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Fig. 9. — Gemmage du Pin.

aussi est-ce de cette partie de l’arbre qu’on l’extrait le plus facilement.

On distingue deux sortes de gemmage : le gemmage à vie qui n’entraine pas la mort de l'arbre et qui se pratique sur les Pins dès qu’ils ont un mètre de circonférence, dimension que ces arbres atteignent dans les landes de Gascogne vers leur trentième année ; le gemmage à mort, appliqué aux Pins destinés à être abattus soit parce qu'ils sont arrivés au terme de leur existence, soit parce qu'ils doivent disparaître dans les éclaircies.

Nous empruntons à une étude publiée par M. Blanc dans la lievue des eaux et foréis, la description de ces deux modes d'exploitation.

Au printemps, vers le 1% mars, l’ouvrier armé d'une hachette à fer courbé, après avoir raclé et aminci, dans la partie inférieure du tronc, l'écorce

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GEMMAGE

rugueuse du Pin maritime, commence par ouvrir au pied de l’arbre une entaille appelée quarre, mesurant 0,01 de profondeur maximum, 0",10 de largeur et quelques centimètres de hauteur.

L'oléorésine s'écoule, au bord supérieur de la section, par l’orifice des canaux résinifères tranchés, sous la forme de gouttelettes transparentes qui se solidifient peu à peu au contact de l'air et que l’on recucille dans un récipient placé plus bas.

Elle constitue alors lagemme ou térébenthinepure. En se solidifiant à l’orifice des canaux résinifères, elle ne tarde pas à les obstruer et cesse de couler; c'est ce qui nécessite l’opération appelée piquage.

Tous les cinq ou six jours, le résinier revient et, à l’aide de sa hachette, enlève, à la partie supérieure de l’entaille, un mince copeau de bois. C’est ce qu'an appelle rafraichir la quarre. Ces copeaux doivent naturellement être aussi minces que possible, afin que la même quarre dure plus longtemps.

Cette opération se renouvelle à intervalles égaux et la quarre s'élève de plus en plus le long du tronc du Pin, tout en conservant la même largeur et la même profondeur.

Au commencement de l'hiver, aux environs du 15 octobre, la gemme cesse de couler et l’opération est suspendue jusqu'au printemps suivant.

On conduit ainsi la quarre, en quatre ou cinq ans, Jusqu'à une hauteur de 4 à 5 mètres. On s'arrête alors et l’on ouvre sur une autre face de l'arbre, ordinairement contiguë à la première, une nouvelle quarre que l'on pousse de bas en haut de la même manière que la précédente.

En continuant ainsi, on arrive à faire le tour du tronc et, comme les anciennes quarres se recouvrent avec rapidité par leurs bords, on peut au bout de peu d'années en rouvrir de nouvelles sur les bourrelets ou ourles qui se sont formés dans l’intervalle des anciennes.

L'expérience a démontré que, dans le midi de la France, un Pin maritime peut vivre longtemps en portant, à partir de l’âge de trente ans, une quarre de 0,01 de profondeur et de 0®,10 de largeur. Ce sont les dimensions fixées par les cahiers des charges de la ferme des résines dans les biens de l'Etat; mais les particuliers commencent le résinage plus tôt et donnent à la quarre de plus grandes dimensions, ils ouvrent même plusieurs quarres sur les gros arbres.

Lorsque les Pins sont arrivés au terme de leur carrière et qu’on se dispose à les abattre, on les gemme à mort pour en extraire rapidement la plus grande quantité possible de résine. On pra: tique aussi ce mode de gemmage sur les jeunes arbres qui doivent tomber dans les éclaircies, Il suffit qu'ils aient 0,40 de tour, c’est-à-dire vingt ans environ, pour qu'ils puissent supporter l'opération qui consiste à ouvrir autour du tronc autant de quarres qu’il en peut porter et à les pousser aussi haut que possible. L'arbre ainsi traité périt ordinairement au bouf de quatre aus, #

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