HONGRE
rences varient selon le moment où la castration a été effectuée, selon l’âge auquel l'animal a été émasculé, selon que l’évolution a été ou non influencée par la fonction des testicules. Ceux-ci ne commencent à fonetionner qu'à partir d’un certain moment, qui est appelé chez nous âge de la puberté, auquel le mâle devient apte à féconder les femelles et conséquemment à se reproduire. Jusqu'à ce moment, chez les Equidés en particulier, les formes sexuelles ne sont nullement accusées. Le poulain ne se distingue de la pouliche que par les organes de la génération. A mesure que les testicules acquièrent au contraire leur puissance physiologique, qu'ils deviennent aptes à la secrétion du sperme, on voit les formes corporelles se différencier de plus en plus. Les parties antérieures du corps, la tête, l’encolure, la poitrine et les épaules se développent plus que les postérieures. La peau fonctionne avec plus d'activité, ses sécrétions sont plus abondantes et les crins plus longs et d’un diamètre plus fort.
Si les testicules sont supprimés avant qu'ils aient atteint le degré de développement dont les conséquences sur l’évolution générale se marquent ainsi, en d’autres termes, si l’émasculation a été hâtive, le cheval hongre acquerra des formes qui se rapprocheront de celles de la jument, à ce point qu’il sera, dans sa race, difficile de l’en distinguer. En tout cas, 11 évoluera d’une façon harmonieuse, en sa qualité de neutre, le développement des masses musculaires sera partout proportionnel à celui du squelette. Quant à celui-ci, il subira une modification très intéressante à constater, au point de vue de la morphologie générale, mais surtout à l'égard de la morphologie crâniologique. L'accroissement des oslongs des membres ne sera nullement influencé. Les chevaux hongres atteignent au moins la taille des étalons de leur race et de leur variété. Le trouble dans l’évolution se fait sentir surtout dans les formes de la tête. C’est pourquoi les caractères spécifiques (voy. ESPÈCE) ne peuvent point être recherchés chez les hongres. Leur tête est rétrécie, par rapport à celle des mâles entiers et des femelles de leur race : elle semble allongée. Les dolichocéphales ont acquis en réalité un indice céphalique plus grand, et les brachycéphales un moins petit. L'ensemble des os du nez ou le chanfrein est moins large ou.plus tranchant.
En outre, tous les muscles de la tête sont moins volumineux, surtout les masséters, qui sont les plus visibles. La nuque est moins large et toute l’encolure moins fortement musclée. Le bord supérieur de celle-ci, au lieu d’être épaissi par les masses adipeuses qui s’y trouvent chez l’étalon, est plus ou moins mince et toujours moins pourvu de crins. Bref, tout le train antérieur est aminci.
Cette influence de la suppression des testicules n’agit à la fois sur le squelette et sur les masses musculaires que dans la première jeunesse. Si elle est tardive, n'intervenant qu'après que le squelette a acquis la plus forte part de son développement, elle ne peut plus agir sur lui; il n’en est pas de même pour les muscles de la tête et du cou, dont la nutrition se ralentit. Le cheval hongre châtré tard a conservé plus ou moins de la tête forte de l’étalon, et alors il y a disproportion disgracieuse entre les os et les masses musculaires. Sa tête et son encolure paraissent à un certain degré décharnées. Il est done, d’une manière générale, d’une conformation muins belle que celle du cheval émasculé de bonne heure, parce que ses formes sont moins harmonieuses. Il a le squelette de l’étalon avec des muscles de cheval hongre sur les parties antérieures de son corps.
Aux membres, la musculature ne diffère point nécessairement. La raison en est que son développement dépend plus de la gymnastique fonctionnelle (voy. ces mots) que de l’évolution naturelle.
Et ceci nous conduit à examiner comparativement
RONGROISES
l'aptitude motrice du cheval hongre et par conséquent sa valeur pour le service. Dans les habitudes générales, son emploi est préféré. Il s'utilise, dans les divers services publics et privés, beaucoup plus de chevaux hongres que de chevaux entiers. Mais la préférence est habituellement motivée par leur docilité incontestablement plus grande. Jusqu'à une époque toute récente, tout le monde était convaincu que, cette considération de docilité mise à part, les chevaux entiers avaient une puissance motrice plus grande que celle des hongres, que leur service était conséquemment meilleur. Aujourd’hui, l’on ne peut plus résoudre la question dans le même sens.
Il se peut que, d’une façon absolue, l’étalon soit capable de développer des efforts plus intenses que ceux qu’on obtiendrait d’un cheval hongre de même taille et de même poids. Ce n’est toutefois pas sûr. Quoi qu'il en soit, nous croyons avoir été le premier à faire remarquer qu’en tout cas ce ne serait point une raison suffisante de supériorité pratique, la question de l'effet utile ou du rendement des moteurs animés étant plus complexe et ne dépendant pas seulement de leur force absolue. L'expérience instituée depuis par la Compagnie générale des Omnibus de Paris nous a complètement donné raison. On sait que cette Compagnie n’attelait à ses voitures que des chevaux entiers, qui faisaient d’ailleurs l'admiration de tous les connaisseurs. En les faisant trainer, pour un petit nombre d’abord, mais gradueliement augmenté ensuite, par des juments et par des chevaux hongres de même provenance Percheronne, elle a constaté que pour les mêmes charges et les mêmes vitesses imposées par les conditions mêmes de ses rapports avec le publie, l'emploi des chevaux hongres, en particulier, est plus économique et dès lors plus avantageux pour elle que celui des chevaux entiers. La durée de service s’est montrée plus grande et la mortalité moins forte pour eux. L'avantage, en ces deux sens, n’a fait que s’accentuer à mesure que les chevaux hongres ont'pris une plus grande part dans les effectifs.
Il n’est en réalité pas difficile de se rendre compte d’un tel résultat. Scientifiquement il s'explique d’une façon claire. Pour une même alimentation, il est évident que le rendement en travail utile doit être plus fort chez le cheval hongre que chez l’étalon. L'entretien de ce dernier est plus exigeant, à cause de l’activité plus grande de ses sécrétions, et sa vivacité plus accentuée lui fait consommer en pure perte, par de fréquentes agitations, une partie de son travail disponible, que l’autre, plus calme, plus régulier dans son action, utilise au contraire. On comprend dès lors qu’il soit moins vite usé. En tous cas, le fait est constant, une expérience étendue l’a maintenant mis hors de doute. On est autorisé à conclure que comme moteur pratique, pour le service de la traction, le cheval hongre est supérieur au cheval entier. Nous n’entendons, bien entendu, pas étendre cette conclusion au cheval de guerre, dont les conditions d'emploi sont tout à
| fait différentes. De celui-là, nous n'avons pas à
nous occuper ici autrement qu’en ce qui concerne sa production. A. S.
HONGRIE (géographie). — Voy. AUTRICHE.
HONGROISES (z00technie). — Une variété chevaline, une variété bovine, deux variétés ovines et une variété porcine forment la population animale de la Hongrie et sont qualifiées de Hongroises. Nous allons les décrire ou les indiquer seulement.
VARIÉTÉ CHEVALINE HONGROISE. — Cette variété est l'une des nombreuses qui se sont formées naturellement dans la race Asiatique (£. C. asiaticus), dite race Orientale et aussi Arabe (voy. ce mot). Elle a été vraisemblablement introduite en Hongrie par les Madgvars, cavaliers intrépides, comme l'on ,
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sait. Sa population est considérable et elle fournit beaucoup de chevaux pour l'exportation, en vue de la remonte des régiments de la cavalerie légère. Les hussards hongrois sont depuis longtemps renommés à juste titre.
Les chevaux Hongrois sont de petite taille. Ils ne dépassent guère 1%,45. Ils ont normalement la tête un peu forte et leur conformation manque souvent d'harmonie ; maïs, comme chez tous les Orientaux, la physionomie fière, le regard vif, un certain cachet général de distinction, rachètent ce que leurs formes minces et un peu décousues peuvent avoir de disgracieux au premier abord. Ces formes, d’ailleurs, sont améliorées chez beaucoup d’entre eux, depuis que les étalons Orientaux entretenus dans les haras de Babolna, de Kisber et de Mezoehegyes font sentir leur influence. Mais, quelle que soit la conformation, la sobriété du tem-
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parasite, d’une espèce de filaire, on disait que les chevaux Hongrois suent du sang. Cet accident n’a jamais eu de gravité, et maintenant que sa cause est bien connue, on la fait cesser avec une grande facilité. Il suffit pour cela de tuer le parasite au moyen d’une lotion avec une solution faible de sublimé corrosif.
Dans les armées de l'Autriche, de l'Allemagne du Sud et de l'Italie, on emploie beaucoup de ces chevaux Hongrois. Il en a été introduit aussi bon nombre dans la cavalerie française, en ces derniers temps. Ce sont, en effet, d'excellents chevaux de guerre.
VARIÉTÉ BOVINE HONGROISE. — (C’est l’une des principales de la race Asiatique (B.T. asiaticus), décrite en ce Dictionnaire sous le nom de grande race Grise des steppes, par lequel elle est le plus souvent désignée (voy. GRISE). Cette variété, d’a-
Fig. 112. — Chevaux Hongrois.
pérament, l'endurance, la vigueur dues à un système nerveux très développé et contractées dans la vie libre des steppes, sont des qualités de fond qui, pour le cheval de guerre, priment de beaucoup ce que les hippologues considèrent comme la beauté. C’est monté sur un cheval Hongrois que le commandeur Paul Salvi est venu en treize jours de Budapest à Nancy et c’est aussi sur une jument de même origine qu'un officier français fit en soixantedouze heures le trajet de Lunéville à Paris, qui est de 388 kilomètres.
On rencontre des chevaux Hongrois de toute robe. Il semble cependant que les robes claires soient moins communes chez eux que chez les variétés plus orientales de la même race. On s'applique, du reste, en Hongrie, et notamment dans les haras cités plus haut, à faire prédominer les robes foncées, la baie et la noire. Une particularité de leur peau, dont le caractère exact est resté longtemps inconnu, parait fréquente. Elle consiste en des exsudations sanguines de sa surface, sur des étendues d’ailleurs restreintes, à l’encolure principalement. Avant d’avoir constaté qu'elle est due à la présence d’un
près Wilckens, ‘est appelée Hongroise-transylvanienne. Elle se trouve dans toutes les parties de la Hongrie, hormis celles qui sont basses et marécageuses, peuplées de buffles.
Elle est de grande taille, haute sur jambes, un peu étroite de poitrine et mince de corps. Chez les bœufs, qui forment la majeure partie de la population, les cornes atteignent une longueur démesurée. Dirigées souvent presque horizontalement, elles ont deux mètres et plus d’envergure. Les vaches ont des mamelles petites, couvertes de longs poils et très peu actives. La peau, épaisse et dense, très dure par conséquent, est couverte de poils grossiers et hérissés, dont la couleur varie du gris blanchâtre au gris noirâtre, avec le mufle, la pointe des cornes et les onglons toujours noirs, comme dans toute la race. É
Le tempérament, dans la variété bovine Hongroise, est robuste et rustique. Avec cela, le squelette étant grossier, on n’a pas de peine à comprendre que les bœufs qu’elle fournit soient de rudes travailleurs, mais aussi que les vaches n'aient
qu’une bien faible aptitude laitière.
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Les animaux sont élevés non seulement dans les steppes, mais aussi sur les parties hautes du pays, dont l'altitude va jusqu’à 1200 mètres, et même sur les sols d’alluvions marécageuses, tourbeuses et sableuses. Ils vivent au pâturage et ne sont que rarement abrités en hiver. Les meilleurs éleveurs seulement mettent à leur disposition des hangars devant lesquels une sorte de parc clos leur permet de se promener. Ces hangars sont pourvus d’une litière abondante. Les vaches y font leur veau sans qu'on en prenne aucun soin et ceux-ci restent constamment exposés aux intempéries, auxquelles ils doivent s’habituer. Mais le plus souvent les animaux vivent en complète liberté et ne sont que dans les cas urgents abrités contre le vent par des pares en tiges de Maïs ou en Roseaux. En hiver on les nourrit presque exclusivement de paille de Blé et de Maïs, de balles d’Avoine, et par exception de foin grossier. Les taureaux seulement ne reçoivent que du foin, Les veaux, dans leur première année, consomment en outre des déchets de Blé, du son et de l’Avoine. A la fin d’avril ou au commencement de mai, ils vont au pâturage, où des herbes abondantes les refont bientôt; mais bientôt aussi les grandes chaleurs dessèchent ces herbes et ils souffrent de nouveau d’une alimentation insuffisante jusqu’à l’automne.
Un tel régime explique facilement que la croissance
des animaux soit lente. Elle n’est point achevée, en général, avant six ans. Il explique aussi leur grande rusticité et la grande fécondité qu’on observe chez les va-
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et 48 kilogrammes de suif; un bœuf engraissé, pesant vif 803 kilogrammes , 475 kilogrammes de viande et 96 kilogrammes de suif. C’est done, pour le premier cas, 46,68 pour 100, pour le deuxième 50,15 pour 100 et pour le troisième 59,49 pour 100. La peau et les cornes ont pesé, chez la vache, 25,9 kilogrammes, chez le premier bœuf 40 kilogrammes et chez le second 47 kilogrammes.
Il y aurait donc beaucoup à faire pour améliorer la variété bovine Hongroise au point de vue de la boucherie.
VARIÉTÉS OVINES HONGROISES. — (Ces variétés sont au nombre de deux : une, existant de temps immémorial, et qui appartient à la race de Syrie ou race Asiatique, plus répandue que l’autre sur toute l’étendue du pays ; elle est désignée par un nom particulier et doit être décrite à sa place sous ce nom (vVoy. ZACKEL) ; l’autre, introduite seulement dans le courant de ce siècle, est une des nombreuses variétés de Mérinos. Celle-ci a acquis une importance considérable par sa population,