‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 4)Chapitre 75 sur 212 · LÉON · texte numérisé non relu

LÉON

naissent à l’aisselle des feuilles. Le fruit est une drupe sèche, de la grosseur d’un Pois, d'abord rouge, puis noire. Le bois du Lentisque est dur, lourd et susceptible d’un beau poli. Le cœur a une belle couleur d’un jaune rosé, l’aubier est blanc jaunâtre. Ce bois est employé par les ébénistes et les tourneurs. Comme combustible, le bois de Lentisque est recherché, il donne beaucoup de chaleur et son charbon se maintient longtemps.

On tire du Lentisque une résine connue dans le commerce sous le nom de Résine de Chio ou de Mastic en larmes. Cette résine, très blanche et transparente, sert à la fabrication des vernis les plus fins. En Orient, les femmes la mâchent pour parfumer leur haleine.

Dans l'ile de Chio on cultive avec soin le Lentisque pour en extraire celte résine dont le prix est élevé. L’extraction se fait en pratiquant, vers le mois de juillet, des incisions au tronc et aux plus grosses branches de ces arbres ; la résine qui s'écoule par ces blessures, tombe en gouttes qui se coagulent promptement. Pour la séparer des matières étrangères, terre, débris d’écorce, etc., qui s’y trouvent, on la fait fondre à une chaleur douce et on la passe à travers des tamis de crin très clairs sous lesquels sont placés des vases pleins d’eau fraiche. La résine, en tombant goutte à goutte, forme des grains allongés, clairs, transparents, qui ont valu à cette substance son nom de mastic en larmes. B. DE LA G.

LÉON (z00technie). — Le Léon, qui est une partie du littoral breton comprenant le nord de l’arrondissement de Brest et tout entier celui de Morlaix, possédait jadis une population chevaline parfaitement homogène et très renommée, qu'on appelait race du Léon. C'était, en réalité, la variété la plus importante, par sa taille et par son aptitude, de celles que comptait alors la race Irlandaise (voy- ce mot). Ce qu'elle est devenue, ce qu’elle est aujourd’hui, nous pouvons le demander à un auteur ayant vécu au milieu d’elle depuis de longues années, à M. Tanguy, de Landernau, dont la” compétence et l'impartialité ne pourront être justement mises en doute par personne. Voici l'appréciation générale qu'il en faisait dans la Chronique agricole de Bretagne, du 24 juillet 1886 :

& La population chevaline de nos trois départements bas-bretons s'élève au chiffre d'environ 250 000 têtes d'animaux. Comment se fait-il que l’on ne trouverait pas chez nous, je veux dire chez nos éleveurs, 250 chevaux du prix moyen de 1500 franes, non pas même 150 chevaux de 1200 à 1500 francs”?

€ IH ya quatre-vingts ans qu’une institution spéciale, qui s’appelle l'Administration-des Haras, s'est constituée en France. D'abord établie à Langonnet, au cœur même du pays, d’où son action pouvait rayonner sur tous les points de la région bretonne, elle s’est ensuite scindée en deux sections, Lamballe et Hennebont. Elle a eu à sa disposition des sommes énormes à dépenser; un personnel très dévoué, très actif et souvent fort intelligent. Elle à pu agir en toute liberté, à peu près, se contrôlant elle-même, longtemps appuyée par l'influence gouvernementale la plus autoritaire. Comment en est-elle arrivée à ce point que toute homogénéité de race s’est effondrée dans les croisements sans nombre dont le cheval du Léon a été l’objet, et qu'aujourd'hui l’état de variation désordonnée dans lequel ces animaux se reproduisent est tel que l’on aurait bien de la peine à y rencontrer vingt fois deux bêtes pouvant s’appareiller pour former un attelage ? Et pourtant, ce n’est pas trop que d'’estimer la population chevaline des deux arrondissements à 75 000 têtes à peu près.

« Comment le cheval léonard prétendu amélioré est-il incapable de se reproduire par lui-même, toujours le même, comme cela devrait être suivant

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