‹ Dictionnaire d'agriculture (volume 4)Chapitre 83 sur 212 · LICHTENSTEIN · texte numérisé non relu

LICHTENSTEIN

Les Lichens jouent, à la surface du globe, un rôle important : leur végétation serrée et touffue couvre la plupart des roches, et elle est le premier agent qui sert à leur désagrégation et à la formation de la terre arable dans laquelle plus tard se développeront des plantes plus compliquées. On les rencontre en très grandes quantités sur les troncs d'arbres, dans les plantations forestières ou dans les vergers ; ils n’y vivent pas en parasites, car ils ne se nourrissent pas au détriment des plantes, mais ils y forment des abris très propres pour les nids des insectes ou pour les bourses des chrysalides. C’est surtout pour parer à ce danger qu’on doit débarrasser les troncs et les branches des Lichens qui s’y développent. On atteint ce résultat soit en raclant les écorces avec une lame tranchante ou avec un décortiqueur à dents, ou encore avec un gant métallique (voy. DÉCORTICATION), soit en lavant les trones et les branches avec un lait de chaux.

LICHTENSTEIN (biographie). — Jules Lichtenstein, né en 1818, mort à Montpellier en 1886, entomologiste, s’est fait connaître par des recherches sur les insectes, notamment sur ceux qui sont nuisibles à l’agriculture. Il à publié un grand nombre de notes sur le Phylloxéra de la Vigne et sur d’autres insectes, disséminées dans plusieurs recueils. HORS:

LICOL ou LICOU (zootechnie). — On nomme ainsi le harnais de tête à l’aide duquel les Equidés sont attachés à l'écurie. Il y en a de plusieurs sortes, dans la description détaillée desquelles nous n’entrerons point, n'écrivant pas pour être lus par les selliers et bourreliers harnacheurs. Les unes sont confectionnées en tissu de corde ou de fil de chanvre ou de coton, les autres en cuir. Ces dernières sont à tous égards préférables pour l'usage courant et, d’ailleurs, plus généralement employées. Les licols en corde ne servent guère que dans le commerce des chevaux ct des mulets.

Quelle que soit sa forme, dont la moins compliquée est toujours la meilleure, le licol de cuir, plus solide et plus durable conséquemment, est bon à la condition qu'il ne blesse point par ses frottements la peau de la tête. Ces frottements s'opèrent surtout au chanfrein par la muserolle et à la nuque par la têtière, composée ordinairement de deux bandes unies par un passant, continuant les montants et continuées par la sous-gorge. Toutes les parties du licol doivent être bien lisses sur leurs surfaces internes, en contact avec la peau, et aussi souples que possible. Il y faut ménager les coutures, dont les rugosités usent au moins les poils. Il importe, en outre, que le tout soit bien ajusté au volume de la tête, sans produire nulle part aucune compression. C’est le moyen de faire tenir le licol en place. Trop grand, il frotte plus facilement et il irrite la peau, surtout quand elle est fine. Les chevaux indociles s’en débarrassent et, devenus ainsi libres, vont chercher querelle à leurs voisins, qui se défendent à coups de pied et produisent des accidents.

Le licol est incontestablement le meilleur harnais d'attache dont on puisse se servir pour les Equidés. Il est le plus solide et le moins dangereux à tous égards, quand il est bien confectionné. Il se complète par un autre (voy. LONGE). A. S.

LIE (œnologie). — La lie est le dépôt que les vins laissent rassembler au fond des vases vinaires, soit en s'éclaircissant par le repos, soit en se dépouillant pendant leur conservation. Elle est formée d’un mélange de substances très diverses (minérales et organiques), dépendantes de la nature, des manipulations (collage) du vin et des circonstances (température) dans lesquelles elle s’est déposée.

Braconnot a donné des lies la composition chimique suivante :

LIE LIES LIES LIES DE FRANCE D'ESPAGNE D'ESPAGNE Eau à 100 degrés..... 11,30 10,69 9,75 Sable els etaiste s'iplelle déMone ete 4,60 4,90 4 73 SIC PR Sn 943 1,96 , Oxyde derfér.. 5." 0,39 0,35 0,21 Alumine..... a ge 0,84 0,83 0,51 Acide phosphorique.. 0,52 0,48 0,56 CHAURMPE PRE TES 40,56 40,60 4,51 Magnesie tete 0,32 0,36 0,20 PO ASS ER RE 4,86 9,42 Tid4 SOU LES LR ET Sa 0,10 0,06 »

Acide sulfurique...... 4,56 5,12 »

Chlore RENE RERE 0,0% 0,0% »

Acide carbonique..... 0,43 0,38 »

Acide tartrique....... 28,62 27,02 34,369 Matières organiques... 33,67 34,44 31,95 100,00 100,00 100,00

Les divers corps, énumérés dans le tableau qui précède, sont combinés entre eux à l’état de sels insolubles ou peu solubles; ainsi l'acide sulfurique et la chaux forment du sulfate de chaux, l'acide tartrique et la potasse ou la chaux forment du bitartrate de potasse et du tartrate neutre de chaux, ete.

La nature et la proportion des éléments qui constituent les lies, leur composition, en un mot, est très variable. Dans le dépôt que les vins nouveaux et troubles abandonnent immédiatement après leur préparation, on trouve une forte quantité de matières organiques comprenant : les ferments alcoo— liques du vin, mélangés à un certain nombre de ferments parasitaires ou secondaires dits ferments de maladie, les débris provenant du raisin, rafles, pellicules, de la matière colorante devenue insoluble par oxydation, des sels tels que le bitartrate de potasse ou crème de tartre précipité du milieu par le refroidissement du vin et par l'alcool produit par la fermentation des matières terreuses entrainées. avec la vendange, des substances ajoutées en excès. à la cuve, telles que le plâtre, etc.

Plus tard le vin, débarrassé de cette première lie par des soutirages, donnera des dépôts dont l'abondance ou le volume ira en diminuant avec l’âge du vin. Les ferments, les débris de cellules seront en moins grande quantité et devront même faire défaut dans les vins vieux ; on ne trouvera plus alors que de la matière colorante et des sels dont le vin sera sursaturé par l’évaporation.

Dans le cas où le vin est soumis au collage, tes: colles gélatineuses ou albumineuses que l’on emploie, en s’unissant aux matières astringentes, donnent des lies plus ou moins volumineuses suivant la nature des colles ; ces lies sont formées presque entièrement de matières organiques sans valeur industrielle. I1 est de toute nécessité, lorsque les. lies sont bien déposées au fond des tonneaux, de séparer le vin clair qui les surnage. On évitera ainsi : 1° que les lies, par suite de mouvement fermentescible dans la masse du vin, ne se mettent en suspension et le troublent de nouveau ; 2° que les substances organiques dont elles se trouvent formées en plus grande partie, par un long séjour au contact du vin, en se putréfiant, ne communiquent à celui-ci un goût désagréable dit goût de lie. En enlevant les lies en temps opportun, on éloigne les ferments de maladie qui, inertes, attendent un moment favorable pour se multiplier et altérer le liquide. Le soutirage effectué dans des conditions déterminées permet d'atteindre ce but (voy. Sou- TIRAGE).

On distinguera aussi des lies qui se déposent normalement dans tous les vins, celles qui, dans les vins malades, sont constituées presque entièrement de ferments parasitaires. Ces ferments, dans le cas de la maladie de la tourne, après avoir décomposé le tartre en dissolution, attaquent aussi celui qui s'est précipité dans les lies ; on dit alors que le vin mange ses lies (vOy. MALADIES DES VINS).

Page 1