GLANDÉE
et, quand il est à peu près plein, on ferme la partie supérieure avec une épaisse couche de sable qu'on recouvre de paille et de ramilles.
Ce procédé n’est applicable que lorsqu'on a de grandes quantités de glands à conserver. Quand on n'a besoin que de quelques hectolitres, on peut se servir de tonneaux dans lesquels on stratifie les glands avec du sable sec.
On peut encore remplir de glands des caisses ou des tonneaux percés de trous et maintenus dans l’eau à l'abri de la gelée. Retirés au printemps, les glands sont bien conservés et prêts à germer.
Avant d'employer les glands, on s'assure de leur qualité. Les glands piqués, durs, dont l’amande est brune ou noirâtre, ceux qui sont moisis doivent être rejetés. Un gland sain a le péricarpe entier, d'un brun clair, luisant; l’amande, d’un blanc jaunâtre, est ferme, le germe est intact et frais. Jetés dans l’eau, les glands sains tombent au fond, les mauvais surnagent. — Un hectolitre de glands de bonne qualité pèse de 55 à 60 kilogrammes. On compte environ 250 glands au litre et 450 au kilo-
gramme. B. DE LA CG.
GLANDÉE. — Récolte des glands (voy. ce mot).
GLANDS (DESSICCATION DES). — Pour conserver
jusqu'au milieu de l'hiver les glands destinés à nourrir les porcs, il suffit de les étendre, dans un grenier ou un cellier, sur un plancher sec. Pour les conserver pendant plus longtemps, on les fait sécher en les plaçant dans le four quelques heures après que le pain en a été enlevé; on les soumet à des pelletages, pour activer l’évaporation de l’eau. Dans quelques contrées, on a l'habitude de faire moudre les glands séchés ; on y ajoute de la farine, et l’on distribue ce mélange aux porcs en barbotage avec de l’eau ou du petit-lait.
GLANE (zootechnie). — Nom sous lequel a été désignée et décrite par Félix Villeroy une variété bovine de la race Jurassique (B. T. jurassicus), qui se trouve dans l’ancien Palatinat, en Bavière rhénane, dans une vallée qui porte ce nom (la vallée du Glane) et aussi sur les hauteurs voisines de la chaîne des Vosges, notamment sur le Donnersberg. C’est une variété de petite taille, plus connue en Allemagne sous le nom de la montagne. Les auteurs allemands ne se servent point, pour la désigner, de celui de la vallée, que Villeroy a préféré. Il n'y a point de raisons valables pour que nous fassions autrement qu'eux, du moment qu’il s’agit d’une variété exclusivement propre à leur pays. Ils seraient en droit de le trouver mauvais, et nous ne voulons pas leur donner ce droit (voy. DONNERS- BERG). et
GLEUCOMÉTRIE (ænologie). — La gleucométrie a pour objet de faire connaitre la proportion des matières sucrées contenues dans les moûts de raisins ou dans les liquides vineux qui en dérivent. En exposant la façon de procéder pour les différents liquides, tels que : moût de raisin, vins sucrés ou liquoreux, vins secs ou complètement fermentés, on indiquera les méthodes de dosage d’une application facile et rapide dans les mains du vi-
gneron; c’est à ces conditions seules que cette opé-
ration peut rendre des services réels. Cet article est exclusivement consacré à l’analyse des moûts ; pour celle des vins, voy. ce mot.
La détermination de la richesse gleucométrique du moût renseigne sur l’état de maturité de la vendange et en partie sur la valeur des produits vinifiés. La qualité d'un vin ne dépend pas exclusivement de l'alcool qu'il renferme, et par conséquent de la quantité de sucre du jus du raisin dont il provient; il existe aussi d’autres facteurs très difficilement appréciables, tels que les acides, matières odorantes, sapides, etc., dont l'abondance varie avec les cépages, les conditions climatologiques et météorologiques. Cependant le sucre, par les produits dérivés de sa fermentation alcoolique, influe pour
ae
GLEUCOMÉTRIE
une bonne part sur les propriétés hygiéniques du vin; sa proportion dans les moûts fera donc juger de la maturation du raisin, car on sait aussi qu’à mesure qu’elle augmente, les acides très considérables dans les raisins verts disparaissent en partie. Bien que les phénomènes qui régissent la production de ces corps n'aient entre eux aucune dépendance immédiate, ceux-ci doivent, dans !les années favorahles, se rencontrer en quantité convenable et déterminée, suivant la nature des Vignes et du milieu. Il serait donc utile, par des essais successifs, de suivre la marche croissante de la maturation pour fixer l’époque de la vendange d’après ces indications.
On verra ailleurs qu'il est parfois de bonne fabrication d’ajouter du sueëre aux raisins non mûrs pour obtenir des vins potables ; là encore il faudra tenir compte de celui qui existe déjà dans le moût. Il en sera de même pour les raisins trop sucrés dont le moût devra être étendu d’eau par l'opération du mouillage pour être ramené à un titre en sucre plus favorable à la fermentation.
Enfin du poids de sucre par litre de moût on déduira la richesse alcoolique du liquide après la vinification, en estimant qu’en pratique 17 grammes de sucre produiront par litre 10 centimètres cubes d'alcool pur, correspondant à 1 degré de l’alcoomètre centésimal de Gay-Lussac.
Toutes ces observations, consignées sur un régistre, fourniront des renseignements précieux sur l'état des récoltes et permettront des comparaisons intéressantes avec les années précédentes.
Les méthodes de dosages les plus connues pour les moûts se divisent ainsi : À, méthodes densimétriques ; B, méthodes chimiques.
A. La détermination de la densité des moûts conduit à la richesse gleucométrique avec une approximation suffisante pour la préparation des vins. Cette opération, exécutée à l’aide des aréomètres ou des densimètres, peut être confiée aux personnes les plus étrangères à ces sortes de manipulations ; c’est un avantage sur le dosage chimique, qui demande, au contraire, un matériel de laboratoire et un opérateur exercé.
Avant de décrire les instruments et leur usage, il est convenable d'entrer dans quelques détails sur les relations qui existent entre la densité du moût ou son poids spécifique et sa richesse gleucométrique.
Si, au lieu d’un jus de raisin dont la composition est très complexe, il s'agissait d'opérer sur une dissolution de sucre pur dans l’eau distillée, le problème serait facile à résoudre, le sucre étant le seul élément qui puisse en modifier la densité. Il suffirait, dans ce cas, de déterminer le poids spécifique des liquides à l’aide du densimètre par exemple et de chercher dans des tables la proportion de sucre des solutions de densité égale. On emploie aussi,
pour plus de simplicité, des instruments gradués
par rapport à la richesse saccharine ; ils dispensent de l’usage des tables.
Si l’on veut appliquer la méthode densimétrique aux moûts, il est des causes d’erreur assez considérables dont il faut tenir compte. On sait que les phénomènes de la maturation sont caractérisés grossièrement par la disparition des acides et par. un accroissement incessant de la matière sucrée. Ce dernier phénomène l’emportant sur le premier, il en résulte une augmentation de la densité du moût, qui n’est point toujours proportionnelle aux poids des produits disparus et formés ; il n’y a point de proportionnalité inverse entre ceux-ci, les différents facteurs qui entrent dans la composition des moûts variant en poids suivant de nombreuses conditions : nature du cépage, milieu, année.
Cependant, les considérations qui précèdent et celles qui suivent nous permettront de résoudre le problème de la façon suivante. Le poids du litre, c’est-à-dire la densité multipliée par le volume, DV,
GLEUCOMÉTRIE
peut être regardé comme formé de la somme de l'eau P, plus le poids du sucre Q, plus le poids des autres matériaux que nous appellerons matières étrangères d :
DV=P+Q+a.
Partant de cette donnée, M. Dubrunfaut a établi la formule :
Q, poids du sucre en grammes ; 1600, densité du sucre ; D, densité du moût; d, poids par litre des matières étrangères au sucre. — Elle permet donc de connaitre la richesse gleucométrique Q, après avoir déterminé la densité D du moût et la valeur d. Le poids d des matières étrangères est indéterminé et difficile à fixer; c’est là une cause d'inexactitude dans l’emploi de la méthode densimétrique. On peut cependant arriver à un résultat très approché en donnant à d la valeur de 30 grammes par litre, chiffre moyen déduit de nombreuses expériences.
Aréomèlre Baumé. — On s’est servi d’abord et on se sert encore beaucoup des aréomètres construits et gradués d’après Baumé (voy. ARÉOMÈTRE). Les degrés de cet instrument ne donnent point fa densité, il faut les transformer soit à l’aide d’une table, soit à l’aide de la formule suivante, n étant le nombre de degrés Baumé et D la densité cherchée.:
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On reproche à cet instrument sa graduation arbitraire. Son usage ne s’est maintenu dans la pratique qu’en raison d’une coïncidence imprévue qui fait que les degrés Baumé d’un moût indiquent en même temps la richesse alcoolique de son vin. Ainsi un moût pesant 10 degrés Baumé produira un vin de 10 degrés à l’alcoomètre Gay-Lussac. Il en résulte que chaque degré de l’aréomètre représente environ 17 grammes de sucre par litre.
On a imaginé pour l’œnologie des aréomètres spéciaux auxquels on a donné Îles noms suivants : gleucomètre, gleuco-æœnomètre de Cadet de Vaux, œænogleucomètre du docteur Guyot, etc. Ce dernier est un aréomètre Baumé en verre pour les liquides plus lourds que l'eau et dont la graduation est limitée de 0 à 10 degrés. De chaque côté de l’échelle inscrite et fixée dans l’intérieur de la tige, se trouvent deux autres colonnes : l’une indique la richesse saccharine correspondant aux degrés observés, l’autre la proportion ou le degré alcoolique correspondant au sucre. Le degré de l’échelle est le point où affleure l’aréomètre dans les liquides dont le sucre est transformé presque complètement par la fermentation; il correspond à la densité de l’eau pure qui est à peu près celle du vin, l'alcool plus léger que l’eau compensant l'effet des matières extractives plus lourdes. L’œnogleucomètre ne donne aucune indication pour les moûts en fermentation contenant à la fois du sucre et de l’alcool; il ne peut servir que pour les moûts non fermentés ou pour marquer à l’aide du 0 la fin du cuvage, c’est-à-dire le décuvage.
Les degrés Baumé de cet instrument correspondent à une dissolution formée seulement d’eau et de sucre pur dans une proportion différente de celle d’un moût sucré de raisin ayant la même densité, puisque celui-ci, comme il a été dit plus haut, outre le sucre, contient des matières étrangères évaluées à 30 grammes par litre. On estime que le poids de ces substances entre pour 1/12 environ dans la valeur totale de la densité ou des degrés Baumé, de sorte qu'après la lecture du nombre
She L'URSS
GLEUCOMÉTRIE
de degrés et fractions de degrés Baumé divisés en 1/8, il faudra retrancher ce douzième avant de passer à la colonne du sucre. Par exemple, l’aréomètre affleurant à 11 degrés, il faudra soustraire 1/12, soit 0°,91 — 10°,09, correspondant à 172 gr. de sucre par litre au lieu de 190 grammes.
Il faut aussi que les observations soient faites à 12 ou 15 degrés, suivant la température à laquelle l'instrument a été gradué. On comprend qu'il est facile de refroidir un moût en plongeant le récipient qui le contient dans de l’eau froide, de l’eau de puits par exemple, ou de le réchauffer en le plaçant dans un endroit chaud ; un thermomètre est nécessaire dans ce cas. Il existe des tables qui dispensent de ces manipulations en indiquant la correctionsen plus ou en moins pour chaque température.
Voici maintenant comment on procède à un essai. Après avoir prélevé dans le vignoble une certaine quantité de raisins représentant bien l’état moyen de la maturité, le jus extrait par pression Soit à l’aide d’une presse ou plus simplement d’un linge, est placé dans une éprouvette à pied en verre ou fer-blanc, et dans ce jus suffisamment filtré on plonge l’aréomètre en ayant soin de maintenir la température à 12 ou 19 degrés, ou de constater celle qui existe pour correction. Après plusieurs oscillations verticales de: l'instrument pour bien s'assurer qu'il flotte librement, on fait la lecture du nombre de degrés, au point où la surface du liquide coupe la tige; on diminue ce nombre de 1/12 et l’on cherche dans la colonne du sucre le poids correspondant à 100 en volume de liquide correspondant à la densité corrigée ; en suivant la même ligne horizontale, la colonne voisine donnera la richesse alcoolique en puissance.
Fig. 19. — Trousse densimétrique.
Densimètre, mustimètre. — L'incertitude dans la graduation des aréomètres fait préférer pour le même usage le densimètre tel que Gay-Lussac l’a construit, marquant le poids spécifique réel des liquides.
Le mustimètre est un densimètre lesté pour des densités comprises entre 370 et 1170. Les observations doivent être prises à la température de 15 degrés ; sielle est inférieure ou supérieure, des tables de correction indiquent les quantités à retrancher ou à ajouter.
GLEUCOMÉTRIE
La figure 19 représente une trousse densimétrique imaginée par M. Salleron et composée d'un mustimètre, un thermomètre, une éprouvette, le tout contenu dans un étui en fer-blanc.
B. Méthode chimique. —L’essai densimétrique tel qu'on vient de le décrire suffit, dans la plupart des cas, aux besoins de l’industrie vinicole; il se recommande par son exécution facile et donne le poids de sucre avec une erreur peu importante de 9 à 6 pour 100 de sucre. Si l’on exige plus de rigueur dans les résultats, 1l faut s'adresser aux méthodes chimiques, mais leur manipulation plus délicate les rend d’un emploi moins courant dans la pratique industrielle.
Parmi ces méthodes, pour atteindre le but proposé, on adopte de préférence le procédé c8nseillé par M. Pasteur, qui consiste à faire agir le moût
sucré sur la liqueur cupro-potassique de Fehling..
Pour préparer ce réactif, on adopte la formule suivante (formule de Violette) : 1° dissoudre 34,66 de sulfate de cuivre pur dans 140 grammes d’eau distillée ; 2 dissoudre 260 grammes de sel de Seignette (tartrate double de soude et de potasse) dans 200 grammes d'eau distillée et ajouter 500 grammes de lessive de soude à 24 degrés Baumé. Après avoir mélangé et agité les deux solutions, en versant
Fig. 20. — Préparation du moût.
la première dans la seconde, on porte à l'ébullition pendant quelques minutes. La liqueur bleue, formée de la dissolution d’un tartrate de cuivre dans la solution alcaline, refroidie, est placée dans un flacon jaugé d’un litre, puis ce volume est complété à la température de 15 degrés avec de l’eau distillée. Dans le cas où il s’est produit un précipité, après un repos suffisant, on décante le liquide clair dans de petits flacons bouchés à l'émeri que l’on conserve à l’abri de la lumière.
En laissant tomber dans cette liqueur chauffée à 90 degrés une solution de ‘sucres réducteurs tels que glucose ou lévulose, dont le mélange à poids égaux constitue le sucre interverti, le sel de cuivre se trouve réduit et il se forme un précipité jaune d’abord (sous-oxyde de cuivre hydraté) passant au rouge par la chaleur (sous-oxyde de cuivre anhydre). Si l’on continue la réaction, la liqueur bleue devient incolore ; un excès de sucre la teinte en jaune ; la fin de l'opération est marquée par la décoloration.
La quantité de sucre À, nécessaire pour atteindre ce point et décolorer un volume V de liqueur de Fehling, étant déterminée par un titrage direct à l’aide d’une solution connue de sucre, si l’on opère dans les mêmes conditions avec un autre liquide sucré de richesse inconnue, le volume de celui-ci
apte
GLEUCOMÉTRIE
employé à la décoloration de V contiendra le même poids À de sucre.
Pour fixer le titre de la liqueur de Febhling, on dissout 475 milligrammes de sucre de canne pur dans 100 centimètres d’eau additionnée de 1 centimètre cube d'acide chlorhydrique, puis on maintient pendant quelque temps à la température de 70 degrés pour transformer le sucre de canne en sucre interverti : soit 500 milligrammes de ce dernier. On fera agir cette solution titrée sur 10 centimètres cubes de liqueur de Fehling.
La liqueur de Fehling renfermant bien exactement 341,66 de sulfate de cuivre par litre, 10 centimètres cubes seront décolorés par 10 centimètres cubes de la liqueur sucrée précédente ; ce qui veut dire que 10 centimètres cubes de la liqueur de Fehling contenant 01,3466 de sulfate de cuivre correspondent à 0%,0475 de sucre de canne ou 02,05 de sucre interverti, glucose ou lévulose.
Fig. 21. — Chauffage de la liqueur d'essai,
I1 faut observer que pour l’exactitude du procédé la solution sucrée soumise à l’analyse doit avoir à peu près la même concentration que la liqueur sucrée titrée, soit environ 4 à 5 grammes de sucre par litre.
L'opération se conduit de la façon suivante sur un moût de raisin. Celui-ci contenant trop de sucre, d’après ce qu’on à dit plus haut, il conviendra de l’étendre d’eau et de telle sorte que 10 centimètres cubes de liqueur de Fehling exigent pour la décoloration de 7 à 10 centimètres cubes de moût étendu. Pour cela, on place 10 centimètres cubes de moût normal filtré dans un petit ballon jaugé de 250 centimètres cubes et l’on ajoute de l'eau jusqu’au trait (fig. 20) en ayant soin d’agiter.
Il n’est point nécessaire de déféquer le moût par le sous-acétate de plomb; de plus, ce réactif entraîne du glucose dans le précipité plombique.
On remplit avec la liqueur sucrée ainsi réduite une burette B graduée en centimètres cubes divisés en dixièmes (fig. 21). Dans la capsule de porcelaine ordinaire C, ou mieux munie d’un manche en bois, on verse 10 centimètres cubes de la liqueur de Fehling mesurés également à l’aide d’une pipette, on ajoute 10 centimètres cubes de liqueur alcaline de potasse à 10 pour 100. On a vérifié au préalable, si cela est nécessaire, le titre de cette liqueur avec la solutier titrée de sucre interverti.
GLEUCOMÉTRIE
La capsule est chauffée avec une lampe à alcool ou à gaz comme l'indique la figure 21 ; il est préférable de tenir la lampe éloignée de la burette pour éviter la dilatation de la liqueur qu’elle contient. Lorsque l’ébullition est sur le point de se manifester, on laisse tomber goutte à goutte le moût étendu en tournant la tige d; il se produit un trouble floconneux verdâtre, puis jaune orangé, qui se rassemble en un précipité rouge très dense.
Il convient de temps en temps d’agiter avec une baguette de verre, d'enlever la lampe et d’abandonner au repos pendant quelques secondes pour observer la couleur du liquide. Un peu d'expérience permet de saisir très rapidement le moment où le liquide est complètement décoloré et où la porcelaine apparaît par transparence avec toute sa blancheur. Si l’on dépasse ce point, le liquide clair prend une couleur jaune d'or.
Il faut opérer rapidement et après chaque addition de liquide sucré, chauffer pour maintenir la température ; par le refroidissement le liquide absorbe de l’oxygène, le sous-oxyde rouge s’oxyde et se redissout en bleu.
En général, dans les premiers essais on dépasse le point de décoloration, mais le résultat trouvé doit être précisé par un second plus exact. Voici comment on calcule la quantité de sucre par litre:
6,8 de moût étendu au 1/25 (10 centimètres cubes dans 25°) ayant décoloré 10 centimètres cubes de liqueur de Fehling contiennent 5 centigrammes de sucre interverti ou réducteur.
10 centimètres cubes de ce même moût contiendront 0,05/6,9 X 10, soit 0,0735, et comme il est étendu à 1/95, il suffit de multiplier par 25 pour avoir la richesse de 10 centimètres cubes de moût normal : 0,0735 X 25 — 1°",83. Multipliant par 100, on a le poids de sucre par litre, soit 183 grammes.
On ne rencontre point de sucre de canne dans les moûts de raisins, le glucose et la lévulose sont les seules matières sucrées utilisées par la vinification. Cependant l'analyse décèle la présence d’une petite quantité (11,5 en moyenne par litre) de substances inconnues réductrices et non fermentescibles ; comme elles sont dosées avec les sucres fermentescibles, il convient, pour être plus exact et avoir le poids de sucre transformable en alcool, de soustraire du poids brut 19,5.
Au procédé par décoloration on peut substituer la pesée du cuivre précipité (méthode Aimé Girard); l'emploi de la balance offre plus de garanties que le jugement de l'œil.
Dans un volume suffisant de liqueur de Fehling (50 centimètres cubes) on verse 10 centimètres cubes de moût étendu à 1/10 de façon que la liqueur soit encore bleue. On porte à l’ébullition, et sur un petit filtre sans plis on recueille le précipité rouge, en ayant soin de le laver avec de l’eau bouillie pour éviter sa redissolution au contact de l'air. Le précipité séché, calciné, réduit par l'hydrogène à l’état de cuivre métallique, est pesé. Sachant que 1 gramme de cuivre correspond à 569 milligrammes de glucose ou lévulose (pouvoir réducteur), en multipliant le poids trouvé par le facteur 0,569 et le résultat par 10, on aura le poids de sucre contenu dans 10 centimètres cubes de moût normal. Ce dosage est satisfaisant par son exactitude, mais il exige des appareils difficiles à manier.
On pourrait encore indiquer le dosage du sucre par fermentation en mesurant sur un volume connu l'alcool produit ou l'acide carbonique dégagé.
Le polarimètre ne semble pas applicable à l’analyse du moût de raisin ; l'expérience démontre que la matière sucrée est formée d’un mélange de glucose et lévulose en proportions inégales, qui, à la maturité, se rapprochent assez sensiblement de celles du sucre interverti (mélange à poids égaux).
Dans la fabrication des vins mousseux on est appelé à doser le sucre des moûts; les vins sucrés
Had? TUE
GLOXINIA
contenant en outre du sucre de canne, etc., on procédera comme plus haut en intervertissant le sucre de canne pour ces derniers. . B.
GLOSSANTHRAX (vétérinaire). — Tumeur charbonneuse de la langue. Encore appelé charbon de La langue, charbon volant, le glossanthrax est surtout un accident du charbon symptomatique. On peut l’observer aussi dans la ‘fièvre charbonneuse, mais certainement il n’est pas, comme quelques auteurs l’ont prétendu, une manifestation propre à cette dernière maladie.
Le glossanthrax se montre tantôt à la base de la langue, tantôt à sa face supérieure, quelquefois sur ses parties latérales. Dans le principe, il s’exprime par une tuméfaction circonscrite ou diffuse, de nuance rouge foncé, noirâtre. Cette tuméfaction devient rapidement volumineuse, et si les animaux ne succombent pas, les tissus enflammés se mortifient, puis se désagrègent en produisant une plaie anfractueuse plus ou moins profonde et plus ou moins étendue (voy. CHARBON). P.-J. C.
GLOSSITE (vétérinaire). — C’est l’inflammation de la langue. La glossite est une affection rare, si on l’envisage comme maladie propre, c’est-à-dire existant isolément, n'étant pas liée à un état morbide principal.
Les principales causes de la glossite simple sont: l’action des substances irritantes ingérées accidentellement par les animaux, les piqûres et les blessures de toute sorte qui entament plus ou moins profondément la langue. Presque toujours elle est localisée à la muqueuse et quelquefois elle n’intéresse en surface qu'une partie de l’organe.
Lorsque la langue est enflammée, elle est tuméfiée, chaude et plus ou moins douloureuse. Elle a une couleur rouge vif, rouge foncé ou violacée. On remarque souvent des excoriations à sa surface et toujours il y a une abondante salivation.
La glossite est quelquefois un simple accident d’une maladie générale. C’est ainsi que dans la fièvre aphteuse elle se montre à la période d’éruption pour ne disparaître qu'avec la maladie dont elle est une manifestation. De même encore, dans le charbon, on peut observer une glossite spécifique extrêmement grave (vOy. GLOSSANTHRAX).— La glossite simple se termine toujours par la guérison. On favorise celle-ci et l’on soulage les malades en faisant dans la cavité buccale de fréquentes injections d’eau froide. P.-J. C.
GLOUCESTER (FROMAGE DE) (laiterie). — Fromage pressé, fabriqué en Angleterre, surtout aux environs de Gloucester, avec du lait de vache écrémé partiellement. On colore le lait avec du rocou avant de le faire cailler. Les fromages de Gloucester sont dits simples ou doubles suivant leurs dimensions : les fromages doubles pèsent jusqu’à 30 kilogrammes, les fromages simples pèsent de 10 à 15 kilogrammes. Ils sont cylindriques ; leur diamètre est le double de leur hauteur.
GLOXINIA (horticulture). — On cultive sous ce nom, dans les serres, des plantes de l'Amérique tropicale que M. Baillon rattache au genre Sinningia et qui appartiennent à différentes espèces et principalement aux S. velulina Lindl. et S. guttata Lindl. Ce sont des herbes vivaces par un rhizome sphérique, en forme de bulbe. Les fleurs régulières comprennent un calice de cinq pièces avec les divisions desquelles alternent celles d’une corolle campanulée. Les étamines sont à anthères conniventes. L’ovaire devient à la maturité une capsule renfermant des graines nombreuses. Les rameaux aériens sont courts et portent des feuilles opposées, velues, à l’aisselle desquelles naissent les fleurs tantôt solitaires, tantôt au contraire réunies en cymes bizarres.
Les Gloxinias sont très recherchés pour l’ornementation des serres ; en appartement ils résistent mal. La culture en a produit un grand nom-