LABBÉ
LABBÉ (biographie). — Jean-Pierre Labbé, né à Louvigny (Calvados) en 1765, mort en 1840, agronome français, s’est principalement occupé de l'extraction de l'alcool de la Pomme de terre (1818) et de l’industrie de la glucoserie. Il fut membre de la Société nationale d’agriculture et du conseil de la Société d'encouragement pour l’industrie nationale. H. S.
LABBÉ (biographie). — Louis-Antoine-Nicolas Labbé, né à Lévignan (Oise) en 1797, mort en 1850, fut maître de la poste d’Alfort, et l’un des agriculteurs les plus distingués de la banlieue de Paris pendant le deuxième quart du dix-neuvième siècle ; il contribua notamment à la propagation de la culture de la Luzerne et autres plantes fourragères, ainsi que des batteuses mécaniques. Il fut membre de la Société nationale d'agriculture. HS:
LABELLE (botanique). — On appelle ainsi la pièce du périanthe des Orchidées qui est dirigée en bas ou en avant, au moment de la floraison. Le labelle appartient au verticille intérieur du périanthe; on peut done le considérer comme un pétale. C’est à lui particulièrement que la fleur doit son aspect irrégulier, et en même temps son caractère souvent si prononcé d’étrangeté. Il affecte, en effet, les formes les plus diverses : ses couleurs et ses dimensions sont le plus souvent très différentes de celles des autres parties du périanthe.
Quand, au lieu d'examiner seulement la fleur des Orchidées à l’âge adulte, on l’étudie aux diverses phases de son évolution, on constate facilement que, dans le jeune bouton, le labelle est situé en arrière, alternant avec les deux sépales postérieurs. C’est seulement un peu avant l’épanouissement que, la fleur ayant subi un mouvement de résupination, il devient antérieur (voy. ORCHI- DACÉES).
On donne également le nom de Zabelle à une des pièces de la fleur des Zingibéracées, dont l’aspect est plus ou moins analogue à celui du labelle des Orchidées, mais dont la signification morphologique est entièrement différente. Il appartient, en effet, à l’androcée où il représente ordinairement deux étamines stériles et plus ou moins profondément modifiées (VOy. ZINGIBÉRACÉES). E. M.
LABIÉES (botanique). — Famille de plantes Dicotylédones, gamopétales, dont la dénomination est une allusion à la forme la plus habituelle de la corolle des plantes qui y sont contenues. Les Labiées forment un groupe très naturel, mais aussi très nombreux, dont l'étude a rendu nécessaire la division en tribus, basées, comme nous le verrons plus loin, sur des caractères de faible valeur.
De la grande uniformité d'organisation des plantes dont nous parlons il résulte que l'on peut, pour ainsi dire, prendre la première venue comme objet d'étude. Nous choisirons, pour donner une idée générale du groupe, le Lamier blanc (Lamium album L.), tant parce que le volume relativement grand de ses fleurs en rend l'examen facile, que
LABIÉES
parce que c’est une plante vulgaire, dont la floraison dure presque toute l’année. ,
Le Lamium album a les fleurs irrégulières et hermaphrodites; leur réceptacle est légèrement convexe. Le calice est gamosépale, formé de cinq pièces presque égales, mais inégalement unies entre elles, et dont une est postérieure. La corolle gamopétale comporte cinq divisions alternes avec les sépales. Les deux postérieures, presque totalement connées, se relèvent à l’arrière de la fleur où elles simulent une sorte de casque obtus : c’est ce qu'on appelle lèvre supérieure de la corolle. La levre inférieure, déjetée en avant, comprend les trois autres pétales, inégaux, inégalement unis par leurs bords, étalés, et séparés de la lèvre supérieure par un sinus profond. Toutes ces pièces sont imbriquées dans le bouton, de telle sorte que les deux postérieures recouvrent les deux latérales, lesquelles cachent elles-mêmes l’antérieure. Le tube de la corolle est un peu arqué d’avant en arrière; il donne attache aux filets des étamines. Celles-ci sont au nombre de quatre et situées de telle sorte qu'il y en a une en face de chacun des sépales, excepté le postérieur. Cet androcée doit être considéré, en effet, comme un androcée pentandre dans lequel la pièce postérieure manque totalement: en outre, il est didyname, les deux étamines antérieures étant plus longues que les latérales. Les anthères sont biloculaires et introrses; mais les deux loges sont placées bout à bout, au lieu de se disposer parallèlement sur les côtés du connectif, comme cela s’observe dans presque toutes les plantes. Le gynécée consiste en un ovaire supère, entouré à sa base d’un disque charnu, quadrilobé, et relevé en dehors et en haut de quatre bosses saillantes, qui laissent entre elles un pertuis assez étroit, au fond duquel s’insère le style, qu’on dit gynobasique (voy. ce mot) à cause de cette disposition, et qui se divise en deux branches stigmatiques dont l’une est antérieure et l’autre postérieure. Les protubérances ovariennes corres-. pondent à autant de loges contenant chacune un seul ovule anatrope, ascendant avec le micropyle dirigé en bas et en dehors. Pendant la maturation du fruit, ces quatre loges se dessèchent, se séparent à la fin les unes des autres aussi bien que du réceptacle, et forment autant d’achaines. De là vient le nom de tetrachaine que l’on donne souvent au fruit multiple des Labiées. Ce fruit est induvié par le calice persistant, et les graines contiennent sous leurs téguments un embryon entouré d’une mince couche d’albumen.
Le Lamier blanc est une herbe vivace, munie d’un rhizome mince qui rampe un peu au-dessous de la surface du sol. Ses rameaux aériens ont la forme d’un prisme carré, sur les faces duquel s’insèrent alternativement des paires de feuilles sim ples, opposées, penninerves et dépourvues de stipules. C’est dans l’aisselle des feuilles supérieures que s’observent les fleurs, disposées en
LABIÉES
cymes bipares, presque sessiles, c’est-à-dire en
glomérules. Ce sont ces groupes floraux que la
plupart des ouvrages descriptifs désignent sous le nom de faux verticilles. |
Les Labiées constituent, avons-nous dit, un group très homogène, et cette homogénéité même rend fort incertaines les subdivisions que nécessite le grand nombre des plantes qui viennent s’y ranger. Aussi les caractères invoqués pour fonder les genres et les tribus sont-ils en général de mince valeur. On les a empruntés à peu près à toutes les parties de la fleur,
-comme nous allons essayer de l'indiquer brièvement.
Le nombre des pièces du périanthe ne varie point dans la famille, mais leur grandeur relative et leur agencement sont sujets à quelques modifications. Ainsi, tandis que le calice des Lamium (et beaucoup d’autres) est à peine irrégulier, celui de plusieurs Labiées (Collinsonies, Romarin, etc.) se montre très nettement bilabié, la lèvre supérieure comprenant trois sépales, l’antérieure deux, séparées l’une de l’autre par un sinus plus ou moins profond. Dans certaines Sauges (Silvia L.), le sépale postérieur se développe presque seul, les latéraux et l’antérieur étant réduits à l’état de petites dents à peine visibles.
Chez les Scutellaires (Scutellaria L.), le tube est muni d’une sorte de bosse creuse et saillante. Assez variable aussi se montre le nombre des nervures plus ou moins saillantes qui sillonnent le tube du calice ; caractère évidemment peu important, mais très commode à observer.
Bien plus variable encore se montre la corolle dans l'agencement de ses parties.
Ainsi, pour n'en citer que quelques exemples, chez les Pogostemon, la lèvre antérieure ne comprend qu'un seul pétale, les quatre autres étant relevés pour former la lèvre postérieure. Dans les Germandrées (Teucrium L.), le limbe tout entier se déjette en avant, si bien que la lèvre supérieure semble faire défaut, et que la corolle devient en quelque sorte ligulée. Chez les Menthes (Mentha L.) et les Lycopes (Lycopus L.), la corolle devient campaniforme, presque régulière et semble souvent formée de quatre pièces seulement : ceci tient à ce que les deux pétales postérieurs se réunissent en un lobe à peine émarginé au sommet, et à peu près de même taille que les autres.
Les modifications les plus importantes de l’androcée portent sur le nombre des étamines, sur leur fertilité et sur la façon dont elles se répartissent par grandeurs.
Chez les Lamiers, nous avons vu quatre étamines fertiles et didynames, disposées de telle sorte que l’amoindrissement de l’'androcée marche régulièrement d'avant en arrière, les étamines antérieures
LABIÉES
étant plus grandes que les latérales, et la postéricure faisant défaut. Il peut en être tout autrement si les étamines latérales deviennent les plus longues: c’est ce qu’on voit chez les Cataires (Nepeta), les Scutellaires et d’autres encore. |
Les Collinsonies possèdent bien quatre étamines, comme les Lamiers ; mais les deux antérieures sont seules fertiles, l’anthère des latérales s’atrophiant constamment. Il en est de même chez les Sauges, mais ici on observe une nouvelle particularité. Les
-- Rameau fleuri du Lamier blanc.
étamines stériles sont réduites à l’état de filaments ; et dans les étamines fertiles, le connectif devient très long, s’insérant par son milieu sur le filet, à peu près comme le fléau d’une balance sur son support, et portant à chaque extrémité une des loges de l’anthère, qui ne sont même pas toujours garnies de pollen. Cet amoindrissement de l’androcée peut aller plus loin encore par suite de l’atrophie à peu près complète d’une des paires d’étamines. C’est ainsi que le Romarin ne possède plus que deux étamines (les antérieures), et encore cellesci ont-elles les anthères uniloculaires. De même encore la fleur des Lycopes ne montre plus que deux étamines au lieu de quatre.