‹ Dictionnaire d'agricultureChapitre 33 sur 270 · GEMME · texte numérisé non relu

GEMME

Pour recueillir la gemme, on se bornait autrefois à creuser au-dessous de la quarre, soit dans le sable, soit dans une grosse racine, un petit auget où elle se rassemblait. Ce procédé primitif laissait perdre une grande quantité de résine qui était absorbée par le sable ou se figeait le long de la quarre sans atteindre le pied de l'arbre; on se sert aujourd’hui de petits godets en terre fixés sur la quarre à l’aide d’un clou. Une collerette en zinc qui forme gouttière conduit dans le godet la gemme qui coule de la quarre. On remonte le godet et sa collerette à mesure que la quarre s'élève.

Lorsque le résinier vient faire le repiquage, il vide les godets dans l’escouarte, espèce de hotte en bois, dont le contenu est versé dans des citernes revêtues de planches, désignées sous le nom de barcous, qui sont disséminées dans la forêt. C’est dans ces barcous que les muletiers viennent remplir leurs barriques.

La résine que l’on récolte dans les pots est la gemme proprement dite. La partie qui se solidifie le long de la quarre et que l’on peut détacher facilement à la main, à peu près pure par conséquent, se nomme le galipot; enfin la partie qui reste adhérente au bois et n’en peut être détachée aisément est appelée le barras.

A la fin de la campagne, quand la gemme a cessé de couler, on enlève les pots et on racle le barras que l’on obtient mélangé à des copeaux et à des débris de tout genre. Cette opération se fait à l’aide de la barasquile, outil à lame tranchante et recourbée, et de la pousse dont la lame est droite.

La gemme, qui porte dans le commerce le nom de pète de térébenthine brute, est mise dans des barriques de 340 litres et portée aux usines où elle est purifiée et soumise à la distillation. On en tire l'essence de térébenthine, la colophane, la résine jaune, la poix blanche et noire, le brai gras, le goudron et ses nombreux dérivés.

La production de la résine, pour être abondante, exige une température élevée, une large insolation. C'est pour cela que dans la région des Landes les peuplements de Pins, destinés à être gemmés, doivent être fortement éclaircis. Maintenus en massif serré, les Pins dans la même région ne donneraient pas assez de résine pour payer les frais de l'extraction. Plus au nord, dans les bassins de la Loire et de la Seine, où le Pin maritime a été introduit, il n’a pas une sécrétion assez abondante pour se prêter avantageusement au résinage.

On gemme en Autriche le Pin noir, mais le rendement est bien moindre que celui du Pin maritime.

Les autres Pins indigènes ne sont l’objet d’aucune exploitation résinière importante, mais le Pin austral (P. australis) Pitch-Pine, espèce américaine, fournit une grande quantité de résine qui fait concurrence à celle de France sur tous les marchés du monde. B. DE LA G.

GEMME. — Voy. GEMMAGE.

GEMMULE. — Voy. EMBRYON.

GÉNÉALOGIE , LIVRE GÉNÉALOGIQUE (200technie). — Voy. FAMILLE.

GENEPI, GENIPI. — Voy. ABSINTHE.

GÉNÉRATION (z0olechnie). — Dans son sens général, le mot génération (dérivé du verbe latin generare, engendrer) exprime la fonction par laquelle les êtres vivants se reproduisent, c’est-à-dire engendrent d’autres êtres qui leur sont semblables. On dit indifféremment la génération ou la reproduction, pour désigner cette fonction. Elle s’accomplit selon des modes divers, chez les animaux, dont nous devons seulement nous occuper. Elle est dite vivipare, ovipare, ovovivipare, gemmipare, scissipare, parthénogénésique, alternante.

La génération vivipare est celle dans laquelle l'œuf produit par la femelle, après avoir été fécondé par le mâle (voy. FÉCONDATION), donne un embryon

Page 1