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ÉTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT

hectares hectol. hectares hectol.

Froment.... 959409 11,50 94432 16,39 Méteil.:.... 245 10,55 178 12,00 Seigle...... 9009 9,68 . 2246 45,93 (LISA . 1388 23,34 2577 17,60 Sarrasin. ..- » » 73 49,50 Avoine..,... 16830 21,88 24 929 29,24 MAIRES ee 2. 339 18,00 234 29,14 Mlle tr... » » 4% 16,25

HÉRAULT

D'après ces chiffres, les surfaces consacrées à la culture des céréales auraient peu varié de 1852 à 1882. En effet, en 1852, les céréales étaient cultivées sur 87 216 hectares ; en 1882, elles s'étendent sur 87 706 hectares. Mais il n’en a pas toujours été ainsi : en 1862, les céréales n'étaient cultivées que sur 54352 hectares, c’est-à-dire la surface consacrée en 1882 à la culture du Blé. C’est qu’en 1862, la culture de la Vigne était florissante. Depuis 1870, le Phylloxera a fait ses ravages et des surfaces plantées en Vigne ont été ensemencées en céréales. La culture de l’Avoine a pris une plus grande extension, elle s'étend sur 8000 hectares de plus qu’en 1852. Les rendements, par suite de meilleures fumures, de semences plus améliorées, se sont élevés, et le rendement moyen en blé est passé de 11,50 en 1852 à 16",39 en 1882.

Voici, d'autre part, au même titre, le tableau comparé des autres cultures :

1859 1882 de PATTES TT es ÉTENDUE RENDEMENT ÉTENDUE RENDEMENT hectares hectares Pommes de terre’. ne 3 407 66 h1. 08 5 710 50 qx Légumes secs 985 40 h1. 1100 45 b1. 40 Betteraves ..…. 148 160 qx 250 147 qx Racines et légumes divers 88 66 qx 57 580 87 qx Chanvre... 4% 6 h1. 43 1% 49 hi.

LRU PRE » » 5 40 h1.

Gaude, Char- JO PNR, » » 400 »

La surface consacrée aux Pommes de terre s’est accrue de plus de 2000 hectares. Les légumes secs cultivés en 1882 se décomposent ainsi : 382 hectares de Fèves et Féveroles, 340 hectares de Haricots, 223 hectares de Pois, 92 hectares de Lentilles et 63 de légumes secs divers. Les racines se décomposent ainsi : Carottes, 13 hectares; Navets, 423 ; racines diverses, 144. Le Chardon a été cultivé sur 30 hectares et la Gaude sur 70 hectares.

La statistique de 1852 évalue à 12299 hectares la surface des prairies naturelles et à 16916 hectares celle des prairies artificielles. En 1862, la surface des prés n’était plus que de 10828 hectares et celle des prairies artificielles de 13 994 seulement. La statistique de 1882 évalue à 10 000 hectares la surface des prairies naturelles, dont 1549 seulement non irrigués, et à 30000 hectares la surface des prairies artificielles. Il faut encore ajouter les herbages pâturés, les fourrages verts, les prés temporaires. La surface consacrée à la production des fourrages serait alors la suivante :

hectares Prairies naturelles proprement dites.... 10000 BréstempDoraires eee mue 3500 Hérbages pAturés, La UN, 18000 31 500 TROT Taie ue die nes ven dine see AE 1350 LUZErNO een lee AU Mer ee pelle 21713 DS AMÉONRS Anse ans ete ans te as as 8688 Mélanges de Légumineuses......... CS 3249 35 000 Vescess etr dravières. ins 462" Et 5 853 Trefle Imcarnat. ie. Mis RUE es 109 Mais-fourragesk et 570 Hetine 39 COLE ES en ET PE ee 43 SOIBIOFENEVELL er bee nie 198

Cette extension s'explique aussi par les ravages du Phylloxera, qui ont forcé les viticulteurs à faire produire à leurs terres des plantes fourragères entrant dans l'assolement.

HÉRAULT

Parmi les cultures arbustives, la Vigne occupe le premier rang. En 1838, elle couvrait 104464 hectares, soit 17 pour 100 de la surface totale du département. En 1859, cette culture occupait 106485 hectares, produisant une moyenne de 29",11 à l'hectare. La production totale, en 1852, s'était élevée à 4296857 hectolitres, dont 4080385 hectolitres de vin rouge valant 8 fr. 82 l'hectolitre et 216 572 hectolitres de vin blanc d’une valeur de 10 fr. 26 l’hectolitre. La production totale en vin avait donc été d’une valeur de 27450 222 francs.

En 18692, la surface consacrée aux Vignes s'était élevée au chiffre considérable de 162172 hectares, soit 26 pour 100 de la surface totale du département; soit, en dix ans, une augmentation de 53687 hectares. En 1862, le produit moyen, par hectare, était de 40",66, soit une production totale de 6594087 hectolitres. La valeur de l’hectolitre étant, en 1869, de 23 fr. 75, la production totale de l'Hérault représentait 153661 275 francs.

En 1882, vingt ans après, le Phylloxera a fait ses ravages; on ne trouve plus, dans l'Hérault, que 69 000 hectares de Vignes, dont 49644 hectares seulement en pleine production. Le rendement moyen est de 18"1,53 à l’hectare, soit 1132806 hectolitres, représentant une valeur de 33339482 francs.

La différence entre 1862 et 1882 est donc de plus de 120 millions de francs! Les viticulteurs de l’Hérault n’ont pas perdu courage. Ils ont tout mis en œuvre pour conserver leurs vignobles, les protéger contre l’insecte. Ils ont fait tous leurs efforts pour chercher parmi les Vignes américaines celles qui convenäient le mieux à leur sol, à leur climat, à leurs cépages; et ils sont arrivés à reconstituer ainsi, après bien des essais infructueux, une partie de leurs vignobles détruits.

En 1884, la surface du vignoble s'élevait déjà à 87219 hectares, parmi lesquels on comptait 29 689 hectares de Vignes américaines. En 1885, la surface complantée en cépages américains atteignait 44654 hectares. La submersion était appliquée sur 6203 hectares; le sulfure de carbone était employé sur 3100 hectares et le sulfocarbonate de potassium sur 159 hectares.

Les autres cultures arborescentes (Olivier, Amandier, etc.) s'étendent, en 1882, sur 19800 hectares.

En 1852, on trouvait, dans le département, 6533 hectares d’Oliviers, 1954 hectares de Mûriers, 14727 hectares de Châtaigniers et 1395 hectares d'arbres divers. Les vergers n’occupaient, à la même époque, que 154 hectares; en 1882, ils s’étendent sur 400 hectares.

Les bois et forêts occupent, en 18892, dans le département, une surface de 85427 hectares, soit 9070 hectares de plus qu’en 1838, date de l’achèvement du cadastre. Cette étendue totale se répartit comme il suit :

hectares Bois appartenanÿ à l'Elat.,............. 1276 — — aux communes et au département ....... 1621 — — aux particuliers....... (67910

Les essences qui dominent sont le Chêne vert, le Chêne blanc et parfois le Châtaignier. Ce dernier constitue d'excellents taillis dans les parties accidentées de l’arrondissement de Saint-Pons. Le Pin d'Alep réussit très bien sur les parties accidentées du terrain jurassique.

Les landes, pâtis, bruyères, s'étendent actuellement sur 110 400 hectares; les terrains rocheux et de montagnes, incultes, couvrent 75 798 hectares ; les terrains marécageux comprennent 3870 hectares et les tourbières 180 hectares.

Le tableau suivant donne, relativement à la population animale du département, les chiffres accusés par les recensement de 1852, 1862 et 1882 :

HÉRAULT

Chevaux... 9076. 412258 . 45262 Anes et ànesses.... 11557 9463 6633 Mulets et mules.... 20676 19871 14625 Bêtes bovines...... 9065 39925 9300 Se TONINES- LEUR 489716 343 763 62087 — porcines,,... 21454 23 103 28 093 Chèvres, boues, etc. 15020 19534 24146

En trente ans, l'espèce chevaline a donc gagné 6000 têtes; par contre, l’espèce asine et l’espèce mulassière ont perdu ensemble près de 10000 têtes.

Les bêtes bovines qui, dans la période de 1852 à 1862, avaient diminué de 66 pour 100, ont, en 1882, à peu près le même effectif qu'en 1852. Sur les 9300 têtes entretenues en 1882, on comptait 2570 vaches laitières qui ont produit 41120 hectolitres de lait. Ces animaux appartiennent presque tous aux races Schwitz et Tarentaise.

L'espèce ovine a subi les mêmes fluctuations. Le chiffre des existences en 1882 est sensiblement celui de ‘1852. En 1882, les bêtes ovines ont produit 594541 kilogrammes de laine. Toutes ces bêtes à laine appartiennent aux races du Larzac, des Causses, et sur le littoral, à la race Barbarine. C'est surtout dans le canton du Caylar que se trouve la race du Larzac, très laitière, et avec le lait de laquelle se fabrique le fromage de Roquefort.

Les bêtes porcines dérivent de la race du Quercy; leur effectif a augmenté de 7000 têtes depuis 1852.

Enfin, en 1889, il y avait dans le département 16 806 ruches en activité qui ont produit 60 837 kilogrammes de miel.

La sériciculture a suli aussi une crise importante par suite de la baisse du prix dés cocons. On comptait, en 1852, dans l'Hérault, 3895 éducateurs mettant à incubation 19894 onces de graines et produisant 281458 kilogrammes de cocons à 4 fr. 44 le kilogramme en moyenne, soit une valeur de 1249673 francs. En 1882, il n’y a plus que 2699 éducateurs ayant mis en incubation 6860 onces de graines qui ont donné 220 206 kilogrammes de cocons, valant 4 francs le kilogramme, soit une valeur de 880824 francs. De ce chef, le département de l'Hérault a subi une perte de près de 400000 francs par an.

La population du département de l'Hérault, d’après le recensement de 1881, est de 441 527 habitants, ce qui représente une population spécifique de 71 habitants par kilomètre carré ou un peu plus que la moyenne de la France. Depuis 1801, la population s’est accrue de 166078 habitants.

La propriété est divisée. Le nombre des parcelles est de 1083433 ; la contenance moyenne de chacune d’elles est de 54 ares.

Le nombre des exploitations qui, en 1862, était de 33131, s'élève, en 1882, à 78596. Elles se répartissent ainsi, par catégories de contenance :

Domaines de 0 à 20 hectares ......... 74800 = de 20 à 40 5, SURVIE 2200 — au-dessus de 40 hectares... 1596

La culture directe par le propriétaire est la plus générale; on trouve peu de fermes et de métairies. D’après la statistique de 1882, 62 600 exploitations sont dirigées par le propriétaire ; la contenance moyenne de chacune d’elles est de 4 hect. 06. On trouve 590 métairies d’une superficie moyenne de 43: hect. 40, et 1182 fermes d’une surface moyenne de 30 hect. O1.

Le nombre des cotes foncières a suivi une marche croissante. On en comptait 143366, en 1858. En 1862, ce nombre s'était élevé à 148 313; il atteint, en 1882, le chiffre de 171 829.

La contenance moyenne imposable par cote foncière était de o hect. 48, d’après le cadastre; en 1851, elle était de 4 hect. 34; en 1861, de 4 hect. 02; en 1871, de 3 hect. 65 et, en 1881, de 3 hect. 43,

HÉRAULT

La valeur vénale de l’hectare a subi les variations suivantes :

1852 1862 1882 francs francs francs Terres labou-

Tables. 1 957 à 2630 1636 à 3610 645 à 2861 Prés naturels... 1432 3462 1932 4642 19200 3718 Vignes Pets. 14194 9987 2397 5416 1000 35923 BOIS EE 347 1450 210 29206 230 1400

Pendant les mêmes périodes, le taux du fermage a subi les fluctuations suivantes :

nes Manes francs Terres labourables... 33à 83 55 à 417 97 à 117 Prés naturels: 48 194 74 168 50 162 MICRO EL. et. 38 101 103 212 45 206

La machinerie agricole s’est beaucoup perfectionnée. En 1852, il n’y avait aucune machine à battre à vapeur dans le département; il y en avait 4en 1862 ; et en 1882, leur nombre est de 168. En 1862, on trouvait 27 semoirs, 42 faucheuses, 35 moissonneuses et 7 faneuses ; en 1882, il y a 42 semoirs, 301 faucheuses, 277 moissonneuses et 243 faneuses ou râteaux à cheval. On trouve encore une force de 1243 chevaux-vapeur exclusivement consacrée à l’agriculture, savoir : 170 roues hydrauliques d’une force nominale de 340 chevaux-vapeur, 91 machines à vapeur d’une. force de 455 chevaux et 32 moulins à vent, d’une force de 448 chevaux.

Les voies de communication comptent 8261 kilomètres, Savoir :

kilomètres AN MMS RON LT en ete Vas mé nol els se 470 POUR IA TAN eue à 358 49routes départementales, ..::....7 ..,:... 493 1/2 Chemins vicinaux de grande communication... : 994 —— d'intérêt commun.......... 1078 OTAMRAITES ER NP RAR e et E 4715 Rivières navigables et canaux............. 20452 479

Plusieurs associations agricoles entretiennent le mouvement de progrès et instituent chaque année de nombreux concours. Ce sont : la Société départementale d'agriculture, la Société d’horticulture et

d'histoire naturelle, et les Comices agricoles de Béziers et de Ganges.

Depuis la fondation des concours régionaux agricoles, cinq de ces solennités se sont tenues à Montpellier : en 1860, en 1868, en 1871, en 1877 et en 1885. La prime d'honneur y a été décernée trois fois : en 1860, à M. Cazalis-Allut, aux Aresquiers, près Frontignan; en 1868, à M. Gaston Bazille, à Saint-Sauveur, communc de Lattes; en 1877, la prime d'honneur n’a pas été décernée; et, en 1885, à M. Bastide, au château d’Agnac, commune de Fabrègues.

Jusqu'au moment où le Phylloxera a commencé ses ravages, l’agriculture était prospère, la Vigne fournissait des récoltes importantes. L’insecte étend ses ravages et anéantit la richesse de l'Hérault. A ce moment, l'Ecole nationale d'agriculture de la Saulsaie est transférée à Montpellier. Son directeur, le corps enseignant tout entier, recherchent le moyens de remédier à cette ruine. Des essais sont tentés ; les Conseils généraux des départements de la région viennent en aide à l'Ecole, et sous la direction du regretté M. Saintpierre, les Vignes américaines sont étudiées, des boutures sont distribuées. La confiance renaît peu à peu; les viticulteurs essayent à leur tour la culture de ces plants exotiques auxquels ils demandent la reconstitution de leurs vignobles. M. Foëx, le directeur actuel de l'Ecole, continue l’œuvre entreprise et aujourd’hui, près de 50000 hectares de Vignes sont replantés.

HERBAGES

Le département de l'Hérault doit done à l'Ecole de Montpellier une partie de sa richesse reconstituée et il convenait de le rappeler ici. G. M.

HERBAGER. — Nom donné souvent à l’agriculteur qui exploite des herbages.

HERBAGES. — Les herbages font partie de cette grande catégorie des terres engazonnées désignées d'une manière générale sous les noms de prés, de prairies naturelles ou permanentes (voy. ces mots), et ils représentent, dans ce groupe, les parties les plus riches dont l'herbe est consommée sur pied, c'est-à-dire péturée par des animaux de l'espèce bovine qu’elle suffit à engraisser.

La caractéristique de l’herbage est done la production d’une herbe assez nutritive pour provoquer l’engraissement des Bovidés, et c’est là son rôle le plus fréquent; ce n’est qu’accessoirement qu'on y engraisse les Ovidés, et il faut des situations spéciales pour qu’il y ait avantage à remplacer les animaux à l'engrais par des vaches laitières.

On rencontre des herbages, en Angleterre, principalement dans les comtés de Durham, York, Sommerset, Gloucester, Buckingham, Warwick, Leicester; en Ecosse, dans le comté de Galloway; en Irlande, sur des étendues relativement très grandes ; en Hollande et en Belgique; en Allemagne, sur les bords du Rhin, de la Lippe et de la Ruhr; enfin, en France, où ils forment des agglomérations présentant des différences assez sensibles pour qu'il soit nécessaire de les étudier séparément. Nous pouvons au préalable, de l’'énumération précédente, tirer cette conclusion que les surfaces herbifères que nous avons en vue n'existent que sous les climats tempérés; leur fréquence dans les pays avoisinant les grandes masses d’eau permet d'ajouter qu’une atmosphère brumeuse, ou tout au moins un milieu offrant souvent un degré hygrométrique élevé, sont des conditions favorables à la productivité de la prairie. Les principaux groupes herbagers sont, en France, ceux du nord, de l’ouest, du centre, du plateau central et de l’est.

Groupe du nord. — La Flandre, l’Artois et la Picardie possèdent, sous la dénomination de pdtures grasses, des terrains enherbés dont le produit est consommé sur pied, tantôt par des bœufs ou des vaches à l’engrais, tantôt par des vaches laitières. Il y a lieu de distinguer tout d’abord, en Flandre, les herbages des Watleringues ou du Pays d’eau, et ceux du Pays au bois. Les ‘premiers sont établis sur des alluvions silico-calcaires formées d’éléments très fins déposés par les eaux de la mer; ils s'étendent jusqu'au canal de la Colme, et sont limités d’autre part par la mer et une ligne qui joindrait Saint-Omer à Guines. Ils sont sillonnés de nombreux canaux qui en assurent l’assainissement, mais qui, en temps de sécheresse, fournissent de la fraicheur aux racines des plantes. Ces canaux servent en même temps de séparations et d’abreuvoirs. Ce n’est qu’exceptionnellement qu’on aperçoit une ligne de Saules, une haie vive ou une palissade.

L’herbe épaisse et fine, que les Flamands appellent herbe ronde, est composée surtout par les Paturins (Poa annua et pratensis), la Phléole des prés (Phleum pratense), V'Avoine élevée (Avena elatior), le Ray-grass anglais (Lolium perenne), la Cretelle (Cynosurus cristatus), la Houque laineuse (Holcus lanatus), la Lupuline (Medicago lupulina) et le Trèfle rampant (Trifolium repens).

Les herbages les plus riches se louent jusqu'à 300 et même 400 francs l’hectare; ceux des environs de Bergues et de Dunkerque sont dans ce cas.

Le Pays au bois offre un sol argilo-siliceux, reposant sur une couche d’argiles compactes appelées clytres dans le pays, et répondant aux argiles Ypréennes de M. Dumont (Lefour); il doit son nom à l'abondance des haies peuplées de grands arbres qui séparent les enclos et aux nombreuses planta-

HERBAGES

tions qui les occupent. La végétation herbacée diffère peu de celle qu’on rencontre dans les Watteringues ; cependant les Légumineuses sont souvent moins abondantes, et l’Agrostide traçante (Agrostis stolonifera) prend quelquefois un développement excessif. Il en résulte une diminution de la valeur du fourrage.

Les haies sont formées par l’Epine blanche (Cratæqus oxyacantha) ou par l’Epine noire (Prunus spinosa), associée aux Chênes, Ormes ou Coudriers; elles occupent tantôt le bord d’un fossé, tantôt le rejet qui sépare deux fossés.

Chaque enclos est muni d’un abreuvoir qui, le plus souvent, est construit aux dépens des fossés qu'on aménage à l'endroit voulu, de façon à éviter tout accident. On se contente généralement d’établir une pente douce, donnant accès au fond du fossé, et de placer une barrière rustique pour empêcher les animaux de traverser le cours d’eau.

L'étendue des pâtures grasses est très variable; elle est plus grande dans les Watteringues que dans le Pays au bois :. on trouve fréquemment des enclos de 2 à 3 hectares aux environs de Dunkerque, tandis que ceux qui existent entre Hazebrouck et Bergues passent de 40 ares à 2 hectares au maximum.

Le pâturage dure, dans les Watteringues, du 15 mai à la fin de novembre; dans le Pays au bois, du commencement de mai à la fin d'octobre.

Dans les meilleurs enclos, on engraisse une vache de 500 kilogrammes par 44 ares ; dans les moins bons, il faut 80 ares pour obtenir le même résultat.

Les herbages flamands ne sont presque jamais fauchés ; à peine coupe-t-on les refus. On fume tous les quatre à six ans ; le fumier de ferme, la courte graisse, le purin, sont les principaux engrais employés. Les soins d'entretien consistent à étaupiner, à étendre les bouses et à arracher les mauvaises plantes. L’irrigation est peu employée.

Le groupe du nord comprend encore le centre herbager d’Avesnes, auquel se rattachent les pâtures grasses de l'Aisne. La Thiérarche, avec son sol argileux, humide, se prête admirablement à la production de l’herbe, et les circonstances économiques ont hâté la transformation des terres labourables en prairies. Aujourd’hui, les surfaces enherbées sont considérables, et elles sont consacrées en grande partie à l’engraissement des bœufs. Les parties les plus riches sont celles qui avoisinent la Sambre et ses deux affluents, la grande et la petite Helpe; le sol, en cet endroit, appartient au calcaire carbonifère. C’est sur la même formation géologique que sont situées les prairies dans lesquelles a pris naissance la célèbre variété du Short-horn.

L’étage du dévonien, qui forme de grands affleurements au milieu de l’éocène, donne des prairies un peu moins productives. Leur étendue est souvent très grande; mais on regarde 8 à 10 hectares comme une surface convenable, et les herbagers sont amenés à diviser les grands enclos de façon à pouvoir faire passer successivement les animaux dans chaque division, ce qui assure une meilleure utilisation de l'herbe. On arrive ainsi à engraisser deux bœufs par hectare sur les meilleurs fonds; mais, en moyenne, il faut compter 80 à 90 ares par bœuf de 750 à 800 kilogrammes de poids vif. Dans les mauvaises années, on hâte l’engraissement en donnant un supplément de nourriture au moyen de tourteaux disposés dans de petits baquets.

La mise à l'herbe commence en mai et l’opération se termine en octobre.

Les plantes qui dominent dans les herbages d’Avesnes sont : le Ray grass anglais (Lolium perenne), le Brome doux (Bromus mollis), la Cretelle (Cynosurus cristatus), la Flouve (Anthoæanthum odoratum), la Fétuque des prés (Festuca pratensis). L’Agrostide traçante prend une importance trop grande dans les parties les plus humides ; la Phléole est accidentelle. Les Légumineuses ne sont guère

HERBAGES

représentées que par le Trèfle blanc (Trifolium pratense) ; la Renoncule âcre (Ranunculus acris) est très abondante sur nombre de points.

Les clôtures sont composées, en majeure partie, par l’'Epine blanche ou par le Charme; ces deux essences sont souvent mélangées. Des plantations de Pommiers à cidre ont été faites dans quelques enclos; mais beaucoup d’herbagers en redoutent l’ombrage. Ils pensent aussi que les racines de ces arbres, qui restent superficielles dans les sols peu profonds et rayonnent à de grandes distances, diminuent la production de l'herbe.

On fume communément les herbages en Thié-— rarche, et cette opération se renouvelle tous les quatre à cinq ans. On est dans l'habitude de faucher l’année où a eu lieu l'application de l’engrais.

Le sous-sol imperméable rend facile la construction d’abreuvoirs, et, dans les prés nus, on met un poteau ou frottotir, contre lequel les animaux viennent se gratter.

L’enlèvement des bouses est fait avec beaucoup de soins par certains propriétaires qui les utilisent même immédiatement en les transformant en engrais liquide qu'on répand sur la prairie. Un tonneau à purin, une brouette à coffre bien étanche et une écope, sont les instruments employés pour cette opération.

Groupe de l’ouest. — Le groupe de l’ouest, le plus important au double point de vue de l'étendue et de la productivité, comprend les herbages normands et ceux du bas Poitou.

La Normandie est sans contredit la véritable patrie de l'herbe; tout y est réuni pour assurer une pousse régulière et continue. Les localités les plus remarquables sont généralement les larges vallées à sol profond, frais, argilo-calcaire. Telles sont la célèbre vallée d'Auge, la vallée de Bray, le pays de Bayeux, le Bessin. C’est sur la formation jurassique que reposent la plupart de ces herbages.

A Bayeux, c’est l’oolithe ferrugineuse, formée d’une terre argilo-calcaire, fine, superposée à une couche marneuse ; dans le Bessin, ce sont lesmarnes à foulon qui forment des dépôts assez puissants peur qu’on les ait caractérisés par le nom d’argiles de Port en Bessin. Dans le pays d’Auge, ce sont les marnes d'Oxford ou argiles de Dives, qui dominent ; celles sont recouvertes, au-dessus de Livarot et de Lisieux, par la craie blanche et les argiles a silex.

C’est encore l'étage jurassique qui forme le pays de Bray; il y est représenté principalemet par les marnes kimméridiennes et par le portlandien. Les argiles tertiaires et les craies qui entourent cette formation sont peu propres à porter des herbages.

Au-dessus d’Isigny, le lias se montre par îlots, par lambeaux irréguliers, et partout où cette couche géologique apparait les herbes acquièrent une valeur exceptionnelle.

Dans le groupe de l’ouest comme dans celui du nord, on trouve des parties dénudées, tandis que, à côté, les haies sont abondantes. C’est ainsi que les herbages de Corbon, de Bayeux, d’Isigny, semblent constituer une seule et vaste prairie dans laquelle on n’aperçoit ni haie, ni plantation; aussi loin que la vue peut s'étendre, ce n’est qu'un tapis d’un gazon fin et serré, dominé çà et là par les corolles jaunes de la Renoncule rampante Les Normands se préoccupent peu de cette mauvaise plante, ils ne, s'attachent pas à la détruire et prétendent qu’elle est l’indice d’un bon fonds.

Les séparations sont faites le plus souvent par des fossés, quelquefois par des fils de fer ou par des traverses en bois. Il n’y a pas besoin d’ailleurs d’opposer aux animaux qui paissent dans ces plantureux herbages des obstacles bien importants; l'abondance de l'herbe, l’état de l'atmosphère concourent à les plonger dans un tel état de calme, dans une quiétude si grande, qu'il est rare qu'ils essayent de franchir les barrières qui les entourent.

HERBAGES

Dans le pays de Bray, les haies sont abondantes et peuplées de grands arbres, Chênes, Ormes, Hôtres. Partout des abreuvoirs sont à la disposition du bétail. Dans le but de protéger les Pommiers, on applique souvent à chaque bête une bricole spéciale qui l'empêche de lever la tête.

La douceur du climat normand permet l’utilisation de l’herbe en toute saison. Pendant l'hiver, en effet, les herbagers mettent dans leurs enclos des bœufs maigres dits bœufs d'hiver ou bœufs trembleurs, qui trouvent de quoi s’entretenir, sauf pendant les fortes gelées ou lors des périodes toujours très courtes où la neige couvre le sol. On fournit alors à leur alimentation à l’aide de foin qu’on dépose dans des râteliers spéciaux. On hiverne ainsi un nombre d'animaux égal au cinquième environ de ce que l’herbage est susceptible d’engraisser. Les bœufs trembleurs sont généralement gras dès la fin de mai ou le commencement de juin.

Au printemps, quand la végétation devient active, les bœufs d’hiver sont insuffisants pour consommer la jeune herbe, ils se laissent gagner par l'herbe. Il faut alors recharger l'herbage, c’est-à-dire ajouter le nombre d'animaux nécessaire pour consommer la production herbacée au fur et à mesure de son développement. On fait une seconde mise qui produit, en août ou septembre, des bœufs de deuxième saison. Enfin, une troisième mise, faite en septembre, donne quelquefois, quand les circonstances atmosphériques sont favorables et que les animaux ont été achetés en état, des bœufs gras de troisieme saison, en novembre. Le plus souvent ces bœufs achèvent leur engraissement à l’étable.

Dans quelques localités, on moutonne les herbages, c'est-à-dire qu'après le départ des bœufs, on engraisse un lot de moutons. Cette opération est avantageuse en ce sens que les bêtes ovines consomment avidement les herbes laissées par les bœufs, les relais ou refus, et qu'elles rasent plus complètement le gazon.

On compte qu’on peut éngraisser en Normandie: un bœuf de 800 kilogrammes de poids vif sur 35 ares, dans les meilleurs enclos; un bœuf de 600 kilogrammes de poids vif sur 40 ares, sur les fonds de deuxième qualité; un bœuf de 500 kilogrammes de poids vif sur 35 ares, dans les prés de troisième qualité. Les prix de location s’élèvent jusqu’à 300 francs par hectare.

Groupe du centre. — Les herbages du centre comprennent ceux du Charolais et du Nivernais.

C'est sur le lias qu’on rencontre les meilleures embauches et c’est là que les cultivateurs les ont laissées s'établir tout d’abord. Le climat frais dont jouit le département de Saône-et-Loire, un sol argilo-calcaire profond, des eaux souterraines riches et abondantes, tout était réuni pour provoquer une végétation herbacée luxuriante, et c’est en vain que pendant longtemps on avait lutté contre cette aptitude spéciale des marnes du lias.

A la suite des premiers résultats obtenus par les herbagers du Brionnais et du Charolais, en présence de l’élévation des prix de fermage des prés (jusqu’à 140 francs par bœuf), quelques cultivateurs quittèrent le Charolais et vinrent s'établir dans le Nivernais, où ils importèrent leur système de culture. C'est vers 1770 que Mathieu d’Oyé vint s'établir à Anlezy, à 24 kilomètres de Decize, sur le lias ; cette magnifique ferme, transformée par ses soins en une vaste prairie, servit d'exemple aux cultivateurs voisins, de sorte que toutes les marnes du Nivernais furent bientôt engazonnées. C’est un peu plus tard que se sont créées les embauches de la vallée de Germigny, dans le Cher, et là encore c’est le lias qui donne les plus beaux résultats.

Les enclos ont souvent des étendues considérables dans le Charolais, la moyenne est plus élevée encore qu'en Normandie. Les herbages de 60 hectares sont communs, mais 1l en existe aussi

HERBAGES

de 4 hectares. Chaque enclos est pourvu d’un ou de plusieurs abreuvoirs.

Les clôtures sont constituées généralement par l'Épine noire, plus rarement par l'Épine blanche, quelquefois par des fils de fer, de la ronce artificielle ou des haies sèches, souvent par des murs à

Sec, exceptionnellement par des fossés.

L'Épine noire est très estimée parce qu’elle forme des haies impénétrables qui se dégarnissent peu du pied et parce que son bois résiste très bien à la décomposition après la mort du végétal, de telle sorte que les produits de l’élagage servent à boucher les vides qui peuvent se former. Ces haies sont plantées sur le rejet provenant de l’ouverture de deux fossés latéraux ou sur un simple ados séparé de la prairie par un fossé; elles sont accompagnées de Chênes, Ormes, Peupliers, dont un certain nombre est réduit à l’état de têtards.

La flore des herbages du Charolais et du Brionnais est excessivement riche. La multiplicité des espèces et la présence d’une haute proportion de Légumineuses nous semblent les caractères dominants. M. Boitel (prairies naturelles du bassin de la Saône), qui a analysé une prairie d'embauche située sur les alluvions argilo-calcaires de la vallée de la Grosne, non loin de Chalon, y a trouvé en 1881 :

Paturin des prés (Poa pratensis).

Dactyle (Dactylis glomerata).

Houlque laineuse (Holcus lanatus).

Fétuque des prés (Festuca pratensis).

Cretelle (Cynosurus cristatus).

PRay-grass (Lolium perenne).

Vulpin des prés (Alopecurus pratensis).

Vulpin à vessie (Alopecurus utriculatus).

Brome à grappe (Bromus racemosus).

Agrostide commune (Agrostis vulgaris).

Avoine élevée (Avena elatior).

Trèfle blanc (Trifolium repens)...

Trèfle des prés (Trifolium pra- LENS CR IT ANR EE RON

Lotier corniculé (Lotus cornicu- ADR LR ER de DO TE PRE ENT AP

Chardon des champs (Cirsium arvense).

Renoncule (Ranunculus acris).

Jdacée (Centaurea Jacea).

Chrysanthème (Chrysanthemum leucanthemum).

donc (Juncus acutiflorus).

Graminées 5/10

Légumineuses

Plantes diverses 1/10

Cet herbage, qui a une étendue de 60 hectares, engraisse deux vaches de 500 à 550 kilogrammes par hectare.

En 1889, j'ai analysé plusieurs embauches situées sur le lias aux environs de Cluny et de Charolles. Un pré de création récente présentait la composition suivante :

Houlque/lameusess. rec Raggrasad'Hahess stone AIYOIMEJAUNALLE Se. -erenee Palurinides Pres. urnes tee .

Agrostide traçante ......... ee ‘| FOUVER ET AR ASE RUE Bo Avoine pubescenie:. #07 \ Trefle blanc eee PS ER à ‘ Trefle hYDrId eee Tréfle Hliforme Re NEE eee. Trèfle des prés Me Mie.

LOHETICONMICUIES AE EE | EUPUNDEAS ANRT HAE RUES | Pærcelle enracinée.

Centaurée jacée.

Chrysanthème.

Plantes diverses )Plantain lancéolé.

1/10 Pissenlit.

Carotte.

Caïlle-lait.

Genêt des teinturiers.

Graminées 5/10

Légumineuses

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