PATTES
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graines de Riga ont cependant un toucher un peu plus rude que celles récoltées chez nous); un poids élevé (65 à 68 kilogrammes à l'hectolitre au minimum) ; une grande régularité comme longueur et grosseur, preuve de l'unité d’origine ; une pointe recourbée en crochet. Ce crochet est proportionnellement très accentué dans les graines de Riga. A l'ouverture du baril, il ne doit se produire aucune mauvaise odeur, et si l’on opère le transvasement dans un vieux baril, il y a foisonnement de telle sorte que la graine occupe un volume plus grand que celui qu’elle présentait dans le tonneau d’où elle sort.
Les semences venant de Riga sont généralement très mal nettoyées. On ne doit jamais les semer sans épuration préalable. Parmi les graines de plantes adventices, deux affectaient un degré de fréquence tout spécial dans les échantillons que Jai eu l’occasion d'examiner; ce sont celles du Bleuet (Centaurea cyanus) et celles d’une Polygonée, le Polygonum lapathifolium. Le nettoyage fait perdre 10 à 12 litres par baril ; chaque baril doit donner 83 kilogrammes de graines propres.*
Enfin, il est toujours nécessaire de compléter l'étude des semences par l'essai de leur faculté germinative. Disposées sur une éponge humide ou sur un linge mouillé, dans un local dont la température est voisine de 20 degrés, les graines de Lin doivent germer en vingt-quatre heures ; enfermées dans une couche de terre de 1 centimètre, elles montrent au bout de cinq à six Jours leurs larges cotylédons. Dans ce dernier cas, une levée régulière est la preuve d’une même provenance; une levée irrégulière, au contraire, atteste un mélange de semences d’àges différents. Il est utile de noter à ce propos que les graines de trois ans doivent être rejetées ; celles de deux ans, au contraire, quand elles ont été bien conservées, c’est-à-dire aérées fréquemment, sont bonnes ; il semble même résulter des observations recueillies en diverses localités que les Lins produits par les graines conservées pendant une année avec les précautions voulues, sont supérieurs à ceux que donnent les semences de l’année.
Les graines de Pernais sont estimées presque à l’égal de celles de Riga ; celles qui proviennent du Liban ont été délaissées à la suite d'essais.
Les graines après tonne qui sont recueillies en France sur les Lins issus des graines de tonne peuvent être employées sans inconvénient, surtout quand on vise à la production de fibres fines.
Les graines troisièmes, issues du Lin apres tonne, ne devraient jamais être semées; elles ne donnent que des plantes sans vigueur.
Les graines de Hollande nous arrivent généralement de Rotterdam, en sacs portant les armoiries de la province de Zélande; de là le nom de graines ensachées qu'on leur applique. Celles de Zélande ont la plus grande renommée; elles ont donné de bons résultats dans le nord de la France, la Bretagne et dans le pays de Waës ; ces semences proviennent de Lins issus des graines de Riga.
Enfin, on nous a expédié des pays chauds, de grandes quantités de graines de Lin, qui sont desüinées à être broyées et ne sauraient être semées.
M. Meurin, en étudiant ces graines, les a caractérisées de la façon suivante :
EAU PROVENANCE DIMENSIONS CARACTÈRES P. 400 millimètres tale re mOmsSuRS Grosses, ternes. 9 Calcutta... 55 Qu Roussätres. TE Roumélie... 3 9,2 Petites, roux pâle et propres. 7,9 Espagne.... 5,5 3 Volumineuses, grisàtres, mal nettoyées.
Bombay... 4,7 2,17 Roussâtres, mélangées
de Senevé.
Anatolie.... 4 Luisantes, roux clair. 11
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Envisagées au point de vue de leur teneur en huile, les graines des pays chauds sont plus riches que celles qui ont végété sous un climat froid, comme le montrent les chiffres suivants :
HUILE HUILE POUR 100 POUR 100 Italie et Roumélie.. 33 Riga cette 31,4 Caleuttd.2 eee 37 Pas-de-Calais ..... 32,9 Espagne... 33,8 Loire-Inférieure... 33,5 Bombhavee reset 35 Maine-et-Loire .... 35 Anatolemer re Ruee.E 39
Peut-être serait-il possible, à la suite d’un assez grand nombre d'analyses, de mettre en lumière quelques faits caractéristiques qui renseigneraient sur l’origine des graines considérées.
Les études de M. Ladureau sur cette question semblent déjà avoir prouvé que l'acide phosphorique est en quantité sensiblement constante dans les graines de même provenance, qu'il atteint le chiffre maximum dans les graines de Riga et qu'il diminue ensuite rapidement. La proportion de cendres est un peu plus forte dans les graines d’apres tonne et dans celles de éroisieme année que dans les graines de tonne.
Dès que les gelées de printemps ne sont plus à redouter, 1l faut semer le Lin; il est utile en effet de ne pas perdre de temps, car les sécheresses sont aussi préjudiciables aux jeunes plantes que le froid ou l'humidité excessive. Ces considérations font que, dans le Midi, on sème dès le mois de février ; dans le Nord, les semis se font de mars en mai. D'une manière générale, les semis précoces sont à conseiller ; ils ont encore l'avantage de permettre, en cas de non-levée ou de destruction de la récolte, son remplacement par un nouveau semis. Il est bien évident cependant que l’on ne doit jamais sacrifier la préparation du sol à ce désir de semer de bonne heure, et ce n’est que sur une terre ressuyée et après le passage de la herse spéciale, munie d’un grand nombre de dents et dite herse linière ou herse à drues dents qu'il convient de répandre la graine.
Les Lins d'hiver qui, nous l'avons dit, n'ont qu’une importance tout à fait secondaire, sont enfouis en septembre ou octobre.
L'épandage de la semence se fait le plus souvent à la volée ; 1l présente quelques difficultés à cause de la forme des graines qui offrent beaucoup de prise au vent. Il est nécessaire d'opérer par un temps calme et d'employer la méthode à triples jets croisés. Les semoirs mécaniques sont jusqu'ici peu utilisés pour le Lin, sauf dans quelques exploitations. La quantité de semences à répandre varie avec le résultat qu'on veut atteindre, avec le sol et l’époque du semis.
L'époque du semis et l’état de préparation du sol, tout en devant être pris en sérieuse considération, n'ont qu'une influence secondaire, comparativement à celle qui est relative à la nature de la filasse qu'on cherche à obtenir. Il est évident que toutes les circonstances qui assurent une levée régulière et un développement vigoureux des plantes permettront de restreindre la quantité de semis ; mais la considération déterminante réside dans la connaissance du but final à réaliser. On vise en effet, tantôt la production de Lins de gros, dans lesquels on recherche à la fois la semence et la filasse ; tantôt celle des Lins de fin, dans lesquels la graine est en quantité très faible, mais qui donnent une filasse abondante et estimée. Dans le premier cas, l'obtention d'un rendement élevé de graines exigeant des tiges ramifiées, on est conduit à semer très clair; mais les fibres, dans ces conditions, sont toujours grossières et dures; on met alors de 1,80 à 2 hectolitres par hectare. Pour les Lins de fin, les tiges doivent être aussi longues et aussi peu ramifiées que possible; l'expérience a conduit les
LIN
cultivateurs du Nord à répandre de 21,50 à 3 hectolitres par hectare.
Le semis à la volée est suivi de deux hersages croisés, exécutés avec des herses légères; quelques jours après, on roule. Quelquefois, dans les sols qui forment croûte, on fait suivre le rouleau d’une herse spéciale à dents très petites et très nombreuses, dans le but de pulvériser la couche supérieure.
Le Lin redoute beaucoup les mauvaises herbes : les binages proprement dits étant impossibles, à cause du semis à la volée et du grand nombre de pieds, on doit recourir à des sarclages, dès que le terrain se salit. Généralement, c'est lorsque les jeunes plantes ont 5 à 6 centimètres de hauteur qu’on opère le premier sarclage. Un deuxième sarclage est très nécessaire ; il doit alors suivre de très près le premier.
Les essais tentés en vue de nettoyer les linières en y faisant pâturer les moutons n’ont pas réussi.
Une fois la propreté du champ assurée, on n’a plus qu’à attendre la récolte ; mais pendant sa végétation, le Lin est exposé à une foule d’altérations qui font de cette culture une des plus aléatoires que l’on connaisse.
La brülure est un des accidents auxquels le Lin est sujet. Il se traduit, quand la plante est attaquée dans sa jeunesse, par le desséchement des tiges, qui semblent avoir été passées au feu ; on dit alors que le Lin est hongreux ou attaqué du froid-feu. Plus tard, la brûlure amène la destruction de la partie supérieure du pied qui s’affaisse, se recourbe : on dit alors que le Lin est frisé. Les circonstances qui favorisent le plus la brülure sont : 1° les semis consécutifs de deux Lins sur le même champ ; 2° le voisinage de la linière d’un champ qui a été en Lin l’année précédente. Ces constatations ont conduit les cultivateurs, d’abord à ne pas faire succéder le Lin à lui-même, ensuite à établir, entre la linière de l’année et celle de l’année précédente, quand les deux pièces étaient contiguës, une garniture de paillassons de paille d’Avoine. En ce qui concerne les causes directes de laltération, on a attribué tour à tour la brûlure au manque de potasse dans le sol, à un tassement exagéré de la terre, aux sécheresses trop intenses, à une excessive humidité. Les analyses de M. Ladureau, les expériences de M. Renouard, enlèvent beaucoup de valeur à ces manières de voir, sans cependant donner une solution complète de la question. A la suite de l'examen des tiges brülées, M. Ladureau a cru cependant pouvoir attribuer la destruction des linières à de petits insectes noirs de l’ordre des Thysanoptères, les Thrips Lini. Les paillassons auraient pour effet d'arrêter l’insecte et de l’empêcher d’arriver sur les Lins.
Le rouge se manifeste par l'apparition d'une teinte rougeûtre qui envahit peu à peu la partie supérieure des tiges et la rend réfractaire au rouis- | sage. La sécheresse semble en être la cause.
Le jaune sert à désigner le jaunissement prématuré du Lin, sous l'influence des violents coups de soleil.
L’élétement, ou weis werden des Flamands, appelé aussi regermelage, se traduit par la chute du sommet des tiges. Si le temps est see, le Lin dépérit, puis meurt; la filasse qu'il produit présente une coloration désagréable qui lui enlève une grande partie de sa valeur; si le temps est doux et humide, au contraire, il se développe un bourgeon qui remplace la tige principale.
Le cabotage à une certaine analogie avec le Jaune, dont il doit cependant être séparé. Cette maladie, qui affecte surtout les linières ayant reçu du fumier en couverture, se reconnait à ce que les fleurs se montrent avant l’époque normale ; mais ces fleurs, au lieu d’avoir une éclosion régulière, se flétrissent et tombent.
LIN — 0
On donne le nom de rouille aux taches rousses ou noires qui apparaissent, surtout dans les localités peu éloignées de la mer, sur les feuilles et les tiges du Lin. Ces taches, parfois peu intenses, disparaissent au rouissage ; mais quelquefois elles persistent et altèrent la filasse. Certains cultivateurs les appellent taches de puces et pensent qu’elles sont produites par des insectes, d’autres les regardent comme une des conséquences de grêles très fines; M. Renouard estime qu’elles sont dues à un soleil violent surprenant le Lin couvert de rosée.
Le champignon est le résultat de l’envahissement des Lins par des productions cryptogamiques, qui communiquent aux tiges une couleur noire caractéristique. Cette maladie n'apparaît heureusement qu'à une époque avancée, de sorte que la plante est le plus souvent très près du terme de sa croissance. C’est là un point très important, parce qu’on peut sauver en grande partie la récolte en arrachant aussitôt que l'affection s’est décelée. On reconnait qu'une linière est attaquée par le champignon ou par l’endossure, qu’elle est chauffourée, ace qu’un certain nombre de pieds jaunissent à la base, tandis que les feuilles du sommet noircissent peu à peu. Les tiges deviennent très fragiles, à tel point qu'il est difficile de les arracher ; elles se cassent par leur partie inférieure. L'examen a montré qu’elles portaient un champignon, le Phoma exiquum, dont la multiplication est si rapide que la destruction des tiges est complète en quelques jours. Les Lins à fleurs blanches sont presque toujours indemnes de cette maladie; de même les Lins de tonne y semblent peu sensibles. Les Lins après tonne, au contraire, sont peu épargnés.
M. d’Arbois de Jubainville a signalé comme vivant sur les tiges et les feuilles de Lin qu'il détériore, un champignon spécial, surtout commun aux environs de Berlin, le HMelampsora Lini.
Les Cuscutes étendent quelquefois dans les linières leurs longs filaments, qui s’attachent aux tiges qu'ils remontent et vivent à leur dépens. La Cuscute densiflore semble la plus commune; il est indispensable de détruire ce parasite (voy. GUs- CUTE). Il en est de même de l'Orobanche rameuse qui pullule surtout pendant les années sèches et qu’on doit extirper à la main.
Les Altises, notamment PAltise potagère (Altica oleracea), sont parfois redoutables pour les Linières ; on se sert, pour les détruire, de puceronnières comme celles en usage pour préserver les Crucifères.
Parmi les phénomènes atmosphériques, le Lin redoute surtout les coups de soleil trop intenses qui dessèchent et durcissent les tiges, les pluies violentes qui les versent ou les roulent, les vents qui rendent la fibre grossière et rude, enfin la grêle qui peut compromettre entièrement le produit, quand elle arrive tardivement, mais qui ne fait que le diminuer et le retarder quand elle arrive de bonne heure. Sur des Lins jeunes, la repousse est en effet rapide et abondante; on la favorise en coupant à la faux, à 10 centimètres du sol environ, les tiges atteintes.
Généralement, les Lins de mars sont en fleurs dans la première quinzaine de juin et, dès la fin du mois, on peut procéder à la récolte. L'opportunité de cette opération est indiquée: pour les Lins de fin, par le jaunissement des feuilles et la formation des capsules ; pour les Lins de gros, par le changement dans la manière d’être de la tige, qui est devenue cassante, par le développement complet des capsules qui sont grises, sèches et renferment des semences ayant pris leur couleur brune.
Une récolte prématurée donne de la filasse très fine, soyeuse, mais insuffisamment résistante et dans laquelle le déchet en étoupes est énorme; une attente trop prolongée amène une production de meilleure graine, mais une diminution notable dans la qualité des fibres.
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C'est par l'arrachage direct, à la main, que s’opère la récolte du Lin. Les arracheurs saisissent les tiges par poignées, à deux mains, l’une étant placée sous les capsules, l'autre près du sol; ils tirent alors obliquement, de manière à entrainer la totalité des racines, puis après avoir secoué la petite botte ainsi formée pour la débarrasser de la terre et des corps étrangers qui y adhèrent, ils la lient avec quelques plants de Lin et la jettent derrière eux. Quelquefois le liage est réservé aux ouvriers qui suivent les arracheurs ; ces derniers se contentent alors de déposer les poignées à terre, quatre par quatre et en croix. Aussitôt que possible, les petits bottillons sont repris et disposés en chaine. La coutume de laisser javeler le Lin pendant vingtquatre heures, avant de le dresser, est mauvaise ; la rosée, si elle est abondante, peut provoquer un commencement de rouissage qui nuira au travail définitif.
Pour former les chaines, on plante dans le sol un bâton qui sert à appuyer deux poignées, dont on réunit les têtes en même temps qu’on écarte les pieds ; cette première base établie, on continue à adosser de nouvelles poignées sur les premières, en leur donnant la même disposition, jusqu'à ce qu’on ait formé un toit de 1,50 à 2 mètres de longueur. On se reporte alors au point de départ eton enlève le bâton en le remplaçant par des poignées adossées comme les précédentes et formant un nouveau toit, qui a la même longueur que le premier. Les poignées des extrémités sont reliées à celles de l’intérieur par quelques tiges entrelacées.
Dans ces conditions, le Lin sèche rapidement et dès que la dessiccation est suffisante, on procède à la mise en gerbes et à l’emmeulage. Les gerbes sont formées par la réunion, au moyen d'un lien de paille de céréales, de sept à huit poignées ; elles ont environ 90 centimètres de circonférence.
Pour faire les meules ou monts, on plante, sur des rangées parallèles, des pieux solidement fichés en terre et distants de 50 centimètres environ. On place alors sur l'aire limitée par ces pieux, des matériaux résistants, bûches de bois, branchages, formant un soustrait qui sépare le Lin du sol. C’est sur ce lit qu’on entasse les bottes de différentes facons suivant les localités. On recouvre le tout de paillassons qu’on relie aux pieux de bois. Certains cultivateurs font avec les gerbes de Lin de véritables meules, comme avec les céréales ; ils les entassent aussi sous des hangars. Dans ces différentes situations, les tiges se conservent très bien et les graines continuent même leur maturation.
Souvent ces différents travaux de récolte et de conservation sont à la charge des industriels qui achètent les Lins sur pied. Les cultivateurs sont séulement tenus de conduire les gerbes au lieu désigné par l'acheteur. D’autres fois, la vente est faite au kilogramme de tiges battues; l'exploitant opère alors, pendant lhiver, l’égrenage des capsules. Enfin, dans la petite culture, les diverses opérations qui ont pour but de séparer les fibres des tiges, sont quelquefois exécutées à la ferme.
L’égrenage des capsules s'obtient par différentesméthodes, caractérisées par ce fait qu'on emploie le peigne, le battoir ou les égreneuses mécaniques.
Le peigne se compose de dents de fer, assez espacées pour laisser circuler les tiges de Lin, mais trop rapprochées pour que les capsules puissent passer, Cet outil est fixé au milieu d’un banc sur lequel deux hommes peuvent prendre place, en se mettant à cheval, l'un en face de l’autre. Deux passages de bottes de Lin préalablement écartées en éventail, à travers le peigne, suffisent pour détacher les fruits, qu’on égrène au fléau. Les débris de capsules sont enlevés par le vannage.
Quand on se sert du battoir, on délie les bottes, on étend les tiges bien régulièrement sur l'aire
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d'une grange et on frappe les têtes à l’aide de l'instrument qui est formé d’une pièce de bois rectangulaire reliée à un long manche courbe. Cette méthode exige des précautions, si l’on veut que la filasse ne soit pas endommagée. 6:
Les égreneuses mécaniques sont aujourd'hui assez nombreuses. À la machine irlandaise, dite crushing-machine, qui était très imparfaite, ont succédé les égreneuses Arquembourg, Legris, qui donnent un beau travail, mais ont l'inconvénient de coûter cher, d'exiger plusieurs personnes pour leur manœuvre et de n'être par suite pratiques que pour les grandes exploitations ou pour les établissements spéciaux. Elles sont très peu répandues en France.
Le rouissage a pour but d'isoler les fibres textiles du tissu qui les environne. Dans la coupe transversale d’une tige de Lin, on distingue, à partir du
Ur
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répartis, d’une substance granuleuse qui jaunit par l’iode. L’isolement de ces fibres comporte la destruction du parenchyme libérien, lequel, d’après les études de M. Fremy et de M.T. Kolb, serait formé principalement de pectose. Transformer la pectose en acide pectique qui constitue ce qu’on appelle la graisse du Lin et qui donne aux fibres du brillant et de la souplesse, tel serait le but à rechercher dans le rouissage. Or la pectose peut se transformer en acide pectique par la fermentalion ou par la chaleur. De là deux grands systèmes. de rouissage : rouissage rural, rouissage manufacturier.
La fermentation de la pectose est l’œuvre d’un ferment spécial, le Baccilus amylobacter, signalé en 1850 par Mitscherlitch et étudié par MM. Trecul et Van Tieghem. Ce Bacille s'attaque d’abord aux tissus les moins résistants, c’est-à-dire aux cellules.
du tissu conjonctif; mais son ac-
tion prolongée
amènerait peu à
peu l'altération de
la fibre elle-même.
On comprend par
suite combien le
rouissage est une
opération délicate,
et combien il est
indispensable, si
l'on veut obtenir
un bon résultat,
CHOEETVE CAS L/ Qi VAS ;
ET il
Fig. 272. — Cahotage du Lin.
centre, autour d’une lacune centrale : 1° un tissu fondamental interne constituant la moelle ; 2 une couche de cellules pressées les unes contre les autres, à parois épaisses, formant le bois; 3° enfin l'écorce. Cette troisième partie est la seule qui nous intéresse ; elle renferme, en effet, une zone spéciale désignée sous le nom de liber (voy. ce mot) et composée de deux sortes d'éléments. Les uns, à section arrondie, à parois très épaisses, ont des dimensions longitudinales proportionnellement très grandes (1 à 6 centimètres) ; ce sont les fibres libériennes. Les autres, à section polygonale, à ‘parois très minces,sont des cellules proprement dites ; elles entourent les fibres libériennes auxquelles elles adhèrent énergiquement. Les fibres du Lin ont un diamètre moyen de 140 millièmes de millimètre, les variations extrêmes étant comprises entre 69 et 240. Examinées suivant leur longueur, elles présentent des inégalités, des renflements caractéristiques ; elles se terminent par une pointe très effilée. Le canal intérieur, qui est d’une finesse extrême, contient de petits amas irrégulièrement
d’en surveiller la marche, qui est subordonnée à l’action d’organismes dont on ne peut pas toujours diriger le développement. Quoi qu’il en soit, les différents procédés de rouissage rural sont : le rouissage sur terre, à eau courante, à eau dormante.
Le rouissage sur terre ou plutôt sur pré, appelé aussi rosage, rorage, sereinage consiste à étendre le Lin en couches minces et régulières sur un sol recouvert d'une végétation herbacée courte ‘et serrée; les pâtures, les prairies artificielles après leur récolte sont recherchées à cet effet. Si la pluie tarde à venir, on arrose, et, quand on constate que la face supérieure est rouie, on retourne les bandes de tiges, à l’aide d'une longue gaule, en les faisant pivoter sur une de leurs extrémités. Ces opérations exigent beaucoup de soin pour que les brins ne s’entremêlent pas. Au bout de quatre à six semaines, le rouissage est complet. j
Ce procédé, qui est sous la dépendance de toutes les perturbations atmosphériques, est cependant un des plus usités ; onle trouve en Picardie, en Normandie, dans le midi de la France et dans un certain nombre de localités du département du Nord. Il est imposé par la situation. Les partisans de ce système lui attribuent deux avantages : il demande peu de main-d'œuvre; il permet de retirer des tiges un poids relativement très élevé de filasse. Or, si la première assertion est fondée, la seconde n'est généralement pas admise ; les Lins rouis sur terre donnent une filasse qui produit beaucoup d’étoupes,
LIN
qui perd énormément au blanchissage et qui conserve presque toujours une teinte roussâtre ou grise désagréable. Le Lin roui est repris et mis en cahoutes pour sécher (fig. 272).
Le rouissage à eau courante est celui qui s'effectue dans les ruisseaux ou rivières. Dans le nord de la France et la Belgique, la Lys et la Deule sont les cours d’eau dans lesquels on opère le rouissage.
Les rouisseurs commencent par mettre le Lin en bonjeaux ou paquets de 61,500 à 7*,500 formés de deux bottes réunies en sens inverse par trois liens peu serrés. Ces bonjeaux sont alors disposés verticalement dans des caisses à jour en bois de Sapin, dites ballons. Ces ballons, qui ont 1",20 de profondeur, sont à peu près carrés et leurs dimensions horizontales varient entre 4 et 5 mètres. Ils peuvent contenir de 200 à 250 bonjeaux. Au moment de l’emballonnage, on place à l’intérieur des caisses une couche de paille destinée à arrêter les impuretés charriées par l’eau; en terminant, on recouvre le tout d’une nouvelle couche de paille et l’on ferme le ballon à l’aide de planches disposées à cet effet. On procède ensuite au lancement, puis au chargement du ballon, qui se trouve ainsi immergé complètement, sans cependant toucher le fond de la rivière.
Le rouissage commence alors et sa marche est plus ou moins rapide, suivant les circonstances ; en Juillet il faut ordinairement cinq jours pour que l'opération soit complète; en octobre, on attend dix jours. Un orage active le travail dans des proportions énormes. Quand une tige retirée de l’eau et tirée fortement laisse détacher le tégument fibreux de l’enveloppe ligneuse en ruban, la fermentation est suffisante ; il faut déballonner. La disparition de bulles de gaz qui se montrent en grand nombre dès le commencement du rouissage est également un signe à observer. Le déballonnage consiste à enlever les bonjeaux qu’on délie et qu'on met en cahots ou cahoules, espèces de cônes qui laissent circuler l’air entre les tiges dont la dessiccation est ainsi rapidement obtenue.
Pendant huit mois de l’année on rouit dans la Lys; c’est au mois d'avril que la campagne commence. On paye aux rouisseurs » fr. 50 pour 1100 kilogrammes de Lin en paille. D’après M. G.
Scrive-Loyer, la freinte qui est la conséquence du rouissage étant d’un quart, il reste 825 kilogrammes de Lin roui, lesquels donnent 25 pour 100 de Lin teillé, soit 206 kilogrammes. D'où il résulte que 100 kilogrammes de Lin teillé coûtent 2 fr. 65 pour le rouissage. Quand on fait subir un blanchiment sur pré, le coût est de 13 francs par ballon, mais on n’applique cette opération supplémentaire qu'aux très beaux Lins et l’année qui suit le rouissage ; la freinte est alors de 35 pour 100.
Le rouissage à eau dormante se fait dans les mares, les fosses où l’eau ne se renouvelle pas et qu'on appelle routoirs. Les excavations qui existent au milieu des tourbières sont très recherchées. Les opérations de mise à l’eau sont les mêmes que pour le rouissage à eau courante ; mais la fermentation est iei excessivement rapide : huit jours sont un maximum de durée et trois ou quatre jours sont souvent suffisants, quand la température est un peu élevée.
Le rouissage à l’eau donne d’excellents résultats quand il est bien conduit; le rendement en filasse fine, la qualité de la filasse ne laissent rien à désirer pour les Lins sortant de la Lys ou de la Deule; cependant M. A. Renouard fils place en première ligne le rouissage à eau dormante. D’après lui, le Lin provenant des routoirs fermés a toujours une couleur spéciale d’un gris bleuté, un moelleux, une aptitude au blanchiment plus grands que les Lins rouis dans les rivières.
Le rouissage du Lin a pour conséquence la production d’odeurs très désagréables et l’altération
LD
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des eaux dans lesquelles s’est produite la fermentation de la cellulose. Les pouvoirs publics se sont depuis longtemps intéressés à ces conséquences par suite de l'influence qu’elles pouvaient avoir sur la santé publique. De nombreux règlements ont été successivement mis en vigueur : les uns se montrent excessivement restrictifs ; les autres, au contraire, laissent une très grande latitude aux industriels.
L'examen des différents travaux sur la matière conduit à conclure :
1° Que le rouissage sur terre et le rouissage à eau courante ne doivent pas être considérés comme dangereux; qu’il est possible d’ailleurs d’atténuer les émanations produites dans le rouissage à eau courante en commençant l'opération aussitôt après la récolte, c’est-à-dire sur des Lins verts ;
2° Que le rouissage à eau dormante est au contraire une cause sérieuse d’insalubrité dans les conditions où l’on opère ordinairement ; que les seuls moyens à employer pour diminuer l’odeur que dégagent les routoirs et pour limiter l’altération des eaux sont l’enlèvement des feuilles qui restent adhérentes aux tiges de Lin et le curage annuel des fosses.
M. Serive-Loyer a proposé un rouissage artificiel dans une fosse ouverte à cet effet, à l’intérieur de laquelle on introduirait de l’eau ayant une température de 15 à 20 degrés et renfermant le ferment auquel on attribue la transformation de la pectose. Ce ferment, le Bacillus amylobacter, serait obtenu par la macération pendant quarante-huit heures dans 100 litres d’eau à 25 degrés, de 5 kilogrammes de matières végétales. Ce sont cette eau de macération, le bouillon de culture et les matières qu’elle renferme qui ensemenceraient le liquide du routoir.
Les résultats incertains du rouissage rural, les transports coûteux qui sont la conséquence de l'éloignement des routoirs, ont conduit les industriels et les chimistes à rechercher des procédés manufacturiers permettant de remplacer les anciens systèmes. Un grand nombre d'essais ont été faits, différents moyens ont été adoptés, puis abandonnés.
Au système Schenck, dit système américain, ont succédé les systèmes A. Scrive, Watt, Dellise, Terwangue, Leféburé ; tous ont été successivement délaissés.
Le système Cornut, qui s’appuie sur l’action dissolvante, pour les produits qui entourent la fibre, d’un bain d’eau chargée d’alealis et maintenue à l’ébullition pendant sept à huit heures, semble jouir encore d’une certaine faveur.
M. Maizier préconise le rouissage dans un liquide d'une composition spéciale, pour lequel il à pris un brevet.
M. Parsy a fait breveter récemment un procédé dit de rouissage instantané dans lequel il obtient l'isolement des fibres en une heure et demie environ, par suite de l’action successive sur le Lin de l’eau sous pression à la température de 150 degrés centigrades environ et de la vapeur également sous pression.
Enfin M. Mollet-Fontaine obtient le rouissage par le passage sur le Lin à rouir d’eau à 140 degrés.
La valeur de ces procédés n’est pas encore suffisamment confirmée par la pratique pour qu’on puisse se prononcer d'une manière définitive.
Le Lin roui est mis à sécher et le plus souvent le séchage naturel à l’air est suffisant; cependant on doit quelquefois recourir à un chauffage ou hälage au-dessus de foyers de grandes dimensions dans lesquels on entretient un feu très régulier.
Ensuite commence le feillage, c’est-à-dire la séparation mécanique de la filasse d'avec la tige ou chènevotte. Ce travail nécessite généralement deux opérations distinctes : le broyage, appelé aussi maillage où macquage, qui consiste à briser la paille et à détacher des fibres les plus gros fragments de tiges et le feillage proprement dit, écouchage,
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écanguage, espadage, qui désigne l'enlèvement complet des débris de chènevottes laissés par l'opération précédente.
Le broyage se fait, dans le Nord, avec la Mmacque ou maillet flamand ; dans la Normandie, le Centre, avec la broie (voy. ce mot). Le teillage est exécuté à l’aide du poisset et de l’'écangue. La filasse obtenue par le teillage est soumise, dans les manufactures, au peignage, qui donne le peigne et l’éloupe.
Dès la fin du dix-huitième siècle, on songea à remplacer les outils à mains destinés au broyage et au teillage par des machines, c’est de cette idée que sont nés: la broyeuse picarde, qui écrase le Lin entre des rouleaux cannelés; le brisoir allemand, dans lequel les tiges sont prises entre un rouleau cannelé mobile et une table fixe également cannelée; la broyeuse amÿricaine, qui reproduit le système de la broyeuse picarde, mais qui s'en distingue par l'inégalité des rouleaux; enfin, la broyeuse Cail.
Pour le teillage, on a fait le moulin flamand.
On a été plus loin, et les broyeuses-teilleuses ont été inventées. Le travail qu’elles ont fourni jusqu’à ces derniers temps a été loin d’être satisfaisant, le teillage surtout laissait beaucoup à désirer.
Aujourd’hui, de nouvelles machines semblent avoir résolu la question, non seulement du teillage, mais du peignage mécanique ; telles sont les teilleuses-peigneuses de M. Emile Gavelle, de Lille, et de M. Cardon. Ces inventions réagissent heureusement sur la culture du Lin, si précaire depuis nombre d'années, et l’on est en droit d’espérer que, par suite de la rapidité de leur travail et par les rendements élevés de peigné qu'elles produisent, elles favoriseront le développement d’une de nos plantes industrielles les plus importantes. Cette reprise de la culture du Lin coïnciderait très heureusement avec la diminution, dans nombre de localités, des surfaces consacrées aux plantes oléagineuses, Colza et OEillette.
La machine Emile Gavelle se compose de quatre séries d'organes ayant une fonction distincte à remplir. En premier lieu sont les cylindres broyeurs, agencés de façon à ne pas altérer la fibre ; en les quittant, le Lin broyé rencontre des lattes animées d’un mouvement horizontal qui, par une sorte de friction, détachent une partie de la paille; un double moulin à lattes ondulées achève de séparer les dernières parcelles de paille adhérentes à la fibre; des peignes terminent la préparation de la filasse. Conduite par deux ou trois gamins, la teilleuse-peigneuse E. Gavelle peut, en douze heures, travailler 500 kilogrammes de Lins en paille rouis, et donner 4/5 de peigné pour 1/5 d'étoupe. Elle réalise une économie de main-d'œuvre énorme et un rendement très supérieur à celui qu'on obtient en traitant le Lin teillé à la main par les anciennes machines peigneuses, qui, pour 250 kilogrammes de peigné, faisaient 200 kilogrammes d’étoupe.
M. H. Gavelle estime que la vulgarisation de ce système doit amener un abaissement sensibie dans le prix de revient de la filature du Lin; il pense que, de plus, l'adoption du nouvel instrument a une action directe sur la culture française, par suite de la nécessité où seront les industriels de s’'approvisionner de Lins en paille rouis, au lieu de le faire en Lins teillés. Or, comme les Lins en paille représentent, à valeur égale, un poids einq fois plus fort et un volume dix fois plus grand que les Lins teillés, il en résulte qu'ils ne peuvent supporter, comme ces derniers, les frais d’un transport à grande distance et que les industriels devront prendre leur matière première dans leur voisinage,
Dans la machine de M. Cardon, construite par M. A. Dujardin, de Lille, le Lin en paille roui passe entre deux séries de plaques animées d’un mouvement de va-et-vient, et garnies de pointes qui frappent le Lin à coups répétés. Sous leur action,
OO
LIN
la partie ligneuse est pulvérisée et elle se détache de la fibre, qui reste intacte et n’a pas à subir, comme dans les anciennes teilleuses, une traction par le passage entre les cylindres cannelés. Cette partie de la machine s'appelle la piqueuse. La teilleuse fait suite; elle est formée de deux batteurs à axes parallèles et à lames ondulées, elle secoue la filasse et enlève les dernières traces de chènevotte. La peigneuse termine l’ensemble de cet'appareil. La teilleuse-peigneuse Cardon, comme celle de M. Gavelle, économise Ja main-d’ œuvre et donne en peigné le même rendement qu’on
obtenait en feillé des anciens outils, soit 20 ki=
logrammes pour 100 de paille; elle diminue de 40 pour 100 le prix de revient du kilogramme peigné.
Il semble que, si cette machine pouvait être construite dans des conditions sufiisantes de simplicité et de bon marché, il y aurait grand avantage pour les cultivateurs à traiter eux-mêmes leurs Lins. Des entrexreneurs pourraient mettre ces teilleuses, mues par des locomobiles, à la disposition des producteurs, comme cela se pratique couramment pour les batteuses de céréales. Mais une condition indispensable de la réussite de ces entreprises est un bon rouissage, sans lequel le travail des machines est loin d’être avantageux ; or, de ce côté, des progrès restent à accomplir.
La coloration de la filasse est très variable, suivant les circonstances de culture et de récolte ; mais l'opération qui a une influence décisive sur ce caractère physique, est le rouissage. D’une manière générale, les Lins se classent, au point de vue de leur coloration, en Lins bleus et en Lins jaunes. Les premiers proviennent du rouissage à eau stagnante ; les seconds, du rouissage à eau courante. M. Parsy, qui s’est occupé de cette question, a formulé une théorie de la coloration des Lins, et il réalise à volonté, dans son rouissage instantané, les Lins bleus ou les Lins jaunes. Les modifications de la chlorophylle sont, d’après cet ingénieur, la cause directe de la couleur de la fibre. Un milieu acide détermine le virage au bleu; l’action d’une base produit le jaune. Dans les routoirs fermés, l'eau est rendue acide par les liquides organiques ; dans les rivières, le bicarbonate de chaux suffit à provoquer la réaction qui amène la coloration jaune. S'appuyant sur ces conceptions, M. Parsy emploie pour avoir des Lins bleus, de l’eau qui a servi dans un précédent rouissage et qui est devenue acide,
tandis qu'avec une eau légèrement alcaline il obtient
la filasse jaune.
Lin ramé. — Les Lins ramés, qui ont joui autrefois d’une grande faveur, se cultivent de moins en moins. Ces Lins étaient destinés à donner de la filasse très fine, avec laquelle on faisait le fil de mulquinerie employé pour les dentelles.
Les caractères essentiels de la culture de ce Lin sont : le semis hâtif, qui a lieu généralement en mars; la quantité de semence employée, jusqu’à 900 litres; la ramure; enfin, la récolte.
La ramure du Lin consiste à disposer par rangées régulières, espacées de 6 à 8 mètres, de petits piquets de bois terminés par une fourche, et sur lesquels on place de longues perches appelées mousquels. Ces perches servent elles-mêmes de supports aux sions ou croisures, constituées par des branches non élaguées. Il en résulte, à la surface du champ, un réseau de petits branchages au milieu desquels les tiges du Lin s'élèvent sans avoir à redouter, malgré leur grande finesse, laction des pluies et du vent.
En ce qui concerne la récolte, elle se fait bonne heure, dès le mois de juin. +
Les opérations qui suivent l’arrachage diffèrent peu de celles décrites précédemment ; mais elles sont faites avec précaution, pour éviter toute altération des fibres longues et délicates.
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