GALOP
saire pour projeter la masse du corps d’une certaine quantité en avant, en lui faisant parcourir une trajectoire courbe, plus ou moins tendue, au bout de laquelle les membres s'appuient de nouveau, dans l’ordre de leur moindre élévation. D’après cet crdre c’est le dernier levé, celui qui a donné l’impulsion, qui regagne le premier le sol, puis le bipède diagonal, puis enfin le membre antérieur droit. La lecture du graphique ne laisse aucun doute à cet égard.
Lorsque le cheval galope ainsi sur un sol sonore, l'oreille perçoit facilement trois battues des sabots, dont l'intermédiaire est d'intensité double de celle de chacune des deux autres, comme résultant du choc simultané de deux sabots au lieu d’un. C’est ce qui a fait donner à l’allure le nom de galop à trois temps. Ces trois temps se succèdent, par série, à intervalles variables selon la vitesse de l'allure, toujours dans l’ordre que nous venons de voir, à moins que, par un nouveau déplacement latéral du centre de gravité, l'animal ne change de pied, c’est-à-dire ne cesse de galoper à droite pour galoper à gauche. Si le changement n’a pas lieu, le membre postérieur gauche continuera seul de donner l'impulsion et conséquemment de développer l'effort nécessaire pour cela, tandis que l’autre n'aura qu’à se déplacer pour se porter en avant. Il se fatiguera donc beaucoup plus que celui-ci. C’est pourquoi il est sagement recommandé au cavalier qui monte un cheval au galop de le solliciter à changer de pied le plus souvent possible, afin de répartir également les efforts entre les deux membres postérieurs, comme cela se réalise normalement dans l'allure du trot.
La valeur de l'effort, à l'allure du galop, est la même que celle qui suffit pour déplacer le corps à l'allure du trot. Elle est indépendante de la vitesse qui influence seulement le travail. Cette valeur est, d’après nos propres recherches, de 0,1 du poids du corps. Conséquemment, un effort de 50 kilogrammes suffit pour donner au galop l'impulsion à un cheval de 500 kilogrammes. Pour calculer le travail effectué par ce cheval, il suffit dès lors de multiplier par 50 le nombre de mètres qu'il a parcourus. Si, par hypothèse, ce nombre est 2000 mètres, cela fait un travail de 100000 kilogrammètres. On arrive au même résultat en multipliant la valeur de l'effort par la vitesse et par le temps en secondes. Dans le cas supposé, la vitesse sera de o mètres, par exemple, et le temps de 400 secondes ou 6"40$.
La vitesse du galop ordinaire, comme celle de toutes les autres allures, dépend à la fois de la disposition des leviers osseux des membres (voy. CHE- VAL) et de l’excitabilité neuro-musculaire individuelle. Elle est donc nécessairement variable. Comme moyenne de nombreuses observations faites sur des chevaux de taille ordinaire, on admet qu’elle est de 7 mètres, ou sensiblement le double de celle du trot moyen. Il s’agit, bien entendu, de la vitesse du grand galop. Au petit galop elle ne diffère pas de celle du trot.
Le galop de manège est dit à quatre temps parce que, en effet, le cheval qui l’exécute fait entendre quatre battues au lieu de trois seulement. Ainsi que l'indique son nom, c’est une allure de parade, sans utilité pratique, ce que les écuyers appellent un air de manège. Il diffère du galop ordinaire seulement en ce que les mouvements du bipède diagonal sont successifs au lieu d'être simultanés. L’unique battue de ce bipède est dédoublée. Cette allure ne donne et ne peut donner en effet qu’une faible vitesse. Le cheval qui l’exécute galope presque sur place, en levant ses membres de façon que leurs mouvements aient une certaine élégance et fassent valoir surtout l’habileté du cavalier. Nous n’avons donc pas à y insister davantage ici, où il ne doit être question que de choses pratiques.