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ticillées par quatre ou par six. Les fleurs, disposées en cymes axillaires ou terminales, sont jaunâtres, petites; elles sont composées d’un calice à tube ovoide, d’une corolle à cinq lobes, de cinq étamines insérées sur le tube de la corolle et d’un ovaire à deux loges, dont l’une avorte souvent. A la maturité, le fruit est noir, charnu, monosperme.
Les racines sont connues dans le commerce sous le nom d’alisari; réduites en poudre, elles constituent la garance; traitées par l'acide sulfurique, elles donnent la garancine; par l'alcool, on obtient un extrait appelé colorine.
ke principe colorant, l'alizarine, se cristallise en aiguilles quand on évapore la solution alcoolique ; à l’état naturel, il est dissous dans les liquides cellulaires et il vient se déposer sur les parois des cellules quand on dessèche les racines.
Historique. — L'usage de la Garance remonte à une haute antiquité. Du temps de Pline, on s’en servait déjà pour teindre les étoffes. Au moment de l'invasion de Jules César, on la cultivait dans les Gaules, et, sous Dagobert, une charte mentionne le droit d’exportation dont étaient frappées les Garances que les étrangers venaient acheter à Saint-Denis. Après avoir pris une grande importance chez nous, la culture de la Garance semble avoir beaucoup diminué vers le seizième siècle. A ce moment, c’est l'Allemagne, la Zélande et la Flandre qui sont les pays producteurs par excellence de la précieuse plante tinctoriale. Sous Charles-Quint, elle est introduite en Alsace, et, dans le milieu du siècle dernier, un Arménien de Julfa, Johann Althen, l’importa aux environs d’Avignon. La culture de la Garance est restée, quant à notre pays, localisée dans ces deux points. Sur le Rhin, elle a fait peu de progrès, et la production n’a Jamais dépassé 2 millions de kilogrammes de racines ; en Provence, au contraire, elle s’est étendue à tous les terrains du département de Vaucluse, du Gard et de l'Ardèche qui étaient susceptibles de donner un produit rémunérateur. On a retiré, du seul département de Vaucluse, jusqu’à 20 millions de kilogrammes de racines pulvérisées.
Aujourd’hui, cette culture, qui a fait un moment la richesse des pays qui l'avaient adoptée, a perdu toute son importance depuis que l’alizarine a été obtenue par des réactions chimiques, qui ont pour point de départ l’anthracène.
La Syrie, l'Asie Mineure, la Grèce cultivent en grand la Garance,
On voit, par cette énumération, que la plante dont il s’agit vient sous les climats les plus variés ; mais il résulte de l'examen de la qualité des produits qu’elle préfère les climats chauds. Les racines d'Avignon, et surtout celles de Smyrne, ont toujours fait prime sur le marché. Il est nécessaire, d’ailleurs, de faire remarquer que le genre Rubia est représenté par un grand nombre d'espèces, et, à côté du Rubia tinctorum cultivé chez nous, on trouve le R. peregrina, qui a pour berceau l'Asie occidentale et qui donne des racines très volumineuses et très riches en alizarine, le R. munjista, qui vient du Bengale, etc.
Sol. — Les terres légères, profondes, fraiches sont celles dans lesquelles la Garance réussit le mieux. Nulle part ailleurs on ne la voit produire autant que dans les alluvions calcaires de la Sorgue, dans les palus de Vaucluse. M. de Gasparin attribue au carbonate de chaux une grande influence sur la qualité des racines.
La légèreté du sol est nécessaire pour que les façons culturales soient faciles et que l'eau n'y séjourne pas ; sa profondeur est indispensable pour que les racines puissent prendre le développement voulu; la fraîcheur assure seule une végétation active, prélude d’un haut rendement.
Engrais. — L'abondance des matières organiques que l'analyse décèle dans les alluvions dont nous
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parlons, ne semble pas non plus étrangère à la réussite de la Garance ; cette plante, en effet, est excessivement exigeante en ce qui concerne la richesse du sol. Il faut appliquer, sur les terres peu fertiles, de fortes doses d'engrais. On met jusqu'à 90 000 et 60 000 kilogrammes de fumier de ferme, et l’on ajoute souvent des engrais complémentaires appropriés. Les os, Les tourtcaux, la poudrette, les chiffons de laine, les débris de corne ont été souvent employés.
Place dans la rotation. — La Garance occupe le sol plusieurs années et peut se succéder à ellemême; mais il est généralement avantageux d’intercaler d'autres plantes. C’est ainsi que, près de
; Fig. 2. — Garance, tige et graines.
Hagueneau, on prenait, sur la plante tinctoriale, un Froment dans lequel on mettait du Trèfle ; après un nouveau Blé sur le défrichement du fourrage, on remettait de la Garance. Ailleurs, on lui faisait succéder des plantes sarclées. En Prov ence, dans les alluvions fertiles, on semait sur le défrichement de la garancière, un Froment avec Luzerne.
Préparation du sol. —Le sol destiné à la Garance doit être profondément ameubli. Il est donc nécessaire de le défoncer avant l'hiver. Ce défoncement, qui a pour but de permettre aux racines de s'étendre dans un milieu constamment frais, est d'autant moins indispensable que les terres sont plus aptes à conserver l'humidité. Il est des situations où un simple labour ordinaire doit être conseillé.
Les fumiers, les engrais à décomposition lente, sont enfouis par le deuxième labour, qui est tou-
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jours un labour moyen; les matières devant agir rapidement ne sont incorporées qu'au printemps, soit par un labour léger, soit par un simple scarifiage. On termine la préparation du sol par des hersages croisés qui en pulvérisent complètement la surface.
On divise alors le champ en planches de 1",32 à 17,68 de largeur, séparées par des intervalles de 32 à 40 centimètres. La dimension de 1",32 pour les planches est celle que la pratique à conduit les cultivateurs de Vaucluse à adopter.
Méthodes de multiplication. — Deux méthodes peuvent être suivies pour établir une garancière : le semis en place, la transplantation,
Semis en place. —Les semences de Garance ne
Fig. 3. — Racines fraîches de Garance.
conservent leur faculté germinative que très peu de temps. Il est donc absolument utile d’avoir des fruits de l’année. On reconnait la bonne semence en ce qu’en la coupant avec un canif on découvre un germe blanc. Mais, malgré ce caractère, il est toujours bon de déterminer directement la valeur des semences en les soumettant à un essai de germina= tion; il est préférable encore de les récolter soimême. Cette récolte doit se faire sur des Garances de deux ans. Tantôt on les cultive, spécialement pour cet usage, en les plaçant au pied de haies ou de palissades destinées à soutenir les tiges nombreuses qu'elles émettent; tantôt on faucheles tiges provenant d'une culture ordinaire au moment de la maturité des baies. Après séchage au soleil, on bat légèrement avec une fourche, on nettoie et on met les graines au grenier en couche mince.
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Le semis se fait en février ou mars dans la Provence, en avril seulement dans l'Alsace. L’ état du sol et de l'atmosphère déterminent seuls l'époque exacte à laquelle on doit opérer. Une humidité suffisante du sol, une température douce de l’atmosphère sont les conditions à rechercher. Avec les circonstances les plus favorables, la Garance met encore trois semaïnes à lever.
La semence est répandue dans des sillons peu profonds, ouverts avec la houe à main suivant la largeur des planches, et éloignés de 33 centimètres environ. On recouvre de 3 à 4 centimètres de terre. On emploie 70 kilogrammes de baies sèches, par hectare, dans les sols compacts ; il en faut 80 kilogrammes dans les terres légères, et, lorsqu’on opère sur des champs qui ont déjà porté plusieurs récoltes de Garance, il faut aller jusqu’à 120 kilogrammes.
Dès que les plantes sont bien levées, on procède à des sarclages qui doivent être renouvelés aussi souvent que l'état du sol le nécessite. Après chaque sarclage, on répand sur la planche une petite quantité de terre prise dans les sillons de séparation. Cette mesure a pour effet de rechausser les jeunes pieds que les façons culturales ont ébranlés.
A l'automne, on couvre les tiges d’une couche de terre de 5 à 8 centimètres d'épaisseur. Ce buttage provoque la formation de nouvelles racines, en même temps qu'il provoque le développement de la matière colorante dans la partie inférieure des tiges.
Au printemps suivant, la Garance s’est emparée du sol par ses fortes racines, elle émet alors des tiges vigoureuses qui étouffent les plantes adventices et rendent peu coûteuses les façons d'entretien de cette deuxième année.
Vers la fin de l'été, les fleurs s’épanouissent, et, si l'on ne coupe pas les tiges à ce moment pour les convertir en foin, elles donnent, dans les terres un peu compactes, des fruits qu'on peut récolter comme semences,
Suivant les sols, les conditions de milieu, il sera donc indiqué de prendre le fourrage ou les fruits.
Les soins pour l’hiver sont les mêmes que ceux de l’année précédente, mais le buttage est généralement moins énergique.
. Pendant la troisième année, les travaux d’entretien sont très sommaires, attendu que la Garance doit être assez forte pour détruire elle-même les mauvaises plantes qui auraient échappé aux sarclages des années précédentes. Il n’y a donc, en attendant l’époque de l’arrachage, qu’à récolter les tiges lors de la floraison, ou les semences au moment de leur maturité.
Plantation. — On est obligé de recourir à la plantation dans les localités où les gelées tardives pourraient détériorer les semis; c’est aussi la méthode à préférer dans les terres très légères où la germination se fait mal. Ce procédé, qui a l’inconvénient d'exiger une assez forte dépense, offre l'avantage de permettre une récolte plus rapide. Tandis qu’en effet on n’arrache le plus souvent que trente mois après le semis, on peut enlever les racines dix-huit mois après la plantation.
Les jeunes plants sont obtenus dans des pépinières semées à la volée et très dru. Le sol a été préparé comme il a été dit précédemment et les soins d’entretien sont les mêmes que ceux indiqués pour les semis en place.
. Suivant le climat, l’arrachage et la transplantation des racines se font en automne ou au printemps. Les plantations d'automne sont usitées dans le Midi; on attend le printemps dans les pays septentrionaux. 2
Quelle que soit l'époque adoptée, dans des raies profondes de 8 à 10 centimètres et distantes de #3 centimètres environ, on dépose les racines fraiches et on les recouvre aussitôt.
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JL faut 15 à 1600 kilogrammes de racines pour planter 1 hectare.
On se trouve ainsi en présence d’une garancière qui correspond à celle qu’on obtient à la deuxième année par le semis direct; les soins à donner, les travaux à exécuter sont les mêmes.
Maladies. — Les garancières sont quelquefois envahies par un champignon qui a quelque analogie avec le rhizoctone de la Luzerne, on l'a appelé Rhizoctonia Rubiæ.Y1 se montre sous forme de filaments couleur lie de vin qui envahissent les racines et les font pourrir.
Quand la maladie apparaît, il faut récolter au plus vite.
Récolte. — Nous avons dit qu’on arrachait généralement la troisième année seulement les Garances semées en place, et, au bout de la deuxième année, celles transplantées. Ce sont les considérations économiques qui ont amené les cultivateurs à adopter ces règles ; elles ne sont pas sans exceptions.
Quand on considère la qualité et l'abondance du produit, on conclut forcément qu’il faut laisser la plante se développer pendant einq ou six ans. C’est à cette condition que les alizari du Levant doivent leur réputation de supériorité. Mais ce qui est avantageux à Smyrne ne l’est pas chez nous, où le milieu économique est tout différent. Aussi arrachet-on dès la deuxième année dans les terres très riches de l'Alsace et de la Provence, tandis qu’on attend la troisième année dans les terres de qualité moindre et qui supportent une rente moins élevée.
Les prix de vente motivent également, tantôt un arrachage précoce, tantôt un retard dans l'opération.
Arrachage. — L'arrachage se fait en août et septembre dans le midi où l’on profite du soleil pour le séchage des racines; dans le nord, où la dessiccation ne peut être obtenue qu’à l’étuve, on attend le mois d'octobre.
C'est le plus souvent à la bêche qu'on a recours. On commence par ouvrir transversalement, à une des extrémités de la planche, une tranchée qui a, comme profendeur, celle à laquelle descendent les racines. On pousse alors dans cette tranchée, en marchant à reculons, la terre non bêchée que l’on détache par tranches et qu’un coup de bêche suffit à désagréger en mettant à nu les racines qu’elle renfermait.
La récolte, réunie dans des paniers, est transportée sur une aire où on la débarrasse complètement de la terre qui y adhère encore et où on la laisse exposée à l'influence de l'air.
Quand les racines ont perdu toute élasticité, on peut sans inconvénient les entasser en balles qu’il est très important de conserver, jusqu'à la vente, dans un endroit bien sec. Sous l'influence de l’humidité, les alizaris fermentent rapidement et perdent ainsi presque toute leur valeur.
La garance sèche a une odeur assez forte qui rappelle celle de la réglisse.
L’arrachage à la bêche est très dispendieux. On a observé qu'il exigeait, dans les terres du Midi, 165 journées d'homme; en Alsace, 1l demande 250 à 300 journées.
On a proposé de substituer à la bêche une charrue
spéciale. Ce système est plus économique, mais le travail est toujours moins parfait qu'avec la bêche et on laisse toujours dans la terre une certaine quantité de racines.
. Rendements. — On obtient en fourrage sec jusqu’à 3500 kilogrammes par hectare, la deuxième année des semis; la troisième année, le produit n’est plus que de 1800 kilogrammes environ.
Quand on préfère prendre la semence, on peut recueillir 300 kilogrammes la deuxième année et 150 kilogrammes la troisième. -
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Enfin, à l’arrachage, on obtient, après trente mois, jusqu’à 3500 kilogrammes de racines sèches correspondant à 11 600 kilogrammes de racines fraiches
Quand on arrache à dix-huit mois, le produit en racines vertes n’est que les 0,93 de ce qu’il aurait été au bout des trente mois, et la perte par la dessiccation cst de 75 pour 100 au lieu de 70, de plus, la valeur commerciale est beaucoup moindre
On le voit, à l’époque où les alizaris se vendaient 60 francs les 100 kilogrammes, on pouvait retirer par hectare un très beau produit.
Aujourd’hui, les circonstances sont tout autres, et la culture de la Garance, après avoir perdu peu à peu le terrain qu’elle avait gagné sous l'influence de conditions économiques favorables, a presque totalement disparu de notre territoire. F. B.
GARANTIE. — Voy. VICES RÉDHIBITOIRES.
GARANTIE DES ENGRAIS. — Contrat par lequel le marchand garantit à l'acheteur la proportion de chacun des principes fertilisants contenus dans l’engrais qu’il lui vend. Le prix de l’engrais est déterminé d’après cette proportion, et il y a réfraction, c’est-à-dire réduction de prix, si le résultat de l'analyse chimique de l’engrais ne concorde pas avec la garantie. Le fonctionnement de la garantie s'opère comme il suit: avant de prendre livraison de l'engrais, le cultivateur prélève un échantillon suivant des règles déterminées, cet échantillon est dédoublé et enfermé dans deux flacons, dont l'authenticité est établie par des cachets et des étiquettes; ces échantillons sont déposés dans un lieu convenu ou soumis immédiatement à l'analyse par des chimistes désignés par le vendeur et l'acheteur.
La prise d'échantillons est une opération délicate. Il importe qu’elle soit faite au moment de la livraison, c’est-à-dire au moment où la responsabilité du vendeur cesse, et il convient que des conventions précises déterminent ce moment. La prise d'échantillons ne présente pas de difficultés pour les engrais pulvérulents, lesquels sont homogènes quand ils sont bien fabriqués ; on en prend une petite quantité dans chacun des sacs ou füts qui forment la livraison, et, après avoir mélangé ces quantités, on en forme les échantillons à analyser. Quant aux engrais qui renferment des parties dures ou des mottes volumineuses, on doit, pour préparer les échantillons, prendre une quantité plus considérable de la matière et réduire les parties dures et les mottes en poudre, mélanger et brasser, et, sur le mélange,
prélever les échantillons. Il est important que toutes |
ces opérations soient faites en présence des deux parties, acheteur et vendeur, ou de leurs représentants.
Certains engrais, principalement ceux d’origine organique, pouvant subir assez rapidement des altérations, il convient de fixer un délai assez rapproché pour soumettre à l’analyse les échantillons prélevés comme il vient d’être dit. Le plus souvent, on adopte le délai de deux à quatre semaines.
Dans le langage courant, le titre d’un engrais est la proportion d’un élément utile qu'il renferme ; ainsi, si le titre d’un engrais est de 4 pour 100 d'azote, cela signifie que 100 kilogrammes de cet engrais renferment 4 kilogrammes d'azote. Pour qu'un contrat soit loyal, 1l doit énoncer, non seulement le titre de l’engrais en chacun des principes utiles, mais encore la forme sous laquelle il existe. Ainsi l'azote a une valeur différente suivant qu’il est à l’état ammoniacal, à l’état nitrique ou à l’état organique ; l'acide phosphorique a une valeur moindre s’il est insoluble dans l’eau que lorsqu'il est soluble dans l’eau ; la valeur de la potasse varie, selon qu’elle est à l’état de chlorure, de nitrate, etc.
Il est arrivé que certains commerçants offraient la garantie des engrais à l’état sec, c’est-à-dire après que ces engrais ont été desséchés à la température de 100 degrés; c’est une manière d’induire
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en erreur sur la valeur réelle de ces engrais, et les cultivateurs doivent toujours refuser la garantie proposée sous cette forme. En-effet, supposons un tourteau qui dose, à l’état normal, c'est-à-dire tel qu'il est vendu et employé, 6 pour 100 d'azote et 15 pour 100 d’eau; lorsqu'il est desséché, Le poids total est réduit à 85 kilogrammes, mais la richesse proportionnelle en azote est augmentée et élevée à 7,06 pour 100. Le cultivateur qui achèterait ce
tourteau d’après sa richesse en azote garantie à
l’état sec, payerait 7 kilogrammes d'azote, alors qu’il n'en recevrait en réalité que 5 kilogrammes par 100 kilogrammes d’engrais. Le cultivateur doit donc toujours exiger la garantie du titre à l’état normal, et, dans le cas où il admettrait le titre à l'état sec, il doit stipuler le maximum d'humidité
que pourra contenir l’engrais ; mais ce dernier pro-
cédé est une complication dangereuse qu’il est prudent d’écarter.
Enfin, une habitude vicieuse a été introduite parfois dans le commerce de certains engrais, notamment des noirs et des phosphates ; c’est la garantie sur l'analyse commerciale, par opposition à l’analyse scientifique. C’est encore un procédé déloyal que le cultivateur doit déjouer ; l’analyse dite commerciale est une méthode d'analyse défectueuse, par laquelle on englobe sous le nom d’acide phosphorique tout autre chose que ce principes; l’engrais paraît ainsi plus riche qu’il n’est réellement. Il n’y a qu'une méthode vraie, c’est l'analyse rigoureuse et précise, qui donne son nom exact à chaque principe existant dans un engrais. L'analyse dite commerciale n’est pas une analyse; elle doit être absolument proscrite.
Une loi promulguée en 1867 a eu pour objet de réprimer les fraudes dans le commerce des engrais. Cette loi a édicté des pénalités contre les tromperies et les tentatives de tromperies dans la vente des engrais et amendements. Elle n’a pas donné de résultats sérieux, malgré les efforts du ministère de la justice pour pousser les parquets à poursuivre d'office en cas de fraudes venant à leur connaissance. Jusqu'ici, le meilleur moyen, pour les cultivateurs, de se mettre à l'abri des fraudes, est d’exiger la garantie exacte du titre des engrais à l’état normal. Cette méthode, si elle était adoptée généralement, serait en même temps le meilleur encouragement pour le commerce loyal. H. S.
GARANTIE DES GRAINES. — Voy. SEMENCES.
GARD (DÉPARTEMENT DÜ) (géographie). — Ge département a été formé, en 1790, du diocèse de Nimes et de celui d'Uzès appartenant au bas Languedoc. Le diocèse de Nimes a fourni 321895 hectares et celui d'Uzès, 277 830 hectares. Le département du Gard est compris entre 43° 27! 40" et 44 27’ 20” de latitude septentrionale et entre 0° 55’ 30!’ et 2° 30’ 30" de longitude orientale. Il est borné : au nord, par le département de l'Ardèche, au nord-ouest, par celui de la Lozère; à l'ouest, par l'Aveyron; au sud-ouest, par l'Hérault; et à l’est, par les PAU des Bouches-du-Rhône et de Vaucluse. Sa plus grande longueur de l’ouest à l’est, entre la Dourbie et Revens et le Rhône au-dessus d'Avignon, est de 125 kilomètres environ, du nord au sud, entre les gorges de Chassezac et la mer, 11 y a 15 kilomètres de moins. Le pourtour, en ne tenant pas compte des sinuosités secondaires, est de 425 kilomètres.
Le département est divisé en 4 arrondissements, comprenant 40 cantons et 350 communes. Les arrondissements d’Alais et d'Uzès occupent le nord du département, celui du Vigan l’ouest, et celui de Nîmes le sud du département. La moitié du département est occupée par les Cévennes; l’autre, par des collines de moyenne hauteur, des plaines et les marais du Rhône et du bord de la mer.
Les Cévennes entrent dans le Gard par l'arrondissement du Vigan; elles séparent les eaux qui
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vont à l'Océan par la Dourbie et le Tarn, de celles qui descendent à la Méditerranée par l'Hérault. Ces montagnes ont 1365 mètres d'altitude au Guiral, sur la limite de l'Aveyron, puis entre les sources de l’Arre et de la Dourbie, elles portent le nom de monts du Lenglas (1440 mètres); entre les sources de la Dourbie et l'Hérault, elles s'appellent monts de l’Espéroo; entre la Dourbie et.le Trévezel, monts de Souquet; au nord des sources de l'Hérault, se trouve l’Aigoual dont l'altitude est de 1567 mètres à la montagne de l’Hort-Dieu. Toute cette partie des Cévennes est célèbre par ses prairies, ses eaux limpides, ses bois de Châtaigniers et de Hôtres et ses monts granitiques ou schisteux, presque partout plantés d'arbres fruitiers et de Vignes jusqu’à leur sommet.
Les montagnes de l'arrondissement d'Alais font également partie des Cévennes. Les divers chainons qui s’y développent entre les Gardons, leurs tributaires et la Cèze, viennent du département de la Lozère, où ils se détachent des Cévennes, des Gardons et du massif du mont Lozère. Ces contreforts ont une altitude moyenne de 600 mètres, surtout les monts d’Anduze, de Saint-Jean, d’Alais et de Génolhac, près du massif de l’Aigoual. La dernière montagne un peu élevée des Cévennes et du département du Gard se dresse entre Alais et Lusson : c’est le Guidon du Bouquet (631 mètres).
Entre la plaine de Nimes et les gorges du Gardon, s'étend un massif de collines, les Garrigues, qui se continuent par un plateau, le Plan de la Fougasse.
A l'exception des ruisseaux du canton de Trèves qui se jettent dans les tributaires de l’océan Atlantique, par la Dourbie, le Tarn et la Garonne, toutes les eaux du Gard descendent à la Méditerranée, la plus grande partie par le Rhône, le reste plus directement par la Vistre, le Vidourle et l'Hérault.
Le Rhône commence à toucher par sa rive droite le département du Gard à l'embouchure de l'Ardèche. Presque aussitôt il passe sous les vingt et une arches du Pont-Saint-Esprit ; il sépare alors le Gard du département de Vaucluse, puis de celui des Bouches-du-Rhône. Il reçoit la Ceze, puis baigne Roquemaure, Villeneuve. Au-dessous du confluent du Gard, il passe à Beaucaire et Tarascon. Près d’Arles, il se divise en deux branches inégales ; ‘seules la rive droite du Petit-Rhône, celles du Rhône-mort et du Rhône-vif appartiennent au Gard. Du confluent de l'Ardèche à la bifurcation d'Arles, le Rhône à dans le Gard un cours de 91 kilomètres. La longueur du Petit-Rhône, du Rhône-mort et du Rhône-vif dépasse 65 kilomètres. Il reçoit par sa rive droite, dans le département du Gard : l'Ardèche, lY'Arnave, la Cèze, le Gard et les déversoirs des marais de Bellegarde et de Saint-Gilles.
L’Ardèche sépare le département du Gard de celui de l'Ardèche sur un parcours de 17 kilomètres. Elle commence à toucher le Gard à 12 kilomètres en aval du Pont-d’Are. De ce point à son confluent avec le Rhône, elle serpente dans un défilé profond, désert ou à peu près vers Saint-Martin. Elle ne reçoit dans le département que quelques ruisseaux dont le plus important est l’Arguèze.
L'Arnave a un cours de 5400 mètres seulement, le tout dans la commune de Saint-Alexandre.
La Cèze a presque tout son cours dans le département. De Bessèges à Saint-Ambroix, le chemin de fer d’Alais en descend la vallée. A Saint-Ambroix, elle entre dans une large plaine; mais à Rochegude, elle serpente à la base de collines qui vont se rattacher au Guidon du Bouquet, dans d’autres défilés qui se continuent jusqu'à Roquepertuis, où elle forme la cascade du Sautadet. Elle va se perdre, au-dessous de Codolet, dans l’un des bras du Rhône qui entourent l'ile de la Piboulette. Elle est navigable sur un cours de 12 kilomètres. La Cèze reçoit l'Homol qui passe près de Génolhac, le Luech à Peyremale, la Ganière à Robiac, l’Auzon grossi de
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l'Alanzène, la Claysse en face de Rochegude, 1 Aiguillon grossi de l’Avègue, la Tave formée de la réunion de la Vayre et de la Source de Tabion.
Le Gard ou Gardon se forme au-dessous des
Tavernes, à 2 kilomètres au sud de Vézénobres,
par la jonction du Gardon d'Anduze et du Gardon d’Alais, venant tous deux de la Lozère, Le Gardon d'Anduze passe à Saint-André de Valbôrgne et à Saint-Jean du Gard; il reçoit la Salindrinque, le Gardon de Mialet. Le Gardon d’Alais passe à la Grand’Combe, absorbe le Galeizon et reçoit l’'Avene. Le Gardon passe ensuite sous le viaduc de Ners; il reçoit en aval du confluent des deux Gardon : à Moussac, la Droude, à Dions, la Braune qui passe à Saint-Mamert et reçoit la Tourasette; en face de Dions, le-Bourdic; à Collias, l'Auxon.
Le Vistre, petit fleuve dont le tours n'’atteint pas 70 kilomètres, descend des collines de Cabrières. Il entre presque immédiatement en plaine, près de Marguerittes. Au-dessous du Cailar, il se transforme en un canal qui coupe par de longues lignes droites les marais situés au nord d’Aigues-Mortes, puis débouche dans le canal de la Radelle. Le Vistre reçoit : le Fougueron cet le Fougue; la Fontaine de Nîmes alimentée par l’eau des pluies qui tombent sur les Garrigues et sur le plan de la Fougasse; le Rhôny qui passe à Caveirac, et se jette dans le Vistre au Caïlar ; la Cubelle qui a son embouchure à 4 ou o kilomètres en aval de celle du Rhôny.
Le Vidourle naît dans le Liron ; il arrose Sauve, Quissae, Vic-le-Fesq, Sommières, coule au pied de la Roche-d’Aubais, et sépare le département du Gard de celui de l'Hérault. Près du Grand-Gallargues, ses eaux passent sous les ruines d’un pont romain. Il reçoit le Rieumassel, le Crespenon, le Brestalon, le Crieulou, la Courme.
L’Hérault n’a qu’une faible partie de son cours dans le Gard; il y reçoitle Claron etl’Arre et, hors du département, la Vis et le Rieutard qui ont une partie de leur cours dans le département du Gard.
Tout à fait à l’ouest du département, au pied de la montagne d’Aulas, par 1250 mètres d'altitude, jailht la source de la Dourbie.
Les côtes du département du Gard n'ont que 20 kilomètres de développement. Elles présentent un cordon littoral sablonneux dessinant un S dont la convexité serait formée par la Pointe de l'Espiguette, tandis que la partie rentrante serait le golfe semi-circulaire du Grau-du-R oi.
Les étangs sont nombreux dans les marais du sud. L’étang du Repausset où se perd le Vidourle et que traverse le canal de la Grande-Roubine, serait un golfe de la Méditerranée sans les dunes étroites du Grau-du-Roi ; 1l communique avec l'étang du Repau où tombent le Rhône-mort et le Rhône de Saint- Roman. L’éfang de la Ville baigne les murs d’Aigues-Mortes; celui d’Escamandre est voisin du canal de Beaucaire à Aigues-Mortes.
Les canaux ont une étendue de 98 kilomètres ; ce sont : le canal de Beaucaire à Aigues-Mortes (50 kilomètres) ; la Grande-Roubine (6 kilomètres) ; le canal de la Radelle (9 kilomètres); le canal du Bourgidou (10 kilomètres), qui rattache le canal de Beaucaire à Aigues-Mortes au canal de Silvareal (8 kilomètres), continué par le canal de Peccais (3 kilomètres) ; le canal de Lunel (11 kilomètres) et le canal Saint-Louis (4 kilomètres).
Le climat du département du Gard est le climat méditerranéen, sauf dans le canton de Trèves et dans quelques communes de la haute montagne où l’on trouve le climat du plateau central. Les saisons sont peu tranchées, ou plutôt il n’y a pas de printemps et d'automne, mais plutôt une saison fraiche et comparativement pluvieuse, l'hiver, suivie d’une saison chaude et sèche beaucoup plus longue. Le thermomètre monte à 40 degrés dans les grandes chaleurs ; la moyenne annuelle de Nimes est d’environ 16 degrés. Le nombre des jours de pluie est
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de 53 en moyenne par an. La hauteur de pluie annuelle est de 0",66 à Nimes, de 0,82 à Alais, de 1°,50 et au delà au Vigan et dans les Cévennes. Le vent dominant est le mistral.
Le territoire du département du Gard renferme, depuis le granit et les schistes jusqu'aux alluvions les plus récentes fournies par les cours d’eau et la mer, toutes les périodes géologiques.
La région des Cévennes comprend des terrains primitifs, des terrains de transition, des roches éruptives. Dans les granits, l'abondance du quartz communique une grande stérilité au pays. Le roc dur ne fournit point de terre argileuse; il ressort presque partout, à travers une mince couche de sable impropre à la végétation. Là, tout est solitude, on fait souvent plusieurs lieues sans trouver d'habitations et l'on ne rencontre que de loin en loin des Châätaigniers improductifs.
Le terrain houiller repose sur les schistes anciens ; il est dominé sur quelques points par l'étage supérieur du terrain triasique et par le terrain jurassique.
Le terrain granitique se retrouve dans les cantons du Vigan, de Vallerauge, de Trèves, de Saint- André de Valborgne et de Lasalle. Dans les environs du Vigan, le noyau granitique est bordé, au nord, à l'ouest et au sud, par des massifs et des plateaux calcaires, nus, stériles, brûlés.
Le lias occupe des surfaces importantes dans les arrondissements d’Alais et du Vigan, sur une épaisseur de 450 à 500 mètres. M. Dumas, dans sa Géologie du Gard, dit qu’il se compose de :
1° L'infralias, d’une épaisseur de 20 mètres, calcaire compact, généralement gris foncé, à cassure conchoïdale, en bancs nettement stratifiés de 10 à 15 centimètres d'épaisseur. Dans la partie inférieure, les calcaires sont marneux; dans la partie supérieure, ils se divisent en plaques très minces.
2° La dolomie infraliasique, d'une épaisseur de 80 à 100 mètres, série d’assises de calcaire plus ou moins dolomitique, formant des bancs de 0,50 à 1 mètre d'épaisseur, nettement stratifiés, en général de couleur grise assez foncée, quelquefois jaune clair. On trouve dans cet étage de nombreuses grottes, et quand l'exposition est favorable, ses pentes conviennent bien à la Vigne.
3° Le sinémurien ou calcaire à gryphées arquées, d’une épaisseur de 50 mètres, calcaire compact, de couleur grisâtre, très dur, à pâte fine. On l’exploite comme pierre à chaux et il forme des terres fertiles, mais peu profondes et craignant la sécheresse. Tout y pousse avec vigueur, surtout la Vigne. |
4° Le liasien ou calcaire à gryphées obliques et gryphées cymbium, d’une épaisseur de 150 à 200 mètres, série de bancs calcaires ordinairement gris de fumée, à cassure largement conchoïdale, rude au toucher. Sous l'influence de l’air, la surface de ces calcaires devient jaunâtre. De plus on y rencontre en abondance des nodules siliceux jaunâtres. Ces bancs ne conviennent qu’au Châtaignier, tandis que le Chêne blanc réussit bien dans les calcaires.
9° Le toarcien, qui a 100 mètres environ de puis- . sance et se divise en deux sous-étages : le sousétage inférieur ou marnes à Ammonites margaritus, marnes noires, bitumineuses, schisteuses et très solides. On y rencontre quelquefois des plaquettes de lignites. Le sous-étage supérieur, ou marnes superliasiques, marnes de couleur gris clair, souvent un peu jaunâtres, friables, contient quelques couches de calcaire grisàtre plus ou moins schisteux. Suivant M. Destremx, ces marnes, infertiles par elles-mêmes, deviennent bonnes pour la végétation quand elles sont mélangées de calcaire ou de sable siliceux.
Dans la zone du littoral, on trouve des terrains tertiaires et de nombreux atterrissements fluviaux et marins. Les étages du terrain tertiaire sont de
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formation lacustre ou de formation marine. Le terrain tertiaire supérieur est composé de parties argileuses, de sable Jaune et de poudingues; il est recouvert sur les collines caillouteuses de la Castière et sur le vaste plateau de même nature qui s'étend de Beaucaire à Générac, par des dépôts diluviens. Les rives de la Méditerranée présentent des sables brûülants et salifères.
Au point de vue agricole, il convient de distinguer, dans le Gard, quatre régions :
1° Région des coteaux et des Cévennes, au nord de Nimes et dans les arrondissements d’Uzès et d’Alais ;
2° Région des alluvions caillouteuses, au sud et à l’est de Nimes ;
3° Région des alluvions argileuses du Vidourle et de la Camargue, au sud et au sud-ouest de Nimes ;
4 Région des alluvions sablonneuses du littoral.
Dans la région des coteaux, à part quelques vallées étroites renfermant des alluvions fraiches et dans lesquelles on utilise plus ou moins les eaux des ruisseaux pour l'irrigation, l’ensemble des terrains est constitué par des coteaux et les montagnes des Cévennes. À cause du climat uniformément chaud et sec, les terrains ont peu d'aptitude à la production des plantes fourragères et des racines ; les Légumineuses et surtout le Sainfoin assurent seules l'alimentation du bétail. Les animaux entretenus se bornent aux animaux de trait. Quelques troupeaux de moutons trouvent leur nourriture sur les pacages de garrigues et de montagne. Dans la partie nord, le bétail est plus nombreux; les prairies naturelles permettent l'élevage des bêtes bovines et même des juments poulinières. De temps immémorial les cultures arbustives avaient fait la richesse de cette contrée aride; avant la maladie des Vers à soie, le Mürier associé aux cultures de
céréales donnait un produit qui s'élevait à 200 et 300 francs par hectare par la seule récolte des co.
cons. Cette industrie utilisait la petite main-d'œuvre et répandait l’aisance parmi les populations rurales. La crise séricicole a réduit à néant cette industrie. La Vigne, de son côté, a été détruite par le phylloxéra. Les céréales ont remplacé ces deux plantes ; mais le défaut d'engrais rend cette culture bien aléatoire.
La région des alluvions caillouteuses est limitée au nord par la chaine des coteaux de la région précédente, à l’est et au sud par les marais et les alluvions du Rhône, et à l'ouest par la plaine basse des alluvions du Vidourle. Les terrains de cette région sont constitués par un diluvium caillouteux analogue à celui de la Crau, mais renfermant plus de parties ténues et des galets moins volumineux. La Vigne y occupait autrefois de larges espaces, mais le Phylloxera a détruit les vignobles qui ont été remplacés par les céréales. Les Vignes américaines sont cultivées sur une assez grande surface.
La région des alluvions argileuses du Vidourleet de la Camargue s'étend sur la rive droite du petit Rhône, passe à Saint-Gilles et va rejoindre le Vidourle en laissant au sud les alluvions sablonneuses d’Aigues-Mortes ; à l’ouest, elle est limitée par la frontière du département de l'Hérault et au nord et
au nord-ouest par les coteaux allant de Gallargues.
à Nimes. Pour la production des céréales et des fourrages, ce territoire comprend les meilleures terres du département. L'élevage du mouton y est en honneur. Avant le PhyHoxera, la Vigne occupait dans cette région une faible surface ; mais les rives du Vidourle présentent une zone submersible d’une certaine étendue où les plantations de Vignes font chaque année des progrès. C’est la région la plus fertile et la plus prospère du département.
La région des alluvions sablonneuses du littoral comprend les communes de Vauvert, Saint-Laurent d’Aigouze, Aigues-Mortes, et le Grau-du-Roi. Elle a été constituée par des dépôts marins qui, succes-
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sivement, ont formé quatre cordons de dunes de sable dont le plus récent occupe la plage même de la mer, Le pays est plat, à l'altitude de 0",50 à 3 mètres au-dessus du niveau de la mer; les dunes seules émergent et atteignent une hauteur de 5 à 10 mètres. Avant le PhyHoxcra, les meilleures terres sablonneuses avaient procuré une véritable aisance à ce pays au moment où la Garance était cultivée, Lors de la découverte de l’alizarine dérivée de la houille, la valeur des terres baissa subitement. Mais la résistance des Vignes dans les sables amena bientôt une réaction et aujourd’hui le prix du sol a augmenté considérablement.
La superficie du Gard est de 583555 hectares. Elle est répartie ainsi d’après le cadastre achevé en 1842.
hectares Terres labourables ...... INSONTHS GRAE . 149361 7, V1 EN ERNRCENES Ets D REC MT AANSTE 9139 Vignes en rose re LR 16372 BOIS ee na de Nos NT 114 520 Vergers, pépinières et jardins......... 4697 Oseraies, aulnaïes, saussaies......... à 2154 CARE TES LME Re vec use oc 9 Mares, canaux d'irrigation, abreuvoirs.. 261 Caawede navigation... 312 Landes, pâtis, bruyères, etc........... 130248 LU SES RE RE PCR CIE 2955 Oliviers, amandiers, müriers.......... 19093 DATA IR ErAT CS ere Mnieefesten diestaie ehrete ee 93 619 Propriétés bâties... 7.,...,...2.. 1654 Total de la contenance imposable...... 561 394 Total de la contenance non imposable. 22 161 Superficie totale du département...... 583 555
La superficie des terres labourables représentait 20 pour 100 de la surface totale du département ; celle consacrée aux prés ne formait que près de 2 pour 100 ; quant aux Vignes, elles occupaient alors 13 pour 100 de la surface totale.
Le tableau qui suit indique l'étendue des terres cultivées en céréales, d’abord d’après la statistique de 1852, ensuite d’après celle de 1882, avec les rendements moyens aux deux mêmes époques :
é 1852 1882 TT OR. 0 ÉTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT hectares hectol. hectares hectol.
Froment .... - 51977 13,46 61 240 16,40 Méteil..... 1072 8,98 45951 47,41 SEIPIE see 3 408 10,17 3 476 16,50 Orber ste 3 336 23,14 71381 23,40 Sarrasin .... 2099 43,26 105 45,00 Avoine 14900 25,48 20 666 24,40 Mais let. 1347 192,81 982 13,00
De 1852 à 1882, la culture du Blé s’est accrue de 10 000 hectares et le rendement a augmenté de 3 hectolitres ; la culture du Méteil et du Seigle est restée stationnaire ; la culture de l’Avoine a augmenté de 6000 hectares ; celle de l’Orge a doublé.
En résumé, la culture des céréales qui, en 1852, s'étendait sur 78139 hectares, occupe aujourd’hui une surface de 95 401 hectares, soit une augmentation de 17 262 hectares. Ce gain tient à la destruction du vignoble et au remplacement de la Vigne par les céréales.
Voici, d'autre part, au même titre, le tableau comparé des autres cultures
1852 1882 D 0 CR TER. OR EEE ÉTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT hectares hectares Pommes de terre...... 4832 103 hl. 60 9057 74 qx Belteraves . .. 46 275 qx 22 485 182 qx Légumes secs. 2172 9 h1. 94 1146 42 hi. 63