LANGOUSTE
obtient ainsi les mêmes résultats qu'avec le landpresser, tout en profitant des avantages des semis en lignes. C’est un instrument qui a été Jusqu'ici trop ignoré en France. HE ont
LANGOUSTE (pisciculture).— Crustacé décapode, genre Macroure. Ge que nous avons dit aux mots ECREVISSE et HOMARD, nous permettra de ne nous en tenir qu'aux faits suivants.
La carapace de la Langouste est hérissée de poils courts et raides, épineuse à la partie médiane supérieure, d'un brun tirant sur le vert. Les yeux ne semblent avoir qu’une attache commune au milieu du front sur des pédoncules, mais proéminents. Ils sont protégés par les antennes recourbées jusqu’à l'extrémité de leur corps, qui est plus rond que celui du Homard, et composé de six sections terminées par un éventail.
La Langoustp n’a point de pinces; toutes les pattes sont semblables, au nombre de dix. Essentiellement carnivore, son habitat est le même que celui du Homard, à cette différence, cependant, que comme elle ne se pêche que presque toujours de la même grosseur et aux mêmes endroits, on en conclut qu’elle recherche les grands fonds.
Ce fait rend son éducation en eau fermée absolument impossible, aucun grillage ne pouvant la retenir. Plus leste, plus remuante que le Homard, sa culture dans le premier âge rencontre d'énormes difficultés. Ce n’est donc qu'à partir de sa quatrième ou cinquième année, alors qu’elle atteint les 0,20 ou 0",25 réglementaires, qu’on la peut mettre en stabulation.
Tels furent du moins les résultats des expériences faites dans les viviers de l'aquarium de Concarneau où Coste l'avait fan mettre à l'étude.
La fécondation est suivie à deux ou trois jours, de septembre à novembre, de la ponte de plus de cent mille œufs pour chaque femelle adulte, chiffre trois ou quatre fois supérieur à celui du Homard. Après six mois d'incubation, l’éclosion a lieu comme pour ce dernier. Le phyllosome ou larve de Langouste a été, de la part de M. Gerbe, l’objet d’un travail qui fait loi dans la pratique piscicole.
La Langouste est très commune dans la Méditerranée et se pêcherait, en ce moment, dans de grandes proportions sur les côtes de la Corse et de l'Algérie, où avec la Bretagne et la Biscaye s’alimente le commerce de ce crustacé.
Le lamaneur Guillon, de Concarneau, est le premier qui se soit occupé de
LANGSHAN
reproduction des crustacés, notamment Homards et Langoustes, est une des plus belles pages de la science française et de la pisciculture que rien jusqu'ici n’est venu surpasser. C.-K.
LANGRES (FROMAGE DE) (lailerie). — Fromage de lait de vache fabriqué aux environs de Langres (Haute-Marne), surtout dans le canton de Newullyl'Évêque. C’est un fromage frais, affiné, dont la préparation est assez simple. On met le lait en présure après la traite, et l’on répartit le caillé dans des moules cylindriques ayant 12 centimètres de diamètre et hauts de 16 centimètres. Après le salage, on fait mürir le fromage en cave; l'affinage dure de trois à quatre mois; il est fait, en général, chez les marchands. Le poids des fromages est, en moyenne, de 750 grammes. La fabrication annuelle du fromage de Langres atteint environ 1 million de kilogrammes.
LANGSHAN (RACE DE) (basse-cour).— La race de Langshan fait partie des races asiatiques] qui, depuis un quart de siècle, se sont si fort multipliées en Europe, et qui menacent d'envahir tôt ou tard notre continent. L'opinion commune est que la Langshan à été importée, en 1872, du nord de la Chine en Angleterre par le major Croad. Langshan viendrait de deux mots chinois : Lang, qui signifie «deux », et shan, qui veut dire « colline » : les « deux collines », du nom du pays d’origine de cette volaille.
l'élève et l’engraissement du Homard et de la Langouste adultes dans les viviers d’eau de mer, que chaque marée renouvelait ; il y trouva honneurs et profits, mais la science pas plus que l’art du pisciculteur proprement dit n’eurent là rien à faire : simple rôle d'intermédiaire entre le pêcheur et le consommateur, telle fut l’industrie du lamaneur.
Très friande de l'étoile de mer (/sterias rubens), on avait songé à la multiplication artificielle de la Langouste pour protéger les bancs d'Huitres en voie de formation, dont ce terrible rayonné est Je plus grand ennemi; malheureusement, devant l'humeur vagabonde des jeunes, on dut y renoncer. M. de Cressalle, qui s’en occupe spécialement à l'ile Tudy, à côté de son entreprise industrielle, résoudra-t-il ce grand point de la pisciculture de la mer? Souhaitons-le. La pêche est régie par la loi du 27 mai 1859, modifiée par celle de 1862, sur le rapport de Coste du 25 décembre 1860. Ce rapport, qui ne fut autre que son grand travail sur la
Fig. 218. — Coq de Langshan.
Les Langshan sont considérées par les indigènes comme des « jass » ou oiseaux sacrés, et sont offertes en sacrifices aux Dieux comme ayant la chaire plus délicate que celle de toutes les autres volailles de la Chine. Ce n'est qu'au moment de la mue que les étrangers peuvent se procurer ces superbes oiseaux sacrés, parce que les Chinois considèrent ces animaux comme indignes d'être immolés aux Dieux pendant la chute des plumes.
Ces renseignements sont, en partie, confirmés par un savant ornithologiste, M. C. W. Gedney, qui a parcouru tout l'Empire du Milieu et qui a rencontré ces volailles dites de Langshan dans le nord de la Tartarie chinoise.
D'une façon générale, nous savons, par le témoi-
LANGSHAN
gnage des voyageurs, que la Langshan est très estimée en Chine, qu'on l’y considère comme de race très pure et qu’elle appartient plus particulièrement au pays traversé par le Yangtzé, pays situé à quelque centaines de milles de Shang-haï, où le marché est abondamment pourvu de ces oiseaux.
Quelle que soit l’origine de la Langshan, cette volaille mérite assurément la faveur dont elle est l'objet, par la beauté de sa forme, la valeur de sa chair et la précocité de sa ponte.
Le coq a le plumage entièrement noir, brillant, avec de magnifiques reflets verts, sa taille est élevée et son port élégant. La tête est petite, comparativement à la taille; le camail est bien fourni, la poitrine est charnue; le dos s’élève vers la queue, laquelle est abondante et bien portée, bien relevée et accompagnée de nombreuses lancettes. Les ailes sont portées verticalement. La crête est droite, simple, fine et dentelée régulièrement. Le bec est fort et légèrement courbé. Les oreillons sont rouges. Les barbillons sont rouges et longs. Les pattes sont gris ardoisé et de grosseur moyenne; elles sont garnies de quelques plumes presque perpendiculaires à leur direction.
La poule, tout en étant volumineuse, est gracieusement arrondie. Le plumage est entièrement noir. La crête est simple, droite et régulièrement dentelée. Les oreillons et les barbillons sont rouges. Les pattes sont gris ardoisé et garnies de quelques plumes qui, au lieu de s’étaler horizontalement, longent la patte verticalement.
C'est un animal alerte et actif, qui s’acclimate aisément dans toute les contrées. Sa rusticité est réellement remarquable. Cette volaille se maintient dans toute sa pureté et avec toutes ses qualités, au nord aussi bien qu’au midi.
Si récente que soit son introduction en Europe, la Langshan est appréciée et jouit d’une véritable popularité aussi bien en Belgique, en Danemark et en Hollande qu’en Angleterre.
La Langshan est bonne pondeuse. Sa ponte annuelle moyenne est, suivant nous, de cent quinze œufs. En Angleterre, des éleveurs assurent qu’elle irait jusqu’à cent cinquante. L’œuf est jaune-roux, tacheté de points blancs. Le poids de l'œuf est de 62 grammes.
La Langshan est trés bonne couveuse et éleveuse parfaite. Le poids du poussin à un jour est de 45 grammes ; son augmentation de poids par jour, pendant vingt jours, est de 8 grammes.
La chair de cette volaille est excellente. Le poids moyen de la viande à six mois est de 2,405 et le poids moyen des os de 302 grammes. Des éleveurs obtiennent des Langshan pesant, à huit mois, 4,350, dont 3,650 de chair.
On a soulevé la question de savoir si la Langshan était une race distincte ou une variété des Cochinchinois ou Shanghaï. La confusion n’est possible, ni au point de vue physique, ni même au point de vue du caractère et des habitudes. Le coq Cochinchinois est lourd et poltron, il est loin d’en être de même du Langshan. Les poussins de Langshan sont très actifs, différents en cela des Cochinchinois. Lorsque la volaille de Langshan a des plumes horizontales sur les pattes, des plumes le long des doigts, du jaune aux pattes, une queue tombante, c'est le signe d’un croisement avec la Cochinchinoise. Enfin, la poitrine, la tête, la prestance générale sont autres chez la Langshan, autres chez la Cochinchinoise. La première est assurément de beaucoup supérieure à la seconde, sous le rapport de l’acclimatation, de la chair, de la précocité et de la fécondité. Néanmoins, nous estimons que nos races françaises lui sont encore très supérieures.
En dehors de la Langshan noire, il existe deux variétés : la bleue, tout à fait bleu ardoisé, le man-
teau du coq étant plus foncé que le*reste du COrps, :
et la blanche, tout à fait blanche. Mais il n’est pas
LAPAGERIA
absolument certain que ce ne soient pas là les résultats de croisements, plutôt que de véritables variétés. C'est ce que l’avenir démontrera, car, tôt ou tard, s’il y a croisement, des signes certains décèleront l’origine. ER: L.
LANGUE (botanique). — Nom vulgaire donné à un certain nombre de plantes : la langue de bœuf est la Buglosse ; la langue de cerf est une Fougère, la Scolopendre officinale ; la /angue de chien est la Cynoglosse, etc.
LANGUE (MALADIES DE LA) (vétérinaire). — Noy: GLOSSITE.
LANGUEDOCIENNE (z00lechnie). — Les porcs de la Haute-Garonne, d’une partie de l'Ariège, de l'Aude et de l'Hérault, sont appelés Languedociens. Ils sont de race Ibérique et forment conséquemment la variété Languedocienne de cette race, comme habitants de l’ancien Languedoc.
Par rapport à ceux des variétés voisines du Quercy, de la Gascogne, du Périgord et du Limousin, ils sont plus hauts sur jambes, de squelette plus grossier, moins améliorés, en un mot. Du reste, leur population moins nombreuse n’est point, comme celle de ces variétés, un objet de grand commerce. Elle ne sert que pour la consommation locale et n’est pas exportée vers Paris. Les ressources du pays ne se prêteraient d’ailleurs pas à une plus grande production; toutefois, elles ne s’opposeraient nullement à ce que la variété füt perfectionnée dans le sens d’un plus fort rendement en chair comestible par la réduction du squelette. Il ne lui manque que cela. Consommant principalement du Maïs, les pores Languedociens, comme tous ceux du sud-ouest de la France, sont remarquables par la saveur de leur chair. À:S,
LANTANA (horticulture). — Genre de plantes de la famille des Verbenacées. Les Lantanas (Lantana L.) sont des petits arbrisseaux à feuilles opposées rugueuses, à fleurs réunies en capitules. Celles-ci ont un calice tubuleux et une corolle irrégulière à limbe bilabié étalé. Les étamines incluses sont au nombre de quatre. L’ovaire donne naissance à un fruit qui, lors de la maturité, est charnu; c’est une drupe à deux noyaux.
Les Lantanas sont des plantes très ornementales que l’on cultive dans tous les jardins. On en possède de nombreuses variétés de couleurs très diverses et qui dérivent des espèces suivantes, lesquelles sont également cultivées dans les jardins.
Lantana a fleurs de neige (L. nivea Pent.), arbrisseau à feuilles blanchâtres en dessous ; fleurs d'un blanc de neige.
Lantana commun (L. camara L.), à fleurs d’un jaune d’or, puis orangé passant au vermillon au centre du capitule.
Les Lantanas se multiplient aisément par boutures faites avec des rameaux herbacés, sur couche en février ou bien sous cloche à l'automne. Leur croissance est suffisamment rapide pour que l’on puisse s’en servir l’année même dans l’ornementation. Tous les Lantanas peuvent servir à la confection des corbeilles que l’on peut planter dès : que les gelées ne sont plus à craindre; mais comme leur floraison est surtout abondante à l’automne dans les jardins bien tenus, on les garde en pot jusqu’en juillet et août, et l’on s’en sert alors pour remplacer les corbeilles de plantes qui ont terminé leur floraison à ce moment. Ils peuvent très bien convenir à entourer les massifs de bois. Les vieux pieds peuvent être relevés à l’automne et conservés en serre froide : remis en végétation au printemps, ils serviront soit à fournir des boutures, soit même à la garniture des parterres. Les Lantanas se prêtent très bien à la taille; on peuten faire des arbustes à tige ou en former des pyramides qui, pendant l’été, servent à orner les platesbandes. J. D.
LAPAGERIA (horticullure). — Genre de plantes
LAPIN
herbacées vivaces, de la famille des Liliacées, originaires du Chili. Ce sont des plantes à tiges volubiles, qu’on cultive surtout pour orner les jardins d'hiver, sauf dans l’Europe méridionale, où elles peuvent supporter la pleine terre. Les fleurs sont grandes et belles. On en cultive deux espèces : le L. rosea, à fleurs rouge carmin, ponctuées de blanc; et le L. alba, à fleurs absolument blanches.
LAPIN (zoologie, basse-cour). —Mammifère rongeur, de la famille des Léporidés, formant une espèce du genre Lièvre (Lepus).
Le genre Lièvre (voy. ce mot) renferme deux sections principales : celle des Lièvres proprement dits et celle des Lapins. Les principaux caractères extérieurs par lesquels le Lapin se distingue du Lièvre sont les suivants : les oreilles sont moins longues, la disproportion est moindre entre la longueur des membres antérieurs et celle des membres postérieurs. En outre, il existe des différences appréciables dans la forme du crâne : le rapport entre les deux diamètres de la face, ou l'indice facial, est beaucoup moins grand chez le Lièvre que chez le Lapin, et c’est pourquoi sa face parait beaucoup plus large et plus courte; la longueur des os propres du nez est plus grande chez le Lièvre, de même que l'écartement des rangées de dents molaires.
Le sous-genre Larin se divise en deux espèces : le Lapin sauvage où Lapin de garenne (Lepus cuniculus) et le Lapin domestique (L. domesticus). Les naturalistes, jusqu’à Paul Gervais, avaient considéré le Lapin domestique comme dérivant du Lapin sauvage; d’après Gervais, les dissemblances dans les proportions et dans la forme de plusieurs parties du corps seraient autant d'indications contraires à l’opinion qui réunit ces animaux sous la même dénomination spécifique. A la suite de recherches sur les caractères crâniens de ces animaux, M. André Sanson a conelu qu’on doit les considérer comme appartenant à deux types spécifiques. Toutefois, il paraît résulter d'observations assez nomlreuses que le Lapin domestique, revenu à la vie libre, retourne après quelques générations au type sauvage. Le Lapin de garenne et le Lapin domestique intéressent directement l'agriculture : le premier soit comme gibier, soit comme ennemi redoutable pour les récoltes ; le second, comme un des habitants de la basse-cour, dont la production est d'une haute utilité pour les petits cultivateurs.
LAPIN SAUVAGE.— Le Lapin sauvage ou Lapin de garenne est un petit quadrupède dont la longueur est ordinairement de 35 à 36 centimètres jusqu’à la base de la queue; celle-ci est longue de 7 à 8 centimètres. Le pelage est gris plus ou moins clair en dessus, avec un peu de roux en arrière de la tête; la poitrine et le ventre sont blanchâtres ; la queue est noire en dessus, blanche en dessous ; les oreilles sont petites, noires à leur extrémité ; les pieds sont très velus. Il vit en société, se loge le plus souvent dans des terriers; on a constaté, mais rarement, qu'il fait quelquefois son gîte sous des amas de brindilles et de feuilles. C’est dans les taillis ou les buissons en sol sablonneux que se trouve son habitat préféré. Il parait originaire du nord de l'Afrique, d’où 1l s’est répandu d’abord en Espagne, puis dans toute l’Europe tempérée ; il devient rare dans les pays septentrionaux. Il passe la plus grande partie du jour dans son terrier, pour sortir le soir à la recherche de sa nourriture ; il se rentre après le lever du soleil. Le rut commence, suivant le climat, en février ou en mars; la femelle met bas, au bout de trente et un jours, cinq à huit petits, et elle s’accouple presque aussitôt, de telle sorte qu’elle peut donner de cinq à six portées par an. La jeune Lapine est féconde au bout de cinq à six mois. On à calculé qu'un couple de Lapins peut donner, en une année, par ses portées et
LAPIN
celles de ses petits, près de 150 animaux. Cette fécondité montre comment les Lapins peuvent pulluler, lorsque les saisons sont favorables, au point de constituer un véritable fléau dans certaines régions. Les Lapereaux naissent avec les yeux fermés; ces yeux ne s'ouvrent qu’au bout de huit ou neuf jours ; ils commencent à sortir du terrier au bout de cinq ou six semaines.
Le Lapin sauvage est un gibier très estimé, mais il est aussi un animal très dommageable à l’agriculture. En effet, s’écartant peu de son logis, cet animal, qui consomme une quantité de nourriture d'autant plus grande qu’il en gaspille beaucoup, fait des invasions constantes dans les champs voisins des bois qu'il habite; les jeunes céréales, les prairies naturelles et artificielles, les légumes, les racines, les pousses nouvelles et les écorces des arbustes et des jeunes arbres, tout lui est bon. Lorsque les Lapins sont nombreux dans un bois, ils causent des dommages énormes dans les champs qui bordent ces bois. Aussi les discussions sontelles fréquentes entre les propriétaires de bois, qui aiment à avoir beaucoup de Lapins pour le plaisir de la chasse, et les cultivateurs riverains dont ces animaux ruinent les récoltes. On a calculé que le Lapin cause, chaque année, en France, des dégâts dont la valeur s'élève à des centaines de millions de francs; ces dégâts sont la source de procès incessants dans un grand nombre de régions. Aussi les agriculteurs demandent que la loi sur la chasse (voy. ce mot) soit réformée, en assimilant les Lapins aux bêtes f.uves qu’on a le droit de détruire en tout temps, même sans autorisation préalable, et en autorisant la destruction des rabouillères (terriers construits par leurs femelles pour y abriter leurs petits) sur leurs terres; quelquesuns même demandent avec raison qu’on ait le droit, en tout temps, de poursuivre partout les Lapins, sauf dans les terrains enclos de telle sorte que ces animaux ne puissent en sortir, c’est-à-dire dans les garennes fermées ou forcées.
Les garennes sont les lieux où l’on élève des Lapins sauvages. Elles sont dites ouvertes, lorsqu’elles ne sont pas closes; fermées ou forcées, lorsqu'elles sont entourées de murs ou de larges fossés toujours remplis d’eau. Le droit de garenne était autrefois un droit féodal ; ce droit exclusif a été aboli en 1789. Aujourd’hui tout propriétaire est libre de convertir un terrain en garenne, mais sans être astreint à le clore; toutefois il est responsable des dégâts que les Lapins peuvent causer sur les terres voisines, s’il souffre ces animaux en trop grand nombre, s’il néglige de les détruire, et si, dans le cas de garenne ouverte, il n'autorise pas les voisins à les tuer. Sans même qu'il y ait garenne proprement dite, le propriétaire d’un bois est responsable des dégâts causés par les Lapins sur les propriétés riveraines, lorsque les terriers y sont en grand nombre. Le juge de paix ou le tribunal civil (suivant le taux de la réclamation) est compétent pour juger des dommages.
Il est certain qu’on n'arrivera à faire cesser les abus actuels qu’en classant le Lapin sauvage parmi les animaux nuisibles qu’on peut détruire en tout temps, et en n’en permettant l'entretien que dans des garennes forcées. Ces garennes sont d’ailleurs faciles à établir pour les amateurs de chasse; les murs à fondations profondes ne sont pas indispensables : des grillages en fil de fer enfoncés de 50 centimètres dans la terre et hauts de 1 mètre audessus du sol, suffisent pour constituer une garenne forcée. En y cultivant, par places, les plantes fourragères des prairies artificielles, de l’Avoine et du Sarrasin, du Colza, des Choux, des Carottes et des Betteraves, on assure l'alimentation des habitants de la garenne ; on peut leur donner, pendant l'hiver, un supplément de nourriture dans des râteliers mobiles,
LAPIN
Le Lapin sauvage se chasse au fusil, en battues, au furet; les braconniers le prennent le plus souvent au collet. On évalue à plus de 4 millions d'individus la quantité qu’on en consomme chaque année en France. La peau est d'un emploi courant dans la chapellerie.
LAPIN DOMESTIQUE. — L'origine de l'élevage du Lapin domestique est à peu près inconnue; les documents précis manquent sur ce sujet. C’est dans le midi de l’Europe qu’il paraît avoir été, pour la première fois, l’objet d’un élevage suivi. La chair du Lapin domestique est fade, comparée à celle du Lapin sauvage. Il existe d’ailleurs un certain nombre d’autres différences, d'autant plus notables que les variétés ou races du Lapin domestique sont devenues plus nombreuses.
Il serait difficile, pour ne pas dire impossible, d'établir une classification dans ces variétés ; nous nous bornerons donc à donner quelques indications sur les principales, celles qui sont le mieux con-
DU LAUTE pars LR 2 MAC
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Fig. 219. — Lapin domestique commun.
nues en France. Dans quelques pays, surtout en Angleterre, on a cherché à obtenir une multitude de variétés, au milieu desquelles on ne pourrait se reconnaître qu’en établissant une critique sérieuse, car l’abus des noms nouveaux y est devenu excessif. Quoi qu'il en soit, voici les cinq variétés principales ; à la description, nous joindrons les caractères donnés par un éleveur émérite, M. Er. Lemoine, sur leur fécondité et la rapidité de leur croissance.
Le Lapin commun (fig. 219) est la variété la plus répandue ; son poil est le plus souvent gris, mais on en compte des individus dont le poil est plus foncé, ct d’autres dont la robe est pie ou noire; dans quelques cas, la robe est blanche, et les yeux sont rouges. C’est une race très prolifique et très rustique ; la moyenne des portées est de dix petits ; l'animal adulte, bien nourri dès le jeune âge, peut atteindre le poids de 4 à 5 kilogrammes. Le Lapin géant de Flandre est une variété du Lapin commun, obtenue par une longue sélection; il peut atteindre assez facilement le poids de 6 kilogrammes ; la tête est petite, et les reins sont très
longs. Cette variété est moins féconde, la portée
n'étant que de six petits.
LAPIN
Le Lapin argenté, appelé encore Lapin riche, Lapin à fourrure, a le poil doux et fourré, de couleur gris argenté; les petits naissent noirs, et leur pelage prend, à partir de trois mois et progressivement, sa teinte définitive. Cette variété est très féconde, son élevage est facile; la moyenne des portées est de dix petits.
Le Lapin angora ou Lapin de peigne est élevé surtout par son poil long, soyeux et abondant (VOy. ANGORA). On en connait trois variétés : la blanche, la marron et la grise, à soies noires et blanches ; cette dernière est la plus commune. La variété blanche est la plus féconde ; les portées sont de huit en moyenne.
Le Lapin de Chine, appelé encore Lapin russe, Lapin de l'Himalaya, se distingue par son pelage blanc, fin et serré et ses yeux rouges ; le nez, les oreilles et les extrémités des pattes et de la queue sont d’un beau noir velouté. Sa taille est petite ; chaque portée est d’une dizaine de lapereaux. C’est, de toutes les variétés, celle dont la chair est la meilleure.
Le Lapin bélier est de très grande taille, mais Sa charpente est très forte ; la gorge est garnie d'un fanon, les oreilles sont très longues et tombantes. On en distingue quatre variétés, par la couleur du pelage, lequel est gris, chamois, blanc ou noir; les portées ne sont que de quatre petits en moyenne. À cette variété se rapporte le Lapin aux oreilles pendantes des Anglais, qui jouit d'une assez grande faveur de l’autre côté de la Manche; on y prétend faire des Lapins à oreilles mi-pendantes, c’est-à-dire ayant une oreille pendante et l’autre dressée, par le croisement avec les variétés à oreilles droites.
Enfin le Léporide et le Lapin.
de Saint-Pierre sont des métis obtenus par le croisement du Lièvre et du Lapin (voy. LÉPO- RIDE).
Elevage du Lapin. — I] existe trois manières d'élever le Lapin domestique : en garenne, en boîtes mobiles, en elapier.
L'élevage en garenne exige un elos bien fermé et assez vaste; on peut le remplacer par une cour avec des tas de bois pour donner asile aux animaux. Les Lapins restent exposés à toutes les intempéries, et il est difficile de les surveiller.
L'élevage en boîtes mobiles consiste à placer les animaux dans des boîtes dont le fond est en grillage galvanisé ; on porte ces boîtes dans un pré, et l'herbe qui passe par les mailles est mangée par les Lapins. On doit changer les boîtes de place très fréquemment, jusqu'à deux fois par Jour. Ce système exige beaucoup d'espace et une dépense élevée de main-d'œuvre.
L'élevage en clapier ne présente pas les mêmes inconvénients ; c’est done à ce système qu'il con vient d'accorder la préférence. On donne le nom de clapier à la réunion de cases ou loges destinées à loger les Lapins mâles ou femelles et leur progéniture. Le clapier fermé, c’est-à-dire consistant en loges placées sous un hangar ou en plein air, avec un petit espace où les animaux peuvent prendre leurs ébats, est le meilleur de tous les aménagements. ; É
On peut établir un clapier très économiquement en plaçant des tonneaux couchés, la bonde en bas, sur des chantiers de bois, eten remplaçant l’un des fonds par une porte grillagée; le fond enlevé peut
LAPIN
servir à faire un plancher dans le tonneau. Mais le plus souvent, le clapier est formé par une petite construction en maçonnerie, de grandeur variable, suivant le nombre des animaux qu’on élève, et qui est formé par des cases juxtaposées, indépendantes les unes des autres. Le clapier de M. Lemoine, à Crosne (Seine-et-Oise), est un excellent modèle de ce système. Les loges sont entièrement en ciment; chacune a 1",25 de largeur, sur 0",80 de profon- - deur et 0",80 de hauteur. Le sol en est très incliné pour permettre l'écoulement rapide des urines ; la pente se termine par une rigole qui conduit les liquides à l'extérieur, dans un seau d’où ils sont portés sur le tas de fumier. Un plancher en bois percé de trous recouvre horizontalement le sol de la loge. Sur le devant de celle-ci, et à côté de Ia paroi intérieure, est ménagée une porte grillagée de 0,65 de hauteur sur 0",45 de largeur, ce qui laisse un côté sombre de 0",80 où le Lapin peut se réfugier. Deux rangées de cases sont superposées : la première est à 0",30 au-dessus du sol de la cour. La toiture qui surmonte la deuxième rangée fait une saillie de 0",50; cette saillie abrite les animaux contre l'humidité et contre le froid.
Cette disposition permet d'élever des familles eonsidérables ; elle peut subir des modifications suivant la place dont on dispose. L'important est d’avoir un nombre de loges suffisant pour séparer les males, les femelles et les lapereaux après le sevrage.
On doit garnir chaque loge d’un râtelier mobile en bois, destiné à recevoir le fourrage, qu’on ne doit pas jeter sur le plancher de la case, car les Lapins gaspillent une grande partie de la nourriture qu’on leur distribue d’après cette dernière méthode. Le bas de ce râtelier est garni d'une augette pour recevoir les grains. A côté du râtelier, on place une sébile en fer-blanc pour l'eau à boire. La litière des loges est en paille de Blé ou d’Avoine ou en feuilles sèches ; grâce au plancher percé de trous, la plus grande partie de l'urine s'échappe immédiatement, et il y a économie de litière ; les cases sont plus propres, le nettoyage est plus facile, et l'hygiène des animaux y gagne beaucoup. Lorsqu'on procède au nettoyage des cases, on en porte le fumier soit au tas général de fumier dans la ferme, soit dans un tas spécial ; on doit le soigner comme celui des autres animaux ; son produit s'ajoute naturellement à celui de la vente des Lapins.
On a vu que des cases spéciales doivent être réservées pour les mâles et pour les femelles. C’est afin que ces dernières ne soient pas fatiguées par les mâles ; lorsque le moment de la reproduction est venu, on fait passer une nuit au mâle dans la case de la femelle. On peut faire reproduire les jeunes Lapins dès l’âge de six mois, mais il est préférable d’attendre que la croissance soit achevée, c’est-à-dire l’âge de huit mois environ, pour les Lapins communs, les Lapins argentés et les Lapins russes, et celui de douze mois pour les Lapins béliers et les Lapins géants.
IL faut nourrir abondamment les Lapins, mais en évitant le gaspillage ; il n’a pas été fait jusqu'ici d'expérience sur le rapport entre la nourriture et le produit obtenu. Pour élever avantageusement ces animaux, il faut avoir à sa disposition de l'herbe de prairie naturelle ou artificielle; on la donne aussitôt après l'avoir coupée ; il faut surtout éviter qu'elle ait fermenté en tas. Mais il importe de varier la nourriture, afin d’exciter l'appétit des animaux. Les principaux aliments qui leur conviennent sont : les herbes provenant du sarclage des champs, les grains d'Avoine, d’Orge, de Maïs, les Carottes, les Navets et les Betteraves, les trognons de Choux refendus, les Pois, les Fèves de marais, les Féveroles, les Pommes de terre cuites mêlées au son. On fait varier le régime, et l’on distribue les aliments en trois repas : le matin, au