‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 4)Chapitre 29 sur 212 · LADRERIE · texte numérisé non relu

LADRERIE

qu'on nomme une particularité de la robe. Il doit être indiqué dans ce signalement avec mention de la place précise qu’il occupe. On dit, par exemple: « Ladre entre les naseaux, au pourtour de l'anus, à la lèvre droite ou gauche de la vulve, au scrotum, au fourreau, ete. » Pour le signaler aux lèvres de la bouche, lorsqu'il se trouve sur leurs bords, on a adopté de vieilles expressions que l'usage à consacrées. Lorsqu'il n’y en a qu’à l’une des deux lèvres, à la supérieure ou à l’inférieure, on dit que le cheval boit incomplètement dans son blanc; il y boit complètement quand les bords des deux sont ladres. Dans les deux cas, le cheval est donc dit : € buvant dans son blanc », et conséquemment buvant complètement ou incomplètement.

Il n'y aurait certes aucun inconvénient à abandonner ces vieilles expressions de l’argot hippique, que l’enseignement vétérinaire semble tenir à perpétuer. Elles ont l'inconvénient de nécessiter, pour être comprises, une initiation préalable. Ladre aux deux lèvres, ou à la supérieure, ou à l’inférieure, seraient des formules entendues de tout le monde et, par conséquent, bien préférables. A. S.

LADRERIE ou CYSTICERCOSE (vétérinaire) — Maladie parasitaire du porc, caractérisée par le développement dans les tissus, principalement dans le tissu conjonctif, de nombreuses vésicules constituées par des Cysticerques, des larves du Tænia solium de l'homme. Elle parait avoir été connue dès la plus haute antiquité, car, de tout temps, on a considéré la viande de pore ladre comme un aliment nuisible. Jusqu'au siècle actuel, la ladrerie a sévi avec intensité dans tous les pays; mais, grâce aux progrès de l'hygiène, aux soins apportés dans l'élevage du porc, elle est devenue relativement rare.

Il s’en faut bien que la maladie s’accuse, sur tous les animaux atteints, par des symptômes qui attirent l'attention. Souvent les sujets ladres ne présentent pas la moindre manifestation morbide. Ce n’est que quand les cysticerques sont très nombreux ou lorsqu'ils affectent un organe important (encéphale, cœur, poumon, foie), qu’ils provoquent un état pathologique dont les principaux symptômes sont : l'abattement, la faiblesse des animäux, un épaississement de la peau qui devient quelquefois emphysémateuse, l’enrouement de la voix, la pâleur des muqueuses apparentes, des phénomènes nerveux :; fournis, canvulsions, vertige, et, lorsque la maladie est ancienne, l’amaigrissement général, la cachexie, l'œdème des parties déclives. S'il y à des Cysticerques sous les muqueuses visibles — bouche, œil, anus — la ladrerie peut être facilement reconnue. Les parasites se montrent sous forme de petites vésicules ovoïdes de teinte claire, blanchâtre, d'aspect translucide, dont le volume varie depuis les dimensions d’un grain de chènevis jusqu’à celles d’un pois, et qui donnent au doigt la sensation d’un corps résistant, intimement uni au tissu qui le supporte. Pour procéder à l’examen de la cavité buccale, pour pratiquer le langueÿyage, il faut coucher le porc et l’assujettir sur le sol en appuyant un genou sur l'épaule de lanimal, puis on écarte les deux mâchoires à l’aide d’un bâton. On peut sortir la langue de la bouche avec l’une des mains, l’examiner, passer les doigts aux points où existent le plus ordinairement les grains ladriques, les grélons.

A l'examen des muscles provenant d’un pore affecté de ladrerie, on constate un plus ou moins orand nombre de petits kystes blanchâtres, ovoïdes, d’une longueur de 0,01 à 0",02 sur 0",005 à 0,01 de large, situés entre les faisceaux musculaires et parallèlement à leur direction. Sur ces vésicules on remarque un point opaque formé par la tête du parasite. Vue au microscope, la tête se montre ornée de quatre ventouses et d’une double couronne de crochets. Mais les Cysticerques ladriques ne con-

LÆLIA

servent pas indéfiniment ces caractères; avec le temps, ils diminuent de volume, se rétractent, se dessèchent, se calcifient ; ils se transforment en de petits grains durs, difficiles à écraser. C’est à cette transformation des vésicules ladriques que les charcutiers ont donné le nom de ladrerie sèche.

On sait aujourd’hui que la cause unique de la ladrerie est l'immigration dans l’organisme du porc du proscolex du ver solitafe de l’homme. Le pore s'infeste en ingérant des excréments humains ou les détritus de toute nature qu’il trouve sur son passage, et l’homme contracte le ver solitaire en consommant la viande provenant d’un porc ladre. — Les proglottis du ver solitaire une fois introduits dans l’appareil digestif du porc, l’enveloppe des embryons se dissout, et ceux-ci pénètrent la muqueuse intestinale pour se répandre dans tous les tissus. Ajoutons que des observations très précises ont établi la transmission possible de la ladrerie de la mère aux fœtus. L’ingestion par le porc des œufs du Tænia solium est la cause nécessaire du développement de la cysticercose. Toutes les autres causes invoquées sont sans influence réelle.

Les divers traitements recommandés pour combattre la ladrerie sont inefficaces. Il faut s’atlacher aux moyens préventifs. On peut prévenir sûrement la maladie en élevant les pores en stabulation, et en les nourrissant avec des aliments ne contenant pas d'œufs de Tænia. Mais c’est là une condition incompatible avec les nécessités agricoles des loecalités où les animaux domestiques sont entretenus dans les pâturages, les marais, les bois, etc., et où ils sont exposés à ingérer les germes du mal. Toutefois, avec les progrès de la salubrité publique, et surtout en indiquant aux populations rurales le danger qui résulte de la dissémination des excréments humains, la cysticercose du pore deviendra de plus en plus rare.

La loi du 2 août 1884 a réputé rédhibitoire la ladrerie du porc, avec un délai de neuf jours. Conformément à l’article 4 de cette loi, aucune action en garantie — action rédhibitoire ou estimatoire — ne peut être intentée pour la ladrerie, dans les affaires commerciales dont l'importance ne dépasse pas 100 francs.

Nous ne ferons que mentionner l'existence, chez le bœuf, d'une ladrerie spéciale, caractérisée par la présence dans les chairs de cet animal, d’un scolex, le Cysticercus bovis, qui représente l’état cystique du Tænia inerme. C’est une affection très rare. P.-J. C.

LADREY (biographie). — Claude Ladrey , né en 1822, mort en 1885, chimiste, professeur à la Faculté des sciences de Dijon, s’est principalement adonné à l’étude des questions d’œnologie. De 1859 à 1864, il publia une Revue viticole de la Bourgogne; on lui doit aussi un Trailé de viticullure el d’œnologie (1872), l'Art de faire le vin (4° éd., 1881), Etude sur le phosphore (1868). H.

LÆLIA (horticulture). — Genre d’Orchidées de la tribu des Épidendrées. Les Lælia sont le plus souvent confondus avec les Cattleya (voy. ce mot), dont ils diffèrent à peine par la structure de la fleur. Leur principale distinction repose sur la couleur de celle-ci, sur la forme des pseudobulbes, etc. Seule la multiplicité d'espèce autorise cette division -qui facilite la distinction des plantes si diverses et si remarquables, qui sont répandues dans toutes les cultures de serre. Leur station habituelle sur les hautes montagnes en fait des plantes de serre froide : elles exigent peu de chaleur et une grande aération. On doit les cultiver en paniers à cause de la dimension de leurs racines.

On en cultive de très nombreuses espèces ou variétés, parmi lesquelles 1l convient notamment de citer les L. anceps Lal., L. perrini Ldl., L. purpurata Ldl., L. schilleriana Reich, ete. .J. D.

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