LIANCOURT
mode d’action de ce mors (voy. BRIDE). Il importe seulement de les considérer comme pouvant donner une bonne indication sur le degré d’excitabilité
neuro-musculaire du sujet observé. Les lèvres
flasques témoignent de ce qu’on nomme le tempérament mou, sans vigueur. L’inférieure va parfois, avec ce tempérament, surtout chez les chevaux avancés en âge, jusqu’à être pendante. C’est le dernier degré de la mollesse, à moins qu'il ne s'agisse d’une parésie ou d’une paralysie due à une lésion du nerf qui se rend au musele labial. En tout cas, l'inconvénient est toujours grave et doit faire refuser le cheval qui le présente. A. S.
LEVRETTÉ (200technie). — Qualificatif appliqué à l’abdomen du cheval lorsque ses dimensions en largeur et en hauteur sont réduites par rapport à celles de la poitrine. On dit alors qu’il a le ventre levretté ou encore le flanc retroussé. Ce-sont là des expressions de l’argot hippique, dont la première vient, comme on le comprend bien, d'une comparaison avec le ventre de la Levrette.
En zootechnie, on ne se sert pas de ces expressions. Le fait auquel elles correspondent et qui résulte de ce que les sujets chez lesquels il se présente manquént d’appétit et se nourrissent mal, ou bien ont été soumis au régime de l’entrainement pour la préparation aux courses de vitesse, ce fait n'échappe point à l'attention, lorsque l'examen de l'animal est effectué d’après la méthode scientifique, dont le programme est exposé ailleurs (voy. CHEVAL). A. S .
LEVURE. — Nom donné aux végétaux microscopiques, susceptibles de transformer les solutions sucrées en liquides alcooliques, en d’autres termes, de provoquer la fermentation alcoolique (voy. FER- MENTATION). L'étude des Levures est encore loin d'être complète; toutefois on peut en distinguer un certain nombre de sortes, dont les principales sont les suivantes (Duclaux, Chimie, biologique) : 1° Saccharomyces cerevisiæ, Levure de la bière, à cellules rondes ou ovales, dont on distingue deux formes, la Levure haute et la Levure basse (voy. BRASSERIE) ; 2° S. ellipsoideus, Levure ellipsoïdale, à cellules affectant la forme d’ellipses, et qui est le principal agent de la fermentation du vin; 3° S.eæiquus, à très petites cellules en forme de quille ou de sabot; 4 S. conglomeratus, à cellules sphéroïdales; 5° S. Pastorianus, à cellules ovales, piriformes ou allongées en massues ; 6° S. Reessii, à cellules cylindriques ; 7° S. apiculatus, à cellules en forme de citrons, terminées par des mamelons à leurs deux pôles. Les conditions du développement des Levures sont indiquées au mot FERMEN- TATION.
LÉZARD (z00logie). — Genre de reptiles, de l’ordre des Sauriens, comptant un assez grand nombre d'espèces de petite taille, à corps effilé, à pattes courtes, à queue allongée et fragile. Les principales espèces sont : le Lézard des murailles ou Lézard gris (Lacerta muralis), dont la longueur est de 0", 20, et le corps grisàtre; le Lézard vert (L. viridis), dont le corps est vert, et qui est long de 30 à 35 centimètres jusqu’au bout de la queue ; le Lézard ocellé (L. ocellata), qui est vert avec des taches jaunes, et dont la taille atteint 0",50. Les Lézards se nourrissent exclusivement d'insectes et de vers, auxquels ils font une guerre constante; on doit donc les considérer comme des animaux utiles. j is :
LIANCOURT (biographie). — François-Alexandre- Frédéric, duc de La Rochefoucauld-Liancourt, né en 1747, mort en 1827, homme politique français, se rattache à l’agriculture par les efforts qu'il fit, à la suite de voyages en Angleterre, pour transformer la culture de ses domaines de Liancourt (Oise); il y créa une ferme-modèle, propagea les prairies artificielles, ainsi que la suppression des Jachères; il y établit aussi une école d'arts et métiers et y fit
LIANE
de nombreux essais industriels. Il fut membre de la Société nationale d'agriculture. HS:
LIANE (botanique, sylviculture). — On donne ce nom à des végétaux ligneux dont la tige reste grèle et atteint une grande longueur, sans se ramifier beaucoup. Ce sont en réalité des arbustes grimpants ou volubiles. Il importe de n'attacher à ce mot aucune idée de classification, car les Lianes appartiennent aux familles les plus diverses.
Dans nos pays tempérés, les Clématites, la Vigne (vivant en liberté), quelques Chèvrefeuilles, et la Glycine de Chine (Wistaria sinensis) que l’on cultive presque partout, peuvent à peu près seules donner une faible idée des végétaux dont 1l s’agit. C’est principalement dans les forêts tropicales du
nouveau monde que les Lianes prennent un gran!
développement, formant entre les arbres un lacis souvent impénétrable. ;
La structure des tiges de ces plantes présente fréquemment des anomalies fort remarquables dont l'étude détaillée serait ici déplacée. Il nous suffira de rappeler qu’elles consistent tantôt dans la production de corps ligneux secondaires (Sapindacées), tantôt dans l'accroissement unilatéral des zones ligneuses (Ménispermacées), d’autres fois dans l’arrêt de développement du bois suivant quatre directions perpendiculaires et rayonnantes, les vides ainsi produits se trouvant comblés par des formations corticales particulières (Bignoniacées), etc.
Dans nos forêts, les plantes dont nous avons parlé forment une assez forte partie des mort-bois. Celles qui sont volubiles peuvent quelquefois nuire au développement des Jeunes arbres par la compression qu'elles exercent sur leurs tissus. E. M.
LIAS (géologie).— Mot servant à désigner l'étage inférieur de la période jurassique. Formé par des dépôts sédimentaires, le système liasique est luimême divisé en cinq étages :
1° L’etage rhétien, formé de marnes et de grès (grès infraliasique), très développé dans les Alpes rhétiques et caractérisé par l’Avicula contorta, fossile qui sert souvent à désigner cette couche, dont l'épaisseur n’est jamais considérable, mais qui délimite bien la partie inférieure du système liasique.
2 L'étage hettangien, plus connu sous le nom d’infralias, très caractérisé à Hettange, dans le grand-duché de Luxembourg, formé à la base de marnes noires surmontées de grès terreux. On rencontre cet étage en Bourgogne, en Franche-Comté et dans le Cotentin. ;
Ces deux étages n’ont pas d'importance au point de vue agricole ; il n’en est pas de même des {rois suivants qui composent le véritable /ias qui couvre près d’un million d'hectares de terres fertiles, et dont la puissance atteint quelquefois 200 mètres. Ces trois étages sont :
3° L’étage sinémurien (de Semur), dénommé
aussi lias inférieur, lias bleu calcaire à Gryphées, développé dans les environs de Semur, formé de bancs de calcaires d’un bleu noirâtre très riches en fossiles, principalement en Ammonites et en Gryphées arquées, séparés par des lits de marnes schisteuses. M. de Lapparent y distingue trois zones : zone à Ammonites rotiformis; zone à Ammonîiles Bucklandi ; zone à Ammonites stellaires. - Les dernières couches sont riches en nodules phosphatés, irréguliers, jaunâtres ou grisâtres, très friables et très légers, renfermant 60 à 65 pour 100 de phosphate tribasique et qui sont exploités pour les besoins de l’agriculture. Leur grosseur varie depuis celle du poing jusqu'à celle d’une noisette. Leur extraction est très facile, car le lit de nodules est rarement à plus de 2 mètres de profondeur et souvent presque à fleur de terre.
Les fossiles sont en grande abondance dans le sinémurien; ils enrichissent les terres en acide phosphorique, mais ne sauraient donner lieu à
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aucune exploitation pour la fabrication des engrais. Pourtant on fabrique à l’aide du calcaire à Gryphées, une chaux grasse fort appréciée pour amender les terres granitiques. Les terres provenant de cet étage, quoique trop compactes et trop imperméables, ont une richesse initiale élevée et sont appréciées par la grande culture.
4° L’étage liasien (lias moyen, calcaire à Bélemnites) formé de calcaire, de marnes et de grès ; il atteint souvent plus de 100 mètres de puissance, particulièrement en Provence.
5° L’étage toarcien (de Thouars) (lias supérieur, marnes à posidonies), formé de marnes, de grès, d'oolithe ferrugineuse. C'est une zone à minerai de fer.
MM. Levallois et Braconnier ont signalé dans cet étage, près de Thelod, des banes nettement stra-
Fig. 249. — Ammonitles Bucklandi. Fig. 250. — Beà lemniles pistili-
formis.
tifiés d’une roche dure, verdàätre ou rougeûtre, qui contient des proportions considérables d’acide phosphorique et de fer. Le minerai de fer se présente sous forme de grains ronds de la grosseur d’un grain de Millet.
L’étage toarcien joue un grand rôle par la distribution des eaux dans les pays Jurassiques.
&« C’est à la surface des marnes toarciennes, dit M. Risler (Géologie agricole), que débouchent les sources nombreuses formées au milieu des calcaires perméables qui les couronnent. Le lias luimême est tout entier imperméable. On y trouve beaucoup de petits cours d’eau torren-
Fig. 251. — Belemniles sulcatus.
Fig. 252. — Gryphea arcuata.
tiels qui s’enflent subitement après chaque pluie, et partout où l’on fait des fossés ou des passages pour ces fossés sous les routes ou les chemins de fer, il faut tenir compte de cette circonstance et leur donner une large ouverture. Autrefois on avait profité de cette imperméabilité pour faire ou du moins laisser se faire, dans les parties basses, des étangs qui donnaient quelques revenus, mais qui
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répandaient la fièvre autour d'eux. La plupart de ces étangs sont aujourd'hui convertis en riches herbages.
« Sauf quelques bancs de calcaires à Gryphées que l'on reconnait de loin à la saillie prononcée du palier qu'ils forment au milieu des coteaux, les contrées liasiques sont composées de plaines ou de coteaux à pentes douces ou arrondies. Les pluies, en ravinant les parties supérieures, tendent constamment à diminuer les pentes, en entrainant dans le fond des vallées la terre meuble et les détritus de roches calcaires qui les recouvrent.
& Point de contraste plus frappant, dit M. Belgrand (Annuaire du département de l'Yonne, 1850), que celui que présente le passage des roches dures du granit et du grès aux terrains mous des deux étages supérieurs du lias. Les vallées resserrées et contournées s’élargissent brusquement. Leurs pentes abruptes hérissées de roches à pic font place à des plateaux faiblement inclinés, et les torrents, remplis d'énormes cailloux roulés et encaissés dans des lits profonds, à des ruisseaux dont les rives légèrement contaves vont se raccorder par une courbe régulière au pied des coteaux voisins. Les eaux limpides, mais colorées en bistre par le granit, font place à des eaux boueuses après les crues, toujours d’un ton louche, même après le beau temps. Les bois deviennent rares et sont remplacés par de riches cultures. La Bruyère, la Digitale et le Genèt ont complètement disparu. Les sommets des coteaux s’arrondissentets’éloignent du fond de la vallée, la culture de la Vigne s'y développe. Les plateaux tourmentés du granit font place à des plaines ondulées, les terres légères et arénacées à un sol argileux et compact. »
Voici, d’après M. Grandeau, la composition d'une terre du lias pure dans les environs de Serres (Meurthe-et-Moselle)
Fig. 253.
contorta.
Avicula
HAE à 20 Pet MR TR TE CEE 5,70 Matières combustibles............. 41,00 Alumine et oxyde de fer........... 1,30 CRUE RE RER Re, TO 0,09 NAGHÉSIE TO ERNST ee 0,41 POLASSE Rs RE Re PUR 4,13 SOUTE TOP LP re PE TP e 0,40 Acide -phosphorique: :. ….:.:... 2. 0,21 Résidu insoluble dans les acides... 30,00
Ces chiffres témoignent de terres très fertiles. Elles donnent, en effet, de bonnes récoltes; leur valeur locative atteint 160 francs par hectare; elles sont surtout propres aux cultures fourragères.
« Le lias, disait Belgrand en 1850, est éminemment favorable à la petite culture. Avec trois hectares de terrain, un tiers d’hectare de prés, quelques ares de jardin ou de chenevière, qu’on louerait à peine ensemble 200 francs, une famille vit à l'aise et trouve le moyen de faire des économies.
« La culture arable s’est, en effet, maintenue jusqu'à présent dans quelques pays de lias où la propriété est très divisée. Il faut beaucoup de travail pour ces terres fortes, mais le petit propriétaire ne compte pas sa main-d'œuvre; le produit brut est pour lui du produit net. Grâce à la qualité supérieure du sol, ce produit brut est très grand. De plus, il se compose de récoltes variées dont les unes servent à la consommation du ménage, tandis que les autres peuvent se vendre facilement, comme le Froment et le Colza, sans exiger un fort capital, comme le bétail. Mais, depuis 1850, les prix de
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vente du Blé et du Colza ont baissé. Dans les années humides, les terres fortes ne donnent pas beaucoup de grain, et la petite propriété elle-même cherche à y laisser plus de place aux fourrages ct à la production du bétail.
« Quant aux fermes plus importantes, qui ont à couvrir des frais de main-d'œuvre doubles de ceux qu’elles payaient en 1850, elles doivent renoncer à faire des céréales dans ces terres humides ét tenaces. La jachère y est souvent indispensable pour que le Froment puisse y être semé dans de bonnes conditions. Il faut donner à cette jachère trois labours et employer pour cela des attelages de six, quelquefois de huit bœufs, conduits par deux hommes. Quelle dépense ! Evidemment du Blé obtenu avec tant de peine ne peut pas soutenir la concurrence des Américains. Pourquoi employer tant de travail à empêcher l’herbe de pousser? Il faudrait, au contraire, en semer davantage et couvrir de prés ces terres si disposées à en produire. On économiserait ainsi beaucoup de main-d'œuvre, et au lieu de faire du Blé qui baisse de valeur, on élèverait ou engraisserait du bétail qui, au contraire, se vendra de plus en plus cher, parce que l’accroissement de la consommation de la viande sera la conséquence de l’augmentation des salaires. »
Plus loin, M. Risler ajoute : «Le lias est la terre par excellence des riches herbages. Déjà dans le Charolais, c’est sur le lias que se trouvent les pâturages. C’est là qu'on a formé cette belle race de bêtes à cornes que l’on appelle la race Charolaise et qui se répand peu à peu dans tout le centre de la France, en suivant en quelque sorte la même formation géologique et se répandant sur les autres à mesure que les amendements calcaires y transforment les fourrages. Je pourrais presque dire que la race Charolaise est la race du lias.
« Les premiers éleveurs du Charolais étaient établis sur le lias, et quand les herbages qu'ils avaient créés dans le département de Saône-et-Loire devinrent ou insuffisants ou trop chers, quelques-uns d’entre eux allèrent se fixer dans le département de la Nièvre. Sur quels terrains? — Sur les marnes du lias. Ils n'étaient pas géologues, mais leur instinct ne les trompait pas. Ils reconnurent à Anlezy, à Cercy-la-Cour, à Montigny, etc., les marnes fertiles qui les avaient enrichis à Oyé, à Saint-Christophe, etc.
« Plus tard, quand lélevage du Charolais prit plus d'extension, il déborda des marnes du lias sur les calcaires voisins de la formation jurassique et sur les terrains tertiaires du Cher et de l'Allier (vallée de Germiny); mais les deux premières étapes de la race Charolaise dans son extension au centre de la France furent le lias de Saône-et-Loire et celui de la Nièvre.
« Les marnes de la formation jurassique couvrent en France environ deux millions d'hectares. Elles sont destinées à être transformées en herbages ou prairies. Cette transformation est faite sur une partie d’entre elles, et elle se continue, mais elle est ralentie ou souvent arrêtée chez les fermiers par le manque de capitaux et, chez les propriétaires, par le manque d'intelligence de leurs intérêts. Avec l’assolement triennal et la culture des céréales, il suffisait d’un faible capital d'exploitation ; la récolte se vendait chaque année, et si elle ne couvrait pas tous les frais, elle fournissait du moins de quoi payer le fermage. Mais, pour convertir les terres arables en herbages, il faut, après les avoir bien préparées et fait le semis, attendre la deuxième année pour obtenir un produit satisfaisant, et ce n’est qu’au bout de plusieurs autres années que ce produit est complet. Puis il faut acheter du bétail, qui ne peut se vendre qu'au bout de quelques mois si l’on fait de l’engraissement, et au bout de quelques années si l'on fait de l'élevage. Enfin il faut avoir plus de bâtiments pour loger ce bétail et
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les provisions de foin qui doivent le nourrir en hiver. Quelque riche qu'il soit, un fermier ne fera pas ces transformations s’il n’a pas un bail de plus de neuf ans ou, comme en Angleterre, la certitude d'être dédommagé à fin de bail pour les améliorations non réalisées. C’est donc avant tout une question de fermage. » (Risler, Géologie agricole.)
Parmi les domaines les plus importants qui ont été créés dans cette formation, il faut citer celui de Villars, exploité par M. de Bouillé; ce domaine est situé au sud de la Loire, sur la commune de Saint-Parize-le-Châtel, près de la station de Mars. Les terres argileuses du domaine, à sous-sol imperméable (40 hectares), sont consacrées aux prairies et aux herbages ; les terres calcaires et riches servent de pâturages à moutons. Le troupeau de Southdowns de M. de Bouillé jouit d’une réputation universelle.
Le lias se trouve encore développé en France, dans une partie des Cévennes, depuis la Voulte et Privas, jusqu'à l'Ardèche et Alais et le Vigan; dans l'Hérault, près de Lodève; dans la Lozère et l'Aveyron ; dans le Bessin, en Normandie, où il forme les herbages célèbres, qui s'étendent de Bayeux à Isigny ; enfin, dans le massif jurassique des Alpes. PC:
LIBER (bolanique). — Nom anciennement donné à la zone fibro-cellulaire immédiatement située, dans la plupart des plantes Dicotylédones, en dedans du parenchyme cortical, et qui a été longtemps considérée comme formant la portion la plus interne de l'écorce. Pour bien concevoir la nature et la signification du liber, il convient de se reporter aux premières modifications opérées dans l’organisation de la plante.
La tige, au premier âge, est entièrement formée d'un parenchyme homogène ou à peu près, mais cet état dure peu. De bonne heure, il se produit, par différenciation des cellules primitives, des sortes de colonnes longitudinales, équidistantes, et rangées en cercle autour et à une certaine distance du centre. Ces colonnes, variables quant à leur nombre, sont de structure complexe : leur portion intérieure, complètement formée de vaisseaux divers et de fibres ligneuses, constitue le faisceau fibro-vasculaire ou faisceau ligneux des phytotomistes, dont nous n’avons pas à nous occuper ici. La portion extérieure comprend un amas plus ou moins considérable de longs tubes à paroi épaisse, flexible et tenace, entouré d'éléments plus ou moins modifiés, mais demeurés en somme à l'état cellulaire. Ces tubes sont les fibres libériennes, -et leur ensemble, considéré avec les cellules particulières qui les avoisinent, a reçu le nom de faisceau libérien. Ce dernier n’est pas en contact direct avec le faisceau ligneux, il en est séparé par une petite région (conformée en arc, sur la coupe transversale) où l’on constate des cellules du parenchyme primitif, assez peu modifiées dans leur aspect, mais douées d’une grande activité qu’elles emploieront dorénavant à se multiplier et à former, les unes des fibres et des vaisseaux ligneux, en dehors de ceux déjà existant, les autres de nouvelles fibres libériennes situées en dedans des premières formées. C’est ce qu’on a appelé arc générateur, cambium, etc.
Lorsque les colonnes ainsi constituées sont, comme nous l'avons supposé, disposées en cercle, les arcs générateurs se trouvent à peu près en rapport par leurs extrémités, et il en résulte ce qu'on nomme la zone génératrice ou cambiale. De même aussi les faisceaux libériens se trouvent situés circulairement à côté les uns des autres, et forment comme une zone cellulo-fibreuse qui a précisément reçu le nom de liber, et qui n’est interrompue de place en place que par les rayons médullaires (voy. TIGE).
Avec les progrès de l’âge, et par suite de la pro-
LIBER
duction annuelle et centripète de nouveaux fais-
ceaux libériens, cette zone s’épaissit peu à peu, et devient finalement séparable en ses assises
constituantes, à peu près comme les feuillets d'un livre (Liber).
Les faits dont nous venons de parler sont assez faciles à constater sur la plupart de nos plantes Dicotylédones, et particulièrement sur les arbres et arbustes. Il existe cependant un bon nombre de végétaux qui se distinguent tout de suite en ce que les faisceaux libéro-ligneux n’y forment pas un cercle, mais sont disséminés en grand nombre dans la masse du parenchyme primitif. Telles sont, par exemple, plusieurs plantes herbacées, telles que
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