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GANGRÈNE

rement rougeàtre si l'absence de pigment permet d'en voir la nuance. Dès que la gangrène est réalisée, la partie mortifiée se montre complètement insensible ; peu à peu elle diminue de volume, se dessèche et se dureit de plus en plus Dans la morüification humide, on constate les mêmes modifications de la sensibilité, mais les caractères physiques sont bien différents. Toujours la tuméfaction et la chaleur y sont très accusées, et, si le tégument est dépigmenté, on y observe successivement les teintes rouge brun, noir clair, noir foncé, dues à la congestion intense des tissus. La peau, distendue à l’extrème, laisse suinter un liquide séreux. La gangrène accomplie, la zone mortifiée devient froide ; les tissus se ramollissent, se rupturent; des parcelles gangrenées se détachent et sont entrainées par un liquide infect, l’ichor gangreneux. La vie a fait place aux affinités physico-chimiques : la putréfaction commence.

Quels que soient les caractères de la mortification limitée, que la gangrène soit sèche ou humide, les tissus qu'elle a frappés ne restent pas longtemps réunis à la zone vivante périphérique. Entre la mort et le vif se dessine une rainure dont la pro= fondeur augmente chaque jour ct qui suit toutes les sinuosités que la gangrène a creusées. L’eschare éliminée, il reste unc plaie qui se comble avec le temps.

Le traitement des gangrènes sèche et humide locales comporte quelques indications générales. Lorsque la gangrène menace, il faut tout d’abord en supprimer la cause, calmer lirritation des tissus par les émollients, les narcotiques, et, s'ils sont fortement congestionnés, les dégorger par des mouchetures. Lorsque la gangrène est réalisée, on doit favoriser la délimitation de l’eschare et en empêcher la putréfaction. Les solutions faibles d'acide phénique, d’iode, de sublimé corrosif et les poudres absorbantes sont excellentes pour éviter les diverses complications qui peuvent se produire.

La gangrene traumatique ou septique, encore appelée gangrène envahissante, seplicémie gangreneuse, est une affection de nature infectieuse déterminée par un bacille anaérobie, le v1brion septique. À l'exception du bœuf, tous nos animaux domestiques et les oiseaux peuvent en être atteints. C'est presque toujours aux plaies récentes, profondes, anfractueuses qu’elle éclate. Parmi les influences qui en favorisent le développement, mentionnons particulièrement : l’atmospère impure, altérée, pauvre en oxygène; les locaux étroits, encombrés, où l’air se renouvelle difficilement ; l’entassement des malades et aussi certaines conditions individuelles, telles que la faiblesse, la débilité, la maigreur. En réalité ces conditions prédisposantes n'ont qu’une influence très secondaire; ce n'est pas, comme on l’a généralement admis jusqu'ici, le contact de l’air avec les traumatismes qui est la cause ordinaire de leur contamination. L'inoculation des plaies se fait surtout par les objets qui restentlongtemps en contactavec l'air et sur lesquels les poussières et les germes se déposent tranquillement pendant ce temps. En première ligne ül faut citer les instruments du chirurgien, surtout ceux qui ont pu servir antérieurement à des opérations dans des foyers septico-gangreneux. C'est surtout aux instruments et aux matériaux utilisés pour les pansements qu’il faut rapporter les épidémies de septicémie gangreneuse.

Le vibrion septique se présente sous deux états différents : 1° en bâtonnets, sous forme de filaments ténus et animés de mouvements très rapides ; 2° à l’état de spores ou corpuscules-germes.

‘Adulte, filamenteux, il ne jouit que d'une faible

résistance vitale; il est rapidement tué par la plupart des agents microbicides ; mais les corpusculesgermes sont d'une résistance extrême aux causes de destruction. Ils supportent parfaitement l'action

GARANCE

de l'oxygène et des antiseptiques et ne ‘sont détruits que par les températures de 110, 120 et quelquefois 130 degrés Ces spores, «gardiennes fidèles de la virulence septique », existent dans un grand nombre de milieux : dans l’air, dans l’eau, à la surface des corps solides et surtout dans les terres où des cadavres ont été enfouis. Elles paraissent voyager par essaims, transportées par les courants atmosphériques. Que la poussière septique arrive à une plaie fraiche encore recouverte de caillots sanguins ou encombrée de chair mortifiée, qu’elle pénètre dans un coin de la plaie à l’abri de l'oxygène, immédiatement les spores se réveillent, grandissent, pullulent, et des myriades de vibrions septiques envahissent les tissus en y provoquant les phénomènes qui caractérisent la gangrène traumatique.

Ce sont d’abord ceux d’une inflammation intense. Un engorgement énorme, chaud, douloureux, œdémateux, parfaitement circonscrit, apparaît subitement autour de la plaie et s'étend dans tous les sens avec une rapidité que l’on n’observe pas dans l'inflammation ordinaire. Si déjà une sécrétion purulente ou séro-purulente avait lieu à la plaie, elle diminue, puis disparait. Au fur et à mesure que la tuméfaction s'étend, les symptômes de la zone primitivement envahie se modifient; cette zone se gangrène ; elle devient insensible, froide et crépitante ; la peau y est le siège d’un suintement jaunâtre, et si on la ponctionne, il se dégage, par l'ouverture qu'a faite le bistouri, des gaz d’une odeur fétide, engendrés par la putréfaction. La mortification gagne de proche en proche, toujours

précédée de l’engorgement caractéristique; de | grandes étendues de tissus peuvent être envahies

par l’inflammation gangreneuse et frappées de mort. La gangrène septique s'accompagne de symptômes généraux graves. Les animaux, tristes, abattus, fiévreux, ont perdu complètement l’appétit, la température générale est très élevée, les grandes fonctions sont accélérées, les battements du cœur sont forts, le pouls est petit, filant. On observe des intermittences de coma et d’excitation, des sueurs abondantes alternant avec des frissons ; les extrémités sont froides, les yeux ternes, les muqueuses apparaissent bleuâtres. A bout de forces, les malades titubent, s’affaissent sur le sol

‘et s’agitent plus ou moins. Enfin la température

générale s’abaisse graduellement et la mort survient rapidement.

Le traitement de la gangrène septique doit être local et général. Il faut s’efforcer de détruire les éléments septiques qui ont pénétré les tissus des bords de la plaie et administrer à l’intérieur des excitants, des toniques et des antiseptiques. L’acide phénique, injecté en solution concentrée (3 pour 100) dans l’engorgement septique, et administré à lintérieur à la dose de 10 à 15 grammes par jour, mérite d’être particulièrement recommandé. Mais il faut surtout s'attacher à la prophylaxie. La septicémie gangreneuse procédant du dehors, il importe, dans la pratique des opérations, de prendre toutes les précautions permettant de réaliser une antisepsie aussi complète que possible. En nettoyant bien les plaies par des lavages, en favorisant l'écoulement du pus, en mettant toute leur surface au contact de l’air et surtout en les traitant par l'irrigation continue, on conjurera à peu près sûrement la gangrène septique. P.-J. C.

GARANCE. — La Garance des teinturiers (Rubia tinctorum) est une plante de la famille des Rubiacées, originaire de la région méditerranéenne. Elle est cultivée à cause de la matière colorante qu'on retire de ses racines et qui est employée dans la teinture en rouge.

Caractères. — On reconnaît la Garance à ses tiges herbacées, grêles, quadrangulaires, à angles mu nis d’aspérités crochues, atteignant jusqu'à 1 mètre de longueur et portant des feuilles lancéolées, ver-

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