LA FAILLE
LA FAILLE (biographie). —Clément de la Faille, né à la Rochelle en 1718, mort en 1782, naturaliste, a exécuté des recherches importantes sur les mollusques des côtes de la Saintonge. On lui doit, en outre, un Mémoire sur les moyens de multiplier aisément les fumiers dans le pays d'Aunis (1762) et des Essais sur l'histoire naturelle de la Taupe et sur les moyens de la détruire (1769). H.S.
LAFOSSE (biographief. — Philippe-Etienne Lafosse, né à Montaterre (Yonne) en 1740, morten1820, vétérinaire et écuyer, était fils du maréchal des écuries de Louis XV. Après son père, à qui l’on doit des études sur la morve et sur la ferrure du cheval, il a publié plusieurs ouvrages dont l'influence a été considérable. On lui doit : Dissertation sur La morve des chevaux (1761), Le Guide du maréchal (1766), Cours complet d'hippiatrique (1769), Dictionnaire raisonné d'hippiatrique (4vol.,1775), Manuel d'hippiatrique (1803). + re À
LAGERSTROME (horticulture).—Genre de plantes de la famille des Onagrariacées, tribu des Salicariées. Les Lagerstromes (Lagerstræmia L.) sont des arbustes originaires de l'extrême Orient, à rameaux tétragones portant des feuilles opposées lancéolées, entières. Les fleurs réunies en grappes de cymes bipares se montrent à l’automne, elles comportent un calice à six divisions avec lesquelles alternent six pétales onguiculés chiffonnés sur les bords. Le nombre des étamines varie de dix-huit à trente ; elles sont longuement saillantes. L’ovaire a de trois à six loges.
On cultive dans les jardins le Lagerstrome de l'Inde (L. indica L.) qui est un très bel arbrisseau répandu dans le midi de la France, où il fleurit abondamment en pleine terre. Sous le climat de Paris, il convient de l’abriter pendant l'hiver en orangerie pour le mettre pendant l'été en pleine terre. Il peut passer les hivers en pleine terre, à la condition d’être entouré de paille, mais 1l est rare qu'il fleurisse dans ces conditions ; aussi est-1l préférable d'adopter le premier mode de culture. En pleine terre, en jardin d'hiver, sa floraison est abondante. Cet arbuste est trop peu cultivé, il peut très bien convenir à la décoration des pelouses, et sa culture mérite d'être propagée. Sa multiplication est facile à l’aide de boutures de bois aoûté, faites sur couches tièdes. Les plantes doivent être taillées court chaque année au printemps, si l’on veut obtenir une floraison abondante. Il est aisé de leur donner une forme de pyramide.
Le Lagerstrome de la reine (Z. reginæ Roxb.), plus délicat, exige la serre tempérée ; mais il peut être planté à l'air libre pendant l'été. 3°,
LAGOPÈDE (ornithologie). — Voy. TÉTRAS.
LAGUIOLE (FROMAGE DE) (laiterie). — Fromage de lait de vache à pâte ferme, fabriqué à Laguiole (Aveyron) et dans les environs. Le mode de préparation est le même que pour le fromage de Cantal (voy. ce mot); mais, à raison de plus grands soins apportés dans la manipulation du lait, le fromage de Laguiole est généralement de qualité supérieure à celle du fromage ordinaire de Cantal.
LAGUIOLE (zootechnie). — C’est le nom d’une localité du département de l'Aveyron, et l’un de ceux qui désignent la variété bovine d’Aubrac de la race Vendéenne (voy.ce mot). Le bétail que les habitants du pays appellent race de Laguiole ne diffère, dans l'ensemble de celui qui est groupé autour du massif de l’Aubrac, que par des nuances à peine perceptibles. C’est seulement pour obéir à la tendance aux distinctions locales, dont l'abus est si répandu, que ce bétail est ainsi désigné. Il importe de bien savoir que, pour la bonne application des méthodes zootechniques, ces distinctions purement locales n’ont que des inconvénients. Multiplier ainsi arbitrairement les prétendues races ne répond à aucune utilité réelle; on n’en saurait trop combattre la tendance. ARS
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LAINE
LAGUNE (pisciculture). — Espace de mer de peu de profondeur, entrecoupé d'ilots. La plus célèbre lagune est celle de Commachio, à 44 kilomètres de Ferrare, à l'embouchure ou mieux entre les embouchures du Pô. Sa superficie est d'environ 30 000 hectares. Après Coste qui, le premier, il y a. trente ans, fit connaître la curieuse industrie à la= quelle ce coin de l'Europe doit son historique réputation, nous n’oserions nous y arrêter ; ce magistral travail étant entre les mains de tous ceux qui s’intéressent aux poissons, nous n’en parlerons que pour rappeler quelques faits.
L'exploitation de cette lagune,commencée en 1597, repose tout entière sur les mœurs de trois ou quatre familles de poissons de mer, Anguille, Acquadelle, Muge (leur montée à l’eau douce et leur retour à l’eau salée après leur stabulation dans les eaux saumâtres). Elle fut, jusqu’en 1860, la propriété des papes, qui en retiraient un revenu de 300 000 francs environ. Devenue propriété de VEtat, l'Italie l’a cédée à la ville de Commachio en 1868. Les deux chiffres suivants donneront une idée exacte de ce qu'est aujourd’hui l'importance de cette exploitation : en 1878 il se pêchait 900 000 kilogrammes de poisson rapportant brut de 850 à 900 000 francs.
Cet immense laboratoire de science appliquée à l’industrie pourrait-il avoir son pendant dans une des lagunes des départements méridionaux ? Nous ne le croyons pas, car, ne l’oublions pas, à côté des lieux et du poisson il y a le troisième facteur, l'homme, qu'il a fallu des siècles pour façonner à cette industrie absolument unique. C.-K.
LAICHE (botanique). — Voy. CAREX.
LAINE (20otechnie). — La laine est une produc-— tion pileuse de l’épiderme. Elle ne diffère, en réalité, des autres (voy. PoiL) que par son diamètre, c’està-dire par sa finesse. Les Ovidés sont généralement pourvus de deux sortes de poils; les uns, toujours plus ou moins grossiers et raides, sont appelés jarre (voy. ce mot) chez les Ovidés Ariétins ou moutons, et poil de chèvre chez les Caprins, les autres sont la laine chez les premiers, le duvet chez les seconds. Les poils proprement dits des moutons occupent ordinairement tout seuls la peau de la tête et celle des membres, et souvent la face inférieure de la poitrine et de l'abdomen. Sur le reste du corps, ils sont exceptionnellement seuls aussi, mais le plus habituellement mélangés avec la laine. C’est seulement dans les variétés très cultivées qu’ils en sont tout à fait absents, remplacés complètement par la laine qui forme Ja toison (voy. ce mot) et qui est l’objet de l’exploitation. La meilleure technique de celle-ei consiste à faire disparaître le plus possible, par la culture, les follicules pileux de la peau, pour les remplacer par des follicules laineux.
Il règne sur la caractéristique différentielle de la laine de nombreux préjugés empiriques, aussi bien d'ailleurs que sur l’appréciation de ses qualités technologiques. Cette appréciation par les fabricants d’étoffes a donné lieu à toute une nomenclature compliquée, que les études histologiques, en rattachant chaque propriété à sa condition déterminante, permettent de beaucoup simplifier, par conséquent de la rendre plus claire et plus facile à retenir. On croit généralement que le brin de laine (c'est ainsi que se désigne le filament laineux) se distingue du poil ordinaire par sa frisure à ondulations plus ou moins rapprochées. Les anthropologistes, par exemple, qualifient de laineuse la chevelure du nègre, parce qu’elle est frisée. C’est une erreur essentielle. Il y a des poils frisés et des laines qui ne le sont pas du tout, qui sont même moins onduleuses que certaines chevelures. On peut citer comme exemple les laines qualifiées ordinairement de longues et notamment celle des moutons anglais connus en France sous le nom de Dishleys.
LAINE
La laine, comme le poil, est ou non pigmentée. Elle est noire, brune, rousse, grise, jaunàtre ou d'une blancheur éclatante. Cette dernière teinte est naturellement la plus estimée, comme permettant le mieux au brin de laine de prendre à la teinture toutes les couleurs qu'on veut lui communiquer, pour les besoins de l’industrie. Comme le poil aussi, elle est formée d’abord d’une enveloppe ou épidermicule, en lamelles disposées à plat et s’imbriquant faiblement par leurs bords autour du brin, ce qui donne à celui-ci, vu au microscope, un aspect écailleux, puis d’une masse d'éléments fusiformes accolés les uns aux autres, dans le sens de la longueur de ce brin. Son axe longitudinal présente ou non des vacuoles, constituant ce qu’on nomine le canal médullaire. Cela dépend du diamètre du brin. Au-dessous d’un certain diamètre, ce canal est toujours absent. On ne peut donc pas le considérer comme l’un des caractères nécessaires de l’organisation de la laine. Sa présence ou son absence influe sur la densité de la substance laineuse, qui n’en dépend point cependant exclusivement. Elle dépend aussi de la condensation des éléments fusiformes, condensation qui influe à son tour beaucoup sur l’une des principales propriétés pratiques de la laine, ainsi que nous le verrons plus loin.
Le brin de laine, considéré à l’état normal, dans une toison qui n’a jamais été coupée, se termine en pointe. Tout près de cette pointe et jusqu'à sa racine ou partie contenue dans le follicule, il a une forme plus ou moins voisine du cylindre. On a souvent prétendu que cette forme varie avec la direction que prend le brin, faisant dépendre celle-ci de la forme même. La section du brin serait d'autant plus allongée que sa frisure s’accentuerait davantage. Il est certain, au contraire, que des brins aplatis se rencontrent tout aussi bien avec de faibles ondulations qu'avec des ondulations fortes et rapprochées. Sous ce rapport, les laines des Mérinos de Mauchamp ne diffèrent point des autres. La frisure dépend de la direction du col du follicule, non de la figure de sa section. Celle-ci varie, on peut le dire, à l'infini, et il est extrêmement rare qu'elle soit parfaitement circulaire. Il y a done bien peu de brins de laine qui soient tout à fait cylindriques dans toute leur étendue.
La substance laineuse, provenant de la transformation des cellules épidermiques et conséquemment l’une des plus riches en azote, est, comme on sait, fortement hygroscopique. Les fluides l’imprègnent ou l’imbibent avec la plus grande facilité. Cette propriété, qui lui appartient à un très haut degré, est très importante à retenir. Elle gouverne une de ses qualités technologiques les plus intéressantes. Par contre, la laine se dessèche avec la même facilité.
Ces qualités, tirées des emplois industriels de la laine, en font classer les sortes en divers groupes et déterminent, dans chacun, la valeur relative des toisons. Contrairement à la fâcheuse coutume des auteurs qui semblent croire que, seules, les laines de Mérinos méritent qu’on s’en occupe, et qui, dès lors, s’en tiennent à des appréciations absolues, il convient d'étudier également toutes ces sortes, dans la conviction que l'amélioration d'aucune ne peut être négligée sans inconvénient. Si faible qu’en soit la valeur, cette valeur peut toujours être accrue par la culture éclairée. Et dans les propriétés dont elle dépend, il n’y a que des différences de degré. Nous devons donc rompre avec l’empirisme, sur ce sujet comme sur tous les autres, sans toutefois négliger de faire connaitre la signification des termes dont il se sert. Il faut bien qu'on puisse s'entendre avee ceux que la science n’a pas encore éclairés.
La valeur technique de la laine dépend de trois propriétés fondamentales du brin, qu'il y a lieu conséquemment de rechercher au plus haut degré
LAINE
possible, dans la sélection des reproducteurs. Cela importe d'autant plus que deux au moins sont exclusivement héréditaires. Ces propriétés sont la finesse, la longueur et la ténacité. Nous allons les examiner successivement.
Par finesse du brin il faut entendre non pas cette notion absolue qu’on met habituellement sous la même expression et qui exclut toutes les sortes de laine hormis une. Dans le langage courant du commerce, on divise les laines en superfines ou exætra-fines, fines, ordinaires ou communes, et grossieres. Quand on veut soumettre la classification à un examen précis, on constate que les superfines sont celles dont les brins ont moins de 0"",02 de diamètre, que les fines ont de 0,02 à 0,03, les ordinaires et les grossières au-dessus de 0%",03, En Allemagne surtout, à la notion de diamètre se joint, même le plus souvent avec une valeur prépondérante, pour les superfines et les fines (superelecta et electa), celle de la régularité des courbes de frisure. Nous devons nous en tenir simplement au sens général du mot. La finesse, pour nous, ne peut pas exprimer avec exactitude autre chose que le diamètre du brin. Entre les diverses sortes de laine et entre les laines de même sorte, on constate des différences de diamètre ou de finesse. L’expression doit donc conserver une signification essentiellement relative. Une laine n’est fine ou grossière que par rapport à une autre.
Cela bien entendu, examinons maintenant la propriété. Il va de soi que pratiquement la finesse de brin ne peut être considérée qu'eu égard au diamètre moyen observé dans la race à laquelle appartient le sujet qui porte la toison étudiée. D’après la classification empirique, il y a des toisons ordinaires ou communes dont les brins sont d’un diamètre moindre que celui de certaines laines de Mérinos, réputées seules fines. Dans la collection de l’école de Grignon se trouve, par exemple, un échantillon provenant du troupeau Southdown de John Ellman, qui n'est pas, sous ce rapport, au-dessous de la moyenne de celui de Rambouillet. Il ne faut donc comparer que les laines de Mérinos entre elles, celles de Southdown ou autres aussi entre elles, pour donner la préférence, dans tous les cas, à celles de moindre diamètre, le reste étant égal.
Pour l'examen précis et rigoureux, rien né peut remplacer le micromètre. Partant de la supposition parfaitement fausse dans sa généralisation qu'il y à un rapport nécessaire entre le nombre de courbures par unité de longueur du brin et la faiblesse du diamètre de celui-ci, on emploie en Allemagne un petit instrument qui permet de compter ce nombre de courbures. Cela correspond sans doute à la réalité pour les laines Électorales. Mais nous avons montré depuis longtemps déjà, d’après les toisons de nos Mérinos précoces du Soissonnais notamment, qu’il y a souvent, par unité de longueur, moins de courbures dans les brins à faible diamètre que dans les autres.
La mesure de ce diamètre est facile au microscope. Il suffit de fixer, sur la plaque de verre, avec deux petites boulettes de cire, un brin étendu et de noter le nombre de divisions du micromètre oculaire qu’il recouvre. Un simple calcul, d’après le grossissement, donne ensuite le diamètre réel. Nous ne manquons point d'y exercer nos élèves. Mais à l'œil nu et après un peu d'exercice, en plaçant le brin de laine sur un fond sombre (le plus commode est la manche de son habit), on arrive facilement à une estime suffisamment approximative. Elle est amplement suffisante surtout quand il s’agit d’une comparaison pour décider quel est, de deux brins, le plus fin, ce qui est le cas le plus habituel. PR
Toutefois, il n’est pas téméraire de prévoir, dès à présent, le moment où le microscope sera de-
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venu un instrument usueJ, dans les exploitations agricoles d’une certaine importance, par suite des progrès de l'instruction publique, et alors la détermination précise des diamètres se substituera avantageusement à leur appréciation à la simple estime.
Dans chaque race, les brins de laine les plus fins, ceux de moindre diamètre, sont incontestablement les meilleurs, comme ayant la plus grande valeur commerciale, par rapport au prix moyen de la sorte à laquelle ils appartiennent. Pour les laines de Mérinos, ce sont ceux qui se rapprochent le plus de 0"®,01, et de même pour toutes celles d’autre race dont le diamètre maximum ne dépasse pas Uux, 03. Pour les laines de plus fort diamètre moyen, dont on a le tort de ne pas s'occuper assez, sous prétexte que les races qui les produisent sont des races à viande, celles qui se rapprochent de 0,05 sont nécessairement préférables aux autres: L’observation montre que dans ces races il y a des individus et même des variétés dont la laine ne le cède pas en finesse à la moyenne de celle des Mérinos. La race Asiatique, ou race de Syrie, entre autres, en offre des exemples frappants.
A la finesse du brin doit se joindre l'égalité de diamètre ou la régularité dans toute sa longueur. L'égalité parfaite est rare, assurément, mais on veut dire que les différences dans la forme, aux diverses hauteurs, doivent être aussi minimes que possible. Une forme régulière atteste l’égale densité de la substance laineuse et, conséquemment, la même ténacité ou ce qu’on appelle en langage vulgaire la même force sur tous les points. Elle est due à une nutrition uniforme et continuellement bonne quand la laine a son diamètre normal, qui est celui du col de son follicule. Cette densité a été trouvée de 1,320 au maximum et de 1,318 au minimum pour les laines normales. De plus faibles densités correspondent à une nutrition incomplète, due soit à une constitution affaiblie par la maladie, soit à une alimentation insuffisante. Dans les troupeaux mal nourris durant la saison d'hiver, comme cela se présente trop souvent, ou bien durant la sécheresse de l’été, la laine qui pousse durant ces temps est moins dense et moins forte, son diamètre diminue. Il en est de même pour ceux dont l'alimentation est constamment parcimonieuse, ce qui a fait préconiser uné telle alimentation comme favorisant la production des laines superfines, sans prendre garde à l'inconvénient d'en diminuer ainsi la force et, conséquemment, la valeur technique. L'inégalité, due aux variations dans l'intensité de la nutrition, affaiblit ordinairement le brin vers sa partie moyenne, ce qui l’a fait nommer laine a deux bouts, et en rend la rupture facile. On l’'observe fréquemment dans les toisons des brebis qui ont allaité des agneaux sans être suffisamment nourries et chez lesquelles la laine s’affaiblit souvent jusqu’à tomber. La portion dont le diamètre est amoindri de la sorte se montre plus faible, non point parce qu’elle est plus fine, mais bien parce que la substance laineuse y est moins dense.
La longueur du brin est aussi une qualité de premier ordre. Plus elle est relativement grande, meilleure encore est la laine. L'étude scientifique a introduit de même ici une correction importante aux anciennes notions empiriques. On divisait sous ce rapport les laines en deux groupes : celui des luines dites courtes ou laines ‘à carde, et celui des laines dites longues ou laines à peigne. Les dernières étaient ainsi désignées parce qu'on les corsidérait comme pouvant seules être peignées. C'était d'ailleurs exact, tant qu'on ne se servait que du peigne à main. L'invention de la peigneuse mécanique a enlevé toute signification exacte à la disünction. De plus, il n’est pas rare maintenant de trouver, parmi les laines anciennement qualifiées de courtes, et notamment parmi celles de Mérinos
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qui en étaient le type, des brins au moins aussi longs que ceux des laines dites longues. Dans les deux anciennes sortes, que les brins soient frisés ou seulement ondulés, les plus longs sont toujours préférables.
Ce n’est pas seulement pour ce motif que la plus grande longueur deces brins les fait estimer davantage dans le tissage mécanique, et qu’en outre ils forment ainsi des toisons plus lourdes; c’est aussi parce que leur allongement étant dû à ce qu'une nutrition plus active fournit au follicule plus de substance laineuse, la densité de celle-ci est accrue. On croyait unanimement, à priori, que cet allongement, correspondant à une plus forte alimentation des sujets, devait avoir pour conséquence nécessaire un accroissement de diamètre. était la contre-partie du fait signalé plus haut et relatif à l'effet de l'alimentation parcimonieuse. Nous avons constaté, chez dés Mérinos précoces, des diamètres de moins de 0®%,02 avec des longueurs de brin de près de 0",20. C’est que le maximum de diamètre dépend du col du follicule laineux et non point de l’activité de son fonctionnement. Cette activité commande seulement à la fois la densité et la longueur du brin, dépendantes l’une et l’autre de la quantité de substance laineuse produite dans l'unité de temps.
La densité du brin est une condition de sa résistance à la rupture ou de sa force, qui est une des principales qualités de la laine. Surtout avec le travail à la peigneuse mécanique, cette qualité est fort prisée, car elle réduit aux moindres proportions le déchet, et élève ainsi celles de la matière première utilisée dans la fabrication. Mais cette condition n’est pas la seule. Bien que très dense, la substance laineuse pourrait être cassante, et cela se voit souvent, si elle n’était douée d’une certaine élasticité. Il y a une expression technique pour. désigner l’union des deux qualités. On dit alors de la laine qu’elle a du nerf ou qu’elle est nerveuse, ou qu'elle a de La force. Cela signifie qu’elle peut, sans se rompre, s’allonger d’une certaine quantité quand on la soumet à une certaine traction, puis revenir à sa longueur première lorsque la traction cesse. C’est évidemment une affaire d'élasticité. Divers instruments ont été imaginés pour la mesurer avec précision, en déterminant l’élongation de rupture du brin saisi à ses deux extrémités par des mors de pince. Une échelle graduée au millimètre, en regard de laquelle se déplace l’une des pinces, qui est mobile et qui s'arrête à l'instant de la rupture, fournit la mesure désirée.
L'analyse de cette propriété du brin de laine, en faisant voir qu'elle est uniquement sous la dépendance d'une autre on ne peut plus facile à apprécier au simple toucher, en rend la constatation très simple, sans qu'il soit nécessaire de la mesurer ainsi. Cette autre qualité est du reste au nombre de celles que l’empirisme a fait estimer depuis longtemps. Les acheteurs de ioisons ne manquent jamais de palper la laine entre le pouce et l'index, pour juger de sa douceur. La plus douce, celle sur laquelle les doigts glissent avec le plus de facilité, est toujours la plus élastique, la plus nerveuse, la plus forte. La douceur dépend exclusivement de la qualité du suint.
On sait que le suint de mouton est essentiellement constitué par des matières grasses, dont les principales sont la stéarine, la palmitine et l’oléine. Suivant les proportions respectives de ces trois matières, dont l’une est solide ou concrète, l’autre pâteuse et l’autre fluide, le suint présente des consistances variables. La technologie empirique les a désignées par des expressions diverses, qu'il n'est nullement nécessaire de conserver. Le rôle du suint, à l'égard du brin de laine, dans le follicule duquel s'ouvre le conduit de la glande qui le produit, est d’enduire son épidermicule et d’imprégner
LAINE
sa substance, que nous avons dit en commençant être très facilement pénétrable par les fluides. Le suint très riche en oléine, c'est-à-dire très fluide, ayant la consistance de l'huile, est naturellement celui qui imprègne le brin au plus haut degré. C'est aussi celui qui est le plus doux au toucher. En l'imprégnant davantage, il le rend plus élastique. Il en est ainsi pour toute matière organique azotée, qui devient cassante à mesure qu’elle se dessèche. On comprend donc sans effort que la douceur de la laine indique son élasticité. é
Le suint où domine la palmitine est pâteux. Il communique à la laine un toucher plus ou moins gluant et une élasticité beaucoup moins grande, parce qu'il l'imprègne moins facilement. Celui qui est surtout riche en stéarine enduit la surface du brin, mais ne pénètre guère sa substance. Il communique à cette surface un toucher plus ou moins rude, accompagné d'une sensation de sécheresse, d'autant mieux qu'il est d'habitude sécrété en faible quantité. La laine qui en est pourvue se casse toujours facilement. Elle est dite séche.
La couleur du suint, qui se communique aux brins de la toison à l’état brut, dite toison en suint, est variable. Tantôt elle est d’un jaune citrin ou d’un Jaune-paille, tantôt d’un blanc mat ou d’un blanc vitreux. Ces deux dernières couleurs ne se montrent point avec le suint fluide ou huileux, mais bien avec ceux qui sont concrets. La laine douce est donc toujours de teinte plus ou moins jaune.
En résumé, réserve faite de ce qui dépend de la variété de race, trois propriétés suffisent pour guider sûrement dans l'appréciation des qualités techniques de la laine. Ces propriétés sont la finesse relative du brin, sa longueur également relative et sa douceur. Toutes les autres sont des conséquences de celles-là, notamment la régularité et l’élasticité ou la force de résistance à la traction, qui est la principale de toutes. La finesse ou le faible diamètre, si réduit qu’il puisse être, sans cette dernière qualité, perd toute sa valeur. Les laines cassantes laissent en fabrique un énorme déchet. Elles donnent des étoffes sans souplesse et rudes au toucher, qui ne sont pas estimées du tout. Celles qui sont à la fois douces et longues, recherchées pour la confection des chaînes dans le tissage mécanique des étoffes dites de nouveauté, sont toujours, au contraire, l’objet d’une plus-value considérable.
Dans la toison, les brins de laine se réunissent pour former des mèches, dont la forme varie selon la leur propre. Nous n'avons pas à nous en occuper ici. (voy. ToisoN), si ce n’est pour dire que l'examen de ces brins se fait le plus commodément dans une des mèches extraite pour cela. On ne saurait trop répéter que, dans aucun cas, cet examen ne doit être négligé. Le mouton, à quelque race qu’il appartienne, doit toujours être considéré à la fois comme producteur de laine et comme producteur de viande. Si petite que soit la valeur de sa toison, accroitre cette valeur par l'amélioration des qualités de la laine dans le sens qu’on vient de voir, ne peut en rien nuire à son aptitude pour la production de la viande. Nous avons démontré, d’un autre côté, par nos recherches expérimentales sur la toison des Mérinos précoces, que le développement de cette aptitude, loin de porter atteinte à la valeur de la laine, ne fait au contraire que l'améliorer en allongeant ses brins et en augmentant leur douceur. Nous avons fait voir que ces Mérinos précoces, tout en donnant en moins de temps plus de viande de meilleure qualité, donnent aussi plus de laine que les autres.
Dans chaque race ovine, la laine a des caractères qui sont propres à cette race, notamment le diamètre du col de ses follicules, compris entre un minimum et un maximum, et la direction de ce col. |
LAINE
Chez les Mérinos, par exemple, le diamètre n’atteint que bien rarement 0"",03 et descend jusqu’à 0®%,01, et le col des follicules est en spirale. Dans la race Germanique, le diamètre va jusqu’à 0,05 et ne descend pas au-dessous de 0,04; la direction du col est à peine courbe. Les variations de diamètre sont individuelles, mais aussi héréditaires, en même temps que dépendantes de la nutrition embryonnaire. Cela veut dire que nous sommes impuissants à les provoquer autrement que par l'hérédité. En dehors de celle-ci, elles se produisent sous des influences qui nous échappent, mais en se maintenant toujours, pour chaque race, dans des limites déterminées. On ne peut pas, par exemple, faire apparaître de la laine de Mérinos sur la peau d’un agneau Southdown ou Berrichon pur. Les brins auront peut-être le même diamètre, mais les courbures de ces brins n’auront jamais la même régularité, parce que la direction du col des
PAPAARAAIIRARAAAARANT
Fig. 211. — A, brin de laine vu au microscope ; B, laine de Mérinos; CO, laine frisée; D, laine ondulée.
follicules laineux sera différente. Ceci est un caractère de race contre lequel nous ne pouvons rien entreprendre avec chance de succès. Il est en notre pouvoir seulement de choisir les reproducteurs parmi les individus dont la peau a été pourvue, durant leur développement fœtal, de follicules laineux à plus faible diamètre et en plus grand nombre et qui, pour ce motif, produiront la laine la moins grossière ou la plus fine.
Daubenton avait cru, par suite d’une illusion bien excusable de son temps, qu’il était possible d’obtenir, avec des moutons français quelconques, des laines semblables à celles de l'Espagne, à la seule condition de soumettre ces moutons à un certain régime, consistant surtout à les faire vivre constamment dehors. Pour vérifier son idée, il établit à Montbard, en Bourgogne, son pays natal, un petit troupeau tiré du Roussillon, et l'expérience sembla lui donner raison. Les toisons de ses moutons se rapprochaient, en effet, beaucoup de celles des Mérinos espagnols. Mais il n’avait pas pris garde qu’il s'agissait là de métis résultant des anciennes introductions de béliers d'Espagne faites par d’Etigny, intendant de Béarn, et qu'il observait simplement des effets de reversion. Les lois de l’hérédité n'étaient alors que peu ou point connues. Nul doute qu'après avoir suivi de près le troupeau Mérinos dont il fut plus tard gratifié par Calonne, Daubenton ne soit revenu de sa première erreur. La part considérable qu'il prit à la propagation des Mérinos en Bourgogne et ailleurs, par voie de croisement continu, en doit paraitre une preuve certaine. Toujours est-il que ses derniers écrits ne conservent plus aucune trace de sa première idée. Il
LAIT
n’y est nulle part question de la possibilité de changer, par le mode de traitement, le caractère fondamental du lainage.
Ce caractère fondamental peut subir, à la vérité, des variations qui se manifestent durant l'état fœtal, comme celle qui a donné lieu à la création des Mérinos de Mauchamp. Mais, ainsi que l’expérience l’a montré pour ces mêmes Mérinos, leurs effets ne peuvent être maintenus qu'avec les plus grandes précautions de sélection. Elles tendent invinciblement à revenir au type naturel. A.S.
LAIT. — Le lait peut être envisagé, au point de vue agricole, sous deux aspects différents. D'abord, au regard de l'animal qui le produit et le consomme, et l’on trouvera, aux mots LACTATION et LAITIÈRES, tous les renseignements nécessaires à ce sujet. Le lait peut aussi être détourné de sa destination régulière pour servir à l'alimentation de l’honime, et devenir, de ce chef, la matière première d’un grand commerce et de grandes industries. C’est le point de vue auquel nous allons nous placer pour l’étudier, et nous ne parlerons par suite que des laits commerciaux, à savoir ceux d'ânesse, de chèvre, de brebis et surtout celui de vache, qui dépasse de beaucoup iuus les autres en importance.
Le lait a été très étudié, et s’il n’est pas encore très bien connu, c’est d’abord qu'il a, comme nous allons le voir, une constitution assez complexe, c'est ensuite et surtout parce qu'il n'est jamais semblable à lui-même, et qu’il entre, dès la sortie du pis de l’animal, dans une voie de mutations continues. De ces mutations, les unes surviennent par le fait des agents atmosphériques : chaleur, lumière, oxygène de l'air, etc.; les autres, beaucoup plus importantes, proviennent des êtres microscopiques que le lait recèle dès l’origine, pour les avoir empruntés à la surface ou à lintérieur du pis, à la main du vacher, aux parois des vases dans lesquels se fait la traite, à l'atmosphère des laiteries mal tenues. Ces êtres, grâce à leur puissance de multiplication (voy. FERMENTATION), envahissent assez rapidement toute la masse du liquide, et une expérience très simple permet de découvrir leur présence dans un lait quelconque sans microscope, et longtemps avant qu'ils se soient révélés par l’une quelconque des modifications, aigrissement, coagulation, etc., qui sont dues à leur présence.
Il suffit de remplir de lait frais un verre profond, d'y ajouter quelques gouttes de carmin d’indigo, de façon à colorer le liquide en bleu pâle, et de le laisser séjourner quelques heures dans un endroit chaud. On verra, au bout de quelque temps, le lait blanchir par sa partie inférieure, et retourner peu à peu à sa couleur primitive, sauf dans une couche superficielle très mince qui reste bleue. C’est que le carmin d’indigo a cédé de l'oxygène aux microbes présents dans le lait, qui ont besoin de ce gaz pour vivre. En cédant cet oxygène, le carmin se décolore, et, sauf à la surface, où microbes et carmin ont à leur disposition l'oxygène de l'air, le lait est bientôt décoloré. Mais il bleuit de nouveau si on l’aère en le faisant tomber en mince filet d’un verre dans un autre, pour blanchir alors à nouveau par le repos, plus rapidement que la première fois, à cause de la multiplication des microbes survenue dans l’intervalle, et l’on peut ainsi produire cinq ou six fois alternativement cette décoloration et ce bleuissement de la masse, avant qu'aucun phéno-
mène visible, tel que la coagulation, avant même.
qu'un examen microscopique superficiel avertisse de l'existence des microbes dans le liquide.
Ces phénomènes d’acidification ou de coagulation spontanée du lait ont été un grand obstacle aux recherches et ont rendu stériles beaucoup de travaux consclencieux. Un lait qui va se coaguler, ou à plus forte raison, un lait pris en masse ne sont pas, nous le verrons bientôt, identiques au même lait sortant du pis, et cela, bien qu'on n’y ait rien
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LAIT
ajouté en apparence. Nous voilà donc obligés, si nous voulons étudier la constitution physique et chimique du lait, de le recueillir et de le conserver dans des conditions qui le mettent à l'abri des agents extérieurs, et surtout des microbes, car les agents atmosphériques, dont nous avons signalé plus haut l'influence, agissent d'ordinaire avec une lenteur telle que nous pouvons tout d’abord les négliger.
On arrive assez facilement à ce résultat en recueillant le lait, au pis de l'animal, dans des vases flambés, et en suivant les méthodes actuellement en usage dans les études sur les microbes, dont il a été parlé à l’article FERMENTATION.
Le vase flambé étant fermé par un tampon de ouate, pour y introduire le lait d'expérience, on lave d’abord soigneusement, à plusieurs eaux, le pis de la vache. Puis, quand les premiers mouvements de mulsion ont bien nettoyé les parois du canal, on enlève le tampon de coton qui ferme le vase, on rapproche celui-ci du pis sans pourtant le toucher, on dirige dans son intérieur le jet du liquide qui s'écoule. Quelques gouttes de lait coulent à l’extérieur ; cela est inévitable. Il vaut mieux le laisser perdre que de chercher à le recueillir. On remet le bouchon de ouate, et l’on recommence sur un autre tube.
On doit en préparer ainsi plusieurs, car la manipulation est en somme grossière, et n'empêche pas quelques échantillons de s’altérer. Mais n’y en eût-il qu’un seul restant intact, il va nous suffire pour observer les phénomènes qui surviennent dans un lait abandonné à lui-même plusieurs jours et même plusieurs semaines à l'abri des microbes.
Constitution physique du lait. — À la partie inférieure du lait ainsi conservé, au fond du vase, nous trouvons un dépôt de faible volume, formé de phosphate de chaux en très fines granulations. Ce sel important est donc en suspension dans le lait de notre vase. Nous verrons bientôt qu'il y existe aussi en partie en solution avec d’autres matières moins importantes, dont nous réservons l'étude pour la fin sous le nom de sels du lait.
Au-dessus de ce phosphate de chaux existe une couche blanche, opaque comme le lait écrémé, ayant pourtant plus de transparence, ressemblant plus à de la belle porcelaine. On sent que la lumière qui en arrive à l’œil n’a pas seulement joué sur les surfaces, mais a pénétré plus ou moins dans la profondeur. Cette couche, plus ou moins épaisse suivant les laits, est surmontée elle-même, sans ligne de délimitation bien précise, par une couche plus grisàtre, d'aspect trouble, présentant en un mot la couleur et la demi-transparence de la corne. L'ensemble de ces deux couches représente la partie liquide du lait, ce qu’on peut appeler son sérum. Dans toutes deux il y a en solution du sucre de lait, qui y est uniformément réparti. Ces couches renferment aussi toutes deux de la caséine précipitable par les acides à l’état solide. Mais le plus simple examen prouve que la couche inférieure contient plus de caséine que l’autre. De là la conclusion que la caséine existe dans le lait au moins à deux états, l’un sous lequel le liquide qui la contient conserve son homogénéité par un long repos, puis un état de suspension aqueuse, sous lequel elle se dépose au fond du vase à l’état de précipité muqueux, gélatineux, analogue à du tapioca bien cuit et fortement gonflé.
Enfin, au-dessus de ce sérum en partie double et contenant surtout du sucre de lait et de la caséine, nous trouvons une couche blanche, opaque, demisolide, constituant la crème, et formée par la matière grasse du lait. Etudions-la tout d'abord.
MATIÈRE GRASSE. — De ce que cette matière est montée à la surface, on peut conclure qu'elle est plus légère que le lait, et qu'elle est en suspension dans le sérum. En examinant au microscope
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