PAT LT QUE
GERMANIQUE
GERMANIQUE (z00technie). — Trois races animales, une chevaline, une bavine et une ovine, toutes trois fort importantes par leur valeur pratique ou par le rôle qu’elles ont rempli dans la formation des populations de notre pays, sont qualifiées de Germaniques. Deux d’entre elles ne sont pas seulement intéressantes à étudier au point de vue zootechnique. L'histoire de leur extension jusqu’à notre territoire se rattache à des événements sur lesquels leur étude jette un jour nouveau, en fournissant des documents certains. On comprend qu'il s’agit des incursions et des invasions des peuples germains en Occident. Nous devons nous borner ici à signaler cet intérêt, sans y insister davantage, et nous en tenir aux descriptions de ces trois races.
RACE CHEVALINE GERMANIQUE. — Le type naturel de cette race (E.C. germanicus) est un des plus dohichocéphales parmi les Equidés. Son front est étroit et fortement incurvé dans le sens longitudinal, avec des arcades orbitaires tout à fait effacées. Ses orbites sont petits et situés sur le côté. Son chanfrein, également étroit, en voûte surbaissée, est fortement busqué, et l’os zygomatique est peu saillant. Los incisif, dont les branches sont longues et peu inclinées par rapport à la direction des os du nez à leur extrémité, est ainsi peu distant de la pointe de ces derniers. Les branches descendantes de la mandibule sont curvilignes rentrantes à leur bord inférieur. De la sorte, tout l’ensemble de la tête semble arqué. Le profil est régulièrement courbe depuis le sommet de la tête jusqu’au bout du nez; la face est allongée et étroite.
Ce type, bien connu de tous les hippologues, quoique aucun d’entre eux n’ait eu l’idée de le considérer comme naturel, a été de tout temps désigné par les expressions de (tête busquée »,ctête d’oiseau », (tête de lièvre ». Il a été trouvé récemment à l’état fossile dans les dépôts quaternaires de Remagen, en Prusse rhénane, et décrit par Nehring. Ce crâne d’Equidé de Remagen, presque complet, est une des rares pièces fossiles du même genre que nous possédons. Nehring, dans le mémoire qu’il lui a consacré, le rattache explicitement à notre £. C. germanicus dont l'existence se trouve ainsi établie d’une façon positive dès les temps quaternaires.
La taille moyenne de l'espèce chevaline Germanique est très élevée. Au maximum le garrot s'élève jusqu’à 1,80 et le minimum ne descend pas au-dessous de 1",60, du moins dans l'aire géographique naturelle de la race. Le squelette, sans être véritablement grossier, est cependant fort; et comme les masses musculaires qui l'entourent sont peu épaisses, ses saillies paraissent accentuées. Les oreilles, toujours un peu longues, sont très rapprochées, ce qui, avec les formes de la tête et la situation des yeux peu grands, donne aux sujets une physionomie peu intelligente. L’encolure est toujours relativement grêle, la poitrine peu profonde, avec la partie dorso-lombaire longue, la croupe oblique, la queue basse. Les épaules et les cuisses, peu musclées, sont plates. Ces dernières, dont les muscles sont courts et se terminent brusquement en arrière, font paraître les jambes encore plus grêles. Ce caractère est particulier à la race. Les avant-bras sont courts et les canons longs, et les quatre membres se terminent par des pieds larges et le plus souvent plats. En somme ce sont là, comme on voit, des formes disgracieuses dans leur ensemble et tout à fait dépourvues d'élégance.
La race est pourvue, comme toutes les autres du même genre, des quatre couleurs de poil dont les combinaisons forment les diverses robes connues, mais ceux de couleur rouge y prédominent de beaucoup ; en sorte que ce sont les robes baies et alezanes qu’on rencontre le plus souvent, avec ou sans particularités blanches à la tête et aux membres.