‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 4)Chapitre 73 sur 212 · LENTILLE · texte numérisé non relu

LENTILLE

L'influence peu heureuse d’une fumure directe au point de vue de la production des semences, empêche de mettre les Lentilles en tête d’assolement ; le plus généralement on les intercale entre deux céréales. Il existe d’ailleurs, à ce point de vue, de même qu'en ce qui à trait aux préparations du terrain et aux soins d'entretien qu’on donne à la récolte, de telles différences suivant qu’on examine l’une ou l’autre des variétés de Lentilles, qu'il nous semble indispensable d'indiquer séparément ce qui est relatif à chacune d’elles.

Lentille commune. — La Lentille commune est celle qu’on rencontre le plus communément dans le commerce, c’est celle qu'on consomme surtout dans la région du Nord. C’est une Lentille de printemps qui se sème dès que les gelées ne sont plus à craindre, dès le mois de mars dans le centre de la France. Etant donnée la faible ténacité des terres qu'on consacre à cette culture, deux labours, alternant avec des hersages, sont suffisants pour amener le sol à l’état voulu. Le semis est effectué tantôt en poquels, tantôt en lignes. Le semis en poquets, qu’on exécute à la binette, a pour but de produire tous les 30 à 40 centimètres une touffe de Lentilles ; on dépose à cet effet cinq ou six graines dans des trous larges et peu profonds, et l’on recouvre de 2 à 3 centimètres de terre. Ce procédé a le grave inconvénient d’être peu expéditif, de rendre difficile le binage et de ne donner qu'un rendement relativement peu élevé. Il y a tout avantage à donner la préférence au semis en ligne qui peut.se faire en même temps que le dernier labour ou seulement après hersage. Dans le premier cas, une fenme suit le laboureur et laisse tomber dans la raie ouverte, aussi régulièrement que possible, la graine de Lentille ; on sème toutes les deux raies seulement de façon à obtenir l'écartement voulu. Cette méthode exige des terres très bien préparées et un labour très léger; on la remplace souvent par le semis dans des rayons équidistants ouverts par un homme, à l’aide d’une binette spéciale. Le recouvrement se fait au ràteau ou même à la herse ; en laissant entre les lignes un espace de 25 ou 30 centimètres, on a des intervalles qui se travaillent sans difficulté sérieuse.

Tandis que 150 litres sont nécessaires pour ensemencer un hectare en poquets, 100 litres suffisent quand on sème en lignes.

Il est indispensable, si l’on veut que la récolte soit belle, de maintenir le soLpropre et meuble; on y arrive par.des binages dont il ne faut pas redouter la fréquence. Cependant, dans la majorité des cas, on se contente de deux opérations de ce genre, la première donnée aussitôt que la terre se salit ou se tasse, la deuxième au moment de la floraison. On profite quelquefois du dernier binage pour butter.

Quand la maturité est à peu près complète, ce qui se produit vers la fin du mois de juillet, on doit procéder à la récolte. On choisit un beau temps et l’on arrache les Lentilles que l’on met en paquets en appliquant plusieurs poignées les unes contre les autres et en les réunissant par un lien formé tantôt avec de la paille de Seigle, tantôt avec quelques tiges de Lentilles. Les paquets sont laissés sur le sol, les racines en l’air, et les gousses tardives achèvent ainsi de mürir. Au bout de quelques jours, on rentre avec précaution et l'on conserve en grange ou sous des hangars.

Le battage se fait au fléau et l’on livre aussitôt que possible au commerce les graines nettoyées au tarare ; on évite par cette vente rapide les pertes qui résultent des attaques des insectes, notamment des Bruches. La paille qui reste après le battage, constitue un bon fourrage que les animaux consomment avec avidité.

Les rendements en grain sont voisins de 10 à 15 hectolitres à l’hectare. Le poids de l'hectolitre varie de 78 à 80 kilogrammes.

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