JURYS
depuis la fin du siècle dernier, vers l’ouest de son berceau. On la trouve en Allemagne dans la vallée du Neckar jusqu'en Wurtemberg, depuis le Pala- {inat bavarois, autour du Donnersberg, en Alsace, dans les parties basses du grand-duché de Bade ; dans le Pinzgau en Autriche, autour de Salzbourg ; en Suisse la race peuple toute seule les cantons de Neuchâtel, de Fribourg et de Berne ; en France, toute l’ancienne Franche-Comté et la haute Alsace, depuis Belfort jusqu'aux Alpes dauphinoises, les départements du Doubs, de la Haute-Saône, du Jura, de l’Ain, de Saône-et-Loire, et enfin elle a envahi vers le centre la Nièvre, le Cher, l'Allier, une partie de l’Indre et de la Creuse.
Il n’est pas douteux que la race Jurassique ait eu son berceau sur le plateau de Bresse, à l’extrémité sud des monts du Jura. D’après la loi naturelle connue de l’extension des races animales, ce berceau ne peut être placé nulle part ailleurs. En la faisant partir de là, on s'explique sans difficulté la présence de ses représentants partout où ils se trouvent, sans parler de ce qui s'est passé dans les temps modernes et même récents, sur quoi nous possédons des documents historiques.
On a vu plus haut qu'elle était déjà en Suisse au temps des habitations lacustres, qui sont préhistoriques. Son extension s’est faite en suivant les cours d’eau, vers le nord-est, par les vallées fertiles; vers l’est, elle est allée à la rencontre de la race des Alpes, et ne s’est établie, en pays de montagnes aussi, que sur les vallées jurassiques des trois cantons susnommés ; vers l’ouest elle n’a quitté les rives de la Saône qu’en suivant l'extension artificielle des riches herbages qui sont nécessaires à sa subsistance.
En dehors de l’aire continue que nous venons de tracer, et où il s’est naturellement formé de nombreuses variétés, soit de corpulence ou d’aptitude, sous l'influence des conditions de milieu ambiant, soit de couleur par sélection artificielle ou zootechnique, le type de la race Jurassique a été transporté, de propos délibéré, comme agent améliorateur, sur divers points dans les temps modernes. Ses variétés suisses jouissaient, au commencement de ce siècle, d’une réputation comparable à celle qui a été faite depuis aux animaux anglais. Sur la plupart de ces points, notamment au sud et au sud-ouest de la France, son influence n’a été que passagère, et il ne s’est pas établi, même en formant des populations métisses persistantes ; on n’en retrouve aucune trace, sinon historique. Il n’en a pas été de même dans l’Allemagne centrale, en Autriche, en Italie, où ce type se montre fréquemment par reversion, dans des populations décrites sous des noms locaux.
Quant aux variétés de pure origine qui peuplent l’aire de la race, on reconnaît la Bressane, la Comtoise, la Fémeline, celle du Glane et du Donnersberg, celle du Neckar, celle de Simmenthal et de Frutigen, la Fribourgeoise, celle de Pinzgau, la Charolaise, la Nivernaise et la Bourbonnaïse (voy. ces mots). Et
JSURYS (z0o0technie).— Les concours ou plutôt les expositions d’animaux reproducteurs ou autres, avec distribution de récompenses aux meilleurs, ont sur le progrès zootechnique une influence qui n'est point niable. C’est toutefois à deux conditions que cette influence peut être bonne. La première est que le programme en soit bien conçu, de façon à provoquer sûrement l’exhibition complète et à ne faire concourir ensemble que des sujets comparables ; la seconde, que les jugements soient le plus possible à l'abri de l'erreur et qu'ils engagent la responsabilité de ceux qui les rendent. C’est de cette dernière condition qu’il doit s’agir seulement ici. Elle concerne la composition des jurys, que ceux-ci soient composés par l’administration publique ou par les associations agricoles.