‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 4)Chapitre 18 sur 212 · KERRY · texte numérisé non relu

KERRY

peau est parsemée de filières et de marques épaisses d'un ton plus foncé. |

Le Kermès vit sur le Chêne kermès (Quercus coccifera), petite espèce croissant dans les lieux arides du midi de la France. Souvent des buissons entiers sont couverts des carapaces de ces Cochenilles. Depuis la plus haute antiquité, on a employé cet insecte pour la teinture. C’est en les traitant par l'acide acétique que l’on en extrait cette belle couleur rouge dont se servirent si longtemps les Orientaux pour teindre leurs étoffes.

Sa récolte constitue encore une industrie assez importante en certaines régions, mais depuis la découverte de la Cochenille d'Amérique, cette exploitation a beaucoup diminué. Ses résultats sont subordonnés à la température de l'hiver qui précède la récolte; celle-ci sera d'autant meilleure que l'hiver aura été plus doux. Le plus souvent il n’y à qu'une éclosion par année; si le temps a été très beau, il peut se faire qu’il y en ait deux, mais c'est l'exception. Au premier printemps, les insectes ne dépassent pas la grosseur d’un grain de millet, mais leur naissance est rapide, et, un mois après, en avril, ils sont gros comme un grain de groseille dont ils rappellent la forme et la couleur rouge. La mère est morte en mai, et, à la fin de ce mois, on trouve dans la coque formée par le corps de chacune d’elles de 1800 à 2000 œufs d’où sortiront les larves après un mois. On récolte les coques avant la sortie de ces larves, au commencement de juin. «Le Kermès est récolté par les pâtres, . les enfants ou les femmes qui, pour exécuter ce travail, laissent pousser leurs ongles, et acquièrent ainsi une telle dextérité qu'ils en recueillent dans certains cas jusqu’à deux livres par jour » (Kunckel d’'Herculais). Cette récolte se fait en Espagne, dans le midi de l: France et en Grèce, notamment à l’ile de Canue. Les Kermès ainsi recueillis sont nommés en droguerie Xermes animal, baies de Kermes, graines d’écarlate ; on a commencé par les faire sécher au soleil, puis après les avoir fait tremper dans le vinaigre, on les a soumis à un nouveau séchage. On confectionnait jadis avec ces Cochenilles un élixir célèbre, connu en style d’officine sous le nom de confectio alkermes, « véritable panacée tombée dans l'oubli et remplacée par le sirop de Kermes, peu usité également de nos jours. On sert encore sur les tables, en Italie, un élixir dit alkermés où entrent ces coques » (Maurice Girard). ee

Planchon fait remarquer que le Kermes vermilio est très probablement le véritable Kermès des anciens, ainsi que le Kermes ilicis L., rubrique sous laquelle on a réuni diverses formes, notamment le Kermes Bauhini qui, d’après lui, serait le véritable type du Æ. ilicis. Gette dernière espèce est parfaitement arrondie et d’une teinte brune; elle vit aussi bien sur le Chêne vert que sur le Chêne kermès. Il est à croire que les deux espèces se récoltaient indifféremment et servaient aux mêmes usages, sous le nom, en certains pays, de graine d’écarlate.

On distingue dans le commerce le Kermès de Provence et le Kermès d’Espagne. Le premier s'écrase en une poussière rouge, onctueuse; il est riche en matière colorante et atteint un prix plus élevé que le second, qui se présente en grains secs et plats, ne donnant que peu de poussière et se tamisant bien. On entend par kermès de Pologne une autre Cochenille employée jadis aussi pour la teinture, mais tombée maintenant en désuétude. Cette espèce rentre dans le genre Porphyrophora (Porphyrophora polonica). M. M.

KERRY (zootechnie). —On appelle race de Kerry une population bovine qui se trouve dans le comté de même nom, en Irlande. Ce comté de Kerry est situé sur le point le plus occidental du continent européen. C’est un pays montueux et pauvre, à sol

KETMIE

ingrat et peu cultivé, habité par une population rare et misérable, dont le bétail est la principale ressource. En réalité, ce bétail ne forme point une race particulière. Son type naturel est celui de la race Irlandaise (B. T. hibernicus), dont il est seulement la plus petite et la moins importante des variétés, dans la classification fondée sur les caractères zoologiques.

La population de la variété de Kerry n’est composée que de vaches et de génisses et des taureaux nécessaires pour les féconder. Son mode d’exploitation l’explique facilement, comme on va le voir. C’est pourquoi il convient de décrire surtout les caractères des femelles. La taille de celles-ci ne dépasse point 90 centimètres, avec un squelette très fin, et conséquemment un volume et un poids vif faibles. Les formes corporelles, presque toujours étroites, sont celles qui dominent dans la race (VOy. IRLANDAISE). On remarque surtout le développement relatif et la régularité des mamelles. La peau, souple et onctueuse, est ordinairement d’un Jaune orangé au pourtour des ouvertures naturelles, au mufle, aux paupières, à l’anus et à la vulve. Le pelage, généralement noir, est quelquefois brun. Souvent il y a sur le fond des marques blanches, prenant d’habitude la figure d’une bande sous le ventre.

Etant donnés le faible poids des vaches de Kerry, leur sobriété et conséquemment leur petite consommation, il y a lieu d’être étonné de leur rendement en lait et aussi de la richesse de ce lait. Elles ne sont intéressantes toutefois que pour les pauvres tenanciers de leur pays, qui n’en pourraient point nourrir d’autres. On ne saurait dès lors les recommander pour d’autres localités sans faire preuve d'absence de sens pratique. Précieuses pour les côtes occidentales d'Irlande, elles seraient insuffisantes partout ailleurs et n’y pourraient pas lutter avec les autres variétés de la même race. A. S.

KETMIE (horticullture). — Plante de la famille des Malvacées. Le genre Ketmie (Hibiscus L.) renferme de nombreuses espèces qui sont intéressantes à plus d’un point de vue. Leur fleur se caractérise par un calicule ayant de cinq à douze segments; le calice, ainsi que la corolle, sont à cinq pièces, cette dernière prend la forme rosacée et acquiert des dimensions qui peuvent dépasser 15 centimètres de diamètre dans certaines espèces. Au centre du tube formé par un androcée indéfini, monadelphe, passe un style à cinq divisions stigmatiques, lesquelles correspondent à un nombre égal de loges dans l'ovaire. Le fruit est une capsule à cinq loges. Les Ketmies sont tantôt des herbes vivaces par un rhizome souterrain, ou bien annuelles, tantôt, au contraire, ce sont des arbustes. Leurs feuilles sont simples, palmées et diversement découpées sur les bords et munies de stipules. Parmi les principales espèces ornementales, il faut citer :

Ketmie à fleurs roses (Hibiscus roseus Thore). — Plante vivace indigène que l’on rencontre sur les bords des ruisseaux de toute la France méridionale. Les rameaux de 1 mètre et demi environ portent en septembre et octobre de très grandes fleurs d’un beau rose avec macules pourpre à leur base et disposées en une longue grappe interfoliée. Cette espèce convient à la décoration des pelouses sur lesquelles on la dispose isolément ou par groupes.

Ketmie militaire (H. mailitaris Cat.). — Cette espèce a beaucoup d’analogie avec la précédente. Elle s’en distingue par ses feuilles hastées, trilobées, ses fleurs grandes et d’un rose beaucoup plus foncé. Elle est vivace, originaire de l'Amérique du Nord, et convient aux mêmes usages que la Ketmie à. fleurs roses.

Ketmie ou Mauve en arbre (H. syriacus L.). — Arbuste pouvant, sous le climat du midi de la France, atteindre plusieurs mètres de hauteur; de dimensions plus réduites sous le climat de Paris.

KETMIE

Feuilles en coin, trilobées et dentées au sommet. Calicule de six à sept segments. Fleurs grandes, blanches, violacées ou rougeûtres, courtement pédonculées. Ces fleurs, qui s’épanouissent vers la fin de l'été, font de cette espèce une plante précieuse pour la décoration des parterres. La Ketmie en arbre est peu exigeante sur le choix du sol; toutefois, il est nécessaire que celui-ci possède une humidité suffisante, sous peine de voir les boutons se flétrir et tomber avant l’épanouissement.

La plante se dispose naturellement en touffes à rameaux érigés et convient, à ce titre, à la décoration du bord des massifs de bois qu’elle décore agréablement. On peut, par la taille, obtenir des sujets à tiges qui servent à orner les plates-bandes des jardins français.

Les Ketmies en arbre se reproduisent par semis, faits au printemps avec les graines récoltées à l’automne précédent. Le jeune plant doit être abrité pendant le premier hiver. Dès la seconde année, il peut donner des fleurs. Les variétés doubles se reproduisent par greffe, en fente ou à l’anglaise, sur sujet de semis.

La culture à produit des variétés innombrables, qui se caractérisent par la diversité du coloris de la fleur, par sa duplicature plus ou moins complète, et aussi pour quelques variétés par les panachures que peuvent prendre les feuilles.

Keimie rose de Chine (Hibiscus rosa sinensis L.). — Arbuste de 2 mètres environ, à feuilles lobées, luisantes en dessus, à fleurs grandes, d’un beau rouge éclatant. Cette espèce est très recherchée dans l’ornementation, à cause de la dimension et de l’éclat de ses fleurs. On s’en sert pendant l’été, soit pour la confection de corbeilles que l’on tapisse de quelques plantes rampantes, soit encore comme plante isolée sur les pelouses, où elle produit le meilleur effet. Elle exige, pendant l'hiver, l'abri de la serre tempérée. La multiplication se pratique à l’aide de boutures qui reprennent aisément, à la condition d’être faites à chaud et avec les extrémités herbacées des rameaux. Dans la culture en pot, il est nécessaire de donner à cette plante la terre de bruyère dans laquelle elle se développe mal.

Ketmie comestible (Hibiscus esculentus L.). — Plante annuelle, de 6 à 7 décimètres de haut, à fleurs solitaires, d’un jaune de soufre, avec le centre pourpre et entouré d’un calicule à dix divisions. Le fruit est une capsule pyramidale. Les feuilles sont cordiformes, à cinq lobes, dentées sur les bords. |

Cette plante est d’une culture très répandue dans tous les pays de la région chaude et tropicale du globe. Aux Indes, aux Antilles, à la Louisiane, en Egypte, en Grèce et en Turquie, son usage est très répandu. On recherche surtout les jeunes fruits, connus le plus généralement sous le nom de Gombo, et qui, par la cuisson, donnent une sorte de mucilage. Plus rarement ses graines ont été préconisées comme pouvant servir de succédané au café. Maintes fois, on a essayé de répandre l’usage du Gombo en France; ces essais sont restés peu fructueux, d’une part, à cause de la difficulté de la culture, qui ne peut être menée à bonne fin que sous le climat du Midi, et, d'autre part, ausst à cause de sa consistance mucilagineuse et de son peu de saveur. Cependant, dans tous les pays cités, le Gombo est tenu en haute estime et sert à l’assaisonnement d'un grand nombre de mets fort recherchés.

M. Paillieux, dans son Potager d'un curieux, donne une longue description des combinaisons culinaires diverses auxquelles le Gombo peut donner lieu.

Sous le climat de Paris, il faut semer les graines sur couche, en février, repiquer sur couche et mettre en place fin mai, également sur couche. Pendant tout le temps de la végétation, il est néces-

KOPPE

saire d’arroser abondamment. Sous les climats chauds, la culture se fait à l'air libre avec la plus srande facilité. On importe à Paris des fruits cultivés sous le climat du Midi; ils supportent très bien le voyage. On les récolte alors qu’ils sont à moitié. développés, c’est-à-dire quand ils ont environ 2 centimètres de long. On peut fort bien les conserver par une simple dessiceation à l'air libre ; on les voit

vendre alors sous forme de chapelets, enfilés qu’ils

sont sur de longs fils. Ils reprennent par la cuisson

leur état primitif et peuvent servir au même titre

que les fruits frais. J. D.

KILOE (zootechnie). — C’est le nom de l’une des variétés de la race bovine Ecossaise (B. T. caledoniensis). Cette variété, d’une faible importance pratique en son pays, n’est intéressante à connaître d’une manière générale que par le rôle qui lui a été attribué dans l’histoire de la formation des Courtes-cornes améliorés. Elle habite les hautes terres de l’Ecosse, dans le voisinage des West Highlands, où elle n’est d’ailleurs l’objet d'aucun soin particulier. Dans les nombreuses polémiques auxquelles se sont livrés, dans le temps, les partisans de l’origine pure de ces Courtes-cornes et ceux de leur origine croisée, il a été dit que la mère d'Hubback descendait d’une Kiloe, conséquemment que le célèbre taureau était un métis (voy. COURTES-CORNES). L’assertion a été contredite par le propre fils de l’éleveur chez qui naquit ce taureau, et il fut reconnu que la mère d'Hubback était une pure Teeswater. En tout cas il serait bien hpossible de retrouver chez les Courtes-cornes" rien qui pût rappeler, même de très loin, le moindre caractère de la race à laquelle appartiennent les Kiloe (voy. ECOSSAISE). AS

KIRSCH. — Voy. DISTILLATION.

KISBER (z00{echnie). — C’est le nom d’une localité de la Hongrie, où est établi un célèbre haras appartenant à l'Etat. Dans le haras de Kisber il se produit des étalons de la variété Anglaise de course, dite pur sang, de ceux qu'on appelle Anglo-arabes, et aussi des Anglo-hongrois. Tous ces étalons sont employés à la monte des juments Hongroises des particuliers, en vue d'améliorer la population chevaline de la Hongrie et surtout d'en élever la taille. Tel est l’objet de l'institution de ce haras, ainsi que de ceux de Babolna et de Mezoehegyes. Dans le dernier on entretient, outre des Anglo-arabes et des Anglo-hongrois, des Anglo-normands, mais point d'Anglais de course. À Babolna, ce sont seulement des Arabes.

Les produits de Kisber ont eu des succès sur les hippodromes, même en dehors de l’empire Austro- Hongrois. S'ils en ont comme étalons, c’est-à-dire si leur influence sur l’amélioration générale de la population chevaline hongroise est sensible, c’est ce qu'il nous serait difficile de dire avec certitude. Les avis des hommes compétents sont partagés. On doit remarquer toutefois que ceux qui leur sont favorables insistent surtout sur ce qui concerne les produits mêmes de l'établissement, bien plutôt que ceux des éleveurs. Pour notre compte, nous aurions plus confiance, en ce sens, dans les provenances de Babolna que dans celles de Kisber (voy. Hon- GROISE). A. S.

KITAIBÉLIE (horticulture). — Genre de plantes herbacées, de la famille des Malvacées, originaires de Hongrie, qu'on cultive quelquefois pour la décoration des grands jardins, en plates-bandes ou sur les pelouses. Ses tiges rameuses forment des touffes qui atteignent une hauteur de 2 mètres. On cultive souvent la Kitaibélie à feuilles de vigne (K. vilifolia), très rustique, à fleurs d’un blanc pur, larges de près de 3 centimètres. C’est une plante vivace ou bisannuelle, qu’on sème en pépinière, pour mettre en place à l’automne ou au printemps, suivant l'époque du semis.

KOPPE (biographie). — Jean-Georges Koppe, né

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