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LÉGUMINEUSES
dans ce recueil, à la place qui revient à chacun d'eux. Nous essayerons plutôt d'indiquer au lecteur certains produits également fort importants dont la nature et l’origine sont moins connues.
Aux composés ternaires et protéiques contenus dans les Légumineuses, il se joint parfois des substances âcres, irritantes ou narcotiques, plus ou moins vénéneuses, souvent confinées dans la graine, quelquefois réparties dans la plante entière, La plus célèbre à cet égard est le Physostigma venenosum, espèce du Gabon, dont les graines sont connues sous le nom de Feves de Calabar, et constituent un poison violent, mais aussi un médicament précieux. Ces qualités nuisibles se retrouvent, bien qu'à un moindre degré, chez quelques plantes de nos contrées. C’est ainsi que les graines de lErvum Ervilia, du Lathyrus Cicera, que les feuilles de plusieurs Cytises, Genêts, Coronilles,ete., peuvent causer des accidents plus ou moins graves.
Un grand nombre de Légumineuses renferment de notables proportions de tanin, ce qui fait que certaines de leurs parties servent à préparer les peaux ou donnent des médicaments importants. L'industrie emploie d'énormes quantités, sous le nom vulgaire de Bablabs, des fruits de plusieurs Acacia (A. arabica, À. Seyal, etc.). C’est de l'écorce de l’'Acacia Catechu et aussi du Pterocarpus Draco que lon extrait des substances astringentes connues sous les noms de Cachou, Kino cet Sang-dragon.
Plusieurs Mimosées et Papilionacées prennent une importance extrême par la production de substances mucilagineuses et gommeuses. Les gommes solubles exsudent de quelques espèces d’Acacia (A. arabica, A: Verek, etc.); les gommes insolubles, qui ont seulement la propriété de se gonfler dans l’eau, et qu’on appelle G. adragant, sont produites par diverses espèces d’Astragales.
Les matières sucrées existent dans toutes les plantes du groupe, mais elles prédominent dans quelques-unes et les rendent aptes à certains usages spéciaux. Tout le monde connait, sous ce rapport, la Réglisse (Glycirrhiza) dont la racine ligneuse sert à préparer des boissons rafraichissantes. Le fruit de certaines espèces contient une pulpe plus ou moins sucrée (Caroubier, Féviers, etc.), comestible ou mélangée de principes purgatifs, comme dans le Tamarin (Tamarindus indica). L’Alhagi Maurorum produit une des mannes de l'Arabie.
Bon nombre de Légumineuses ont la graine riche en matière grasse; la plus célèbre à ce point de vue est l’Arachide ou Pistache-de-terre (Arachis hypogea) dont on importe chaque année en Europe des quantités énormes, pour l'extraction de l'huile contenue dans son embryon. Quelques autres plantes du groupe des Mimosées donnent ou pourraient également donner de l'huile.
Les matières colorantes ne font point défaut dans la famille qui nous occupe, et il faut citer en première ligne les Indigotiers (/ndigofera L.) dont plusieurs espèces fournissent, par une sorte de fermentation de leurs feuilles l’indigo, une des couleurs bleues les plus solides que l’on connaisse, et dont le commerce se chiffre annuellement par des millions. Les Genêts de nos pays (Genista tinctoria, etc.) servent à teindre en jaune; on retire le jaune indien de certains Butea asiatiques. Les
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fruits du Sophora du Japon, le bois du Virgilier (Cladrastis lutea) fournissent également des couleurs jaunes. Certains bois de Légumineuses sont des plus connus comme tinctoriaux ; tels sont le Campêche (Hematoxylon campechianum) et le Brésillet (Cæsalpinia echinata) dont la matière colorante est rouge.
C'est des mêmes Butea qu'on retire la matière résineuse vulgairement appelée laque ou gomme laque, d’un usage si général dans l'industrie de la chapellerie et dans la préparation des vernis. Ce sont encore des Légumineuses qui donnent les matières dites baume de Tolu, du Pérou, de Copahu, médicaments bien connus.
Bien des Légumineuses sont célèbres par le parfum que répandent leurs fleurs ou qui est contenu dans leurs feuilles ou leurs graines. Citons, par exemple, le Coumarouna odorala, grand arbre américain dont les semences se nomment feves de Tonka dans le commerce de la parfumerie, et aussi l'Acacia farnesiana, arbuste cultivé en grand dans toute la région méditerranéenne pour ses fleurs délicieusement odorantes, qui donnent l'essence de Cassie dont les propriétés sont stimulantes. Les Mélilots entrent pour une bonne part dans l’odeur agréable du foin de certaines prairies.
Nous pourrions encore nomimer beaucoup de plantes employées comme vomitives ou dépuratives, mais il faut se borner dans cette énumération.
Les Légumineuses présentent aussi une importance considérable par les bois très variés qu'elles fournissent à l’industrie. Les Mimosées ont d’ordipaire lestiges de médiocrevolume, aussi les bois qui en proviennent sont-ils assez peu recherchés. Parmi les Papilionacées, spontanées ou cultivées chez nous, les plus remarquables à ce point de vue particulier sont les Faux-Acacias (Robinia) et les Faux-Ébéniers (Cytisus), dont les bois sont usités dans le charronnage et l’industrie du tour. Mais ce sont les tribus des Sophorées et des Dalbergiées, ainsi que la sous-famille des Cisalpiniées, qui se montrent les plus riches. Elles renferment des arbres de très grande taille, et leurs bois sont très estimés pour les constructions ou les ouvrages d’ébénisterie. Il nous suffira de citer : le Palissandre, fourni par une Dalbergiée peu connue au point de vue botanique, le Gaïac de la Guyane (Coumarouna odorala), le bois d’Amarante (Copaifera bracteata), le Bois de fer du Brésil (Apuleia ferrea), le Bois de rose (Cæsalpinia insignis), etc.
Quant aux Légumineuses employées pour l’ornement, elles se comptent par centaines, et appartiennent à toutes les divisions de la famille. Les unes, issues des pays tempérés, font l’ornement de nos parterres qu’elles égayent par l'élégance de leur port, ou par léclat et le parfum de leurs fleurs ; les autres ne peuvent exister chez nous que dans les serres chaudes ou tempérées. E. M.
LEICESTER (z00technie). — C'est le nom par lequel est désignée, en Angleterre, la variété de la race ovine Germanique (voy. ce nom) plus connue en France sous celui de Dishley. Ce nom, qui était celui de l’ancienne population du Leicestershire, avant que Bakewel créàät son troupeau amélioré de Dishley-Grange, a définitivement prévalu même sur celui de New-Leicester, que la variété a porté durant un temps.
Les premières opérations de Bakewel datent de 1755. Les sujets exploités alors étaient hauts sur Jambes et à squelette volumineux. Bien que le sol du comté fût déjà fertile, leur développement était tardif. C’étaient en somme des animaux grossiers, peu musclés en général, comme le sont encore ceux des variétés allemandes de la même race, notamment celle des provinces rhénanes. Cinq ans après, en 1760, l'éleveur de Dishley-Grange avait obtenu de tels résultats de ses procédés, qu'il put inaugurer l'industrie de la location des béliers, qui
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est due à son initiative. Les premières enchères ne produisirent pas plus d’une guinée (25 francs) par tête. Mais par la suite il y eut hausse chaque année, si bien qu’en 1786 le revenu annuel du troupeau atteignait 1000 souverains ou 25 000 franés. Trois ans après il fut porté à 170 000 francs. En outre de la location, trois béliers se vendirent en 1789 une somme totale de 1200 souverains ou 30 000 francs. La renommée de ce troupeau était alors à son comble. Les éleveurs de l’Angleterrè s'en disputaient les meilleurs produits avec un véritable acharnement.
Sur les moyens employés par Bakewel pour atteindre son but, il s’est établi des légendes, à la propagation desquelles David Low n’a pas peu contribué. Elles sont toutes plus invraisemblables les unes que les autres. On l’a accusé de faire un secret de ses procédés, et en outre d’avoir, pour réussir, affaibli le tempérament de ses animaux par l'abus de la consanguinité. Il y à eu en tout cela beaucoup d’ignorance et aussi de parti pris. Sans doute, comme Anglais, l'éleveur de Dishley- Grange à su profiter avec habileté de la création de son génie, sans crier sur les toits, ainsi que n’eût pas manqué de le faire un Français, les détails de la marche suivie par lui. Mais prétendre qu'il l’a tenue secrète pour en profiter seul, par pur égoïsme, c’est oublier que Charles Colling, l’améliorateur des Courtes-cornes, fut son élève et profita largement de ses leçons. La marque de son influence se retrouve d’ailleurs sur tout le bétail de l'Angleterre, dont l'amélioration dans le sens de la précocité date de son époque.
Aujourd’hui, et l’on peut dire depuis la fin du siècle dernier, il n’y a plus un seul sujet Leicester qui ne présente tous les caractères de ceux du troupeau de Bakewel. Toute la population de la variété a subi la transformation. Cette population s’est beaucoup étendue, en dehors du comté, sous l’influence de l’engouement dont elle a été l’objet. Mais depuis quelque temps elle a perdu beaucoup de terrain, qu’elle a dû céder aux Shropshires. On ne la trouve plus, en Angleterre, que sur les terrains trop humides pour que ceux-ci puissent s’y accommoder.
La variété actuelle se distingue par son col court, sa poitrine ample, ses lombes larges, ses hanches écartées, sa croupe courte et horizontale, pourvue d'une épaisse couche de graisse sous-cutanée, faisant saillie au-dessus de la pointe des fesses et noyant la base de la queue. Cette couche de graisse existe du reste aussi sur les côtes et sur la face externe des cuisses minces et très écartées. Elle
donne à l’ensemble du corps l’aspect d’un parallé-
lipipède dont la face supérieure, presque plane, fait surtout, sous le nom vulgaire de table, l’admiration des dilettantes. Signalée pour la première fois par Yvart, qui lui a Justement attribué la difficulté qu'éprouvent les Leicesters à supporter les étés chauds, en raison du trouble qu’elle met aux fonctions de la peau, elle n’est nullement un signe de grand développement des parties qui, chez le mouton,donnent la plus forte proportion de viandede premier choix. On le verra bien plus loin. C’est un véritable trompe-l'œil. Amaigris par une alimentation insuffisante, les Leicesters ne sont vraiment pas beaux, avec leurs longs membres, leurs cuisses fendues et leur cou mince. Ils ont besoin d’être fardés par de la graisse. Leur grande précocité est toutefois incontestable et elle se traduit par ses attributs ha= bituels, qui sont la réduction du volume des os et l'aptitude à l’engraissement.
Par la sélection persévérante on s’est appliqué à éliminer les taches noires de la face.et des membres. ILen reparaît cependant parfois des petites aux oreilles et à la face. En tout cas il n’y a peutêtre pas un seul sujet qui n’en montre des rousses de nuance plus ou moins claire. La toison est for—
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mée de mèches longues et pointues, dont les brins, atteignant jusqu’à 0,25 et au delà de longueur, n'ont pas, d'après nos propres observations, un diamètre inférieur à 0,33, qui va jusqu'au delà de 0"®,40. Ils sont seulement un peu ondulés et le suint qui les revêt a un toucher toujours plus ou moins rude. C'est le type de ce qu’on appelle laine longue. La toison, qui s'arrête habituellement à la nuque et en haut de la partie libre des membres, ne pèse pas plus de 3 kilogrammes à 3,500. En égard au poids vif moyen, c'est peu.
Ce poids, en effet, va chez les béliers jusqu'à 100 kilogrammes et au delà. Chez les brebis et les moutons, 1l ne descend guère au-dessous de 80 kilogrammes. Le rendement apparent, chez ces moutons présentés comme un type d'animaux de boucherie, est très élevé. En état d’engraissement commercial, on n’en obtient pas moins de 60 à 65 de viande nette pour 100. Tous ceux qui ont im-
Fig. 247. — Bélier Leicester.
partialement dégusté cette viande savent qu'elle est de qualité fort médiocre et qu’elle a le plus souvent le goût de suif. Maïs on ne connaît pas assez, pour apprécier la valeur pratique de la variété, la proportion de viande comestible que contient cette viande nette, et aussi sa composition. Les résultats des recherches faites sur des sujets ayant obtenu le prix d'honneur au concours général vont nous l'apprendre. de
Le poids vif moyen de ces sujets, au nombre de trois, était de 95 kilogrammes. Leur engraissement, nous n’avons pas besoin de le dire, était excessif, mais on pourrait en retrancher beaucoup sans nuire à la démonstration. Ils rendirent en viande nette 65 pour 100 de leur poids vif. Leur sixième côtelette a pesé 617 grammes, sur lesquels on a trouvé 445 grammes de graisse non comestible. Il restait done seulement 172 grammes d'os et de viande mangeable, dont la partie appelée noix ne pesait que 37 grammes. l
En rapprochant ce dernier nombre de celui représentant le poids total de la côtelette, on voit combien est énorme le déchet véritable. De plus, cela se réduit en tout à 19,175 de matière azotée,
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LENTICULE
et dans la graisse il n’y avait que 48 pour 100 d’acide fluide ou oléique. La prédominance des acides concrets, palmitique et surtout stéarique, explique à la fois la faible digestibilité et la saveur peu agréable de la viande de Leicester.
La variété en question est donc bien loin de mériter la réputation qui lui a été faite. On n’en obtient véritablement ni la grande quantité de viande comestible, ni la bonne qualité. Elle s’accommode mal à la chaleur et à la sécheresse, et conséquemment il ne faut pas espérer de l’entretenir dans les régions où elles règnent habituellement. En revanche elle ne souffre pas de l'humidité habituelle. En Angleterre, elle vit constamment dehors, sur les herbages ou sur les champs de Turneps, divisée en petits troupeaux le plus souvent.
L’active propagande dont elle a été l’objet l’a fait introduire un peu partout en Europe et en Amérique. Chez nous on n’est point parvenu à la répandre ailleurs que chez les éleveurs qui l’entretiennent principalement en vue des succès de concours. Sa population totale, en France, ne dépasse certainement pas quelques centaines de têtes.
Du reste, en Angleterre même, sur les marchés d’approvisionnement, les Leicesters se vendent toujours aux prix les plus bas par unilé de poids vif.
Ils y occupent donc un des derniers rangs.
Et c’est vraiment justice, étant donnée la qualité inférieure de
leur viande. A.S.
LELIEUR (biographie). — Le comte Le-
lieur, né à Ville-sur- Arce en 1765, mort en 1849, horticulteur français, fut intendant général des pares et pépinières de PEtat. Il propagea un grand nombre de variétés de plantes florales. On lui doit la Pomone française ou Traité des arbres fruitiers (1842) et un Mémoire sur les maladies des arbres fruitiers (1811). ES.
LEMONNIER (biographie). — Louis-Guillaume Lemonnier, né à Paris en 1717, mort en 1799, botaniste français, fut professeur au Jardin des Plantes de Paris. On lui doit l'introduction d'un grand nombre d'arbres exotiques dans son jardin de Montreuil, près Versailles. Il a publié des lettres sur la culture du Caféier. H.S.
LENGERKE (biographie). — Alexandre de Lengerke, né à Hambourg en 1802, mort en 1853, agronome allemand, a été professeur d’agronomie à Berlin et directeur, de 1842 à 1855, des Annales agronomiques de la Prusse. On lui doit un grand nombre de publications sur l’économie rurale allemande, et un Dictionnaire d'agronomie (4 vol., 1835-38;. H. S.}7 LENTICULE (botanique). — Les Lenticules (Lemna), vulgairement Lentilles d'eau, sont de petites plantes de la famille des Lemnacées, constituées par de petites masses arrondies et charnues, de couleur verte, qui flottent à la surface des eaux dans les mares et les étangs, et qui ont l'aspect du fruit de la Lentille. Il en existe plusieurs espèces,