GAUDIN
Les graines perdant très vite leur faculté germinative, on ne doit employer que celles de l’année précédente, et il est prudent de les essayer quand on ne les a pas obtenues soi-même. La récolte d’ailleurs ne présente aucune difficulté; on laisse mürir un certain nombre des plus belles plantes, on les arrache et on les bat. La semence pèse 60 kilogrammes l’hectolitre ; il en faut 4 kilogrammes par hectare quand on sème la variété d'automne, pour la variété de printemps, on met 5 kilogrammes.
L’ensemencement se fait toujours à la volée. La finesse des graines rend l'opération assez délicate et l’on se trouve bien d'ajouter à la semence une certaine quantité de sable fin qu'on mélange intimement.
Le recouvrement se fait avec une herse légère ou un fagot d’épines, Le roulage active quelquefois la germination.
Dès que la plante est levée, on sarcle à la main. Pour la Gaude d'automne, on attend ensuite le printemps, époque à laquelle les rosettes de feuilles commencent à s'étendre sur le sol, pour sarcler à nouveau, biner et éclaircir. Les pieds doivent être à 12 ou 15 centimètres les uns des autres. La Gaude de printemps exige de nombreux binages, car sa croissance est lente pendant sa jeunesse et elle est souvent dépassée par les plantes adventices.
Au lieu de semer la Gaude seule, on l’associe quelquefois à d’autres récoltes : on peut la mettre avec le Sarrasin qui disparait assez tôt pour lui permettre de s’enraciner suffisamment avant l'hiver ; on la répand encore dans des plantes sarclées telles que Féveroles, Haricots, au moment du dernier binage. Quand c’est la variété d’été qu’on cultive, on sème avec elle une Légumineuse de prairie artificielle, Trèfle ou Luzerne.
Quel que soit le système de culture adopté, il suffit, pour assurer la réussite de la récolte, de la défendre, surtout dans son jeune âge, contre les plantes étrangères. On attend ensuite le moment de l’arrachage qui est arrivé alors que les graines sont mûres dans le tiers inférieur de l’épi.
Récolte. — C'est en juin ou juillet pour la Gaude d'automne, en août ou septembre pour celle de printemps, qu'on procède à ce travail. On pourrait faucher, mais le commerce préfère que les racines restent adhérentes aux tiges.
Au fur et à mesure de l’arrachage qui se fait à la main et avec précaution pour éviter que les semences ne tombent, on réunit les tiges en petites javelles qu'on laisse étendues sur le sol si le temps est sec et chaud. Au bout de cinq ou six jours pendant lesquels on retourne plusieurs fois la Gaude, la dessiccation est complète.
Lorsqu'on craint la pluie, on dresse les javelles en écartant la base et en passant les extrémités supérieures dans un petit cercle d’osier. On préfère quelquefois sortir les tiges du champ et les appuyer, en couche mince, contre des haies, des murs, ou même contre une simple perche maintenue sur deux pieux.
Quand la dessiccation est achevée, on rentre la récolte et on la met en bottes de 5 à 6 kilogrammes qui se conservent sans altération pendant plusieurs années, pourvu qu’on les entasse en lieu sec,
Les graines qui s’échappent au moment de la mise en bottes, sont recueillies et traitées pour extraire l'huile qu’elles renferment et qu’on utilise pour l'éclairage.
Rendement. — Les rendements en tiges sèches oscillent entre 1000 et 3000 kilogrammes par hectare. On obtient jusqu’à 20 hectolitres de graines quand on recherche spécialement ce genre de produit. 1H" B:
GAUDIN (biographie). — Emile Gaudin, né en 1825, mort en 1884, passa la première partie de sa carrière dans la diplomatie, devint conseiller
GAULAGE
d'Etat, puis député. IL présida l’une des circonscriptions de l'enquête agricole de 1866, et dans les assemblées politiques prit part souvent aux discussions sur les affaires agricoles. Il fut membre de la Société nationale d'agriculture. HS.
GAULAGE. — Mode de récolter les fruits des arbres à haute tige, qui consiste à les faire tomber en frappant les branches avec de longues gaules. J1 est usité principalement pour les pommes à cidre, les noix, les châtaignes, etc. Cette méthode présente l'inconvénient de casser beaucoup de rameaux qui auraient donné du fruit dans les années suivantes. Au lieu de gauler, on peut secouer les arbres, ou bien attacher à la cime une corde sur laquelle on tire d’en bas pour imprimer aux branches un mouvement de va-et-vient,
GAULIS. — On donne ce nom aux jeunes peuplements crus en massifs quand, par suite de l'état serré des tiges, les branches basses commencent à sécher et à tomber. L'âge auquel les peuplements passent de l’état de fourré qui est celui de leur première jeunesse, à l’état de gaulis, varie suivant les essences et le milieu dans lequel elles végètent. C'est à ce moment qu’il convient de faire la première éclaircie qui doit se réduire à couper les tiges les plus faibles, les bois morts et les bois blancs, en ayant bien soin de ne pas interrompre le massif (VOy. FUTAIE). B. DE LA G.
GAULT (géologie). — Etage moyen de la période crétacée, appelé aussi grès vert : il tire son nomde la roche qui domine à la partie inférieure; c’est un grès possédant de nombreux grains verts de glauconie, nommés aussi grains chloriteux. La composition de ces grains est variable; ils sont généralement formés de silicate d’alumine associé à un silicate de fer et de magnésie, renfermant une certaine quantité d’eau de constitution.
Les grès verts forment l’étage le plus ancien du bassin parisien. Ils sont d’un haut intérêt agricole depuis qu'on y a reconnu l'existence de rognons de phosphates fossiles qui se présentent sous une forme irrégulière de couleur verdâtre et d’une grosseur variant depuis celle d’une noisette jusqu’à celle du poing. Les terres dérivées du grès vert, généralement légères, nourrissent de bonnes récoltes ; les Luzernes y réussissent bien, et l’on y observe de très beaux bois de Chêne (voy. CRÉTACÉ).
Le gault donne aussi son nom à des argiles situées immédiatement au-dessus des sables verts et qu'on appelle les argiles du gault. Ce sont des terres très fortes, très difficiles à cultiver, qu’il faut mettre en herbages ou conserver en bois quand elles sont plantées. Au mot CRÉTACÉ, figure l’analyse d’une terre de cette nature de Moiremont, près de Sainte-Menehould. F. G
GAULTHÉRIE (horticullure). — Genre de plantes de la famille des Ericacées, constitué par des arbustes ou arbrisseaux originaires de l'Amérique septentrionale. On cultive, dans les jardins, la Gaulthérie du Canada (Gaultheria procumbens), sous-arbrisseau à feuilles alternes, persistantes, rouges en dessous, à fleurs purpurines, à fruits en baies rouges et comestibles. Les feuilles, aromatiques, peuvent être employées en infusion comme celles du Thé. On cultive la Gaulthérie en terre de bruyère, à l’ombre ; c’est une plante assez rustique.
GAURA (horticullure), — Genre de plantes de la famille des Onagracées, constitué par des herbes vivaces ou suffrutescentes de l'Amérique septentrionale. On cultive le Gaura Lindheimeri, à tiges rameuses, portant des fleurs blanches intérieurement et rouge carmin extérieurement. On sème les graines à l’automne sur couche, pour mettre en place au printemps suivant; la floraison dure presque tout l'été.
GAVAGE (<ootechnie). — Opération qui consiste à introduire par force des aliments dans le jabot des
oiseaux de basse-cour, en vue de les engraisser :