GERBIER
égrenée, il la saisit par la main droite au-dessous des épis et la secoue pour la débarrasser des courtes tiges et des herbes sèches qui y sont mêlées. Il a le soin d'élever un peu le bras pour éviter que les longues tiges ne touchent l’aire du bâtiment dans lequel il opère. C’est avec la main gauche qu'il retire les petites tiges de la poignée qu'il vient de secouer, si celle-ci en contient encore. Ceci fait, il saisit de nouveau la poignée entre les mains et il égalise les pailles à leur partie inférieure, en frappant légèrement celle-ei sur le soi. La poignée ainsi préparée est placée ensuite horizontalement sur deux liens. Sur diverses exploitations, après avoir égrené une poignée de Seigle, on peigne aussitôt celle-ci en lengageant dans un seran ou peigne à dents en bois arrondies et longues de 0,30 environ. Les petites tiges provenant de l’une ou de l’autre de ces opérations sont ensuite battues au fléau ou à la machine à battre.
Les tiges de Seigle, égrenées et nettoyées, sont réunies en bottes qui prennent alors le nom de gerbées à l’aide de deux liens placés chacun au tiers de la longueur des tiges et de deux autres liens qui se croisent sous le cul de la botte et qui sont rattachés au lien le plus éloigné des épis. Ces quatre liens ont pour effet d'empêcher que la paille ne soit coudée ou détériorée pendant les transports.
La paille de Seigle, ainsi préparée, doit être conservée à l'abri de la pluie, et autant que possible dans des locaux où les rats et les souris n’ont pas accès. La préparation des pailles destinées au fonçage des chaises ou à la fabrication des chapeaux communs, exige plus de soins que la paille qui doit servir à fabriquer des liens ou à couvrir des habitations. GC:
GERBIER. — Les gerbiers sont les constructions élevées pour protéger les céréales contre les agents atmosphériques, principalement contre l'humidité, et parfois aussi pour les garantir contre les rats et les souris.
Les gerbiers ont moins d'importance que lorsqu’on ne connaissait dans le nord de l’Europe que le battage en grange et au fléau. A cette époque, comme l’égrenage des céréales se prolongeait souvent pendant huit à dix mois, c'était avec juste raison qu’on cherchait à les protéger par des constructions spéciales contre tous les accidents durant cette longue période. La promptitude avec laquelle on peut opérer aujourd’hui le battage, permet de regarder ces bâtiments comme tout à fait secondaires.
Les gerbiers hollandais, français, etc., à toit tantôt mobile, tantôt fixe, étaient parfois très ingénieusement disposés, mais souvent aussi ils occasionnaient des dépenses que l’agriculteur ne peut s'imposer dans les circonstances actuelles.
Sur quelques exploitations appartenant à la région du Nord-Ouest, on a remplacé les gerbiers d'autrefois par de grands hangars-gerbiers rappelant très exactement les halls des chemins de fer. Ces hangars spacieux, à entrait retroussé et à tirants en fer, sont supportés par des poteaux montés sur dés en pierre, espacés les uns des autres de 4 mètres et hauts de 6 à 8 mètres. Ils sont à jour sur leurs quatre côtés, de sorte qu’on peut très aisément y décharger ou y charger les voitures. Ces gerbiers particuliers sont reliés au bàtiment dans lequel est située la machine à battre par une petite voie ferrée. Le toit surplombe de 1 mètre à 1",50 environ sur les deux façades longitudinales et de 2 mètres sur les pignons, de manière que le vent ne puisse pousser l’eau tombant de la toiture pendant les pluies contre la céréale qu’on y a déposée. Ces hangars-gerbiers peuvent servir au besoin à abriter les pailles contre la pluie quand l'exploitant doit les livrer à la vente. :
La conservation des céréales en meules a incontestablement de grands avantages, mais il faut re-