JUSQUIAME
restreignant le nombre des désignations à faire, dans le cas de nomination du jury par l’autorité administrative ou autre, on réduirait donc, par cela seul, l'abus dont se plaignent à si juste titre les exposants d'animaux.
Quel que fût leur nombre, d’ailleurs, les juges ne devraient être Jamais choisis qu’en raison de leur compétence spéciale, soit parmi les éleveurs ou les engraisseurs, soit parmi les zootechnistes. Pour l’appréciation des animaux gras, par exemple, les meilleurs juges sont assurément les bouchers etles charcutiers, dont les jugements ne sont guidés que par les considérations pratiques. Ainsi ont pensé, avec grande raison, notamment les fondateurs du concours de Nevers, qui ont eu la sagesse de prendre pour juges les acheteurs habituels de leur marchandise, c’est-à-dire les membres les plus estimés de la corporation des bouchers de Paris. Aucun éleveur ou engraisseur sérieux ne s'élèvera contre de tels choix. En tout cas, ayant par sa notoriété même une responsabilité à sauvegarder, non seulement à l'égard des intéressés, mais encore à l'égard du public, l'homme spécial d’une compétence reconnue agit avec toute l’attention que comporte cette responsabilité. Il n’est pas infaillible, à coup sûr, mais du moins il ne se trompe que rarement. Ce qui importe à l’homme incompétent, sans responsabilité effective, c’est seulement que son nom figure sur la liste du jury. Il se crée ainsi des titres factices. Cela lui suffit. Les récriminations qu’il provoque se perdent dans le bruit. Ne pouvant être quelqu'un, il a voulu être quelque chose : son but est atteint.
En vérité, les jurys de concours d'animaux ne devraient point être des moyens de donner satisfaction à de telles aspirations, qu’il conviendrait au contraire de réfréner le plus possible, dans l'intérêt des bonnes mœurs publiques de notre nation. 0.
JUSQUIAME (botanique). — Genre de plantes Dicotylédones, établi par Linné sous le nom de Hyosciamus, et rangé maintenant dans la famille des Solanacées, où il représente le type de la section des Hyosciamées.
Les Jusquiames se distinguent parmi les Solanacées dont elles ont tous les caractères essentiels (voy. SOLANACÉES), par les particularités suivantes: Le calice, gamosépale, a le tube dilaté vers le haut, et son limbe présente cinq divisions triangulaires, un peu inégales. La corolle est un peu irrégulière, à tube plus ou moins arqué, à limbe oblique, divisé en cinq lobes dont les deux postérieurs, plus petits, sont séparés par un sinus plus profond que les trois autres. Des cinq étamines qui sont inégales, la plus petite correspond à la grande fente de la corolle. Leurs anthères biloculaires et introrses, souvent colorées en violet ou en bleu terne, donnent insertion au filet vers le bas de leur dos. Le fruit, enveloppé par le calice accru et devenu rigide, est une pyxide dont la déhiscence se fait à une hauteur variable suivant les espèces. Les graines, très nombreuses, à surface réticulée, contiennent sous leurs téguments un albumen charnu qui entoure l'embryon très courbé, presque circulaire, à cotylédons semi-cylindriques.
Les Jusquiames sont des herbes annuelles, bisannuelles ou vivaces, munies de feuilles alternes, ordinairement très velues, plus ou moins grossièrement dentées ou lobées, penninerves. Les fleùrs, toujours disposées en cymes scorpioïdes feuillées, sont souvent livides et réticulées de pourpre ou de jaune foncé. On en connait sept ou huit espèces répandues surtout dans la région méditerranéenne, d'où quelques-unes s'étendent jusqu'aux iles Canaries d’une part, et vers l’Asie centrale de l’autre. Toutes semblent être des plantes vénéneuses.
Une seule espèce est commune en France : c’est la Jusquiame noire (Hyosciamus niger L.), que