‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 4)Chapitre 17 sur 212 · KERGORLAY · texte numérisé non relu

KERGORLAY

Cet accroissement n’a son terme que dans les phénomènes atrophiques qui sont la conséquence de la pression exercée sur les tissus sous-cornés.

Le premier symptôme du kéraphyllocèle est la boiterie. Quand une claudication persistante survient sans cause saisissable, qu’il n’y à à l’extrémité digitale ni aux diverses régions du membre aucune lésion visible à laquelle on puisse la rattacher, l'idée de l'existence possible d’un kéraphyllocèle doit venir à l'esprit de l'observateur. L’exploration du pied donne à cet égard des renseignements très précis. La percussion du sabot fait ordinairement constater au point où existe le kéraphyllocèle une sensibilité plus marquée qu'aux autres régions ; souvent aussi cette partie de la muraille accuse un léger bombement qui ne peut être remarqué que par un examen minutieux. Le pied déferré, si le kéraphyllocèle est creusé d’un canal, on constate sur la limite de la sole et de la paroi une petite cavité noirâtre ordinairement irrégulière, d’où suinte une humeur fétide. Ce signe manque lorsque le kéraphyllocèle est plein; mais, en parant le pied, on découvre un autre symptôme, une irrégularité de la zone commissurale blanchâtre qui marque l’union de la sole et de la muraille.

L’extrémité inférieure du kéraphyllocèle déforme cette corne blanche, lui fait dessiner une courbe en saillie vers le centre de la région plantaire, courbe qui donne exactement la mesure de la base de la tumeur cornée.

Le traitement du kéraphyllocèle comprend plusieurs procédés. Il y a un moyen palliatif qui consiste à évider le sabot à sa face interne, au niveau du mal, jusqu’à la limite supérieure de la colonne cornée, et ainsi à supprimer momentanément la douleur causée par la compression : c’est le traitement du cor au pied. Lorsque l’altération est reproduite, on y remédie de la même manière. On peut réaliser plus complètement ce résultat en amincissant sur une certaine étendue et dans toute son épaisseur, la corne de la muraille. La névrotomie haute, faite d’un côté ou des deux, suivant les cas, supprime encore la boiterie causée par le kéraphyllocèle. Quand, le mal étant ancien et volumineux, on veut en obtenir la guérison radicale, ou bien lorsqu'il est compliqué de suppuration, de carie ou de nécrose, il faut recourir à l’opération. Celle-ci consiste à enlever un lambeau de la muraille au point correspondant à la colonne kéraphylleuse, à exciser les tissus vivants mortifiés ou atrophiés et à ruginer la troisième phalange dans sa partie recouverte par ceux-ci. Il faut ensuite appliquer un pansement antiseptique légèrement compressif. Malgré la complexité de la plaie opératoire, les phénomènes consécutifs sont généralement fort simples et la guérison assez rapide. P.-J. C.

KERGORLAY (biographie). — Le comte Hervé de Kergorlay, né en 1803, mort en 1873, pair de France, plus tard député, a été un des agriculteurs français distingués du milieu du dix-neuvième siècle. Eleveur habile, il contribua à poser les règles pratiques de l'amélioration du bétail; ïül remporta, en 1859, la grande prime d'honneur pour son domaine de Canisy (Manche), où il se livra à de nombreuses expériences culturales. Il fut membre de la Société nationale d'agriculture et vice-prési-

KERMÈES

dent de la Société d'économie politique. Il à publié : De la réduclion du droit d'entrée sur les bestiaux étrangers (1838). H. S.

KERMES (entomologie). — Genre de Cochenilles, insectes hémiptères de l’ordre des Rhynchotes, sous-ordre des Phytophtères, famille des Cocciens. Les Kermès sont caractérisés par un corps globuleux, muni d’épines sur chaque segment; les antennes de six articles ont le troisième olus allongé. Les mâles sont très petits, et vivent renfermés dans de petites bourses blanchâtres, d’un aspect feutré ; leurs antennes sont pubescentes ; ils ont quatre yeux et des ocelles ; leurs ailes, grandes et transparentes, sont remplacées, pour la seconde paire, par des sortes de balanciers triarticulés ;

Fig. 190. — Kermès sous ses différents états.

à l’extrémité de l'abdomen on remarque deux longues soies, ayant plusieurs fois la longueur totale du corps, et notablement divergentes.

Ce genre fut établi par Amiot pour diverses formes, dont la plus connue est le Kermès des teinturiers (Kermes vermilio Planchon, ou baphica Sew), employé en pharmacie et en teinturerie. Avant de donner quelques renseignements sur cette espèce, remarquons que Linné a donné le nom de Kermes à des Psylles ou faux pucerons, et qu'il a également nommé chermes certains Pucerons, plus couramment connus sous le nom d’Adelges, produisant les galles des Pins et Sapins.

Le Kermès des teinturiers se présente sous l’aspect d’un petit corps rouge, globuleux et lisse; telle est la femelle, après la fécondation, lorsque son corps est déformé et ne consiste plus qu’en une boule d’où ont disparu les pattes et les antennes, cachées sous une pellicule cornée. Les larves sont rougeâtres, l'extrémité de leur abdomen n'est pas échancrée. D’après Kunckel, les segments abdominaux à peine pubescents présentent sur les côtés des éminences coniques courtes et pointues, la

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