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Fig. 37. -— Graines de Violette, de Chélidoine, d'Epilobe, de Muscadier, montrant diverses formes d'’arilles charnus ou pileux.

Certaines graines possèdent une enveloppe extérieure capable de se gonfler dans l’eau et de fournir un mucilage abondant que l’industrie ou la médecine utilisent ; telles sont celles de Lin, de Coing, certains Plantains (voy. MUCILAGE). Plusieurs plantes emmagasinent dans leurs semences, outre les substances dont nous avons parlé, des poisons plus ou moins violents qui constituent souvent des médicaments précieux (Fève de Calabar, Croton, etc.), ou des parfums très délicats (Fenugrec, Fève de Tonka, Amandes amères).

Les productions pileuses qui recouvent tout ou partie de leur surface font rechercher plusieurs graines pour le parti qu'on en peut tirer. Tout le monde connait les usages du ‘coton; certaines Asclépiades fournissent un duvet très fin qui sert à rembourrer les coussins ; on peut utiliser de la même façon les poils arillaires des Saules, des Epilobes, et d’autres encore.

Certains arilles charnus sont fort appréciés pour l'alimentation (Litchi du Japon) ou pour la place qu'ils tiennent dans la parfumerie et la thérapeutique (Macis de la Muscade).

Ajoutons encore que certaines graines servent à fabriquer des ornements, quand elles sont très dures ou ornées de couleurs brillantes. Telles sont, par exemple, celles de la Liane à chapelets (Abrus precatorius) de l’Amérique méridionale, dont on fait des colliers, des bracelets, etc., celles du Phytelephas macrocarpa, dont l’albumen, sous les noms d'ivoire végétal ou de corozo, s'emploie à

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GRAINE

confectionner des boutons et divers objets de tabletterie, susceptibles d’un beau poli, et prenant bien la teinture.

On donne fréquemment, dans le langage ordinaire, le nom de graines, grains ou semences à la plupart des fruits monospermes et indéhiscents, tels que achaines, cariopses, qui s’emploient tout entiers, sans séparation de la graine du péricarpe. C’est ainsi que l’on dit improprement graines de Carotte, graines de Persil, grains de Blé, d’'Orge, de Seigle, etc. Il importe de remarquer que les propriétés spéciales qui font rechercher plusieurs de ces fruits appartiennent souvent au péricarpe, bien plus qu’à la graine elle-même.

On appelle quelquefois graines, les corps reproducteurs (spores) des plantes cryptogames, sans doute parce que leur rôle dans la reproduction est le même que celui des véritables graines. Leur organisation est d’ailleurs bien différente (voy. FOUGÈRES, MOUSSES, etc.).

Le mot graine, suivi d'un qualificatif approprié, sert encore, dans le langage vulgaire ou commercial, à désigner certains produits d’origine végétale. Les plus usuelles de ces dénominations sont les suivantes :

Graine d'Avignon, Graine jaune, fruit tinctorial d’un Nerprun (Rhamnus infectorius).

Graine d’aspic ou de Canari : caryopse du Phalaris canariensis.

Graine de Perroquet : fruit du Carthame.

Graine de Tilly : celle du Croton Tiglium.

Graine de Palma-Christi : celle du Ricin, etc.

Graine de Turquie : fruits du Maïs. E. M.

GRAINES DES VIGNES (ampélographie). — Les études de M. le docteur Engelmann, de Saint-Louis (Missouri), de M. Miilardet et de l’auteur même du présent article, ont démontré que l’on pouvait tirer de l'examen de la forme des graines de Vignes des caractères utiles pour la détermination de leurs espèces. Il nous a donc paru convenable de donner ici la description d des graines des principaux types de Vignes connus actuellement.

Les graines de Vignes (fig. 38 et 39) sont dures, munies d'un albumen corné, huileux avec des

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Fig. 38. — Coupe longitu- Fig. 39. — Coupe trans-

dinale d’une graine de Vigne : a, chalaze ; b, endosperme; €, enveloppe séminale ; d, tégument interne; f, micropyle; n, tégument externe; s, embryon avec les feuilles co-

versale d'une graine de Vigne : h, endosperme; g, enveloppe séminale; 0, tégument interne ; M, tégument externe ; b, faisceaux fibro-vasculaires ; f, g, sillons de la graine.

tylédonaires à et la tigelle k; h, groupe de faisceaux fibro-vasculaires.

grains d’aleurone très gros ; leur embryon est droit et dressé. Extérieurement elles sont renflées d’un côté et terminées par une sorte de pointe (bec) à l’autre extrémité. L'une des faces, la face ventrale, par laquelle les graines sont en contact, lorsqu'il en existe plusieurs dans la baie, est

GRAINES DES VIGNES

aplatie et présente deux fossettes disposées symétriquement de chaque côté du plan médian. La forme, la profondeur et la disposition de ces fossettes est sans valeur pour la détermination des espèces.

L'autre face, la face dorsale opposée à la première, est convexe ; elle présente vers le milieu une sorte d’ombilic auquel on donne le nom de chalaze. La chalaze, située dans une dépression plus ou moins profonde, est elle-même plus ou moins apparente, tantôt sensiblement saillante, tantôt presque effacée. Un cordon plus ou moins marqué appelé raphé se détache de la chalaze et va contourner l'extrémité supérieure de la graine pour aller se perdre sur la ligne médiane de la face ventrale.

La graine de Vigne rentre dans le type des graines anatropes, avec ce caractère spécial que la chalaze n'est pas opposée au micropyle, mais déjetée de sa place normale sur une des faces.

C’est dans la variation des formes de la chalaze et du raphe que l’on trouve les caractères distinctifs que nous allons indiquer ci-dessous.

Le V. rotundifolia a les graines volumineuses (0%,0075 environ de longueur par 0,005 de largeur), allongées aplaties, la face dorsale partagée en deux parties égales par un sillon longitudinai, d’où rayonnent de nombreuses rides ; chalaze ovale, peu saillante ; raphé non apparent sur la face dorsale.

V. Labrusca : graines volumineuses ; chalaze et raphé généralement non apparents.

V. candicans : graines grises de 0",0065 de longueur par 0",0045 de largeur; chalaze peu saillante un peu allongée vers la partie supérieure ; raphé peu ou non apparent. .

V. Lincecumii : graines assez grosses (0,008 par 0,005), un peu allongées ; chalaze circulaire, peu saillante ; raphé filiforme, généralement peu apparent, se prolongeant jusqu’au sommet de la graine.

V. æstivalis : graines moyennes (0",005 par 0%,004) au nombre de deux à trois, arrondies au sommet, à bec court et obtus ; chalaze circulaire, saillante ; raphé proéminent.

V. Riparia : graines petites chez les types sauvages (0,004 par 0®,004 environ), un peu plus grosses dans les races cultivées ; chalaze peu saillante, allongée, se confondant avec le raphé qui se perd bientôt dans la dépression médiane.

V. cordifolia : graines à chalaze arrondie; raphé saillant et proéminent comme chez les æstivalis, mais plus épais et logé dans une cavité plus profonde.

V. Arizonica: graines plutôt petites, un peu allongées, à chalaze et raphé peu apparents et se confondant généralement pour disparaitre bientôt dans le sillon peu profond qui les renferme.

V. Californica: graine généralement renflée, presque globuleuse, à bec court (0,006 par 0%,004) ; chalaze saillante, allongée, se confondant avec le raphé qui se perd le plus souvent dans le sillon qui le renferme, d’autres fois se continuant jusque sur la face ventrale.

V. cinerea: graine petite (0,005 par 0%,004), avec chalaze circulaire saillante ; raphé étroit, saillant, venant se perdre dans l’échancrure supérieure.

V. Coignetiæ : graines moyennes (0",006 par 0,004), avec un bec court et pointu, légèrement échancrées à l'extrémité supérieure, généralement larges et bombées, avec une chalaze peu apparente, allongée, se confondant avec le raphe qui se perd presque immédiatement dans le sillon médian.

V. Thunbergi: graine petite (0,004 par 0",0035), globuleuse, à bec court; chalaze large et netlement dessinée se confondant avec le raphé, qui s'arrête au sommet de la graine.

GRAINS

V. vinifera: graine moyenne, allongée (0,006 par 0",004), avec un bec saillant, allongé ; chalaze déprimée, peu apparente, située vers le tiers supérieur ; raphé non apparent. QG

GRAINS. — Sous le nom de grains, on désigne ordinairement les semences des céréales (voy. ce mot), et accidentellement les graines des principales Légumineuses alïmentaires comme la Féverole, la Lentille, le Haricot, le Pois chiche, la Gesse blanche, la Vesce, le Lupin, etc. (voy. chacun de ces mots). |

Caractères commerciaux des grains des céréales. — Dans le commerce, on réserve parfois le nom de grains aux semences du Froment. On distingue : le Blé tendre ou blé à cassure amylacée et riche en amidon ; le Blé dur ou Blé glacé, à cassure vitreuse et riche en gluten ; le Plé demi-dur, qui est intermédiaire entre le Blé tendre et le Blé glacé ; le Blé blanc, qui fournit une farine avec laquelle on fabrique un pain très blanc ; le Blé rouge et le Blé doré, qui donnent une farine plus jaunâtre, mais qui a plus de corps ; le Ble bigarré, qui est un mélange de Blés de diverses couleurs.

Le commerce, à part leur coloration et leur teneur en amidon ou en gluten, divise les Blés en plusieurs catégories : le Elé de choix, qui réunit la régularité, la finesse, la sécheresse et le poids du grain ; le Blé de première qualité, qui se rapproche beaucoup du précédent, mais qui est toujours un peu moins pesant ; le Blé de deuxième qualite, qui manque de finesse et qui est encore moins pesant; le Blé de troisième qualité, dont la couleur est terne, qui n’est pas parfaitement sec, et dont le poids et la propreté laissent beaucoup à désirer.

Le Blé est réputé marchand quand il est sec, régulier, propre, coulant dans la main, pesant et qu'il a de la finesse. On apprécie son degré de siccité en le palpant, en introduisant la main dans le sac qui le contient. On juge de son poids en le soupesant dans la main. Les Blés qui se distinguent par leur régularité ont des grains qui ont à peu près la même forme et la même grosseur. Ils sont reconnus comme propres quand ils sont exempts de semences étrangères. Les Blés gourds sont ceux qui ne sont pas bien secs.

Les Blés de choix et de première qualité pèsent de 78 à 82 kilogrammes l’hectolitre. Le poids des Blés de deuxième qualité varie de 76 à 77 kilo— grammes ; celui des Blés de troisième qualité ne dépasse jamais 75 kilogrammes.

Les Blés sont réputés altérés quand ils sont charbonnés, c'est-à-dire quand on y observe du noir ou des traces de charbon, ou lorsqu'on y rencontre des grains attaqués par la carie, lorsqu'ils développent une odeur de moisi ou peu agréable, et quand ils sont attaqués par le Charançon, l’Alucite ou l’Anguillule. Les Blés cariés ou charbonnés sont souvent désignés par la meunerie sous le nom de Blés mouchetes. .

Les Blés tendres sont les plus recherchés pour la fabrication des gruaux ou des farines remarquables par leur blancheur ; les Blés durs, riches en gluten, donnent les semoules les plus propres à la fabrication des pâtes alimentaires. Ces semoules ont une belle nuance jaunâtre.

Le Froment fait la base de l'alimentation de l'homme dans toute l’Europe, mais sa farine n’est pas toujours panifiée seule ; tantôt on lui allie une certaine quantité de farine de Féveroles, tantôt elle contient un tiers ou un quart de farine de Seigle, grain qu’on associe au Froment avant la mouture dans le but de faire du méteil ou du mélard.

Les grains chétifs, retraits, qui proviennent du nettoyage des Froments, et qu’on désigne ordinairement sous le nom de petit Blé, sont utilisés dans la nourriture des volailles ou des bêtes porcines.

Les beaux Seigles sont ceux qui ont une belle

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