HOLSTEIN
lande après avoir visité seulement la région des polders. Entre celles de la grande variété et celles de la petite, l'écart est considérable. Pour le poids vif, il va du simple au double, et aussi pour le rendement en lait. Le type naturel est le même, assurément, mais entre une vache du Noord-Holland et une vache de la Gueldre ou de l’Overyssel, toutes deux Hollandaises pourtant, la différence zootechnique est énorme.
Cela montre également qu'il faut renoncer à la croyance que les vaches Hollandaises ne sont point beurrières. Il a été donné plus haut de nombreuses preuves incontestables du contraire. Le préjugé entretenu chez nous sur ce sujet doit tenir à ce que les fortes laitières, insuffisamment nourries, donnent nécessairement du lait clair et peu crémeux. Pour détruire de la meilleure façon ce préjugé dans l’esprit de nos élèves de Grignon, nous n'avons jamais manqué de leur faire analyser comparativement le lait des Hollandaises entretenues à la vacherie de l'Ecole et soumises au régime alimentaire commun. Ce lait s’est toujours montré plus riche en beurre que celui des Suisses de Schwitz. Une vache donnant, dans les trois mois qui suivent son vêlage, une moyenne de 20 à 30 litres de lait par jour, comme c’est souvent le cas de celles de la grande variété Hollandaise, si sa ration ne contient aucun aliment concentré, il est clair qu'il lui sera impossible d'élaborer du lait riche en matière sèche et spécialement en beurre.
Une autre erreur fort répandue est celle qui consiste à croire que ces fortes laitières Hollandaises conserveront partout leur aptitude, quel que soit le climat dans lequel on les transporte. Les fortes têtes qui dirigent en Italie les choses zootechniques officielles ont fourni, dans ces derniers temps, à la fois des exemples de cette erreur et des démonstrations remarquables des résultats auxquels elle conduit. Des vaches de la grande variété, choisies parmi les meilleures et introduites à l’école de Portici, dans l'Italie méridionale, n’y ont donné que 11 litres au plus de lait par jour, deux mois après le vêlage, d’après les constatations précises de Baldassarre. En leur pays, on a vu qu’elles n’en donnent pas moins, au même moment, de 20 à 30 litres. Nous en avons observé plusieurs qui allaient jusqu'à 45 litres.
Il convient donc de bien distinguer quand il s’agit de vaches Hollandaises et de leur aptitude. On ne doit jamais oublier, en outre, qu’en Néerlande l’atmosphère est constamment saturée d'humidité, surtout dans la région des polders où se trouve la grande variété, et que la forte aptitude laitière, bien qu’elle dépende pour une grande part du dé-
‘veloppement des mamelles, ne se peut conserver
que dans des conditions climatériques analogues, sinon identiques,
VARIÉTÉS OVINES HOLLANDAISES. — Ces variétés sont au nombre de trois, dont une appartient à la race du Danemark et les deux autres fà celle des Pays-Bas. La première se trouve dans les polders de Groningue, la deuxième dans l’ile de Texel et la troisième en Zélande. Elles sont désignées par les noms de ces localités et leurs descriptions se trouvent dans des articles spéciaux (voy. POLDERS, TEXEL et ZÉLANDAISE). A. S
HOLLANDE (géographie). — Voy. PAys-Bas.
HOLSTEIN (z00technie). — Les Américains des Etats-Unis ont importé en grand nombre, de l’ancien duché danois, pour les besoins de leurs laiteries, des vaches et des taureaux qu’ils ont pris la coutume de désigner par le nom de ce duché. La vache du Holstein (Holstein cow) est considérée par eux comme la plus forte laitière du monde. Elle partage en Amérique la faveur avec celle de Jersey. Elle est l’objet d'une sélection attentive, rendue plus facile par le système des points et par l’institution d’un livre généalogique.