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AD RES UE

Fig. 254. — Coupe longitudinale et transversale d'un faisceau libérien du Lin.

l'Artichaut, le Cardon, etc. Les faisceaux n’en possèdent pas moins une partie libérienne, et il devient ici bien évident que celle-ci ne saurait être logiquement rapportée à l’écorce.

Dans les plantes Monocotylédones, la disposition des faisceaux est assez analogue à celle dont nous venons de parler, mais ceux-ci diffèrent de ceuxlà en ce qu’ils sont fermés (voy. FAISCEAU).

Le liber n'existe pas seulement dans la tige, mais aussi dans la racine ; seulement, cette dernière se distingue au premier abord par ce fait que ses. faisceaux libériens, au lieu d’être placés en face et en dehors des faisceaux ligneux, alternent avec eux (voy. RACINE).

Dans la plupart des végétaux dicotylédones, il ne se forme pas seulement, aux dépens de l'arc générateur, des fibres libériennes à parois épaisses, mais encore des éléments tubuleux, à paroi mince et peu résistante, souvent criblée de très petites

LIBER

ouvertures ({ubes cribreux, grillagés, ete.). Ces productions constituent ce qu'on appelle le Liber mou, par opposition au liber à fibres solides, qu'on nomme souvent liber dur. Disons en passant que c’est particulièrement cette variété d'éléments libériens qu’on observe dans le pétiole et les nervures des feuilles.

Le liber paraît jouer un rôle considérable dans a migration des substances nutritives liquides ou semi-liquides, aussi bien que des gaz, mais ce n’est point ici le lieu de développer cette question. Nous appuierons davantage sur les propriétés physicochimiques des fibres libériennes, et sur les usages auxquels on peut les employer.

Considérée en elle-même, la fibre libérienne consiste le plus ordinairement en un tube plus ou moins régulier, dont la paroi fort épaisse est formée de cellulose presque pure, ce qui lui donne une grande flexibilité jointe à une ténacité remarquable. Elle possède une sorte de reflet nacré tout particulier qui se reconnait facilement quand on l’a une fois observé. Cet examen n’exige pas d’ailleurs un très fort grossissement : une amplification de deux cents à deux cent cinquante diamètres est parfaitement suffisante. Traitée par l’iode et l’acide sulfurique, ou par le chlorure de zinc iodé, la fibre libérienne se colore en bleu ou en jaune verdâtre, suivant la pureté de sa substance. Elle présente également de grandes variations dans ses dimensions, l'aspect de sa surface, la régularité plus ou moins grande de son diamètre transversal : tous caractères qui, comparés et combinés entre eux, peuvent servir à distinguer les fibres suivant leur provenance.

Les propriétés physiques des fibres libériennes, ainsi que leur grande résistance aux liqueurs acides ou alcalines étendues, en font des matières textiles par excellence. Cependant pour que leur utilisation soit possible à cet égard, il importe encore qu’elles affectent dans le végétal qui les produit une disposition particulière. Dans certaines plantes, telles que le Lin, le Chanvre, la Ramie, etc., les faisceaux libériens marchent parallèlement, et ce n’est que bien rarement qu’on les voit se diviser, et envoyer les uns aux autres des ramifications latérales. Il résulte de là que ces faisceaux, une fois séparés par le rouissage des tissus environnants, se prêtent facilement aux opérations mécaniques qui ont pour but d'isoler les fibres plus ou moins complètement, et de les transformer en filasse.

Il en est tout autrement dans les cas bien plus nombreux où les faisceaux ramifiés, s’anastomosant entre eux, forment une sorte de réseau, qui ne peut supporter le teillage sans se briser en fragments d'autant plus petits que ces mailles sont plus étroites. C’est ce qui explique pourquoi le liber d’une foule de plantes, bien que formé d’éléments qui possèdent chacun en particulier les qualités requises, ne peut être utilisé par l’industrie textile. Les Tilleuls, les Figuiers et beaucoup d’autres arbres sont à remarquer sous ce rapport. Par contre, les libers enchevêtrés dont nous parlons trouvent souvent un emploi précieux chez certaines peuplades à demi sauvages, auxquelles ils fournissent, à la suite de manipulations très sommaires, des sortes d’étoffes naturelles dont elles se vêtent.

Les inconvénients dont nous venons de parler ne s'appliquent point à tous les usages dont les fibres libériennes sont susceptibles. Si leurs propriétés physiques sont d’ailleurs convenables, les libers réticulés peuvent servir dans tous les cas où la fibre doit être réduite en fragments plus ou moins courts, tels que la fabrication du papier, etc.

Le parenchÿme qui accompagne les fibres libériennes est bien loin d’être lui-même dépourvu d'importance technique. Dans bon nombre de plantes, ses éléments élaborent des principes utilisés par l'industrie ou par l’art de guérir. Il suf-

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