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HERON

sont affectés peuvent encore rendre des services, mais ils se fatiguent vite et sont souvent pris de coliques. Les mouvements respiratoires ne sont plus réguliers ; comme dans la pousse avancée, l’expiration est entrecoupée. L'examen des malades permet d'établir le diagnostic avec une assez grande certitude.

Les diaphragmatocèles chroniques peuvent se compliquer d’engouement ou d’étranglement et déterminer la mort en quelques jours. Elles sont. absolument incurables.

HERNIE DE L'UTÉRUS. — Elle a été observée chez la plupart de nos femelles, notamment chez la jument, la vache et la chienne. C’est toujours par une ouverture accidentelle de la paroi abdominale et à une époque avancée de la gestation qu'elle se produit chez la jument et la vache. La mise-bas présente souvent des difficultés, mais l'ouverture herniaire étant généralement assez large, l’expulsion du fœtus par les voies naturelles n’est pas impossible. — Au contraire, chez la chienne, où l'utérus à l’état de vacuité est susceptible de déplacements assez étendus, cette hernie, qui se produit quelquefois par l’anneau inguinal, précède crdinairement la conception, et il n’est pas rare qu’un ou plusieurs ovules fécondés s'arrêtent dans la partie herniaire du viscère et s’y développent. L’orifice étant souvent très étroit, on conçoit que,le moment de la mise-bas arrivé, la sortie des fœtus soit souvent tout à fait impossible et qu’il faille recourir à l'opération césarienne.

HERNIE DE LA VESSIE. — On a quelquefois observé chez nos grandes femelles, pendant la parturition, la hernie de la vessie dans le vagin. Sous l’influence des efforts expulsifs, il est possible que la vessie s'échappe par une ouverture récente ou ancienne de la paroi inférieure du vagin et saillisse dans l’intérieur du canal. Dans des cas plus rares, la vessie, à l’état de vacuité, peut, par une contraction spasmodique de sa paroi, se retourner comme un gant et sortir ainsi renversée par l’orifice vaginal du canal de l'urètre. — Chez les petits animaux, notamment chez le chien, la vessie se renverse quelquefois en arrière, dans le bassin, et forme, sous la queue, sur les côtés de l’anus, une tumeur molle, dont le volume et la tension augmentent rapidement, en raison de l'impossibilité de l'expulsion du liquide urinaire. P.-J, C.

HERNQUIST (biographie). — Pierre Hernquist, né à Skara (Suède) en 1726, mort en 1808, naturaliste et vétérinaire distingué, a été, sous l’inspiration de Linné, le créateur de l’école vétérinaire de £kara. On lui doit : Instruction sur les remedes appropriés au bétail (1773), Description de la clavelée (1774). HS:

HÉRON (ornithologie). — Genre d’oiseaux de l’ordre des Echassiers, famille des Cultrirostres ou Hérodiens, caractérisé par un bec plus long que la tête, droit, pointu et tranchant sur les bords. Ce sont des oiseaux qui vivent sur les rivages des eaux, où ils se nourrissent de poissons dont ils détruisent de grandes quantités. On ne connait guère, dans la plus grande partie de la France, que le Héron commun (fig. 95), à cou très grêle, replié sur la poitrine, garni vers le bas de longues plumes pendantes, à plumage cendré bleuâtre ; le derrière de la tête est garni d’une houppe noire. Cet oiseau mesure de 80 centimètres à 1 mètre de l'extrémité du bec à celle de la queue. Il construit sur les grands arbres un nid en menu bois, dans lequel la femelle dépose trois ou quatre œufs verdâtres, longs de 7 centimètres. Dans le midi de la France, on rencontre le Héron bihoreau et le Héron blongios, de plus petite taille que l'espèce précédente. Tous les Hérons sont des oiseaux nuisibles, par la chasse qu’ils font aux poissons. J

HÉROUVILLE (biographie). — Antoine de Ricouart, comte d'Hérouville de Claye, né à Paris en

HERPÈS

1713, mort en 1782, général français, fut un des fondateurs de la Société nationale d'agriculture en 1761. Outre plusieurs écrits de science militaire, on lui doit des mémoires sur la Garance, sur le Colza, etc. | H. S.

HERPÈS (vétérinaire). — Maladie cutanée caractérisée par de petites élevures confluentes, disposées sur un îlot de peau enflammée, ou par des croûtes grisâtres et des dépilations circulaires ou irrégulières plus ou moins étendues. On en a décrit un certain nombre de variétés, les unes de nature constitutionnelle ou dues à des causes vulgaires, les autres de nature parasitaire. Les premières (herpès phlycténoïde, herpès zona) sont symptomatiques d’affections générales (gourme, diathèse herpétique) ; leur traitement se confond avec celui de ces maladies. Pour l’herpès parasitaire, vOy. TEIGNE. P.-J. C.

Fig. 95. — Héron.

HERPIN (biographie). — Jean-Charles Herpin, né à Metz en 1798, mort en 1872, docteur-médecin et agronome, s’est ffait connaître surtout par des publications sur la Vigne et par des recherches sur la destruction des insectes nuisibles. On lui doit notamment : Notice sur l’art de cultiver la vigne dans le pays messin (1821), De la graisse des vins (1819), Sur la manière de fabriquer les vins mousseux (1835), Recherches sur la destruction de l'alucite (1838), Mémoire sur divers insectes nuisibles à l'agriculture (1843), Destruction de la pyrale de La vigne (1845), Sur La cuscute (1850), ete. Il fut membre associé de la Société nationale d'agriculture et l’un des fondateurs de l’Académie de Metz. H. S.

HERRERA (biographie). — Gabriel - Alphonse de Herrera, né à Talavera (Espagne), vivait dans la première moitié du seizième siècle. Professeur à l'université de Salamanque, il rédigea un traité d'agriculture d’après les anciens auteurs grecs et latins, sous le titre : Obra de agricultura, copilada de diversos autores (1513) ; cet ouvrage fut réimprimé à diverses reprises ; la dernière édition date de 1818 (4 vol.). H. S.

HERSAGE. — Opération qui est faite avec une

HERSAGE

herse dans le but d’ameublir la superficie des terres qui ont été labourées, d’y extirper des plantes à racines vivaces, d’enterrer des semences, de rendre plus facile le tallement des céréales, d'opérer des déchaumages, etc.

Les herses à un seul animal sont ordinairement employées pour régaler des terres légères ou sablonneuses, enfouir des semences qui ne doivent pas être profondément enterrées, pour mélanger à la couche arable avant les semailles du printemps ou d'automne des engrais pulvérulents : guano, superphosphate de chaux, poudrette, etc. .

Les herses à deux animaux servent pour diviser les mottes qu’on observe à la surface .des terres argileuses ou calcaires, pour égaliser des terres qui ont été mal labourées, pour enfouir de grosses semences comme celles d’Avoine, de Froment, de Vesces, de Pois gris, de Féveroles, etc.

On peut donc dire que les hersages doivent être plus ou moins énergiques ou profonds selon la nature des terres et les procédés culturaux. Il est impossible de préciser le nombre de hersages que l’on doit opérer sur un terrain donné; ces façons sont plus ou moins nombreuses suivant la nature et l’état de la couche arable et le but qu’on se propose d'atteindre. Dans certains cas, on a intérêt à faire précéder les semailles de printemps ou d'automne par un hersage exécuté dans le but de régaler le terrain; dans d’autres cas, on répand directement les semences sur la terre et après le dernier labour.

La pratique des hersages exige une grande attention. Quand le champ à herser est long et large, on a intérêt, lorsque le sol est labouré à plat ou en grandes planches, d'opérer le premier hersage suivant la longueur de la pièce pour exécuter le second transversalement à la direction du premier.

Les herses modernes présentent généralement des dents qui sont un peu obliques par rapport au plan du bâti auquel elles sont fixées. Cette disposition est très avantageuse en ce que la herse a une action plus ou moins forte sur le sol selon que les pointes des dents sont dirigées en avant ou en arrière. Ainsi, lorsqu'on se propose d'opérer un hersage énergique, on place la herse de manière que les pointes soient tournées du côté des animaux; alors on dit qu’on herse en accrochant; quand le hersage doit être superficiel, on change la herse de côté de manière que les dents aient leurs pointes dirigées en arrière; dans ce cas, on herse en décrochant.

Dans les terres argileuses ou argilo-calcaires les herses fonctionnent souvent en sautillant. Pour rendre la marche de ces instruments plus régulière, on est forcé d’allonger les traits ou la chaîne de. tirage et de charger les herses à leur partie postérieure avec quelques grosses pierres. Par ces dispositions, les herses ont plus d’assiette, et le travail qu’elles exécutent est généralement méilleur.

Les hersages qui ont pour but de rassembler les racines des plantes vivaces et nuisibles qui ont été déracinées par la charrue sont les plus difficiles à exécuter, parce que souvent ces racines, en s’engageant entre les dents de la herse, paralysent leur action. C’est pour éviter que la herse bourre pendant qu’elle fonctionne que le conducteur se place en arrière de l'instrument en tenant le bout d’une corde qu’il a attachée à l’un des angles de la herse et qui lui sert à soulever le bâti chaque fois qu'il constate que les plantes déracinées sont sur le point de nuire à son bon fonctionnement. Dès que la herse a franchi la masse des racines rassemblées, le conducteur abaisse la main, et l'instrument travaille de nouveau dans de bonnes conditions.

Lorsque la pente du terrain est très prononcée, on est forcé de diriger la herse perpendiculairement ou obliquement à la direction de la pente, en ayant soin de la retenir à l’aide d’une corde afin qu’elle

HERSE

ne dévalle pas pendant qu’elle fonctionne. En général, les hersages laissent beaucoup à désirer sur les pentes très accentuées quand on dirige les instruments suivant la ligne de la plus grande pente.

Les terrains labourés en petites planches convexes ou en petits sillons ne peuvent pas être hersésavec des herses planes. I faut de toute nécessité, si l’on veut exécuter un bon hersage, remplacer ces instruments par des herses courbes dont la courbure est en harmonie avec la forme des billons. Dans ce hersage particulier, la herse est toujours dirigée suivant la direction du rayage, c’est-à-dire du labour. A défaut de herses courbes, on peut herser les planches convexes avec des herses planes accouplées.

Quelle que soit la herse employée, on ne doit pas oublier qu’il est très utile, toutes les fois qu’on arrive à l’une des extrémités du rayage ou du terrain à herser, de faire décrire à l'attelage une grande tournée afin d'éviter des accidents qui sont parfois fort graves. Lorsque la tournée est très courte, la chaine de tirage soulève la herse, et souvent celleci se renverse sur le bâti. Alors le bruit effraye l’attelage, celui-ci recule et se blesse aux dents de l'instrument. C’est pour éviter de tels accidents qu’on opère souvent les tournées en huit lorsqu'on dirige plusieurs herses à dents en bois traînées chacune par un cheval, placées les unes à la suite des autres. Le conducteur se place à la gauche du premier cheval et le dirige par la main droite.

Lorsqu'on dirige une herse trainée par deux animaux, on se place ordinairement en arrière de l'instrument pour pouvoir juger de son fonctionnement. Les chevaux sont dirigés à l’aide de grandes guides, et les bœufs au moyen d’un long aiguillon.

La parfaite exécution des hersages dépend des instruments employés, de l’habileté de celui qui les dirige et de l’état de la terre au moment où on les pratique. Les terres sablonneuses, granitiques, perméables, peuvent être hersées à tous les moments de l’année; il n’en est pas de même des terres argileuses, des sols calcaires et des terrains

HERSE

vail qu’on veut exécuter et suivant la nature des terres, on emploie des instruments de poids plus ou moins considérable ; c’est, en effet, à la fois par leur poids et par la forme des dents dont elles sont munies que les herses modernes diffèrent surtout les unes des autres.

La herse est un instrument qui remonte à la plus haute antiquité. Les anciens constituaient des instruments de ce genre avec des branches d’arbres qu'ils trainaient sur le sol, ou bien avec des fagots. À ces premiers modèles, on substitua plus tard des cadres en bois, munis de traverses, entre les-

Fig. 96. — Herse triangulaire.

quelles on entrelaçait des rameaux de bois sec parallèles, plus ou moins rapprochés, et qu’on chargeait quelquefois de pierres pour en accroître le poids. On connaît aussi d’anciens types de herses consistant en planches dont la face inférieure était garnie de pointes et qu’un cheval trainait sur le sol, à l’aide de cordes attachées à des anneaux fixés aux deux extrémités. Tous ces modèles ont disparu, dans la plupart des pays d'Europe, devant les herses à châssis, lesquelles ont subi plusieurs modifications qu'il convient de signaler. ;

Une herse est toujours formée par un châssis

Fig. 97. — Herse quadrangulaire.

argilo-siliceux à sous-sol imperméable. Autant que possible, il faut herser ces derniers terrains avant qu’ils soient saturés d’eau ou qu'ils aient perdu toute leur humidité sous l’action du soleil. Dans le premier cas, la herse exécute toujours un mauvais travail; dans le second, à cause de la dureté du sol, elle ameublit très imparfaitement la couche arable. G. H.

HERSE (mécanique). — La herse est un instrument dont on se sert pour émietter et nettoyer la surface du sol, ou pour recouvrir les semences. Le rôle de la herse sur les terres arables est analogue à celui du râteau dans les jardins. Suivant le tra-

muni de dents droites ou légèrement recourbées, disposées de manière à tracer sur le sol des raies parallèles. Suivant la forme des dents, on divise ces instruments en deux grandes catégories : herses trainantes et herses roulantes.

Herses traînantes. — Les herses traînantes sont formées par des cadres portant des dents fixes, droites ou recourbées, parfois tranchantes, dont la pointe traîne sur le sol pendant la marche de l’instrument, d’où le nom donné à ces herses. Il en existe un très grand nombre de types, qui diffèrent par la forme du châssis et par celle des dents, ainsi que par la substance dont elles sont faites.

HERSE

C'est ainsi qu’on distingue les herses à bâti et à dents en bois, les herses à bâti en bois et à dents en fer, les herses tout en fer. Dans tous ces types, les dents tracent sur le sol des raies parallèles indépendantes les unes des autres, et assez espacées pour qu'il n'y ait pas à craindre d’engorgement ; d'autre part, la chaine d’attelage doit être attachée de telle sorte que, pendant la marche, la herse

Fig. 95. -- Plan et coupe de la herse de Valcourt.

soit toujours parallèle au sol, sans que la partie antérieure se relève.

La herse triangulaire est la plus ancienne des herses traînantes. Elle consiste (fig. 96) en un bâti triangulaire sur lequel les dents sont implantées ; au milieu du bâti on fixe parfois une ou plusicurs traverses portant également des dents. La chaine d’attelage s'accroche à un anneau sur l’un des angles du bâti. Les dents sont en bois ou en fer. On a employé quelquefois en Flandre, sur les terres

Fig. 99. — Ajustage des dents de herse.

gazonnées soumises au défrichement, des herses triangulaires dans lesquelles les dents sont remplacées par des couperets ou lames en fer servant à couper et diviser les mottes sans ramener les racines à la surface.

La herse rectangulaire est formée par un bâti à quatre côtés se coupant à angle droit, et portant des dents; deux ou plusieurs traverses parallèles sont également munies de dents. Le bâti est généralement en bois, et les dents sont en fer. La

E.. HERSE

CA ue. chaine d’attelage S'accroche à un anneau fixé à l'un des angles. La figure 97 représente une herse à 92 dents, à dents en fer, du poids de 23 kilogrammes, employée dans les Flandres, surtout pour herser les récoltes en terre au printemps.

La herse trapézoïdale consiste en un bâti en bois formé par trois ou quatre pièces reliées par des traverses d’inégale longueur, de telle sorte que

l'assemblage affecte la forme d’un trapèze; les dents sont fixées sur les pièces et, par suite de la position de celles- Ÿ ci, elles décrivent chacune une raie spéciale sur le terrain. La chaine d’attelage est fixée au

— petit côté du trapèze.

= Les types précédents de herses ont été généralement abandonnés et remplacés par la herse parallélogrammique, aussi facile à construire et qui présente sur ces anciens types des avantages sérieux. Cette herse, connue en Angleterre, de temps immémorial, s’est répandue en France surtout depuis un demi-siècle, et elle est généralement connue sous le nom de herse de Valcourt. Cet instrument se compose (fig. 98) de quatre barres parallèles, longues de 1",30 à 1",50, et de trois traverses fixées sur ces bases, soit au moyen de mortaises, soit par des boulons.

Au-dessus des traverses, deux pièces de bois posées en diagonale servent à solidifier le bâti et forment patins pour le transport sur les chemins de la herse retournée. Les deux traverses extrêmes sont fixées de telle sorte que le bâti forme un parallélogramme. Les dents, qui ont de 20 à 30 centimètres de longueur, sont fixées sur les barres parallèles, à des distances variables, calculées de telle sorte que lorsque les traverses sont perpendiculaires à la direction suivie par l'instrument, les dents tracent des raies équidistantes. Ces dents sont implantées directement dans le bois, ou bien elles sont fixées avec des écrous; elles font un angle de 60 degrés environ avec les barres. Leur section est généralement un carré dont la diagonale est dirigée dans le sens ordinaire de la marche de l'instrument; la section est quelquefois triangulaire, un des angles étant dirigé en avant. Une chaîne est attachée à deux anneaux fixés aux extrémités des barres latérales ; c’est sur un point de cette chaine qu’on attache le palonnier de l’attelage. Si le palonnier est relié au milieu de la chaine, la ligne de tirage est parallèle aux barres, les dents de chaque barre marchent dans le même sillon, et la herse trace quatre raies équidistantes. En fixant le point d'attache un peu sur la gauche, chaque dent trace une raie indépendante des autres; ces raies sont équidistantes ou rapprochées deux par deux, suivant l’inclinaison du bâti sur la ligne de tirage. On peut donc régler l’écartement des raies dans des limites assez étendues, et c’est en cela que se trouve le principal avantage des herses parallélogrammiques.

Il est possible d'accoupler deux herses de ce genre pour les faire marcher parallèlement. On les réunit latéralement par une petite chaine et on relie la chaine d’attelage de chacune à un long palonnier sur lequel les chevaux tirent directement, ou mieux par l'intermédiaire de palonniers individuels plus petits. Ya 1

Le bâti des herses Valcourt, qui se construisait

HERSE

autrefois exclusivement en bois, est souvent fait en fer. L’ajustage des dents sur le bâti se pratique sous des formes variées. La méthode la plus simple consiste à terminer la tête de la dent par un pas de vis qui traverse le bâti ; un écrou qui éntre sur ce pas de vis, l’ajuste sur le bâti. Une meilleure méthode consiste à faire entrer la dent dans une ouverture du bâti, dans laquelle on pratique un petit talon correspondant à une encoche dans la dent ; une clavette enfoncée dans la même ouverture, à côté de la dent, la maintient dans sa position (fig. 99).

Après les herses parallélogrammiques sont venues les herses dites en zigzag (fig. 100), d'origine anglaise, qui sont aujourd'hui adoptées partout; on leur donne assez souvent le nom de herses articulées. Elles sont tout en fer, et elles sont constituées par la réunion de chàssis formés par des barres en fer contournées et réunies à leurs angles par des traverses; les dents sont fixées aux points d’intersection des barres et des traverses par l’une des méthodes indiquées plus haut. Ces châssis sont généralement au nombre de trois; ils sont parallèles et rattachés en avant par des anneaux à une barre rigide; en arrière, ils sont réunis par de petites chaînes. Le palonnier d'attelage est relié à la barre par un anneau, qu’on fixe dans des crans en nombre variable, de manière à incliner plus ou moins l’ensemble de l'instrument sur la ligne de tirage. Ces herses sont d’une très grande flexibilité ; elles peuvent suivre, grâce à l'indépendance de chaque châssis, les sinuosités du sol, de telle sorte que chaque partie travaille toujours régulièrement. Certains constructeurs, pour assurer la régularité du fonctionnement, fixent à l'arrière de la herse articulée, au moyen d’anneaux, une barre régulatrice ; cette barre sert à l'équilibre de l'instrument, elle empêche les compartiments de se renverser, de s'écarter, de se rapprocher, et elle permet aux dents de faire chacune leur rayon sans se suivre sur aucun point, et sans que l'arrière de l'instrument se soulève, tout en conservant à l’ensemble la souplesse nécessaire pour que le travail soit égal sur toutes les parties du sol. Pour la culture en billons, les herses articulées peuvent recevoir une forme spéciale que montre la figure 101, sans qu'il soit nécessaire d'iasister.

Les herses articulées sont généralement à trois compartiments, et elles portent cinq ou six rangées de dents. Leur largeur varie depuis 1",50 jusqu’à 2,40; elles agissent surtout par leur poids, qui varie, Suivant les modèles, de 50 à 150 kilogrammes. Les herses dont le poids dépasse 150 kilogrammes sont rarement employées. Pour connaitre la pression exercée sur le sol par chaque dent, il suffit de diviser le poids total de l'instrument par le nombre de dents. Ce calcul permet de comparer deux ou plusieurs herses.

Les herses à chainons (fig. 102) se rapportent aux herses articulées ; elles sont formées par une série de mailles en acier disposées en zigzag, sur lesquelles sont fondues des dents triangulaires plus longues d’un côté que de l’autre et coupées en bi-

HERSE

seau par derrière. Ces mailles sont reliées par des chaines à une barre transversale sur laquelle s’insère le crochet d'attelage. Ces herses sont très souples. On en construit dont la largeur varie depuis 1,50 jusqu’à 3°,50.

A ces types généraux de herses trainantes se rapportent quelques autres modèles qu’il convient de signaler. Telle est la herse à couvrir, formée par un bâti garni de douze à quinze dents assez

Fig. 100. — Herse en zigzag ou articulée.

longues, muni d’un avant-train et de deux mancherons; on s’en sert surtout pour recouvrir les semences de céréales répandues directement sur le labour. Telle est aussi la herse dite à clavier (fig. 103), imaginée par M. Cichowski; elle se compose de tiges courbées à angle droit, de longueur variable, réunies parallèlement sur un axe commun, tout en gardant un mouvement indépendant ; elle peut servir surtout pour les hersages légers,

Fig. 101. — Herse à billons.

ainsi que pour les premiers binages des plantes semées en lignes.

Pour détruire les mousses dans les prairies naturelles ou artificielles, pour rendre de la vigueur aux plantes utiles, on se sert de herses articulées ou de herses à chaînons. On les remplace quelquefois par un instrument spécial, ayant une forme différente, et qu’on appelle releveur ou régénérateur de prairies; il est formé par une série de lames tranchantes, portées parallèlement par un bâti; elles entrent plus ou moins profondément dans le sol, qu’elles découpent en bandes étroites.

Aux herses trainantes on peut encore rattacher un instrument qui porte le nom de herse, mais qui, par sa forme et son mode de travail, en diffère absolument; c’est la herse Acmé, introduite d’Amé-

HERSE

rique en France en 1885. Elle est formée (fig. 104) par deux traverses horizontales, placées parallèlement à l'extrémité d’un timon, distantes de 25 cen-

Fig. 102. — Herse à chaînons.

timètres, longues de 2,10, portant chacune des lames d’acier longues de 37 centimètres, contour-

sl.

= LOUICUE

HERSE

conducteur. Un levier agissant sur un arc denté lui permet de relever ou d’abaisser le timon par rapport aux traverses, et conséquemment d’enfoncer les lames d’une quantité différente dans le sol; en outre, le timon peut être disposé perpendiculairement ou obliquement aux traverses : dans le premier cas les sillons tracés par les lames sont écartés de la distance qui sépare les lames (soit 18 centimètres), et dans le second cas ils sont plus rapprochés. Le travail de cet instrument est régulier et rapide, sauf lorsque le sol est enherbé ; dans ce’ dernier cas, la herse bourre; sur les terres propres, mais en grosses mottes, elle opèr2 l’ameublissement avec une économie d’un dixième environ sur le travail dépensé par les herses articulées.

Herses roulantes. — Dans toutes les herses décrites précédemment, les dents sont fixes sur le bâti; dans les herses roulantes, au contraire, les dents sont mobiles autour d’un axe parallèle au sol. Le type de ces herses est la herse norvégienne, assez répandue en Angleterre et dans les pays septeutrionaux, trop peu connue en France. Cet instrument se compose (fig. 105) d’axes parallèles fixés horizontalement sur un bâti en bois ou en fer, et dans lesquels sont enfilés une série d’anneaux portant des pointes lon-

Fig. 103. — Herse à clavier.

nées en forme de versoir; sur une traverse, ad lames sont contournées dans un sens, sur l’autre tra-

gues de 15 centimètres environ. (Ces anneaux, faits en fonte et d’une seule pièce, sont indépendants les uns des autres et peuvent tourner à frottement doux autour de leur axe respectif. Le bâti est porté par des roues

Fig. 104. — Herse Acmé.

verse en sens contraire; elles reposent sur le sol et sont au nombre de douze sur chaque traverse. Audessus de ces traverses, un siège peut recevoir le

dont les axes sont mobiles dans le plan vertical ; à l’aide d’un levier et d’un arc à crans, on peut élever ou abaisser les roues, et par suite régler l’entrure

HERVE

de la herse dans le sol. Chaque rouleau est mis en mouvement par le fait même de la marche de l’instrument ; les dents pénètrent en terre en traçant un grand nombre de petits sillons très rapprochés les uns des autres, et la surface se trouve parfaitement ameublie. On comprend facilement qu’on peut réaliser avec cet instrument, surtout dans les terrains argileux et humides, une économie sensible

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