‹ Dictionnaire d'agricultureChapitre 22 sur 270 · GASTRITE · texte numérisé non relu

GASTRITE

donné ainsi, dans son Cours d'agriculture (5 vol., 1843-1849 ; 6° vol., 1863), un tableau de la science agronomique qui n’a pas été dépassé. On lui doit, en outre, un très grand nombre de rapports à l'Académie des sciences et à la Société d’agriculture, et plusieurs autres ouvrages dont les principaux sont : Manuel de l'art vétérinaire (1817), Maladies contagieuses des bèles à laine (1821), Guide du propriétaire de biens ruraux affermés (1828), Guide du propriétaire de biens soumis au meétayage (1832), des Mémoires sur la culture de la. Garance, du Safran, de l'Olivier, Coup d'œil sur l'agriculture de la Sicile (1839), Mémoires sur le métayage (1832), des études sur l'introduction des Vers à soie en Europe et sur l'extension de la culture des Müriers. Il a été l’un des auteurs de la Maison rustique du dix-neuvième siècle. Une sta-, tue lui a été élevée à Orange par une souscription universelle.

Auguste DE GASPARIN, né à Orange en 1787, mort en 1857, frère du comte de Gasparin, a été aussi un agronome très distingué. Il fut envoyé à la Chambre des députés en 1837, et il a fait partie du Conseil central d'agriculture et de la Société nationale d'agriculture. On lui doit de nombreuses expériences et des observations consignées dans les ouvrages de son frère, et en outre deux Mémoires importants : Considérations sur les machines (1834), et Plan incliné comme grande machine agricole (1835). Ces Mémoiros ont été réimprimés dans le sixième volume du Cours d'agriculture. HS

GASTRITE (vétérinaire). — Ce mot, employé autrefois pour désigner l’état inflammatoire des membranes qui forment le réservoir gastrique, s’entend aujourd’hui de l’inflammation de la muqueuse de l'estomac. C'est une affection rare chez nos grands animaux, mais assez fréquente chez les carnassiers.

Parmi les causes susceptibles de la déterminer, il faut surtout mentionner l’ingestion de substances irritantes, d'aliments durs, fibreux, indigestes, chargés de vase ou altérés par des moisissures, de boissons trop froides. Elle peut être causée par des parasites qui vivent dans l'estomac, notamment par les OÆEstres chez le cheval. Chez les bêtes bovines et aussi chez le chien, elle est quelquefois la conséquence d’indigestions répétées ; dans cette dernière espèce, elle complique souvent la maladie du jeune âge.

Chez le cheval, les symptômes de la gastrite sont obscurs. On note seulement de l’inappétence, de la sécheresse à la bouche, une légère injection de la conjonctive, de la constipation et les phénomènes ordinaires de la fièvre. Chez le bœuf et le mouton, les symptômes ne sont pas plus significatifs. Les sujets sont fiévreux, la rumination s'effectue très irrégulièrement et il y a de fréquentes éructations. Chez les carnassiers, la gastrite se traduit par des symptômes assez caractéristiques. Tout au début il y a des vomissements alimentaires ou glaireux; les malades refusent les aliments solides et recherchent les boissons froides, surtout l’eau, qu’ils lapent avec avidité, Il y a une fièvre assez intense ; la bouche est chaude, sèche et pâteuse. Chez le chien, la gastrite passe quelquefois à l’état chronique ; l’appétit revient un peu, mais les vomissements persistent et deviennent de plus en plus fréquents. Les malades s’affaiblissent graduellement et finissent par succomber dans un état de maigreur extrême.

Chez les herbivores, on peut combattre la gastrite par des breuvages émollients que l’on additionne de crème de tartre ou de bicarbonate de soude. Dès que les animaux manifestent le désir de prendre de la nourriture, il faut leur donner des boissons alimentaires, des barbotages de farine d'Orge auxquels on ajoute quelques racines

Mons

GATINAU

et des alcalins. Chez le chien, on obtient facilement la résolution de la gastrite en administrant pendant quelque temps un mélange de lait et d’eau de Vichy. Le calomel à petites doses répétées donne aussi de bons résultats. Il est rarement nécessaire de recourir aux révulsifs. P.-L00

GASTRO-ENTÉRITE (vétérinaire). — C'est l'in flammation de la muqueuse de l’estomac et de l’intestin. Au commencement de ce siècle, on la considérait comme la source d'une foule d'états morbides plus ou moins déterminés. En s'inspirant de l'œuvre de Broussais, les vétérinaires avaient établi dans la gastro-entérite de nos animaux des distinctions sans aucune base sérieuse et dont nous ne parlerons même pas ici. Avec l’effondrement de la doctrine physiologique, la fréquence et l'importance de la gastro-entérite ont disparu. De fait, elle est rare chez la plupart de nos animaux. Ses symptômes sont ceux que l’on assigne à l’entérite et à la gastrite (voy. ces mots).

Nous devons dire cependant que la gastro-entérite est assez commune sur les sujets des races bovines. Chez eux, elle a pour principales causes : les écarts de régime, les aliments échauffants, irritants, avariés, le travail excessif, les arrêts de transpiration.

Les bœufs atteints de gastro-entérite cessent de manger et de ruminer ; ils sont tristes, les oreilles sont pendantes, la bouche est chaude et sèche, le poil terne, les reins très sensibles à la pression. Le flanc gauche est tendu, et, à certains moments, il ya de la météorisation ; les excréments sont rares, durs, souvent coiffés. Cette constipation peut persister assez longtemps ou faire place à une diarrhée fétide. Si la maladie n’est pas combattue, elle peut avoir une terminaison fatale.

On intervient utilement dans la gastro-entérite du bœuf par la saignéc, les boissons mucilagineuses, les alcalins, les lavements tièdes et les révulsifs. P.-J. C.

GÂTEAU. — Nom vulgaire donné aux rayons formés par les cellules que les Abeilles construisent pour renfermer leurs provisions et loger le couvain (VOY. ABEILLE).

GÂTE-BOIS (entomologie). — Voy. Cossus.

GATILIER. — Arbuste de la famille des Verbénacées, connu sous le nom d’Arbre au poivre.

Le Gatilier (Vitex Agnus castus) ne dépasse guère deux mètres de hauteur, Sa tige, droite et simple, produit de nombreux rameaux pliants, tétragones, dont l'écorce est couverte d’un duvet blanchâtre. Les feuilles, opposées, sont composées de cinq folioles palmées, lancéolées, glabres, d’un vert sombre en dessus ; leur face inférieure est couverte d’un duvet serré, ras, analogue à celui qui couvre les jeunes rameaux. Les fleurs, attachées à l’aisselle des feuilles supérieures, forment de longs épis terminaux. Leur couleur varie du blanc au violet bleu. Le fruit est une nuculaine de 3-4 millimètres de diamètre, d’un noir rougeâtre, contenant un noyau 4-sillonné. Le bois du Gatilier est gris brun, lourd et dur; à cause des faibles dimensions de cet arbuste, 11 n’est d'aucun emploi. Les feuilles, les jeunes rameaux et surtout les graines ont une odeur poivrée très accentuée. |

Le Gatilier agneau chaste doit ce nom au duvet tomenteux dont il est couvert, duvet dont la couleur blanche rappelle, quoique de loin, celle des jeunes agneaux. Cette couleur donne à cet arbuste, qui ne présente d’ailleurs aucun intérêt, une certaine valeur au point de vue de l’ornementation des jardins. Le Gatilier produit un assez joli effet de contraste quand il accompagne des arbustes à feuillage

‘d’un vert franc; il est souvent employé à garnir

les bords des pièces d’eau, car il ne craint pas les

terrains humides. B. DE LA G.

GAÂTINAU (xootechnie). — Dans l'ouest central

de la France, dans les départements des Deux-

GATTILIER

vulgairement Gâtinau tout bœuf de la variété désignée officiellement par l'expression de race Parthenaise et qui appartient en réalité à la race Vendéenne (B. T. ligeriensis) (voy. VENDÉENNE). Les bœufs Gâtinaux sont de la variété Poitevine de cette race. On les nomme ainsi parce qu’ils naissent dans la Gâtine du Poitou, sur le plateau schisteux où se trouve la petite ville de Parthenay, chef-lieu d’arrondissement des Deux-Sèvres. Ils la quittent ensuite, à l’état de jeune bétail, pour se répandre dans la plaine et dans le Bocage, et devenir des bœufs travailleurs après avoir été bistournés.

Ce nom de Gâtinau n’est guère connu en dehors du pays que ces bœufs habitent. Les bouchers de Paris qui en abattent beaucoup, les désignent par celui de Choletais (voy. ce mot). Le monde officiel les qualifie de Parthenais; leur description sera donnée au mot POITEVINE, qui exprime le nom exact de la variété à laquelle les Gâtinaux appar-

tiennent. À. S.

GATTILIER. — Voy. GATILIER.

GATTINE (sériciculture). — Nom donné quel-

quefois à la pébrine ou maladie des corpuscules chez les vers à soie (voy. PÉBRINE).

GAUDE.— La Gaude (Reseda luteola), Vaude ou herbe à jaunir, appartient à la famille des Résédacées. Cette plante tinctoriale fournit à l’industrie une couleur jaune très estimée pour son brillant et sa solidité; elle doit cette propriété à un principe spécial, la luléoline, que M. Chevreul a isolé et qui se présente alors en cristaux prismatiques, allongés, soyeux, solubles dans l’éther et l’alcool.

Caractères. — Le Réséda gaude atteint 1 mètre de hauteur, il est bisannuel. Les racines sont pivotantes; les tiges anguleuses, rameuses quand la plante a crû isolément, portent des feuilles nombreuses, sessiles, entières, lancéolées, luisantes; elles sont terminées, à leur extrémité supérieure, par un long épi de fleurs d’un jaune verdàtre.

Les fruits sont des capsules ouvertes à leur sommet et présentant, en ce point, trois appendices qui sont la terminaison des carpelles. Les placentas pariétaux portent un grand nombre de graines très petites, jaunes.

Climat.— La Gaude peut venir partout en France ; elle réussit également en Allemagne et en Angleterre. C’est une plante rustique, et, en ce qui concerne notre pays, les circonstances économiques en déterminent seules la répartition. C’est ainsi qu’on la trouve cultivée aux environs des villes dans lesquelles on fait en grand la teinture des draps. L'Hérault et l'Eure sont les départements dans lesquels elle occupe les surfaces les plus importantes. M. Girardin estime à 320 le nombre d'hectares consacrés à la Gaude entre Pont-de-l'Arche et Louviers.

Sol. — Lesterres légères, mais conservant toujours un peu de fraicheur, sont celles qu’on doit préférer. Dans les argiles, les tiges atteignent de belles dimensions, mais sont très peu riches en matière colorante.

Engrais. —La Gaude n’est pas exigeante sous le rapport de la richesse du sol. Ilest bien rare qu’elle reçcoive directement la fumure, et le plus souvent on lui donne, dans la rotation des cultures, la place qu'occupent les céréales. C'est ainsi qu’elle succède fréquemment à des plantes sarclées.

Préparation du sol. — Le sol ne subit pas de préparation spéciale, il suffit qu’il soit propre et conyenablement ameubli.

Semailles. — Les semailles se font à deux époques différentes ; de là, deux variétés culturales qui ne diffèrent guère que par les dimensions : la Gaude d'automne, qui se sème en juillet et août; la Gaude de printemps, dont on confie les semences au sol dans les mois de mars et d'avril. La première de ces deux variétés est de beaucoup la plus estimée.

‘Sèvres et de la Charente-Inférieure, on appelle

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