LILAS DE TERRE
l'inconvénient de ne devenir jamais d’un blanc pur par l’étiolement.
Le commerce du Lilas forcé est très important. On estime à environ cinq cent mille le nombre de touffes vendues annuellement. Ce sont principalement les communes de Vitry, Ivry, Sceaux et Chàtenay qui s'occupent de cette culture. J. D.
LILAS DE TERRE. — Voy. MUSCARI.
LILIACÉES (botanique). — Famille de plantes Monocotylédones, ainsi nommée du genre Lis (Lilium), lequel peut en être considéré comme le type, et que nous examinerons d’abord avec quelques détails.
Les Lis ont la fleur régulière et hermaphrodite, à réceptacle légèrement convexe. Le périanthe est formé de deux verticilles trimères et à peu près semblables, dont le plus extérieur peut être considéré comme un calice, le plus intérieur comme une corolle (voy. Mo- NOCOTYLÉDONES). Les sépales sont diversement colorés suivant les espèces (jamais verts), libres, égaux et dressés ; il y en à un postérieur. Les pétales, alternes avec les sépales, sont également libres, colorés et dirigés comme eux. L’androcée comporte six étamines superposées trois aux sépales, trois aux pétales, ces dernières étant plus longues que les autres, contrairement à ce qu'on observe dans la plupart des Dicotylédones diplostémonées. Chaque étamine se compose d’un filet subulé, portant une anthère allongée, dorsifixe — oscillante, biloculaire et déhiscente par deux fentes longitudinales introrses. Le gvynécée consiste en un ovaire supère, partagé en trois loges superposées aux sépales, et surmonté d’un long style dont l'extrémité plus ou moins renflée montre trois lobes stigmatiques. Chaque loge ovarienne contient un placenta axile chargé de deux séries indéfinies d’ovules anatropes, légèrement ascen-— dants. Le fruit est une capsule trigone qui s'ouvre à la maturité par trois fentes loculicides pour laisser échapper ses nombreuses graines. Celles-ci sont aplaties, avec le tégument externe épais et spongieux; elles renferment un albumen corné abondant, dans lequel est niché un petit embryon monocotylédoné.
Les Lis sont des plantes à bulbe dit écailleux, dont les squames, étroites et charnues, s'imbri= quent dans tous les sens. Les plus élevées de ces squames se prolongent au-dessus du sol en une rosette de feuilles vertes, rectinerviées, du centre de laquelle s'élèvent des rameaux aériens (improprement appelés figes), garnis de feuilles alternes et terminés par les fleurs. Celles-ci sont ordinairement disposées en grappes simples ou en grappes de cymes unipares, et naissent chacune à l’aisselle d'une bractée.
Tout à côté des Lis viennent se ranger plusieurs
GLAFLANTE,
coupée, K, embryon.
LILIACÉES
genres analogues, parmi lesquels nous signalerons seulement les Tulipes (Tulipa L.), quise distinguent par leurs fleurs solitaires et terminales, par leurs anthères basifixes (non oscillantes), par leur style très court et par leur bulbe tuniqué.
Parmi les Liliacées bulbeuses, il en est dont les folioles du périanthe s'unissent plus ou moins entre elles à la base, et forment ainsi un tube sur lequel viennent s’insérer les filets staminaux. Tels sont les Jacinthes (Hyacinthus L.), les Scilles (Scilla L.), les Muscaris (Muscari T.), les Ornithogales (Ornithogalum L.), etc., qui diffèrent entre eux par des caractères secondaires. Ainsi, par exemple, les Jacinthes, avec l’organisation générale des Lis, possèdent un périanthe dressé, assez longuement tubuleux à la base, tandis que dans les Scilles l'extrême brièveté du tube permet aux folioles de s’'étaler en étoile. Ces deux genres ont d’ailleurs
G AFAGUET. a
Fig. 261. — Asperge officinale : À, inflorescence; B et C, fleur entière et coupée; F, étanine ; D et E, gynécée coupé en long et en travers; G, fruit;
H, I, graine entière et
le bulbe tuniqué et les fleurs disposées en appes.
Les Aulx (Allium L.) sont encore des plantes bulbeuses; ils ont aussi les fleurs hermaphrodites (très rarement unisexuées), six folioles au périanthe, six étamines introrses, un ovaire supère, à trois loges ; et leur fruit est une capsule loculicide. Mais le nombre de leurs ovules se réduit au point que quelques espèces n’en ont plus qu’un seul dans chaque loge. Ces ovules sont alors ascendants avec le micropyle dirigé en bas et en dehors. Les graines renferment, sous leurs téguments épais et fortement colorés, un albumen charnu et un embryon droit ou plus ou moins arqué. Les fleurs sont le plus souvent réunies en grand nombre sur l'extrémité renflée d’une hampe, où elles forment des ombelles de cymes entourées, avant l’épanouissement, d’une spathe membraneuse. Leurs feuilles sont tantôt planes, comme dans l’Ail ordinaire, tantôt cylindroïdes et creuses, comme dans lOignon commun.
Beaucoup de Liliacées ne sont pas des plantes
bulbeuses, mais possèdent un rhizome rameux, ou
LILIACÉES
une tige aérienne dressée. De ce nombre sont les Asperges, les Salsepareilles, les Asphodèles, les Aloës et d’autres encore.
Les Asperges (Asparagus L.) ont les folioles du périanthe unies à la base, six étamines insérées sur le tube, et un ovaire supère dont les trois loges renferment chacune deux ovules semblables à ceux des Aulx. Mais leur fruit consiste en une baie sphérique. Leurs fleurs peuvent d’ailleurs être unisexuées. Ce sont des herbes dont le rhizome, ordinairement court et rameux, porte des feuilles réduites à l’état d’écailles blanchâtres, et des racines adventives longues et funiformes, Les rameaux aériens (que l’on mange à l’état jeune) ont des feuilles à peu près semblables à celles du rhizome, qui passent souvent inaperçues, tandis qu’on prend à tort pour elles des ramuscules verts et aciculaires, nés par groupes à leur aisselle. Les fleurs sont disposées en petites cymes.
Autour des Asperges viennent se placer les Mugucts (Convallaria L.) et les Fragons (Ruscus L.) qui se distinguent, les premiers par leurs fleurs à périanthe urcéolé, rapprochées en grappes simples, et par leurs feuilles normalement constituées ; les seconds par leurs fleurs unisexuées, par leurs élamines monadelphes et extrorses, par leur ovaire
Fig. 262. — Fleur entière de Varaire blanche.
réduit d'ordinaire à une seule loge uniovulée ou biovulée, et par la transformation en cladodes de leurs jeunes rameaux.
Les Salsepareilles (Smilax L.) sont toujours dioïques. Elles ont les fleurs et le fruit à peu près construits comme les genres précédents ; mais elles se distinguent au premier coup d’œil par leurs organes végétatifs qui les font ressembler à des Dicotylédones plus qu’à des Monocotylédones. Leur rhizome, assez analogue à celui des Asperges, produit en effet des rameaux aériens sarmenteux, chargés d’aiguillons et garnis de feuilles cordiformes ou hastées, à nervation réticulée, dont le pétiole porte des vrilles sur la nature desquelles il a été très discuté. Les fleurs sont réunies en bouquets axillaires et forment des cymes unipares, simulant des ombelles.
On trouve encore dans les Asphodèles (Asphodelus L.) un ovaire à trois loges biovulées et un fruit capsulaire, analogue à celui des Aulx; mais ci le rhizome court et trapu se garnit de racines adventives fasciculées, dont la plupart deviennent charnues et se gorgent de sucs. Les feuilles, ordinairement longues et rubanées, rectinerviées, sont rapprochées en rosette. Les fleurs forment de longues grappes simples ou composées de cymes.
Les Aloès (Aloe L.) possèdent des fleurs hermaphrodites, semblables en somme à celles des Jacinthes, c’est-à-dire ayant les pièces du périanthe plus ou moins unies entre elles en un tube renflé inférieurement (ce périanthe est quelquefois un peu irrégulier), et un ovaire triloculaire, à ovules indéfinis. Le fruit est également capsulaire et loculicide. Le port est au contraire totalement différent. Les Aloës peuvent être considérés comme le type de ce que l’on appelle vulgairement les plantes grasses. Leur tige, herbacée ou plus souvent
LILIACÉES
ligneuse, porte en effet des feuilles épaisses et charnues, souvent garnies aux bords de dents vulnérantes, tantôt formant rosette, tantôt distiques. Leurs inflorescences consistent en épis ou en grappes terminales ou axillaires et munies de bractées. On en connaît un grand nombre d'espèces (plusieurs sont arborescentes), presque toutes africaines.
C'est aussi à la famille des Liliacées qu’il convient de rapporter les Colchiques (Golchicum L.), les Varaires ( Veratrum L.) et quelques autres genres rangés par plusieurs auteurs dans une famille distinete (Colchicacées), bien qu’ils possèdent tous les caractères essentiels du groupe qui nous occupe. Leur trait principal consiste dans l'indépendance plus ou moins considérable des trois carpelles vers leur portion supérieure, ce qui entraine l'existence de trois styles distincts. Les Colchiques (voy. ce mot) se font remarquer par l'union des pièces du périanthe en un tube très
Fig. 263. — Coupe de la même fleur.
allongé, et par la déhiscence de leur fruit qui est septicide. Ce sont des plantes bulbeuses, organisées d’ailleurs de tous points comme les Liliacées pluriovulées.
Quant aux Varaires, elles ont le réceptacle floral cupuliforme et, par conséquent, l'insertion légèrement périgynique. Les six pièces du périanthe sont libres et étalées en étoile, les étamines ont l'anthère extrorse. Ce sont des herbes vivaces, à rhizome plus ou moins rameux, portant de nombreuses racines adventives. Les rameaux aériens, improprement appelés tiges, montrent des feuilles alternes, largement ovales-lancéolées, plissées longitudinalement suivant les nervures (vOy. VARAIRE).
Constituée, comme nous avons essayé de l'indiquer brièvement, la famille des Liliacées forme un groupe bien naturel et fort étendu, représenté surtout dans les pays tempérés et subtropicaux. On y a décrit plus de deux mille espèces réparties, suivant certains auteurs, entre cent quatre-vingts genres : nombres certainement exagérés. On les divise, pour la commodité de l'étude, en plusieurs sections variables'en nombre et en étendue, et dont quelquesunes sont encore considérées quelquefois comme méritant le titre de familles spéciales (Asparaginacées, Smilacées, Colchicacées, etc.), bien qu'il soit difficile d’apercevoir les avantages d’un morcellement que ne justifient pas les faits observés.
Les Liliacées sont très voisines des Amaryllidacées, dont elles se distinguent surtout par leur ovaire libre. Elles ont également des affinités manifestes avec les Iridacées qu’on peut définir des Amaryllidacés isostémones, et aussi avec les Joncacées, dont le périanthe est plus ou moins manifestement glumacé.
L’étendue du groupe fait pressentir son impor-
tance technique, et nous ne devons pas nous éton-
LILIACÉES
ner de voir les Liliacées fournir produits utilisés par l’économie domestique, l’industrie et la thérapeutique. Chacun sait que plusieurs espèces ou variétés du genre Ail sont cultivées partout comme alimentaires ou pour servir de condiments. I] suffit de rappeler lAil (Allium salivum L.) ; l'Oignon de cuisine (Allium Cepa L.) ;
le Poireau (A. Porrum L.); l'Echalote “4 ascalonicum L.); la Ciboule (A. fistulosum L.) ; la Civette ou Ciboulette (A. ur asum L. vulg. Appétits),
et d’autres encore, où des principes azotés et sucrés s’allient à des essences sulfurées. Les jeunes pousses de l’Asperge (Asparagus officinalis L.) constituent un aliment fort recherché, et s “emploient aussi en médecine à cause de leurs. propriétés diurétiques. Son rhizome est une des cinq racines apérilives de la pharmacopée.
Beaucoup de Liliacées renferment dans leurs parties souterraines, dans leurs graines ou leurs feuilles, des sucs amers, âcres et purgatifs. Ce sont les feuilles de quelques espèces d’Aloe qui fournissent le suc résineux nommé Aloës, purgatif pour ainsi dire populaire. Les bulbes de la Scille maritime (Scilla maritima L.; Urginea Scilla Steinh.) sont usités comme diurétiques et expectorants. Ceux du Colchique d’automne (Colchicum autumnale L.), ainsi que ses graines, constituent un médicament très actif, Journellement prescrit contre la goutte et les autres affections rhumatismales. Les rhizomes de la Varaire blanche (Veratrum album L) et de la Varaire verte (V. viride Sol.) s'emploient comme drastiques et sédatifs. On extrait la vératrine, substance extrêmement vénéneuse, des fruits d’une Colchicée américaine, voisine des Varaires, le Schænocaulon officinale A. Gr.
Les bulbes cuits du Lis blanc peuvent servir à confectionner des cataplasmes émollients. Tout le monde connait la réputation de la Salsepareille comme médicament sudorifique et dépuratif. On utilise sous ce nom les racinés de quelques espèces américaines du genre Smilax. Le S. asperu L., plante de la région méditerranéenne, jouit peut-être des mêmes propriétés.
Les sues résineux et astringents ne font pas non plus défaut dans la famille dont il est question. C’est par incision du tronc du Dracæna Draco L. que l’on obtient un des Sandragons du commerce (vOy. LÉGUMINEUSES et PALMIERS).
Les fibres libériennes contenues dans les nervures des feuilles de quelques Liliacées constituent une filasse dont l'emploi industriel est fort important. L'espèce la plus célèbre sous ce rapport est le Phormium tenax Forst., vulgairement connu sous le nom de Lin de la Nouvelle-Zélande, et que l'on cultive fréquemment comme plante d’ornement. Par la grande quantité de matière amylacée qui s’accumule dans leurs racines, les Asphodèles sont devenus l’objet d’une branche assez importante de l’industrie de Palcool.
Peu remarquables au point de vue de l’alimentation du hétail, parce qu'aucune d’elles n’est acceptée volontiers par les animaux, les Liliacées prennent pour l’horticulture un intérêt de premier ordre, tant à cause de la beauté de leurs fleurs que par l'élégance de leur port et de leur feuillage : c’est par centaines que se comptentles espèces ou variétés cultivées dans les jardins et les serres. Ce n’est point ici le lieu d'en donner une énumération détaillée ; il suffira de rappeler très sommairement les Lis, les Tulipes, les Jacinthes, les Fritillaires (Fr ilillaria L. ), les Hémérocalles (Hemerocallis Le
de nombreux :