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GROSEILLIER
GROSEILLE. — Fruit du Groseillier.
GROSEILLIER (arboriculture). — Le Groseillier (Ribes) est un arbrisseau de la famille des Grossulariées. Il y a d'assez nombreuses espèces de Groseilliers ; les unes appartiennent à l’arboriculture d'ornement, les autres à l’arboriculture fruitière.
On distingue trois espèces de Groseillier à fruits comestibles : 1° le Groseillier rouge ou commun ou à grappes (Ribes rubrum), qui a donné des variétés à fruits blancs et à fruits roses; 2 le Groseillier épineux ou à maquereau (Ribes uva crispa), ayant de très nombreuses variétés qui diffèrent par la forme, la couleur et l’aspect de la peau; celleci est tantôt lisse, tantôt poilue; 3° le Groseillier noir ou Cassissier (Ribes rubrum), qui a une variété à fruits jaunes ou jaunâtres (voy. CASSISSIER). Le fruit des deux premières espèces se nomme groseille, celui de la dernière cassis.
Les principales variétés à admettre dans les cultures sont, parmi les Groseilliers à grappes : la variété commune à fruit rouge et celle à fruit blanc,
Fig. 70.— Inflorescence et fruit du Groseillier à grappes.
toutes deux à longues grappes et très fertiles: la blanche de Hollande à gros fruits, assez fertile, très belle; la Cerise à fruit blanc et celle à fruit rouge, qui produisent de très gros fruits, renfermant moins de Jus que la commune et plus acide; la Versaillaise, à fruit rouge, à gros grains, de bonne qualité et très fertile. Parmi les variétés épineuses ou à maquereau, les suivantes sont choisies dans les meilleures : Antagonist, fruit blanc, peau hérissée; Friedom, fruit blanc, peau lisse; Clayton, fruit rouge, peau lisse; London, très gros fruit rouge, peau lisse, assez foncée; Dan's mistake, fruit rouge, peau poilue; Catherina, fruit Jaune, peau légèrement velue; Driel, fruit jaune, peau lisse, très fertile; Schiner, fruit vert, peau lisse, fruit allongé. à
La Groseille à grappes est un fruit acide, sucré; on le consomme à l’état naturel, mais c’est surtout sous forme de conserves, confitures, sirops, etc., que son usage est le plus répandu. Elle est regardée comme un aliment sain, salutaire et hygiénique.
Quant à la Groseille à maquereau, elle est en France l’objet d’une assez faible consommation, mais en Angleterre et dans le nord de l'Europe elle est très estimée, on en fait un grand usage. Elle sert à assaisonner divers mets, entre autres le poisson, et à confectionner des pâtisseries.
GROSEILLIER
Le Groseillier n’est pas difficile sur la nature du sol, il vient à peu près dans tous les terrains. Mais il préfère ceux qui sont légers, un peu frais et les calcaires un peu argileux ; les terrains caillouteux, pourvu qu'ils aient du fond, lui sont également favorables. Cet arbrisseau est très rustique, sans être cependant d'une vigueur excessive. Il pousse plutôt lentement, surtout lorsqu'il commence à fructifier. Son bois est gros, court. Le Groseillier a la précieuse faculté de produire de nouvelles pousses sur le vieux bois, près du collet, ce qui sert à le rajeunir, car les branches de charpente s’épuisent rapidement. Quant au fruit, il vient sur de petites ramifications d’un an et sur de petits bouquets de boutons qui se sont formés pendant le cours de l’année précédente. Il mürit de juin en juillet, et peut se conserver, si on prend le soin de l’abriter, jusqu’en août et septembre.
Le Groseillier se multiplie par semis, par marcottes et par boutures. Ce dernier mode est le seul ordinairement pratiqué. Le semis ne s'emploie que dans le but d’obtenir des variétés nouvelles.
Le bouturage du Groseillier à grappes peut s'effectuer dès l’automne ou au printemps. On coupe, sur la variété à multiplier, des rameaux bien aoûtés et, si faire se peut, munis d’un talon à leur extrémité inférieure. Dans un sol bien préparé, on plante ces boutures, auxquelles on a réservé une longueur de 20 à 25 centimètres environ, en les enfonçant de 7 à 8 centimètres; on borne bien les rameaux, de manière que la terre y adhère. On les distance entre elles de 25 à 30 centimètres en tous sens. Il est bon de prendre la précaution d’éborgner les yeux enterrés, sauf celui de la base, afin d'éviter le drageonnement de la plante, et de conserver deux ou trois yeux hors de terre. Un sol un peu frais est préférable, dans ce cas, à tout autre ; si la fraicheur manquait, on y suppléerait par de fréquents mais. légers arrosages et un bon tapis de paillis bien consommé et battu. Les boutures prennent vite des racines; les jeunes plants peuvent être mis en place au printemps suivant. Cependant, s'ils étaient trop faibles, on les taillerait sur deux ou trois yeux au-dessus du collet de la racine et on les laisserait: un an de plus en pépinière ; ils supporteront alors mieux la transplantation.
Le bouturage du Groseillier à maquereau se fait de la même façon; mais, comme le bois de cette espèce est maigre, mince, on plante les boutures plus près. Celles-ci poussent d’ailleurs moins vigoureusement et ne sont, le plus souvent, bonnes à planter qu’à la fin de la deuxième année.
Le Groseillier à grappes est cultivé sur une assez vaste échelle, dans les environs de plusieurs villes, comme arbrisseau dont les produits sont propres à la vente en grand sur les marchés.
Le Groseillier s’élève, le plus généralement, en vase nain et en buisson. Ce sont les formes adoptées pour la culture dans les champs. Dans les jardins, on peut lui donner toutes formes, comme le fuseau, le candélabre et le cordon horizontal. Quelquefois on le met en contre-espalier bas; les fruits acquièrent alors plus de beauté.