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ETAT

GESTATION

préparation de l’agnelage par le berger, ses précautions étant toujours prises un peu avant le terme moyen prévu.

Chez les Suidés, où la période est encore plus courte, les écarts ne dépassent guère une semaine. On a coutume de dire que la truie porte 3 mois, 3 semaines et 3 Jours, ce qui correspond à environ 120 jours ou 4 mois. Il n’y a aucun inconvénient à tabler sur cette durée moyenne de gestation ; d’autant mieux que la femelle de Suidé avertit, par des signes non douteux, que le terme de sa gestation est arrivé.

Ce n’est pas seulement pour les raisons énoncées plus haut qu’il y a lieu de tenir compte des faits qui viennent d’être exposés. Au sujet des Ovidés en particulier, on a, dans certains cas, un intérêt incontestable à faire naître les agneaux à tel moment de l’année plutôt qu’à tel autre (voy. AGNE- LAGE). Pour satisfaire cet intérêt, il faut déterminer le moment de la lutte (voy. ce mot), en prenant pour base de calcul la durée de la gestation.

Il va de soi que les femelles en gestation, quel que soit leur genre, doivent être l’objet de soins particuliers, qu’elles doivent être traitées de façon à écarter tout ce qui pourrait troubler leur fonction, mais aussi en outre de facon que cette fonction, la plus importante de toutes, au point de vue zootechnique, s’accomplisse dans les meilleures conditions possibles. Si la mère ne porte pas son fruit jusqu’à terme, si elle avorte en expulsant un fœtus non viable, le but de son exploitation spéciale est manqué, et de même tout le reste des opérations zootechniques dont ce fruit aurait été le sujet. La fonction de gestation est donc fondamentale.

Le premier soin à prendre, pour toute femelle quelconque qui la remplit, est de lui éviter les violences de toute sorte, les efforts excessifs de traction pour les juments, les frayeurs ou les poursuites au pâturage, pour ces dernières et pour les vaches, les longues marches et les attaques des chiens hargneux ou trop zélés pour les brebis et pour les truies ; en un mot tout ce qui est de nature à troubler la tranquillité. L’allure que prend instinctivement la femelle pleine, quelle que fût auparavant la vivacité de.son tempérament, indique assez l’inconvénient que peuvent avoir ces violences, dont l'effet est le plus souvent de provoquer l'avortement, et tout au moins de troubler la gestation.

L'alimentation doit ensuite être l’objet d’une attention spéciale. Les auteurs ont souvent recommandé de ne la point composer avec des fourrages ou des aliments trop volumineux, qui, en remplissant outre mesure les organes digestifs, pourraient ne plus laisser, dans l'abdomen, assez de place au fœtus pour se développer. La recommandation est bonne, à certains égards, mais l’explication de son utilité laisse grandement à désirer. Le défaut de ces aliments volumineux ou grossiers n’est point de tenir trop de place, mais d’être insuffisamment nutritifs. C’est pour cela seulement qu'ils ne conviennent point pour les femelles en gestation. Ils ne leur conviennent surtout pas quand ils ont subi quelque altération du genre de celles qui favorisent le développement des moisissures.

C’est pourquoi les aliments fermentés ne doivent entrer qu'avec beaucoup de précautions dans l’alimentation des femelles pleines, et que le mieux serait peut-être de s’en abstenir tout à fait. Les propriétés toxiques des moisissures et de certains produits de fermentation ne sont pas ordinairement assez intenses, en raison de la dose, pour que leur action s'exerce sur les mères; mais la résistance du fœtus qu’elles portent n’est pas à mettre en comparaison avec la leur. Ce qui reste inoffensif pour la mère tue le fœtus et provoque l'avortement. Les cas de ce genre qui ont été observés sont nombreux et doivent commander la plus grande pru-

GEUM

dence, surtout maintenant que l’usage des fourrages conservés en silos s’est beaucoup répandu. Pour peu que la limite de la fermentation alcoolique ait été dépassée, qu'il y ait des odeurs acides et des moisissures, il sera sage de réserver le contenu du silo pour d’autres animaux que les femelles en gestation.

Lorsque celles-ci, en même temps qu’elles portent un fœtus, sont elles-mêmes dans leur période de croissance (ce qui devrait être le cas le plus général), l’alimentation doit pourvoir à la fois à leur propre développement et à celui du fœtus. Les uns et les autres ne se développent qu'en raison des matériaux qui leur sont fournis. S'il n’y en a que pour les fœtus, les mères pâtissent. A celles-ci, même quand elles sont adultes, il en faut un quan-

tum irréductible pour s’entretenir en vie. Elles le

prélèvent au besoin sur la part du fœtus, qui alors ne se développe qu'imparfaitement. De tout cela il faut conclure que dans tous les cas, les femelles en gestation doivent être nourries au maximum, pour que le but de leur exploitation soit atteint au mieux. Les meilleurs aliments, les plus riches et les plus facilement digestibles leur seront donc réservés, et leurs rations seront composées de manière que la relation nutritive en élève le plus possible la digestibilité. Au pâturage, elles consommeront les meilleures herbes; à l'écurie, à l’étable, à la bergerie ou à la porcherie, elles recevront, en outre de leur aliment essentiel d’entretien, des aliments concentrés en proportion convenablement calculée et autant qu’elles en voudront manger.

GEUM (horticulture). — Voy. BENOITE.

GÉVAUDAN (zoolechnie). — C’est une coutume universellement répandue de multiplier, dans le bétail, le nombre des prétendues races, de le diviser et de le subdiviser. Chaque localité veut avoir le sien propre, qu’elle désigne par un nom particulier. Celui du Gévaudan, qui appartient à la race bovine Vendéenne (B. T. ligeriensis), ne se distingue, pour le zootechniste, que par des nuances imperceptibles de la variété de l’Aubrac de cette race, et ne peut par conséquent pas faire l’objet d'une description spéciale (voy. AUBRAC). A. S.

GEX (FROMAGE DE) (laiterie). — Le fromage de Gex, dit aussi fromage persillé, est fabriqué dans le département de l'Ain, surtout dans les arrondissements de Nantua, de Gex et de Belley. C’est un fromage de lait de vache, à pâte ferme, caractérisé par les marbrures bleues dont sa pâte est parsemée.

Le lait, filtré et refroidi, est mis en présure ; après avoir égoutté le caillé, on le pétrit, puis on le tasse dans des moules ou faisselles, de 35 centimètres de diamètre sur 14 de hauteur, percés de trous et placés sur un égouttoir ; on recouvre d'un couvercle, chargé d’un poids de 4 à 5 kilogrammes qui provoque la sortie du petit-lait. Le fromage étant resté pendant un jour en presse, on procède à la salaison qui exige huit à dix jours. Le fromage est placé dans un vase circulaire en bois; on saupoudre la face supérieure de 100 grammes de sel; le lendemain, on le retourne et on sale la face inférieure; on recommence tous les deux jours jusqu’à ce que la croûte soit bien formée. Après la salaison, on procède à l’affinage, en transportant les fromages dans des caves un peu humides, qui doivent être froides en été et chaudes en hiver; les fromages y sont placés sur des rayons à clairevoie. C’est là que la pâte se marbre. Au bout de trois mois, on empile les fromages dans des caisses en couches séparées par de la paille; on en recornaît la maturité en les visitant avec une sonde en acier.

Les fromages mûrs pèsent de 5 à 7 kilogrammes; leur diamètre est de 30 centimètres et leur hauteur de 10 centimètres. Il faut de 60 à 85 litres de lait

Ib

GINANI

pour faire un fromage, soit en moyenne 12 litres par kilogramme. C’est à raison de la grande quantité de lait consommée par une fromagerie que le fromage de Gex est le plus souvent fabriqué en association, par des fruitières (voy. ce mot).

GIBÈLE (pisciculture). — La Gibèle n’est autre qu'une Carpe (Cyprinus Gibelio) qui supporte mieux le froid que les autres espèces, aussi s’est-elle acclimatée dans les étangs du nord de l’Europe. C’est sur elle que se fait leur aménagement. On dit sa chair fort saine mais sans goût, pas même celle des mares ou tourbières dans lesquelles elle vit très bien. Elle est la plus rustique et la plus prolifique de toutes les Carpes. C.-K.

GIBIER. — Voy. CHASSE.

GICLET. — Nom vulgaire du Concombre sauvage (voy. ce mot).

GILBERT (biographie). — François-Hilaire Gilbert, né à Châtellerault (Vienne) en 1757, mort en 1800, vétérinaire et agronome français, s’est fait connaître surtout par ses efforts pour répandre et propager les prairies artificielles et la race ovine Mérinos en France. Il fut directeur de la ferme de Rambouillet, membre de la Commission exécutive d'agriculture sous la première République, professeur et directeur-adjoint de l'Ecole vétérinaire d’Alfort, membre de l’Académie des sciences et de la Société nationale d'agriculture. Il a laissé un grand nombre de rapports sur des sujets variés et plusieurs ouvrages importants, dont les principaux sont : Traité des prairies artificielles (1190 et 1802), Recherches sur les causes des maladies charbonneuses (1795), Instruction sur le vertige abdominal des chevaux (1795), Instruction sur La clavelée (1796), Instruction sur les moyens les plus propres à assurer la propagation des bétes à laine de race d’Espagne et la conservation de la race dans toute sa pureté (1797). IL fut un des rédacteurs de la Feuille du cultivateur et du Cours complet d'agriculture de Rozier. 75.

GILBERT (biographie). — Ancienne famille d'agriculteurs du département de Seine-et-Oise, dont le membre le plus renommé a été Victor Gilbert, mort en 1872. Son père avait loué la ferme de Wideville, à Crespières, et il y avait introduit un troupeau de Mérinos espagnols. Sous l’habile direction de Victor Gilbert, ce troupeau a été constamment amélioré, les Mérinos plissés de Wideville sont devenus célèbres dans les deux mondes ; des bélicrs et des brebis ont été exportés partout. Victor Gilbert a été d’ailleurs un des principaux promoteurs des progrès agricoles pendant sa longue carrière ; son œuvre à été continuée par son fils aîné. HS:

GILIE (horticulture). — Genre de la famille des Polémoniacées, constitué par des plantes herbacées, annuelles ou vivaces, originaires de l'Amérique septentrionale. On en connaît un grand nombre d’espèces, dont plusieurs sont cultivées comme plantes de parterre, notamment le Gilia capitata, à fleurs bleues, petites, agrégées à l'extrémité des rameaux ; le G. tricolor, croissant en touffes, à fleurs bleuàtres, avec la gorge purpurine et le tuhe jaune. On sème à l'automne, à l'abri, et on met en place au printemps suivant. On peut cultiver ces plantes en bordure ou en pots; elles sont rustiques en France.

GILLET DE LAUMONT (biographie). — François-Pierre-Nicolas Gillet de Laumont, né à Paris en 1747, mort en 1834, minéralogiste français, s’est principalement livré à des recherches de minéralogie et de géologie. Il fut membre de l’Académie

‘des sciences et de la Société nationale d'agriculture. | 11 planta sur son domaine d’Aumont (Oise) un

grand nombre d’arbres exotiques. On lui doit un

rapport sur l’exploitation des tourbières dans la

vallée d’Essonne. Ho:

GINANI (biographie). — François Ginani, né à

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