GOMME
contact de l’air; mais on doit penser que leur formation est due à une véritable maladie de la membrane des phytocystes, dont la cellulose modifie à la fois son état moléculaire et sa composition chimique, au point de se transformer en substances assez diverses, plus ou moins solubles dans l’eau. Ces substances ont été l’objet d’études chimiques importantes qui ne sauraient être exposées ici en détail, et pour lesquelles le lecteur est prié de se reporter aux traités spéciaux. Nous dirons seulement que la gomme soluble semble formée par les combinaisons d’un acide particulier (acide arabique ou arabine, C'H%#0!!) avec diverses bases alcalines ou terreuses, telles que la potasse, la chaux, la magnésie ; que la partie insoluble des gommes adragante et de Rosacées a été isolée, et qu’on a pu en établir la formule, laquelle, comme celle de l’arabine, rappelle la composition de la cellulose et de l’amidon plus ou moins modifié. Ces substances ont reçu les noms de bassorine et de cérasine.
Quant à l'affection des cellules dont il s’agit, sa nature nous est peu connue, ainsi que les causes qui la déterminent. Il paraît seulement bien évident qu’elle est due à un trouble dans les fonctions de nutrition. Nous sommes également peu renseignés sur ses effets, qui semblent varier notablement suivant les espèces et les conditions de milieu. D’après les renseignements que nous possédons sur les pays de production des gommes arabique et adragante, les plantes ne semblent pas beaucoup souffrir de l’altération des tissus, puisque la transformation gommeuse serait compatible avec la vie prolongée des individus, pour lesquels elle constituerait une sorte de crise physiologique périodiquement renouvelée. Il n’en va pas toujours ainsi chez nos arbres fruitiers, car il n’est pas très rare de voir leur végétation languir quand la production de substance morbide est très considérable, et la mort partielle ou totale peut en être la conséquence.
On a préconisé nombre de moyens destinés à prévenir la maladie de la gomme ou à en atténuer
les effets. Presque tous, inspirés par un empirisme |
grossier, se sont montrés pratiquement inefficaces ; nous n’en parlerons pas. Quand ce sont de tout jeunes rameaux qui sont atteints, leur résection est d'autant mieux indiquée que leur perte ne saurait ordinairement compromettre le végétal tout entier. Quand l’exsudation se montre abondante ‘sur le tronc ou les grosses branches, on se trouve presque toujours bien de pratiquer des incisions Jongitudinales à travers l'écorce. Elles ont sans doute pour effet de faciliter l’issue des masses cellulaires hypertrophiées, d'éviter des décollements intempestifs et de diminuer la pression intérieure des organes. Ilva sans dire qu’elles doivent être proportionnées, en nombre et en étendue, à l'intensité du mal.
Nous n’insisterons pas sur les usages des gommes, qui sont connus de tout le monde. L'emploi médical des gommes solubles comme adoucissantes et pectorales est populaire et journalier, ainsi que leur utilisation sous forme de solutions adhésives. L'industrie tire de toutes les sortes un parti très “varié, notamment pour apprêter certaines étoffes légères, telles que mousselines, tulles, etc.
On donne fréquemment et improprement le nom de gomme à d’autres substances d’origine végétale dont la composition et le mode de formation sont très différents de ceux que nous venons d'indiquer. Citons, par exemple, la Gomme copal, qui est une résine extraite du Rhus copallina L.; la Gommegutte, substance tinctoriale et purgative, qui représente le latex desséché de diverses espèces du genre Garcinia; la Gomme élastique où Caoutchouc, obtenue par évaporation des sucs de plusieurs espèces d'Euphorbiacées et d'Ulmacées.
MR RCaR