GLAND
main. Suivant l'arrêt précité du Parlement de Paris, le glanage au ràteau n’est pas permis pour ceux qui veulent jouir du droit de glaner, mais le propriétaire d’un champ moissonné a le droit de le râteler avec un ràteau à dents de fer, mais avant que les gerbes mises en dizeaux aient été enlevées (Cour de cassation, 20 octobre 1841). Suivant un autre arrêt de la même cour, en date du 15 septembre 1835, le glanage dans un champ ouvert, avant qu’il soit entièrement dépouillé de la récolte, doit être puni des peines portées par l’article 471, n° 10 du Code pénal, lors même que le propriétaire aurait accordé la permission de s’introduire dans ce champ. Enfin, le tribunal suprême a reconnu, le 19 octobre 1835, que la disposition qui défend d’introduire les troupeaux dans les champs moissonnés avant qu’il se soit écoulé deux jours depuis l’enlèvement des récoltes, s’applique non seulement aux champs moissonnés, mails encore aux prairies et aux terres cultivées en fourrages.
Le cultivateur a-il le droit de faire ramasser des épis épars dans son champ après le coucher du soleil ? La Cour de cassation lui a reconnu ce pouvoir par son arrêt en date du 23 janvier 1820, en constatant qu’il n’a fait que recueillir des fruits qui lui appartiennent.
En résumé, le glanage n'est pas nuisible au cultivateur, mais il devient un abus quand il est exercé avant l'enlèvement complet des gerbes, et lorsqu'il est pratiqué par des jeunes gens ou des hommes valides. G. H.
GLAND (sylviculture). — Le gland, fruit du Chêne (voy. ce mot), est une nucule à péricarpe coriace contenue dans une capsule qui, suivant les espèces, est écailleuse ou hérissée, de pointes et de tubercules. La forme et les dimensions des glands sont très variables. Ovoïdes oblongs, sessiles sur le Chêne pédonculé, ils sont pétiolés, cylindriques, oblongs sur le Chêne rouvre ; ovoïdes, portés sur un pédoncule court et robuste et enchâssés dans une capsule embrassante, hérissée de longs appendices de consistance molle, chez le Chêne chevelu. Le gland des Chênes de nos climats a une saveur âcre et amère, mais quelques Chênes des pays méridionaux produisent des glands de saveur douce qui peuvent servir à l'alimentation de l'homme. En France, le gland n’est guère employé qu’à la nourriture des porcs. La glandée est, dans certaines régions, un produit important.
Les glands, ramassés après leur chute, sont conservés pour nourrir les animaux pendant l’arrièresaison ; mais, le plus souvent, les porcs font euxmêmes la récolte dans les forêts. Cette alimentation donne à leur chair les qualités les plus appréciées.
Les glands destinés à être semés dans les pépinières ou les terrains à reboiser doivent être ramassés dans l’arrière-saison; il faut éviter de recueillir ceux qui tombent les premiers, parce qu’ils sont habituellement attaqués par les insectes. Lorsqu'on ne peut faire le semis avant l'hiver, il faut stratifier dans du sable bien sec les glands ressuyés au préalable sur le plancher d’un grenier bien aéré. Malgré cette précaution, beaucoup de glands germent, se dessèchent ou pourrissent si l'hiver se prolonge.
Le meilleur moyen de conservation consiste à les mettre en silos dans une fosse cylindrique garnie intérieurement d’un revêtement de paille tressée que soutiennent de fortes perches. On donne à la fosse une profondeur de 1 mètre ou 1",50. Les glands y sont étalés en couches minces, séparées par d’épaisses couches de sable sec non terreux. Quand la fosse est remplie, on continue hors terre le cylindre construit dans le sol. Pour cela, on relie les perches par des harts, des branchages et des tresses de paille, de manière à former une colonne creuse d'environ 2 mètres au-dessus du sol. On remplit ce cylindre de glands et de sable stratifiés