétés d’oolithes : les unes blanches, faciles à désagréger, les autres colorées par des oxydes de fer et d'une désagrégation plus difficile.

Les masses calcaires sont séparées par des couches de marne qui jouent un grand rôle dans le régime des eaux des contrées jurassiques et qui ont permis de classer ces terrains en trois groupes dont chacun est composé d’une base argileuse que surmonte une masse plus ou moins considérable de calcaires perméables aux eaux. Les argiles du lias forment la base de l’oolithe inférieure, les marnes d'Oxford, celle de l’oolithe moyenne, et la marne de Kunmeridge, celle de l’oolithe supérieure.

« Quand tous ces dépôts, dit M. Risler dans sa Géologie agricole, furent soulevés au-dessus du niveau des mers, ils se réunirent en se desséchant. Il se forma des fractures et des fissures nombreuses qui traversèrent en tous sens les masses de calcaires jurassiques. Les eaux de pluie qui tombent sur ces plateaux crevassés disparaissent rapidement ; elles s’engouffrent dans les fissures, entrainant avec elles les marnes qu’elles rencontrent sur leur passage et agrandissent de plus en plus ces conduits souterrains. Elles produisent ainsi, à la surface des plateaux, des sortes d'entonnoirs, appe- Jés emposieux dans les montagnes du Jura, bétoirs dans le département du Lot, katavothres en Grèce, et à l'intérieur du massif, des réservoirs. Toutes les montagnes jurassiques ont des grottes célèbres. L'eau chargée de bicarbonate de chaux qui suinte à travers les roches produit des stalactites dont on va admirer les formes légères ou grandioses à la lueur des flambeaux. Une des choses qui nous frappent le plus lorsque nous parcourons des contrées jurassiques, ce sont des vallons complètement nus, où l'on cherche en vain la trace d’un ruisseau au milieu des champs pierreux qui les couvrent, Quelquefois le ruisseau réussit à se former, grâce

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aux longues pentes couvertes de gazon ou grâce à quelques lambeaux de marnes qui affluent au milicu des calcaires. On le suit pendant quelque temps, mais tout à coup, on ne le voit plus, il s’est perdu dans un abîme. Quelquefois, les ruisseaux persistent pendant la saison des neiges et des pluies, quelquefois même ils réussissent à former des étangs et des lacs pendant cette saison; mais ils sont à sec en été. J'ai vu, dans les Alpes jurassiques, près de la fameuse grotte d'Adelsberg, au-dessus de Trieste, un fond de vallée où l’on récolte de l’avoine et du foin en été, des poissons en hiver. Ailleurs, le lac tient toute l’année, mais on n’en voit sortir aucune rivière. Il a son débouché dans les crevasses de la montagne, comme, par exemple, le lac de Joux, dans le Jura. Toutes ces eaux traversent Les fissures des roches calcaires et viennent se rassembler sur des couches d’argiles ou de marnes, dont nous avons parlé. Là elles produisent les plus belles sources du monde. Ces sources sont souvent très abondantes, assez pour faire tourner les roues d’un moulin ou d’une usine au moment où elles viennent d’apparaître au jour (sources de Vaucluse, de Champdamoy, près Vesoul, de l’Orbe et de la Divonne, à l’est du Jura, etc.). Elles sont assez régulières dans leur débit. Leur température n’est pas très variable parce qu'elles ont pris celle des profondeurs qu’elles ont traversées. Leur seul défaut, c’est d’être quelquefois trop tuffeuses, mais souvent elles sont de bonne qualité à leur point de naissance et elles deviennent de plus en plus tuffeuses en traversant les tourbières qu’elles ont formées elles-mêmes, lorsqu'elles n’ont pas trouvé un écoulement facile. »

Ces calcaires, même les plus compacts, se désagrègent et donnent de la terre arable. « Le soleil, dit le même auteur, en frappant les rochers, dilate inégalement leurs particules, quand celles-ci ne sont pas tout à fait homogènes. Il en résulte des craquements et une multitude de petites fissures qui pénètrent jusqu'à la profondeur où va la chaleur ellemême. Pendant les pluies, pendant les temps humides, les fissures se remplissent d’eau. Puis viennent les grands froids de l’hiver ; l’eau se congèle, se dilate et fait sauter les fragments de roches, qui se détachent au moment du dégel. Si la surface du roc est assez plane, ces fragments de roc, ces pierres restent en place. Si elle est fortement inclinée, ils vont rouler au bas de la pente et s’y accumulent. Lorsqu'on traverse le Jura en chemin de fer, de Culoz à Ambérieu, on voit, des deux côtés de la vallée étroite que l’on parcourt, des roches à pic. Au haut de ces rochers, on peut apercevoir, si l'on y fait attention, des bandes tantôt blanches, tantôt jaunes, tantôt noires, qui descendent en lignes verticales. Les bandes blanches sont celles d’où 1l est tombé récemment des fragments, les bandes jaunes sont le roc vieilli et couvert plus ou moins de Lichens bruns; les bandes noires sont celles où coulent souvent des eaux qui colorent en noir les Lichens ou en font pousser qui ont cette couleur. Au bas de ces roches, les pierrailles entassées forment une pente de près de 45 degrés, sur laquelle les habitants ont établi des vignes quand son exposition était favorable, et qui se couvre ailleurs très lentement, d’abord de broussailles, puis, peu à peu, de bois. De là cet aspect caractéristique des pays jurassiques : une vallée plus ou moins fertile, quelquefois très vaste, couverte de prés et parsemée de villages ; au bord de la vallée, une ceinture de bois qui est dominée par des rochers qu’on est tenté de prendre de loin pour les bastions d’une forteresse, et puis au-dessus de ces rochers, des plateaux arides et desséchés. Les Lichens jouent également un rôle dans leur décomposition. Dans les endroits où ils se sont desséchés, on remarque, si l’on enlève avec les ongles, une . multitude de petits trous ; les trous ont été faits par

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les racines de Lichens; ces dernières ont dissous le calcaire, soit au moyen d’un acide qu’elles sécrètent, soit tout simplement par l’humus et l'acide carbonique qui résultent de leur décomposition. Bientôt les Mousses peuvent s'établir dans les débris de Lichens, et quelques Sédums, quelques Potentilles fixent leurs racines dans les fentes du rocher. Puis viennent les Fétuques, et ainsi de suite. Les pierres elles-mêmes, celles qui ne sont pas fendillées, absorbent plus ou moins d’humidité, suivant qu’elles sont plus ou moins poreuses. Cette eau, en se congelant, détruit jusqu'à une certaine profondeur la cohésion de leurs particules et forme ainsi une poussière terreuse qu’il est facile d'observer au printemps. C’est la ferre proprement dite qui, mèlée à des fragments de toutes grosseurs, depuis ceux qui sont à peine visibles à l’œil nu jusqu'aux pierres, constitue le sol du calcaire jurassique. Ce sol est plus ou moins profond, suivant la nature du calcaire qui l’a produit, suivant le degré de la pente sur laquelle il s’est formé et suivant que cette pente est labourée ou garnie de bois ou de prés. Il ne dépasse 30 centimètres que dans les dépressions du plateau et dans les vallées. La proportion des parties fines et des pierres varie également. La terre devient brune ou noire par le mélange des détritus de végétaux. Quand elle est humide, elle empâte les pierres blanches qui s’y trouvent mêlées, mais elle est toujours très facile à travailler, c’est toujours une terre légère, quelquefois beaucoup trop. Il n’y a d'exception que dans les localités où des lits de marnes affleurent à la surface et se mêlent aux débris des calcaires compacts.

« On a essayé quelquefois de ramasser les pierres. Cela coûtait beaucoup de peine et ne servait pas à grand’chose. On à même affirmé qu’une certaine proportion de pierres est utile. Du reste, on a beau enlever ces pierres, il y en a toujours. Les paysans disent qu'elles repoussent à mesure qu'on les enlève. Là où les pierres sont trop abondantes pour entraver la culture, il faut y renoncer et planter du bois.

« Sous ce sol léger, d’environ 30 centimètres de profondeur, on trouve un sous-sol pierreux où les eaux ont entrainé quelques particules de terre rouge. Puis vient, à une profondeur variable, le roc, d’abord très fissuré, parce qu'il subit encore l'influence des alternatives de sécheresse et d’humidité, de chaleur et de froid, et parce que les racines des arbres ont élargi les fentes en s’y introduisant et y grossissant peu à peu. Plus bas encore, c'est le roc calcaire dans son état naturel.

« Dans les terres formées par les calcaires oolithiques, les eaux de pluie dissolvent peu à peu le carbonate de chaux dans la couche supérieure qui est remplie d’humus et qui leur fournit beaucoup d'acide carbonique. Les noyaux des grains se découvrent, et il finit par rester une terre fine, de couleur rougeàtre, ocreuse, et souvent pauvre en chaux. Mais les pierres auxquelles cette terre fine se trouve mêlée lui rendent constamment, en se décomposant sous l'influence des gelées de l'hiver, la chaux qui tendait à disparaitre, et les labours profonds peuvent contribuer à cette restitution en ramenant à la surface des débris de roches oolithiques encore garnies de leurs pellicules calcaires. »

Les bandes des terrains jurassiques forment comme une écharpe qui traverse obliquement la France. En faisant abstraction des nombreuses irrégularités qui se projettent en tous sens, on voit, disent MM. Elie de Beaumont et Dufrenoy, ces bandes former deux espèces de boucles qui dessinent sur la surface de la France une figure qui approche de celle d’un æ couché sur le côté, et même, si l’on observe que la boucle inférieure est presque fermée et ne présente que des lacunes

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apparentes, on pourra comparer la disposition de ces bandes à la forme d’un 8 ouvert par le haut. Au dehors, le calcaire jurassique constitue deux massifs isolés, l’un dans les Alpes, l’autre dans les Pyrénées.

Les terrains jurassiques couvrent en France une surface de plus de 10 millions d'hectares, c’està-dire à peu près le cinquième de la surface totale. En Angleterre, en Allemagne, en Suisse et dans tout le bassin méditerranéen, ils occupent une place très importante. On les divise en deux groupes ou systèmes : 1° à la partie inférieure, le système lasique ; 2 au-dessus, le système oolithique. Ces deux groupes de terrains seront étudiés séparément : le premier au mot LAS; le second, au mot OOLITHE. FAC.

JURASSIQUE (z0otechnie). — Ainsi est qualifiée une des races bovines les plus importantes. Le type naturel ou spécifique de cette race (B. T. jurassicus) est brachycéphale. Son chignon, presque de niveau avec la nuque, n’a que des sommets à peine marqués. Les chevilles osseuses frontales, à base circulaire, se dirigent horizontalement de chaque côté. A partir seulement de la moitié de leur longueur, elles sont un peu arquées en avant et faiblement relevées à leur pointe. Un sillon peu profond va transversalement d’une base à l’autre de ces chevilles, un peu au-dessous du chionon. Le front ne présente aucune dépression, et les bosses frontales sont peu saillantes. Les os du nez sont courts, larges, rectilignes et forment une voûte surbaissée. Le lacrymal n’est point déprimé, non plus que le grand sus-maxillaire. La branche du petit sus-maxillaire est fortement arquée et sa partie incisive grande. Tout cela donne à la tête un protil droit, une face large, aplatie et courte, à extrémité libre très mousse.

Ce type naturel est exactement celui que Nilson a nommé P. frontosus, trouvé dans des gisements préhistoriques, et notamment dans ceux de la Suisse où Rütimeyer l’a déterminé dans sa Faune des habitations lacustres. La race actuellement vivante a donc des ancêtres connus remontant à ces temps-là. Elle n’est pas la seule. Le fait est reconnu par tous les auteurs suisses et allemands.

Elle ne compte guère que des individus de grande taille, avec de faibles différences entre les mâles et les femelles. Les premiers atteignent jusqu’à 1,45 au garrot et davantage quandils ont été émasculés, et la taille ne descend pas, chez les vaches, au-dessous de 1,38 à 1,40. Du chignon à la base de la queue, la longueur est rarement de moins de 2 mètres. Le squelette est naturellement fort, mais non pas grossier, ayec un thorax profond et une croupe relevée à la base de la queue. Les masses musculaires sont épaisses, surtout aux cuisses, où leur profil postérieur est toujours courbe. La peau, épaisse, mais souvent molle et souple, forme en général sous le cou un fanon très développé. La race est pourvue des quatre couleurs de poil blanche, noire, rouge et jaune, qui se montrent isolément, mais le plus souvent réunies par deux, dont la blanche fait toujours partie. Il y a ainsi des pelages blanc et noir, blanc et rouge, blanc et jaune, blanc, rouge, ou jaune uniforme. Ceux formés de deux couleurs ne prédominent cepenpant point dans l’ensemble de la race. Le mufle et les paupières sont toujours dépourvus de pigment. La race est donc du groupe des blondes.

Les vaches, eu égard à leur volume et à leur poids vif, ont des mamelles d’une faible activité. Un certain nombre sont cependant exploitées comme laitières. Mais les aptitudes prédominantes sont la production du travail moteur et de la viande, avec une propension plus ou moins grande à l’engraissement. C’est pourquoi la population est composée de bœufs pour une forte proportion.

Cette population occupe actuellement une aire géographique très étendue, qui à beaucoup gagné,

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