‹ Dictionnaire d'agricultureChapitre 7 sur 270 · GALOP · texte numérisé non relu

GALOP

Le galop de course est aussi, en réalité, un galop à quatre temps, mais dont l'exécution est différente, Longtemps on a cru qu'il consistait en une succession rapide de sauts, dans lesquels les foulées ou appuis se faisaient, à très courts intervailes, par bipèdes antérieur et postérieur. Si l’acuité auditive eût été assez grande, on n’eût dès lors entendu que deux battues. C’est pourquoi on a pris l'habitude de donner à cette sorte d’allure le nom de galop à deux temps. Le graphique qu’en a obtenu Marey fait voir qu'il y avait erreur. Mais cette erreur n’est pas aussi complète qu’on pourrait le croire de prime abord. Richard, le premier, puis Colin, qui considéraient le galop de course comme ayant trois appuis ou battues, à la manière du galop ordinaire, ayant constaté que les membres du bipède antérieur atteignent des hauteurs différentes, se trompaient comme les autres. Le fait fondamental est que, dans le galop de course, l'impulsion est donnée par l'effort simultané des deux membres postérieurs, au lieu qu’un seul agisse, comme dans le galop ordinaire. L'effet utile obtenu devait le faire prévoir, puisque le déplacement, pour le même temps, est d'intensité double. Seulement le graphique montre qu'après avoir développé ses efforts et s’être lui-même projeté en avant, le bipède postérieur n’élève pas non plus ses deux pieds à la même hauteur. Ils ne peuvent donc, d’après cela, s'appuyer en même temps. Le retard de l’un sur l’autre n'étant que d’une faible fraction de seconde, il n’est perceptible ni par l'œil ni par l'oreille, dans l'observation directe. Sur le graphique on voit nettement, toutefois, que les courbes ne se superposent point, pas plus d’ailleurs que celles tracées par les membres du bipède antérieur.

Il y a donc bien, dans le galop de course, quatre foulées ou battues successives des pieds; mais ces battues se font par paires dont chacune concerne, non point un bipède diagonal, comme dans le galop de manège, ou un latéral, comme dans le traque-

nard ou amble rompu; l’une est produite par les

appuis distincts du bipède postérieur, l’autre par ceux de l’antérieur. La seule différence qu’il y ait avec la succession de sauts d’abord admise, c’est qu’au lieu d’être simultanés les appuis des pieds de chacun de ces bipèdes sont successifs.

‘*On s'explique par là comment il se fait que la plus grande longueur des membres postérieurs ou l'élévation. de la croupe, par rapport à celle du garrot, favorise la vitesse de la course chez les animaux grands coureurs, comme les cerfs, les lièvres, les chiens lévriers et aussi les chevaux de course. Ce n’est pas la longueur des leviers osseux qui importe le plus en ce cas, c’est celle des muscles qui les entourent et les actionnent, et dont le raccoureissement, quand ils se contractent pour développer leur effort, est proportionnel à cette longueur.

La vitesse moyenne du galop de course est chez les chevaux, d’après de nombreuses observations, de 14 mètres environ. Nous avons vu déjà que la valeur de l'effort d’impulsion est double de celle qui suffit pour l’exécution du galop ordinaire, et par conséquent de 0,2 du poids vif. En aucun cas de la pratique une telle allure ne peut être utilisée ; non point précisément à cause de la dépense d’énergie qu’elle exige, car en somme, après une course de 4000 mètres, un cheval pesant, avec son jockey sur le dos, 550 kilogrammes, n’a effectué qu’un travail de 440 000 kilogrammètres (110 X 4000) mais parce que l’ayant exécutée à cette vitesse il est alors à bout de respiration. Aussi n’est-ce point en vue de l'utilité directe qu’elle est pratiquée par la variété particulière de chevaux qui l'exécutent. Ce n’est pas le lieu de discuter la valeur attribuée à ces chevaux, comme agents d'amélioration des races chevalines en général, non plus que la portée morale du genre de sport dont ils sont l’objet. Cela

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. GANACHES ne doit avoir rien de commun avec les préoccupations habituelles des agriculteurs. A. S

GAMASIDÉS (entomologie). — Famille d'Acariens (voy. ce mot).

GAMAY (ampélographie). — Le Gamay noir parait originaire de Gamay, localité voisine de Beaune ; 1l est très répandu dans toute la Bourgogne, où il joue le rôle d’élément de quantité à côté du Pinot, qui imprime les caractères de finesse et de distinction qui rendent célèbres les vins de la Côte-d'Or; mais c’est dans le Lyonnais, le Màconnais et le Beaujolais qu'il est surtout cultivé ; il constitue à peu près à lui seul tous les vignobles de cette région. Il joue enfin un rôle important dans un grand nombre de vignobles du centre et de l’est.

Synonymie : Petit-Gamay, Gamet, Plant de Bévy, Plant d’Arcenant, Plant de Malin, Plant d'Evelles, Plant de Labronde, Plant Nicolas, Plant Bourguignon, Plant de Magny, Gamay de Liverdun, Ericé notr, Grosse race, Lyonnaise.

Description. — Souche moyennement vigoureuse. Port érigé. Sarmenis moyens, mérithalles de moyenne longueur. Feuilles moyennes, trilobées, ou presque entières, à sinus pétiolaire ouvert en V, sinus latéraux peu marqués, dents courtes, obtuses, irrégulières, face supérieure d'un vert clair et glabre, face inférieure un peu plus pâle et presque glabre. Grappe moyenne, cylindro-conique, serrée, à pédoncule court et ligneux. Grains moyens, légèrement ovoides, d’un beau noir, pruinés, juteux et sucrés.

Maturité. — Deuxième époque de M. Pulliat.

Le Petit Gamay est prompt à se mettre à fruit, ses rendements sont réguliers et assez élevés. IL produit, dans les sols granitiques et schisteux du Beaujolais, des vins d’une réelle valeur, dont quelquesuns, tels que ceux du Moulin-à-Vent, de Thorins et de Chenas, jouissent d’une réputation justifiée. Dans les calcaires, son vin est plus coloré, mais moins fin. Il redoute un peu les gelées printanières parce qu’il débourre de bonne heure. La taille qui lui convient le mieux est la taille courte.

On connait trois variétés de Gamay : le Gamay teinturier, le Gamay gris et le Gamay blanc ou Feuille ronde; aucune n’a autant d'importance que le Petit Gamay. G. F.

GANACHES (z00t{echnie). — En langage hippologique, on donne le nom de ganaches à ce qui, en anatomie, est appelé branches de la mandibule ou du maxillaire inférieur, avec les muscies qui les entourent et la peau qui les revêt. Les ganaches limitent ainsi entre elles l’espace triangulaire qui forme le plancher de la bouche et que les hippologues nomment l’auge. L'écartement des ganaches, conséquemment la grandeur de la base du triangle de l’auge, est en raison du volume du larynx, logé entre les branches montantes de la mandibule. Cet écartement est ainsi un indice du développement des premières voies respiratoires. Il est naturellement plus grand chez les brachycéphales que chez les dolichocéphales ; mais, chez les uns comme chez les autres, il présente des degrés, dont la signification est celle que nous venons de dire. Il y a donc lieu d’y avoir égard dans l'examen des Equidés, où des ganaches très écartées doivent toujours être considérées comme une beauté de conformation.

On dit que les ganaches sont fortes, ou que le sujet est chargé de ganaches, quand celles-ci ont une grande épaisseur. Considérées chez le même individu, elles sont d’autant plus épaisses, proportionnellement, qu’il est plus jeune. Jusqu'à un certain moment, les dents molaires sont contenues entièrement dans leur épaisseur. Ces dents en sortent ensuite de plus en plus, à mesure que leur table s'use par la mastication. L'espace qu'occupaient leurs racines se rétréeit et se comble, et de

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