GOURME
et sur la muqueuse de ces cavités. Cette éruption est de nature varioleuse ; c’est le grease signalé par Jenner dans son livre sur la vaccine; c'est la maladie que H. Bouley a décrite sous le nom de horse-pox (voy. ce mot).
Pour expliquer le développement primitif de la gourme, on a invoqué : l’émigration, qui place les animaux dans des conditions de vie souvent fort différentes, en changeant le milieu, les aliments, les boissons, le régime; les variations atmosphériques, les arrêts brusques de transpiration, la préparation pour la vente (engraissement par les farineux, repos dans des écuries chaudes), l’éruption des dents de remplacement. En réalité l’action de ces influences sur le développement spontané de la gourme est mal établie. La cause qui contribue à la propagation de la maladie, la seule cause démontrée, c'est la contagion. On a vu souvent tous les chevaux d’une écurie contracter la gourme à la suite de l'introduction parmi eux d’un jeune cheval qui en était atteint. Elle se communique facilement par contact immédiat, par les fourrages, les boissons, les mangeoires, peut-être aussi par l’air atmosphérique. La maladie n’est pas également fréquente à tous les âges. On l’observe le plus souvent sur les chevaux de quatre à six ans; elle est rare sur les poulains et plus rare encore sur les vieux chevaux. Comme toutes les maladies spécifiques, la gourme confère l’immunité aux sujets qu'elle frappe. En général, elle n’atteint qu'une seule fois le même sujet; les récidives sont exceptionnelles. Si la gourme est si fréquente sur les animaux de quatre à six ans, c’est vraisemblablement parce qu’à cet âge ils sont presque inévitablement, et souvent pour la première fois, exposés à la contagion.
Généralement la gourme se traduit par les symptômes d’une forte angine accompagnée d’un état fébrile. Les chevaux perdent l’appétit, sont tristes, abattus, se tiennent à bout de longe; la tête est étendue sur l’encolure et les mouvements de ces parties sont raides. Il y a une toux sonore, quinteuse, et après quelques jours, un jetage d’abord clair, grisâtre, puis plus épais, plus abondant, floconneux, mêlé de parcelles alimentaires. La gorge est très sensible à la pression ; il suffit de la comprimer légèrement pour provoquer des accès de toux. Dans la cavité de l’auge se développe un empâtement chaud, œdémateux, un peu douloureux à la palpation. Cet engorgement augmente de volume, devient dur, tendu, puis s’abcède. Dans quelques cas, il se produit, à la région de la gorge, des collections purulentes profondes que l’on reconnaît à la tuméfaction de cette partie ou de la région parotidienne. On observe en outre les modifications fonctionnelles qui surviennent dans les différentes affections inflammatoires.
Si la marche de l'affection est régulière, une amélioration notable survient après la ponction de l'ouverture naturelle des abcès de l’auge. Les malades prennent des aliments, récupèrent leur gaieté, leur vivacité; ils toussent moins, le jetage diminue, la fièvre disparait. En quelques semaines la santé est complètement rétablie. Les rechutes sont rares, lorsque, pendant la convalescence, les sujets qui viennent de jeter leur gourme sont l’objet de soins rationnels.
Mais il s’en faut que les manifestations de la gourme soient toujours aussi simples et sa terminaison aussi heureuse. Quand la maladie atteint des animaux très jeunes, d’une constitution faible ou détériorée, des sujets surmenés ou placés dans de mauvaises conditions hygiéniques, mal nourris, mal logés, et aussi sous l'influence d’autres conditions encore mal déterminées, elle peut prendre les allures d’une affection extrêmement grave et s'accompagner de complications mortelles. Cette gourme maligne s'exprime par des symptômes si-
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