LICHENS
fira sans doute de remarquer, à ce propos, que le sucre existe dans le parenchyme libérien de la Betterave, que la quinine est contenue en partie dans celui des Cinchona. $
- Le liber est fréquemment parcouru par des vaisseaux laticifères ou par des canaux sécréteurs dont la situation et le nombre varient beaucoup d’une plante à l’autre, mais dont la présence suffit pour expliquer l’utilisation possible de cette partie du végétal.
Nous remarquerons, en terminant cet aperçu, que les fibres libériennes peuvent, chez certains végétaux, affecter une situation que l’on considère comme anormale. C’est ainsi, par exemple, que dans plusieurs Gnétacées, le bois, disposé d’ailleurs en couches concentriques comme dans la plupart des Dicotylédones ligneuses, présente cette particularité remarquable que le liber y est réparti par couches successives, occupant l'extérieur de chaque zone ligneuse. On voit bien qu'ici encore il n’est pas possible de rapporter le liber à la formation corticale. | E. M.
LICHÉNACÉS (cryptogamie). — Les Lichénacés constituent, dans la grande famille des Lichens, nne tribu de plantes caractérisées par des thalles foliacés, squameux, pulvérulents, de forme et de coloration très variables. C’est la plus nombreuse de la famille des Lichens; elle renferme un très grand nombre de genres, subdivisés en espèces très nombreuses aussi, dont quelques-unes ont un inté— rêt technique important. Parmi ces genres, les plus connus sont jusqu'ici : 1° le genre Cladonia, à thalle tubuleux, parfois lacinié, souvent couvert de squamules à la base ; à ce genre appartient le Lichen des Rennes (Cladonia rangiferina), qui, dans les régions boréales, sert de pàture aux Rennes et à d’autres animaux; 2° le genre Roccella, à touffes ramiliées sur une petite souche commune, à rameaux charnus couverts d’une-poussière grisàtre renfermant des principes colorants ; l’Orseille des Canaries (Roccella tinctoria), ou Orseille de mer, fournit une matière colorante d'un rouge violet; la même espèce et les AR. fuciformis et Montagner servent à préparer la teinture bleue de tournesol, dont on prépare les papiers usités comme réactfs des acides ; 3° le genre Cetraria, à thalle rigide et lacinié , auquel appartient le Lichen d'Islande (G. islandica), qui sert d’aliment dans les contrées boréales et a des usages multiples en thérapeu-— tique ; 4° le genre Parmelia, à thalle étalé et lacinié et à moelle cotonneuse, dont une espèce, la Parmélie des roches (P. saxatilis), fournit l'Orseille de terre; 5° le genre Lecanora, à thalle erustacé et granuleux; deux espèces de ce genre donnent la parelle ou Orseille d'Auvergne.
LICHENS (cryptogamie). — Grande famille de plantes cryptogames sans chlorophylle, à organes végétatifs cellulaires. Ce sont des plantes terrestres, dépourvues de racines, de tige et de feuilles, végétant sur les pierres, les écorces ou les feuilles des autres plantes. On y distingue un appareil végétatif ou thalle, ct des organes de fructification ou apothécies. La forme, la texture. et la couleur du thalle varient beaucoup, mais sa consistance est le plus souvent sèche et coriace ; il se fixe à son support par des crampons. Les organes de fructification sont le plus souvent analogues à ceux des Champignons Ascomycètes. On trouve des Lichens sous toutes les latitudes ; ils sont, dans les régions polaires, les derniers représentants du règne végétal. On en con= : naît aujourd’hui plus de 2000 espèces, qu’on a réparties en trois grandes tribus : les Byssacés, à thalle byssoïde ou formé de filaments très fins, plus ou moins ramifiés ; les Collénacés, à thalle constitué par une substance gélatineuse dans laquelle sont dispersées des gonidies (globules de matière verte) réunies en chapelet ou éparses; Îles Lichenacés (voy. ce mot), à thalle foliacé et squameux.