GRAPPE
sorte qu'il puisse être placé dans un plan horizontal, oblique ou vertical. Ce demi-cercle porte deux alidades (voy. ce mot): l’une AB est fixe et est placée suivant le diamètre; l’autre CD est mobile autour du centre O. L'appareil porte une boussole qui sert à l'orientation. On comprend que si le graphomètre est placé au sommet de l'angle à mesurer, de telle sorte que l’alidade AB soit dirigée sur l’un des côtés, il suffira de faire tourner l'alidade CD sur le limbe jusqu’à ce qu'elle soit sur la direction de l’autre côté de
l’angle, pour que l’on puisse lire sur le demi-cercle
le nombre de degrés de cet angle. On peut, grâce à la mobilité du graphomètre, mesurer un angle dans quelque plan que ce soit; l'instrument peut aussi servir pour tracer, sur un point quelconque du terrain, un angle dont la mesure est donnée.
GRAPILLAGE (jurisprudence). — Droit réservé aux indigents âgés, aux estropiés et aux enfants d'entrer dans les vignes et d’y couper les grappes qui ont pu échapper aux vendangeurs. Ce droit, qui remonte aux temps anciens, a été consacré par l’article 471 du Code pénal ; mais il doit être limité par des règlements qui sont du ressort des administrations municipales. L'usage du grappillage est analogue à celui du glanage (voy. ce mot).
GRAPPE (botanique). — On nomme grappe simple, dans la langue phytographique, une inflorescence indéfinie, à deux degrés de végétation, dans laquelle l’axe principal, allongé, produit un nombre variable d’axes secondaires à peu près égaux, et terminés chacun par une fleur. C’est ce que l’on peut observer dans le Réséda, par exemple.
Il est facile de comprendre, d’après cette définition, que la grappe ne diffère en réalité de l’épi que par ce fait que ses pédicelles floraux ont une longueur appréciable, tandis que dans cette dernière inflorescence, ils sont assez courts pour que les fleurs y soient dites sessiles (voy. ÉPi). La grappe se relie, d’un autre côté, fort étroitement à l’ombelle (voy. ce mot), dont elle ne se distingue que par la longueur de son axe primaire. Ajoutons enfin que si, par la pensée, on allonge très inégalement les pédicelles d’une grappe de telle sorte que les fleurs arrivent toutes à un même niveau horizontal, on aura un corymbe (voy. ce mot).
Ces inflorescences ont donc entre elles un lien bien apparent, et l’on conçoit que, dans la nature, où les choses ne sont jamais aussi nettement tranchées que dans nos classifications, on puisse observer de nombreux intermédiaires entre ces diverses formes. Ce sont ces transitions qui rendent parfois assez hésitant le langage des botanistes descripteurs, comme en font foi les expressions de grappe spiciforme, grappe corymbiforme, etc., fréquemment rencontrées dans leurs ouvrages. Ces vocables s'expliquent d’ailleurs par eux-mêmes, sans qu’il soit utile d’insister sur leur signification.
Le plus ordinairement, les pédicelles floraux sont situés à l’aisselle d'autant de bractées échelonnées sur l’axe principal; celles-ci, toutefois, peuvent faire absolument défaut, comme on voit chez le Chou, le Radis, et un grand nombre d’autres Crucifères. On dit alors que la grappe est nue.
Il arrive quelquefois au contraire que, la transition des feuilles aux bractées se faisant d’une manière lente, les fleurs inférieures de la grappe sont encore accompagnées de vraies feuilles, tandis que les fleurs supérieures ont des bractées bien caractérisées. La grappe prend alors l’épithète de feuillée. On dit qu’elle est chevelue, quand son sommet est occupé par une touffe plus ou moinsserrée de feuilles stériles, ou de fleurs incomplètes portées par de longs pédicelles, comme on en voit un exemple dans le Muscari à toupet (Muscari comosum Mill), si commun parmi nos moissons.
Les fleurs d'une grappe peuvent être alternes ou opposées, sans que ces différences aient donné lieu
GRAPPU
à des désignations particulières. Les grappes diffèrent encore, d’une espèce à l’autre, par le nombre de leurs fleurs, par la direction dressée ou courbée de leur axe principal, par celle de leurs pédicelles, etc.; ces variations, quand elles sont constantes, trouvent place dans la botanique descriptive.
La grappe simple, telle que nous l’avons décrite succinctement, est en somme assez rare. Bien plus ordinairement cette inflorescence se complique davantage, parce que chacun de ses axes secondaires se ramifie lui-même pour produire des pédicelles de troisième ordre. Une semblable succession de générations d’axes peut se répéter deux, trois fois (et même davantage); si bien que l’inflorescence totale se trouve alors constituée par de petites grappes partielles, de plus en plus nombreuses, nées les unes des autres. On a affaire, dans ce cas, aux grappes composées du troisième, quatrième, etc., degré. Remarquons en passant que la même grappe peut être composée dans sa partie inférieure, et simple vers le sommet, comme si la vigueur de. végétation se ralentissait à mesure que l'axe principal s’allonge. Ce sont des inflorescences ainsi compliquées que les anciens auteurs ont souvent appelées panicules, lhyrses, etc., dénominations qui paraissent au moins inutiles, parce qu’elles ont été appliquées bien souvent à des choses absolumeunt différentes. La Vigne, les Choux, les Troënes et beaucoup d’autres plantes offrent des exemples de grappes composées à divers degrés.
La grappe peut encore faire partie de certaines inflorescences composées où tous les axes ne se ramifient pas de la même manière, bien que l’ensemble demeure indéfini. C’est ainsi que dans le Lierre on voit un axe principal porter un nombre variable de pédoncules secondaires qui se terminent chacun par une petite ombelle de fleurs. Il s’agit donc ici d’une grappe d’ombelles. On observe également des grappes dont les axes ultimes se terminent par des capitules, des épis, etc.
On doit bien se garder de confondre les dispositions dont il vient d’être question, avec certaines inflorescences définies ou mixtes qui peuvent, au premier abord, simuler la grappe simple ou composée. Ainsi les Myosotis, par exemple, ont été souvent décrits comme ayant les fleurs réunies en grappes, tandis qu’en réalité il s’agit, chez eux, de cymes scorpioïides (voy. CYME). Le prétendu thyrse du Marronnier d'Inde n’est autre chose qu'une grappe de cymes unipares, c’est-à-dire une inflorescence mixte des mieux caractérisées (voy. INFLORESCENCE). E. M.
GRAPPU (ampélographie). — Le Grappu est un cépage du Sud-Ouest, qui est particulièrement cultivé dans la Dordogne, le Lot-et-Garonne et
que l’on rencontre quelquefois dans la Gironde ; .
l'immunité relative dont il jouit par rapport au Peronospora l'a fait importer dans d’autres départements et notamment dans ceux du Sud-Est, où il est l’objet actuellement d’une étude attentive.
Synonymie : ce cépage serait identique au Picardan noir (d’après Pulliat); il porte encore les noms de Prueras et de Prolongeau.
Description: Souche vigoureuse, susceptible de prendre un grand développement. Sarments semiérigés, longs et gros à mérithalles moyens. Feuilles de grande dimension, d’un beau vert et glabres à la face supérieure, duveteuses à la face inférieure ; presque entières avec sinus pétiolaire ouvert en U: dents inégales, les unes obtuses, les autres aiguës. Grappe grosse, munie de deux ailes bien saillantes, à pédoncule court, gros et herbacé, à grains moyens, sphériques, à peau épaisse noire et pruinée.
Maturité.— A la troisième époque.
Le Grappu est un cépage très fertile. M. Pulliat l'a qualifié d’'Aramon du Sud-Ouest; il produit malheureusement un vin commun, peu coloré et manquant de solidité.