‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 4)Chapitre 23 sur 212 · AUTRE · texte numérisé non relu

AUTRE

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vénients, on dirige quelquefois les raies suivant l'horizontale, c’est-à-dire perpendiculairement à la pente. Mais ce système ne peut être pratiqué que sur les terres perméables, avec lesquelles on n’a pas à redouter l'accumulation de l’eau, et il n’est avantageux que si on labcure & plat au moyen de charrues spéciales dites Brabant doubles ou tourne-oreilles. En effet, avec des charrues ordipaires, le renversement de la bande qui se fait bien du côté de la pente, devient très difficile et quelquefois même impossible dans le sens opposé, c’està-dire de bas en haut.

Avec des terres imperméables l’égouttement serait insuffisant malgré les raies d'écoulement que l’on pourrait tracer ultérieurement.

Ainsi que nous l’avons dit, la difficulté du labour dans le sens opposé à la pente a été évitée par l'emploi des charrues spéciales, désignées précédemment; mais alors le renversement constant des bandes de terre vers la partie inférieure du champ conduit fatalement au dénudement du sommet.

Labour oblique a la pente. — Cette dernière considération a conduit aux labours obliques à la pente ; on évite ainsi à la fois la descente des terres par le fait de la charrue, le ravinement par les eaux et la submersion des récoltes en hiver.

Il y a lieu de remarquer dans cette circonstance que, lorsque les attelages gravissent la pente obliquement, ils doivent développer un travail plus considérable que lorsqu'ils descendent la même oblique. D’autre part, quand la charrue rejette la bande contre la rampe, le travail se trouve encore augmenté de ce chef, car il faut que la terre soit plus soulevée que si le labour avait lieu à plat; au contraire,le renversement du côté de la pente est bien plus facile qu'à plat.

On aperçoit par conséquent deux causes d’augmentation de travail et deux causes de diminution. IL importe que ces causes, au lieu de s’ajouter deux à deux, se compensent. On obtient facilement ce résultat en faisant en sorte que, lorsque l’attelage monte, la charrue renverse la terre suivant la pente et que la bande soit retournée contre la pente alors que la charrue descend. On arrive à égaliser dans une certaine mesure, à régulariser le travail.

FORME SUPERFICIELLE DU LABOUR. —— Considérés au point de vue de leur forme superficielle, les labours sont dits : en billons, en planches, à plat.

Labours en billons. — Les billons sont des surfaces généralement étroites, plus ou moins bombées et limitées de chaque côté par un sillon profond ou dérayure. Les billons se composent quelquefois de deux traits de charrue seulement, adossés l’un contre l’autre; la Sologne, quelques localités du département de l'Indre nous offrent des exemples de ces billons étroits. Ailleurs on observe des largeurs variant de 0,50 à 1,50; on obtient alors ce que nous appellerons des billons moyens, dont on rencontre de nombreux types dans l'ouest de la France. Enfin, dans la Nièvre, dans l'Est, on trouve des billons offrant de 3 à 4 mètres de largeur.

Quoi qu'il en soit, les billons présentent à la fois des avantages et des inconvénients.

Comme avantages, on doit citer,: 1° l’'augmentation de l'épaisseur du sol ; 2° l'élévation d’une partie du terrain qu’on soustrait ainsi à l’action des eaux stagnantes. On comprend par suite que les billons puissent être d’une réelle utilité dans les sols très superficiels et surtout dans les terrains très humides, à sous-sol imperméable, et n'ayant pas été drainés. — Malheureusement ils offrent des inconvénients nombreux qu’on peut résumer de la façon suivante : 1° ils entrainent une grande inégalité de fertilité par suite de l’accumulation de la meilleure terre sur les parties les plus bombées ; 2° les sommets sont bien soustraits à l'humidité surabondante, mais les bas côtés y sont d'autant plus expo-

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sés que les billons sont plus élevés; 3° pendant l'hiver la neige est facilement balayée par les vents sur la crête saillante, de sorte que la récolte de la meilleure partie du terrain est exposée aux intempéries et est plus fréquemment compromise ou détruite; 4° les surfaces en pente constituant ce qu’on appelle les ailes du billon, après avoir été battues et durcies successivement par les pluies abondantes et les hâles du printemps, deviennent impénétrables ; l’eau des pluies d'été s’écoule alors dans les dérayures sans mouiller la couche arable; »° lorsque le billon ne peut être dirigé du nord au sud, la récolte est très inégale sur les deux versants ; 6° les labours croisés, si efficaces en ce qui concerne l’ameublissement et le nettoiement des terres compactes, sont à peu près impossibles ; 7° le fumier et les différents engrais sont presque toujours inégalement répartis; 8° l’'épandage des semences est difficile; 9° les instruments perfectionnés dont l'emploi réagit si heureusement sur les résultats économiques de l'exploitation du sol, ne fonctionnent que très imparfaitement au milieu des billons ; 10° le charroi des récoltes devient pénible et lent ; 11° la confection des billons exige un laboureur habile et, lorsque tout le terrain est travaillé, l'opération est relativement très longue ; 12° enfin, la multiplicité des dérayures entraine une perte de terrain qui peut aller jusqu'à un quart de la surface du champ.

Il résulte de ces considérations que la pratique du billonnage doit être rejetée chaque fois qu’elle n'est pas reconnue indispensable à la réussite des récoltes ; mais nous ne sommes pas autorisé à conclure que les labours en billons doivent être condamnés d’une manière absolue. Les cultivateurs d'une partie de la Flandre et de l'Ouest montrent bien qu’ils n’ont adopté cette méthode de disposer la terre que contraints par la nécessité, puisqu'ils billonnent pour les cultures d'automne, tandis qu’ils labourent à plat pour les semis de printemps.

Exécution des billons. Billons étroits. — Pour exécuter ces billons, on se sert tantôt de charrues ordinaires ou d’araires, tantôt d’une espèce de buttoir à versoir droit, désigné suivant les localités sous les noms de binot, arrau, aireau.

Quel que soit l'instrument employé, le champ est préalablement labouré à plat ou en planches; le terrain est ainsi ameubli et nettoyé avant le billonnage.

Lorsqu'on a recours à la charrue, on enraye au bord du champ (fig. 198), à gauche, de façon à rejeter sur la droite, c’est-à-dire vers l’intérieur de la pièce, une bande de terre ; arrivé à l’extrémité, on tourne de droite à gauche, de manière à laisser un intervalle de 0,50 à 0,60 entre la première raie et la nouvelle, et l’on redescend suivant BC en complétant le premier billon. Parvenu à ce point, on exécute une tournée à zéro, et l’on remonte suivant DE de manière à former la moitié d’un nouveau billon qu’on complète en descendant suivant EG.

Il esttrès important qu’on ne donne pas à la première raie de chaque sillon ou dérayure toute la profondeur du sol, car il est nécessaire que la deuxième raie soit un peu plus profonde que celle qui l’a précédée, afin que la charrue ait un point d'appui pour renverser la bande. On comprend qu’on peut arriver ainsi à faire les billons plus ou moins larges en serrant plus ou moins les bandes de terre les unes contre les autres.

La déformation naturelle des bandes, les hersages suppriment les crêtes, comblent en partie les sillons, de telle sorte que la surface du champ

; prend une forme mamelonnée.

Quoi qu'il en soit, ce système est toujours très long et les cultivateurs qui ont adopté les billons étroits préfèrent de beaucoup l’arrau à la charrue.

Avec l’arrau, on enraye en À (fig. 199), c’est-à-dire à une distance du bord du champ égale à une

aise

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demi-largeur de billon. Arrivé en B, on tourne à droite de façon à ouvrir un autre sillon à 40 ou o0 centimètres du premier et ainsi de suite en formant deux demi-billons à chaque voyage. Le travail est alors rapidement exécuté et les bons laboureurs font, avec cet instrument müû par un attelage docile, des billons d’une grande rectitude.

Fig. 198. — Tracé des billons étroits à la charrue.

Exécution des billons moyens et larges. — Les billons moyens et larges sont faits à l’aide de procédés bien différents suivant les localités; mais la diversité réside surtout dans l’ordre des travaux, dans la fréquence des opérations, de sorte qu’on peut résumer ainsi les façons que nécessitent ces billons : 1° le dérayement ou la refente, 2° l’enrayement ou l'endossement.

Fig. 199. — Tracé des billons étroits avec l'araire.

Après la récolte, le terrain a pris la forme représentée en haut de la figure 200; les arêtes ont disparu, les dérayures sont en partie comblées. Pour dérayer, on commence à labourer en a et l’on rejette à droite une bande de terre qui doit être plus petite que ne seront celles qu’on détachera à sa gauche. En redescendant suivant b, on détache une nouvelle bande qui est renversée dans la dérayure de gauche et l’on remonte alors en €, de façon à adosser sur la première bande une forte couche de terre qui la recouvre en grande partie. Il suffit ensuite, dans l'hypothèse où nous nous sommes placé, de bil-

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lons à quatre raies, de redescendre en d, pour terminer la refente. Cette dernière bande doit être plus épaisse que la précédente. En se transportant en e, on recommencera, pour le billon suivant, le travail dont la marche vient d’être indiquée. La première bande étant toujours plus étroite que les suivantes, on comprend qu'on déplace ainsi constamment vers la droite le sommet des billons. C’est là une heureuse circonstance qui assure l’ameublissement et l’aération de la totalité du terrain. L'’endossement des billons dont nous venons

d'examiner la refente, consiste à tourner successivement autour des dérayures qui ont été laissées à la place occupée précédemment par les crêtes, en

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Fig. 200. — Tracé des billons larges

appuyant les unes sur les autres, les bandes qui sont ainsi détachées. La première bande est toujours plus petite que les autres.

Quand on veut avoir des billons très bombés, il suffit d'endosser deux fois de suite. On s'explique facilement-ainsi pourquoi dans les pays à sol morcelé, où les champs sont souvent très longs et ne présentent qu'une faible largeur, on voit la terre accumulée au milieu de manière à former des billons tellement bombés que deux hommes marchant dans les sillons ont peine à se voir. Ces champs, en effet, sont toujours endossés, de crainte que, par la refente, la terre jetée dans les dérayures ne soit prise par le voisin.

Fig. 201. — 1, planches et dérayures ; 2, labour en endossant; 3, labour en refendant.

Labour en planches. — Une planche est une surface plane limitée de chaque côté par une dérayure, c’est-à-dire par le sillon plus ou moins grand, laissé par deux bandes de terre renversées l'une à droite, l’autre à gauche. La planche se distingue done du billon, d’abord par sa surface qui est plane au lieu d'être convexe, ensuite par sa largeur qui est généralement beaucoup plus grande.

Le labour en planches est le plus usité en France, mais la largeur des planches varie notablement; on trouve des planches de 5 mètres dans certaines localités, tandis qu'ailleurs elles ont 24 et 30 mètres.

Les petites planches sont préférées dans les sols compacts, redoutantl’humidité ; les grandes planches sont appropriées aux terres perméables, elles ont l'avantage de ne pas multiplier les dérayures, dont nous avons vu les inconvénients à propos des billons.

Les planches s’exécutent de différentes façons ; mais il est un certain nombre de règles qu’on doit observer dans tous les cas. C’est ainsi qu’il importe de restreindre autant que possible les {ournées que

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les animaux sont obligés de faire dans un espace court et qu’on appelle fournées à cul ou à zéro; de même, il faut éviter les traversées dépassant notablement une longueur de 8 à 10 mètres. Il faut faire en sorte que la tournée moyenne soit voisine de 4 à 5 mètres; c’est cette distance qui constitue ce qu'on appelle la fournée normale, ainsi désignée parce que c’est celle qui fait perdre le moins de temps et qui est la plus facile à exécuter par un attelage de deux chevaux. Dans la tournée à zéro, les animaux sont gênés, ils doivent décrire un

IKIKKKKE Fig. 202. — Dérayure avec frayon.

circuit qui exige des changements de direction et des mouvements qui ont souvent pour conséquence des accidents, tels que des prises de traits. Lorsque la tournée dépasse 5 mètres, l’attelage doit parcourir, après avoir décrit un quart de cercle, un espace en ligne droite, avant d'achever le mouvement tournant.

Avant d'examiner les procédés par lesquels on arrive à réaliser ces desiderata, remarquons que dans le travail des planches on endosse ou on refend,

Nr R KKKKKÇE CES RIKRKKÈ Fig. 203. -— Labour à raies couvertes,

comme on le fait pour les billons. L’endossement consiste à appuyer les bandes que l'on renverse les unes contre les autres, de telle sorte qu'on tourne autour du terrain qu'on laboure. Pour la refente, on rejette, au contraire, la terre à droite et-à gauche, et l’on tourne à l’intérieur du sol labouré. Dans le premier cas, on doit s'arrêter quand on est arrivé à la moitié de la planche. Chaque fois qu’on termine une planche en refendant, il faut, si le sous-sol est rocheux ou infertile

Fig. 204. — Labour à raies ouvertes.

diminuer la profondeur à l’avant-dernière raie, afin de pouvoir l’augmenter légèrement pour la dernière ; sans cette précaution, la charrue n'aurait pas de point d’appui pour renverser la dernière bande. On laisse ainsi un onglet de terre qui forme un cran dans la dérayure et qu’on appelle frayon (fig. 202).

Quand on endosse, c’est à la dernière raie que l’on doit laisser le frayon, afin qu’il serve d'appui pour le renversement de la bande qui terminera la planche suivante.

Les dérayures, qui sont très sensibles après le dernier labour, s’atténuent considérablement par les hersages, les roulages, les pluies ; quelquefois même le laboureur les comble en partie avant le

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semis à l’aide du versoir de la charrue qu'il fait glisser sur les arêtes des dernières bandes. Il en résulte qu'après la récolte, au moment où l’on doit labourer à nouveau le champ, ces dérayures ne se présentent plus que sous forme de très légères dépressions. Elles sont cependant presque toujours suffisamment visibles pour guider le laboureur qui n’a ainsi pas besoin de jalons. Nous avons vu que généralement, soit qu’on endosse, soit qu'on refende, on jette une petite bande de terre dans ces dérayures, qui sont ainsi couvertes. On appelle ce travail labour à raies couvertes. Il n’a pas d'inconvénient quand les dérayures sont peu enherbées ; mais, quand elles sont envahies par les rhizomes de plantes vivaces, quand la terre est très compacte, il serait mauvais de laisser ainsi une portion du sol qui ne serait pas travaillé. On préfère alors le Labour à raies ouvertes qui s’effectue de la manière suivante : on commence par enlever dans la dérayure deux bandes qu on rejette à droite et à gauche; on repasse alors en endossant dans la grande jauge qui vient d’être ouverte, deux raies de chaque côté. Tout le terrain est ainsi travaillé; mais on est obligé de passer quatre fois autour de chaque dérayure.

Dans certains pays, pour gagner du temps au moment des semailles de printemps, par exemple, et lorsqu'on ne veut pas faire un labour complet avant l'hiver, on ouvre les raies à l'automne, et on laisse la terre ainsi jusqu’à l’époque du labour de semaille où l’on endosse simplement. Cette pratique est très usitée dans l’est de la France.

Exécution des labours en planches.

— 11 y a lieu de distinguer dans l’exécution des labours en planches, ceux qui sont en planches larges, c’est-à-dire dont les dérayures sont éloignées de 20 à 30 mètres, ceux dont les planches n'ont que de 10 à 15 mètres de largeur (planches moyennes), et ceux qui sont en planches étroites (5 à 6 mètres de largeur).

Labours en planches larges. — Quand le champ a déjà été labouré d’après le système adopté, on a, pour se guider, les dérayures qui en divisent la surface ; mais, si ces traces manquent, on commence par partager la pièce en un nombre exact de demiplanches, ce qui est toujours possible, puisque ces demi-planches ont de 10 à 15 mètres. Soit 10 mètres, par exemple.

On commence par endosser la première demiplanche, c’est-à-dire qu'on enraye à 5 mètres du bord du champ et qu’on tourne autour de la ligne AB jusqu’à ce qu’on soit arrivé en CD et en EF (fig. 205).

On passe alors à la troisième demi-planche qu’on endosse de la même façon. Il reste à ce moment la deuxième demi-planche qui n’est pas labourée; on la refend, c’est-à-dire que partant de H, on laboure suivant HG, pour revenir suivant EF, de telle sorte qu'on tourne au milieu, en laissant en LM la première dérayure qui est ainsi à 15 mètres du bord du champ.

Ceci fait, on passe à la cinquième demi-planche qu'on endosse et l’on refend la quatrième, ce qui donne une deuxième dérayure en NO à 20 mètres de la première. On va de là endosser la septième demi-planche, pour refendre la sixième, et ainsi de suite. En opérant ainsi : 1° on aura des planches de 20 mètres, sauf la première qui aura 15 mètres et la dernière qui aura 15 mètres également, si elle porte un numéro impair et 5 mètres seulement si elle porte un numéro pair; 2 on réalisera une tournée moyenne normale, puisque soit en

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endossant, soit en refendant, on ne laboure que des demi-planches de 10 mètres.

C'est là la méthode la plus rationnelle et la plus pratique, c’est celle qui est de beaucoup la plus suivie, car elle ne présente aucune difficulté. On peut, en effet, résumer ainsi la règle à suivre: endosser les demi-planches de numéros impairs et refendre celles qui portent un numéro pair. Il est évident que lorsqu'on a opéré ainsi pour le premier labour, on fait exactement le contraire pour le second. ARE

On ne peut reprocher à ce système que l'irrégularité des deux planches extrêmes. Il est possible d'éviter cette irrégularité, mais le moyen auquel il faut avoir recours est assez compliqué et, ce qui est plus grave, il perd tous ses avantages quand on donne un deuxième labour, car l’irrégularité qu'on a évitée la première fois, devient très accentuce à la deuxième façon. Il n’est donc intéressant de connaître ce procédé que parce qu'il permet d'ob-

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Fig. 205. — Labour en planches larges.

tenir un labour très régulier, qu’on peut rechercher pour un terrain devant rester longtemps sans être labouré (luzernière, prairie temporaire).

Dans ce eas, si l’on adopte encore les planches de 20 mètres, on enraye à 7",50 du bord du champ, en AB (fig. 206), c’est-à-dire aux 3/8 de la largeur de la première planche et l’on endosse ainsi 15 mètres. On se reporte alors en CD, au milieu de la deuxième planche ou à 15 mètres du terrain labouré et l'on endosse 10 mètres. Il reste 10 mètres entre les deux labours, on les refend, ce qui donne une dérayure en EF, à 20 mètres du bord du champ. On continue de même, c’est-à-dire en se reportant à 15 mètres du sol labouré, en endossant 10 mètres et refendant les 10 mètres qui restent, et ceci jusqu'à la dernière planche pour laquelle on enraye à 7%,50 du bord du champ.

On voit tout de suite que si l'on donne un nouveau labour en endossant dans les dérayures ainsi obtenues, on forme, de chaque côté du champ, quatre planches inégales. Ce système n’a done d'intérêt que pour un petit nombre de circonstances que nous avons citées précédemment.

Planches moyennes. — Les planches moyennes, c'est-à-dire celles qui ont une largeur voisine de

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10 mètres, sont les plus faciles à établir. Il suffit de marquer à chaque extrémité du champ un certain

L'ntanche © ae / PE juaiche

Fig. 206. — Labour en planches larges, avec toutes les planches égales.

nombre de divisions ayant la largeur des planches adoptées et d’endosser chacune de ces divisions en enrayant au milieu.

Fig. 207. — Labour en planches étroites.

Au deuxième labour, on peut soit endosser dans les dérayures, soit refendre les planches, et il restera de chaque côté une planche de 5 mètres.

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Planches étroites. — Les planches étroites sont bien moins répandues que les précédentes ; on préfère avec raison éviter, par quelques raies d’écoulement bien placées, les dérayures multiples qui sont la conséquence de planches dont la largeur varie de 5 à 6 mètres.

Si nous supposons les dérayures à 6 mètres les unes des autres, on peut arriver à exécuter régulièrement le labour en opérant de différentes façons ; mais étant donné le peu de fréquence de ce travail, nous n’indiquerons que la méthode la plus usuelle et la plus simple.

On divise le champ en un nombre pair de demiplanches, soit en divisions de 3 mètres environ. Ceci fait, on enraye en A (fig. 207), c’est-à-dire à la limite de la première demi-planche que l’on endosse sur la deuxième en même temps que, revenant en B, on endosse la quatrième demi-planche sur la troisième. Il reste, entre 1 et 4 qui sont labourées, 2 et 3 qui ne le sont pas ; on les refend. On continue en endossant 5 et 8 sur 6 et 7 que l’on refend.

Cette méthode est très pratique, elle donne des tournées moyennes et des petites planches égales.

Labour a plat. — Le labour à plat est un système de labour dans lequel on enraye sur un des côtés du champ pour dérayer du côté opposé. Une pièce ainsi labourée ne présente donc, sur toute sa surface, aucune dérayure; elle n’offre qu'une série non interrompue de bandes parallèles et inclinées toutes du même côté.

Il faut, pour obtenir économiquement ce résultat, être pourvu de charrues spéciales qui versent alternativement la terre à droite et à gauche de la direction de leur marche. Les charrues dites tourneoreilles employées à cet usage, ont été longtemps imparfaites et c’est là une des causes de la lente vulgarisation des labours à plat. Aujourd’hui la culture possède de très bons instruments de ce genre, les brabants doubles réalisent également tout ce qu’on est en droit d'exiger d’une bonne charrue, et leur emploi se généralise de plus en plus.Il s'ensuit que le labour à plat gagne du terrain, et, sur les sols sains, suffisamment profonds, dans lesquels les pierres ne sont pas trop abondantes, on profite maintenant des avantages qui sont la conséquence de la régularité de la surface et de l'absence de dérayures, caractères distinctifs des champs labourés à plat. C’est sur des terres ainsi préparées que les instruments perfectionnés, tels que semoirs en lignes, houes multiples, moissonneuses, sont tout à fait à leur place ; c'est dans ce cas qu'ils produisent leur maximum d'effet utile.

Il arrive qu'on tient absolument à exécuter un labour à plat, alors qu’on ne dispose pas de charrues appropriées. On comprend que s'il fallait revenir à vide après avoir renversé une bande, on perdrait beaucoup trop de temps; on peut alors résoudre le problème par une méthode spéciale dite de Fellemberg, d’après le nom du fondateur de l’école d'Hofwil où ce mode de labourage était appliqué.

Le labour de Fellemberg peut se faire en dedans ou en dehors, ce qui correspond à l’endossement ou à la refente. Mais dans un cas comme dans l’autre, il faut faire sur le champ un tracé géométrique qui n’est pas compatible, dans le plus grand nombre des circonstances, avec les nécessités agricoles. Supposons un champ rectangulaire ABCD (fig. 208) ; on mène les bissectrices des quatre angles ; elles se rejoignent en E et F. Si on laboure en dedans, on enraye en G et l’on tourne continuellement autour de EF sans cesser de labourer jusqu’à ce qu’on soit arrivé aux extrémités du champ. Quand on fait un labour en dehors, on enraye sur un des côtés du champ en H, et on laboure en suivant une marche parallèle aux côtés extérieurs, dans la direction HBAD. Mais on voit qu’en opérant ainsi, et en labourant constamment, on

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serait obligé de marcher, à chaque tournée, sur le terrain travaillé. Pour éviter cet écueil, on trace autour des bissectrices des lignes parallèles qui limitent une fourrière de 2 mètres de largeur sur laquelle on maintient la charrue hors de terre. Dans ces conditions, quand on est arrivé à 1 mètre de chaque côté de la ligne EF, il reste une série de fourrières, qu'on refend dans le sens NOPQRSTUWVHKLM. On forme ainsi une grande dérayure qui occupe la place de la médiane et des bissectrices.

Quel que soit le système employé pour labourer un champ, il reste à chaque extrémité, perpendiculairement à la direction des raies, un espace libre sur lequel les animaux ont tourné. Cette portion de terrain, qu'on appelle cheintre, fourrière, est labourée séparément, le plus souvent par une refente.

NOMBRÉ ÉT ÉPOQUE DES LABOURS. — Le nombre des labours est excessivement variable. La nature du sol, la succession des plantes cultivées, le climat sont autant de facteurs qui exercent leur influence dans la question. Il est done impossible, dans une étude générale, de rien indiquer de précis à ce point de vue ; il serait nécessaire, pour être fixé, de considérer les différents groupes de plantes agricoles dans les divers assolements. Or cette étude étant faite à propos de chaque culture, nous n’y re-

viendrons pas ici. Nous avons indiqué, au mot JACHÈRE, le nombre de labours que com-

portait cette opération.

Les buts divers des labours indiquent d’ailleurs, dans une certaine mesure, les circonstances dans lesquelles on doit les exécuter. Le plus souvent, le labour doit aérer les couches inférieures du sol, ameublir la terre arable et déterminer, par ce fait, des réactions chimiques qui ne se produisent que lentement. Il importe donc de laisser la partie retournée exposée aux influences extérieures pendant un certain temps; par suite, le renouvellement du labour ne doit pas être trop fréquent. Il n’y a pas à ce sujet de règle fixe; mais on peut dire d'une manière générale, qu’il faut multiplier les labours dans les terres compactes et les restreindre dans les terres légères.

Sauf pendant les gelées intenses, les périodes de neige, les sécheresses prolongées, on laboure le sol à toutes les époques de l’année. Cependant il n’est pas indifférent d'exécuter tel ou tel labour à une époque ou à une autre. C’est ainsi qu’on choisit toujours l’automne ou le commencement de l'hiver pour effectuer les défoncements, et cette nécessité est d'autant plus impérieuse qu’on a affaire à des terres plus argileuses.

Dans ces conditions, le sous-sol ramené à la surface sera exposé longtemps, non seulement à l'air, mais encore aux intempéries de l'hiver, aux alternatives de gels et de dégels, de sécheresse et d’humidité, qui en amèneront la désagrégation, la pulvérisation d'une manière bien plus complète que ne pourraient le faire les instruments de culture les plus puissants.

. Un labour d'automne, judicieusement fait, facilite singulièrement le travail des terres au printemps. Dans cette dernière saison on ne donne que des labours moyens et surtout des labours légers. Dans les sols compacts, il y aurait de graves inconvénients à retourner des bandes humides qui durciraient sous l'influence des hâles et formeraient des

Mig.

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mottes irréductibles. Ces façons exigent par suite beaucoup de circonspection et elles doivent être rapidement terminées, car le sol ne reste pas longtemps à l’état voulu pour qu’on obtienne du travail le maximum d'effet utile.

Pendant l’été, on exécute les labours de jachère, différents labours de semailles, et là encore il y a lieu de ne pas perdre de vue le but recherché et l'état du sol; un travail mal fait ou appliqué à une terre qui n’est pas dans l’état voulu peut avoir des effets désastreux.

Etat du sol au moment des labours. — On comprend, par ce qui vient d’être dit, combien il est important de choisir, pour labourer une térre, le moment où elle est à l’état spécial qui favoriscra l’action de la charrue et assurera les bons effets du labour. Les Anglais expriment cet état à rechercher par le mot fid, nos cultivateurs disent que la terre est de prise, qu’elle est bonne à prendre. On sait qu’un labour qui arrache la terre agit défavorablement sur les résultats qui suivent. Columelle et Caton ont depuis longtemps signalé l'infertilité momentanée des champs labourés alors

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