GRAVELLE
chevalines, sinon pour le clinicien qui constate une boiterie. Cela se rapporte, comme bien d’autres choses, au schéma de la perfection de direction des leviers des membres, qui a été donné ailleurs (Voy. CHEVAL).
Un maniement des Bovidés est aussi nommé grasset (voy. HAMPE). AA
GRAVELLE (vétérinaire). — Par les expressions de gravelle ou de lithiase, on entend la formation et l’évolution dans l’organisme, de petits corps de consistance variable, généralement durs, développés dans les canaux excréteurs des glandes et dont l'expulsion occasionne des accidents divers s’accompagnant toujours de vives douleurs. Le mot gravelle s'applique encore à la désignation des petits corps granuleux eux-mêmes.
On distingue une gravelle biHäire et une gravelle urinaire, celle-ci assez commune chez nos animaux, principalement chez le mouton.
Que les graviers existent dans les reins ou qu'ils cheminent dans les uretères, ou bien encore que, d’abord renfermés dans la vessie, ils s'engagent dans le canal de l’urètre, la gravelle s’accuse dans tous les cas par des coliques intermittentes. Les malades éprouvent des souffrances très variables dans leur acuité. Chez nos grands animaux, outre les symptômes ordinaires des coliques, on remarque de fréquents efforts pour accomplir la miction; il y a ischurie, ou bien l’urine s'écoule goutte à goutte ou par jets au moment des efforts; souvent elle est épaisse, sédimenteuse, chargée de petits graviers, quelquefois sanguinolente. L’exploration rectale permet facilement de reconnaitre les calculs d’un certain volume contenus dans la vessie ou déjà engagés dans la portion pelvienne du canal de l’urètre. Chez le mouton, la gravelle détermine des coliques sourdes ; les malades s’isolent et se couchent ; ils sont vite abattus et tout à fait insensibles à ce qui se passe autour d’eux. On constate bientôt un tremblement général et le refroidissement des extrémités, signes avant-coureurs de la mort.
Les différents traitements internes recommandés pour combattre la gravelle n’ont pas grande efficacité. On a observé cependant que, dans quelques cas, les animaux sont soulagés par les alcalins et le régime du vert. Lors de calcul volumineux de la vessie, et aussi dans le cas d’obstruction du canal de l'urètre, il faut recourir à l'opération de l’urétrotomie; mais, lorsqu'il s’agit d'animaux pouvant être livrés à la boucherie, il y a tout avantage à prendre cette détermination. P.-J..C.
GRAVENCHE (pisciculture). — Poisson du genre Corégone (voy. FÉRA), la seule espèce que l’on puisse conserver vivante jusqu’à deux mois dans des réservoirs en eau profonde, lorsqu’en décembre ou janvier, seul moment où elle se prend, on en fait la pêche avec soin. C’est un des plus délicats Corégones, à la chair ferme et parfumée des Salmones, à la famille desquels il appartient, quoique herbivore à ses heures. C.-K.
GRAVES (viticulture). — Voy. BORDEAUX.
GRAVIER DE VERGENNES (biographie).— Charles Gravier, comte de Vergennes, né à Dijon en 1717, mort en 1787, a été un des diplomates français les plus connus du dix-huitième siècle. Il fut membre de la Société nationale d'agriculture. On lui doit plusieurs mémoires sur les colonies françaises, la Louisiane, la Guyane, Saint-Domingue, l’Indoustan. LS
GRAVURE (zootechnie). — C’est l’un des noms donnés par Guénon à la figure tracée par les poils remontants situés en arrière et au-dessus des mamelles des vaches, entre ces mamelles et la vulve (voy. ECUSSON). A. S.
GREC ROUGE (ampélographie). — Le Grec rouge est cultivé dans la Provence, le Bas-Languedoc et un peu plus au nord jusque dans la Loire et dans les départements voisins.
GRÈCE
Synonymie : ce cépage paraît identique à celui connu sous le nom de Barbaroux dans l'Hérault (1 est tout au moins très difficile de l’en distinguer). Il porte les noms de Raisin du pauvre dans le Gard, Gros rouge dans la Loire, Grommier du Cantal, Monstrueux de De Candolle, d’après divers auteurs.
Description. — Souche très vigoureuse, susceptible d’atteimdre un âge très avancé. Sarments forts, à mérithalles courts. Feuilles moyennes, larges, quinquélobées, à sinus pétiolaire ouvert, sinus latéraux profonds et fermés par le recouvrement des bords des lobes, à dents aiguës; face supérieure verte et glabre, face inférieure recouverte d’un duvet court. Grappe très grosse, compacte, irrégulière et de formes diverses. Grains gros, sphériques, souvent déprimés par la pression mutuelle qu'ils exercent les uns sur les autres, d’un rouge obscur, à peau épaisse, juteux, d’une saveur assez agréable.
Maturité assez hâtive (à la deuxième époque de M. Pulliat).
Le Grec rouge doit être considéré surtout comme raisin de table, rôle pour lequel la beauté de ses grappes et de ses grains le rend éminemment convenable ; il donne cependant un vin léger et agréable, et peut être employé à la cuve.
Ce cépage est très rustique et s’accommode des sols les plus divers, même de ceux qui sont mouilleux et un peu salés.
Le Grec rouge a donné naissance à une variété blanche qui se rapproche du type rouge par la forme de la grappe, par celle de la feuille et par le bourgeonnement. Grp
GRÈGE (géographie). — La Grèce forme l'Etat le plus méridional de l'Europe orientale, dans la partie sud de la péninsule gréco-turque. Bornée au nord par la Turquie, à l’est par l’Archipel, au sud par la Méditerranée et à l’ouest par la mer Ionienne, elle est comprise entre 36° 20’ et 39° 2)’ latitude nord, 18° 20’ et 23° 48’ longitude est. Après avoir reconquis son indépendance sur la Turquie, en 1830, le royaume de Grèce s’est successivement accru des iles Ioniennes en 1853, de la Thessalie et d’une petite partie de l’Epire en 1879. Elle se divise en quatre régions : la Grèce propre, le Péloponnèse, la Thessalie et les îles. La superficie totale, qui n’a pas été encore Cadastrée, est évaluée à 6 321 000 hectares, dont 269 500 pour les iles et { 300 000 pour la Thessalie.
La plus grande partie de la Grèce se compose de régions montagneuses; les plaines sont rares et de peu d'étendue. A raison du nombre de montagnes qui couvrent un pays aussi étroit, de la multitude des cours d’eau qui en descendent, sans qu'aucun d’eux soit réellement navigable, le pays est divisé en un nombre relativement considérable de petits bassins indépendants les uns des autres. D'un autre côté, le littoral maritime est découpé à l'infini par un grand nombre de golfes, dont le golfe de Corinthe est le plus célèbre et le plus important. De l’ensemble de ces circonstances, résulte, sur un espace restreint, une grande diversité de elimats et par suite de conditions agricoles. Les caractères géologiques de la contrée ne sont pas moins variables : dans la Grèce propre, ainsi que dans les iles, les formations granitiques et schisteuses, alternant avec des bancs de calcaire, sont abondantes; dans le Péloponnèse, les formations crétacées prédominent.
Le climat de la Grèce est, en général, sec et chaud ;- mais la configuration accidentée du pays y provoque des différences notables entre les parties basses et les parties élevées. A Athènes, la température moyenne est de 18 degrés; la plus basse température, constatée en 1850, a été de 10 degrés; la plus élevée, constatée en 1858, a été de 44 degrés. La température moyenne des six mois de mai à novembre est de 24 degrés et demi; pendant
GRÈCE
trois mois seulement, de décembre à février, elle descend un peu au-dessous de 10 degrés. La quantité moyenne annuelle de pluie est de 397 millimètres ; les pluies les plus fréquentes tombent en juillet et en août, la neige est rare, sauf sur les montagnes. Le ciel est généralement très clair. L'été commence, à proprement parler, en mai pour durer jusqu’en septembre; les mois d'octobre et de novembre correspondent à l’automne; ceux de décembre, de janvier et de février à l'hiver ; ceux de mars et d'avril au printemps.
A raison des changements survenus dans la superficie de la Grèce, il est impossible de donner des évaluations statistiques comparatives sur la production agricole pendant des périodes successives. Toutefois, il est possible d'établir quelques points de comparaison en ce qui concerne ja Grèce propre et le Péloponnèse. En 1860, la surface cultivée dans la Grèce continentale était de 700 000 hectares; en 1875, elle s'élevait à 1 160 000 hectares ; c'était en quinze années, un accroissement de 460000 hectares qui a principalement porté sur les terres cultivées en céréales et sur celles plantées en vignobles. En 1875, on évaluait, en comprenant les iles, la superficie totale cultivée à 1462000 hectares. Enfin, d’après une statistique établie en 1884, et qui se rapporte au pays tout entier, tel qu'il est constitué actuellement, les surfaces productives se répartiraient comme il suit :
hectares
Cultures et plantalions......... Rs 2 100 000 BALUTABCS ennemie doper nie 600 000 RONCIS ne eee crc en Ed Re be 700 000 Total re RER EL 3 400 000
soit à peu près 54 pour 100 de la superficie totale.
Les principales cultures, en dehors des plantes arbustives, sont celles des céréales, de quelques plantes légumineuses, du Cotonnier et du Tabac; les prairies naturelles occupent, dans les vallées, environ le cinquième du sol productif. Voici un tableau que nous devons à M. Gennadius, et qui donne approximativement l'étendue des terres cultivées avant l’annexion de la Thessalie et de l’Epire:
hectares Céréales et autres plantes farineuses.......... 400 000 Autres cultures annuelles (Tabac,Cotonnier, etc.) 100000 JaAChères AR LR M RE RE REA 400 000 N'IPROS- Ps ni sac Sal = Mas ie OMIS ee E 450 000 Dlivettes ent e DIE ee mat RCE CREME 130 000 Autres arbres fruitiers. 2e: lient 130 000 JArdIRSE Polars nie en ee eme cost Re 3 000 PTALPIES 70, EN TS RSR PC PR en 400 000 MePROSVAPUES RAA Me ere cire eee 2 000 000 FOTOS MS NE a ee ER SR ER es 600 000
Pendant les vingt dernières années, la culture des céréales a doublé dans l’ancienne Grèce; la première place est occupée par le Froment; l'Orge vient ensuite, puis le Maïs, le Méteil, le Sorgho, l’Avoine et enfin le Seigle. La production est assez précaire, à raison surtout de la pauvreté des procédés de culture et du défaut d'engrais. Les rendements moyens sont évalués à 10 hectolitres pour le Froment, 8 hectolitres pour le Seigle, 11 hectolitres et demi pour l’Orge, 18 hectolitres pour le Maïs, 12 hectolitres seulement pour l’Avoine, 9 hectolitres pour le Sorgho. La production du Froment n'est pas suffisante pour les besoins de la consommation ; sur une grande partie du territoire, le Maïs constitue la principale nourriture des habitants ; l’Orge sert surtout à nourrir les chevaux. Les jachères occupent chaque année environ la moitié des terres arables.
La culture de ia Pomme de terre est d’introduction assez récente en Grèce; elle n’y a pas pris la
GRÈCE
même importance què dans l’Europe occidentale, mais l'étendue cultivée s’accroit régulièrement. Quant aux plantes Légumineuses, les principales sont le Haricot, la Fève, la Lentille, les diverses espèces de Pois. Dans quelques cantons, on cultive le Sésame pour ses graines, dont on extrait de l'huile. La Garance est aussi cultivée dans quelques localités, ainsi que le Lin.
Le Cotonnier a été cultivé de temps immémorial en Grèce; lors de la guerre de sécession d’Amérique, on se livra à cette culture avec une telle ardeur qu’en 1864 elle occupait plus de 21 000 hectares; mais ce mouvement n’a été que passager. Actuellement, la production a été réduite au quart de ce qu’elle fut à cette date; le produit est généralement employé sur place par les cultivateurs pour leurs besoins domestiques; le surplus est vendu à quelques filatures établies près d'Athènes.
C’est surtout dans le Péloponnèse et en Thessalie qu’on cultive le Tabac; les surfaces plantées sont évaluées à 7000 hectares. Après avoir beaucoup augmenté de 1860 à 1875, cette culture est restée stationnaire. Les produits donnent lieu à un commerce d'exportation qui n’est pas sans importance.
Les cultures arbustives présentent un intérêt capital en Grèce. La Vigne et l'Olivier tiennent le premier rang.
La culture de la Vigne est en progrès constant. On distingue deux sortes de vignobles : ceux dont les produits sont destinés à la vinification, et ceux qui donnent les raisins secs ou raisins de Corinthe. L'étendue des Vignes de la première catégorie, qui n’atteignait pas 40 000 hectares en 1865, est évaluée actuellement à 80000 hectares, c’est-àdire plus du double. La production moyenne est de 100000 hectolitres de vins blancs et rouges. Les Cyclades, l'ile d'Eubée, Salamine possèdent les principaux vignobles ; leurs produits sont généra— lement riches en alcool et en couleur ; on cite les vins rouges de Zea, de Paros, de Négrepont et les vins blancs de Santorin et de Salamine. Mais la plupart des vins grecs sont de médiocre qualité, à raison de leur fabrication défectueuse : mauvais choix des cépages, fermentation incomplète et outillage déplorable, tels sont les principales causes de cette infériorité. — L’étendue des Vignes à raisins de Corinthe s’est élevée de 150600 hectares en 1867, à 39 000 hectares en 1884; leur production moyenne est évaluée à 2 millions et demi d’hectolitres de raisins secs. Ces raisins sont l’objet d’un commerce dont l'importance va en grandissant ; l’exportation a varié, dans ces dernières années, de 1200000 à 1500000 quintaux métriques. L’Angleterre et la France sont les principaux marchés où ces produits sont expédiés.
L’Olivier est une des grandes richesses du pays, surtout pour les îles Iloniennes ; le nombre d’arbres, qui était évalué à 11500000 en 1875, serait actuellement supérieur à 15 millions. La moitié de l'huile qu’on extrait des olives est exportée, principalement en Allemagne, en Angleterre et en Russie. La fabrication de l'huile est faite généralement par des procédés primitifs, par lesquels on n'obtient qu'une quantité restreinte d'huile non épurée ; récemment quelques usines ont été créées pour traiter les grignons par le sulfure de carbone, afin d’en extraire l'huile qu'ils renferment.
Les autres cultures arbustives de quelque importance sont celles du Figuier et du Müûrier. C'est surtout dans la Messénie que le Figuier est cultivé; la production annuelle de figues est évaluée de 15 à 16 millions de kilogrammes; de grandes
quantités sont exportées sous forme de figues sè-
ches. Quant au Mûrier, dont on compte environ 2 millions d'arbres dans le pays, sa valeur a beaucoup diminué depuis que les éducations de Vers à soie ont été entravées par les mêmes épidémies qu’en France. La production actuelle dépasse rare-
GRÈCE
ment 100000 kilogrammes de cocons secs. — Le Amandiers, les Citronniers, les Orangers ne son le plus souvent que des arbres de jardins; les plantations spéciales occupent environ 3009 hectares pour les Orangers et autres arbres de la même famille et 500 hectares pour les Amandiers.
Les câtes de la Grèce sont presque complètement déboisées, mais l’intérieur du pays possède de beaux massifs forestiers. « L’OEta, dit M. Watbled, quelques uns des monts de l’Etolie, les hauteurs de l’Acarnanie, et, dans le Péloponnèse, l’Arcadie, l'klide, la Tryphilée, les pentes du Taygète, l'Eubée, possèdent de belles forêts peuplées d’arbres des essences les plus diverses. On y rencontre les Hêtres, les Noyers, les Chênes, les Pins, les Sapins, les Platanes, le Caroubier, etc. Ces ressources forestières, exploitées par une administration plus prévoyante, seraient une fortune pour le pays, qui a besoin de bois de construction et qui est forcé de les acheter au dehors. En effet, le gouvernement hellénique ne tient pas assez la main à l’observation des lois édictées pour la protection des forêts, ruinées chaque année par les incendies et dévastées par le pacage des bestiaux. Les bergers incendient régulièrement les-bois taillis, pour être sûrs que les troupeaux trouveront au printemps de jeunes pousses à brouter, de sorte que la dent meurtrière des moutons et des chèvres achève l’œuvre de destruction commencée par le feu. » Ce problème est d’ailleurs celui qui se pose dans la plus grande partie du bassin de la Méditerranée.
On a vu que l’étendue des pâturages en Grèce est évaluée à 600000 hectares. Ces pâturages, souvent maigres et couverts de broussailles, servent à peu près exclusivement à la nourriture du bétail, car les plantes fourragères n'occupent que des surfaces très restreintes dans les terres arables. Voici les résultats des deux derniers recensements des animaux domestiques, opérés en 1879 et en 1884 (dans l'intervalle, la Grèce s’est agrandie de la Thessalie) :
têtes têtes Races boyines ue, ë 979445 373654 AR CHe VANNES: 1e er 971476 118341 PA ASINOSu ne see ets 97395 106208 + mulassiére. ttc. 45 440 55 123 LT OV SRE A ent 2291917 3464954 RAR CADEILES Me ue tete 4836628 2540970 ML POPCIRES LE LS 179662 175051
‘ Pour les races bovines, le total se décomposait comme il suit en 1884 : 250000 bœufs, 116 000 vaches, 7700 buffles; c’est surtout en Thessalie que se-trouvent le plus grand nombre de buffles. Les bœufs sont surtout les animaux de travail des cultivateurs ; les trois quarts des chevaux, des mulets et des ânes sont employés aux services de l’industrie ou du transport. Les grands troupeaux de moutons et de chèvres fournissent la plus forte proportion de viande de boucherie ; néanmoins, on importe chaque année un nombre assez élevé de bœufs de Turquie. Dans la plupart des régions de la Grèce, l'élevage du bétail est séparé de la culture du sol : d’une part, des possesseurs de grands troupeaux ne sont pas agriculteurs, et, d’autre part, les cultivateurs n’ont que le nombre d’animaux strictement nécessaire pour leurs travaux. Les troupeaux prennent leur nourriture pendant toute l’année sur les pâturages. Les plus grands troupeaux de moutons et de chèvres appartiennent le plus souvent à des pâtres qui forment une catégorie spéciale dans la population ; les grands propriétaires donnent ordinairement leurs troupeaux à ces pâtres, soit en payant une rétribution pour la garde, soit en s’associant avec eux et en parta-
GRÈCE
geant, suivant des proportions déterminées, les profits du troupeau ; dans ce dernier cas, c’est une sorte de bail à cheptel qui est assez répandu.
À la production du bétail peut se rattacher l’apiculture. Les ruches sont nombreuses en Grèce, et le miel qu’elles fournissent est l’objet d’un commerce important pour l'exportation.
La population du royaume, qui était en 1859 de 1073000 habitants, s’est élevée en 1863, après l'annexion des îles Ioniennes, à 1341 000, pour atteindre 1707000 en 1879 et dépasser 2 millions après l'annexion de la Thessalie. C’est une moyenne de 32 habitants par kilomètre carré. Mais cette population est très diversement répartie : clairsemée sur le continent, elle acquiert une densité élevée
dans Jes îles, surtout dans celles de Corfou et de
Zante. L’accroissement de la population est d’ailleurs rapide ; la durée de la période de doublement, d’après le mouvement actuel, est de quarante-cinq ans. La population agricole forme à peu près la moitié du total de la population; elle se divise en deux grandes catégories, les familles de cultivateurs et les familles de pâtres ou bergers.
La petite culture domine dans la plus grande partie du pays : dans les régions montagneuses, je sol est morcelé entre un très grand nombre de petits propriétaires ; dans les plaines, on trouve de plus vastes domaines, quelquefois d’une très grande étendue, mais la plupart sont répartis entre des familles de colons ou métayers, moyennant une rétribution fixe ou un partage des produits (voy., sur ce sujet et sur les principaux caractères de l'agriculture grecque, l’Agriculture en Thessalie, par F. Gos, 1884). Les méthodes de culture sont primitives : outils qui grattent à peine le sol, ignorance de l'emploi des engrais et des méthodes rationnelles de préparation des produits, tels sont les caractères généraux qu’on retrouve dans le plus grand nombre des exploitations agricoles. Néanmoins, grâce à leur ténacité et à leur industrie manuelle, les cultivateurs ont pu augmenter, dans des proportions considérables, comme il a été expliqué précédemment, la production du pays pendant les vingt dernières années. Et cependant ils se mouvaient dans des conditions économiques déplorables : la dime, dernier vestige de la domination turque, qui était prélevée sur le produit brut des terres, n'a disparu qu’en 1881 sur l'initiative de M. Tricoupis. Aujourd’hui, l'impôt perçu sur les terres produisant des céréales est établi proportionnellement à la production réelle et basé sur les moyens de culture, c’est-à-dire sur les animaux de labour et sur les instruments aratoires; il est fixé par tête d'animal, en proportion avec la production constatée des terres labourées ; la répartition des diverses branches de l'impôt est basée sur la déclaration écrite des cultivateurs ; les plantations de Vignes sont libres de tout impôt fonciér, mais le vin est soumis à un droit de consommation.
Jusqu’en 1882, la Grèce ne possédait que 800 kilomètres de routes. Depuis cette date, une grande impulsion a été donnée aux travaux publics, dont les résultats sont d’une importance capitale pour l’agriculture. 1200 kilomètres de voies de terre ont été ouverts à la circulation, ainsi que 900 kilomètres de chemins de fer, savoir : 72 dans lAttique, 228 dans le Péloponnèse et 200 en Thessalie. D’autres lignes sont encore en construction.
Il convient de citer aussi, parmi les grands travaux d'utilité directe pour l’agriculture, le desséchement du lac Copaïs, dû à des Ingénieurs français. Ce lac, d’une étendue de 25000 hectares, formait un bassin fermé recevant les eaux descendant du versant nord du Parnasse et de l’Hélicon ; le desséchement a pour effet de donner à l’agriculture 25000 hectares de terres fertiles et d’assainir la contrée, infectée par le paludisme dans un rayon
GRECQUE
de 15 à 20 kilomètres autour du lac; cette œuvre grandiose a été inaugurée en 1885. H.S.
GRECQUE (z0otechnie).— Deux variétés animales de la Grèce, une ovine et une porcine, doivent être signalées à l’occasion de ce mot, qui les qualifie.
VARIÉTÉ OVINE GRECQUE. — Cette variété appartient à la race Asiatique ou race de Syrie (0. À. asiatica) qui, sous les noms d’O. laticauda et d’O. steatopyga, a été reconnue par les naturalistes comme formant une espèce particulière. Elle se confond facilement avec celle de l'Asie Mineure, sa voisine; mais on l’en peut distinguer toutefois par la largeur généralement moindre de la queue, largeur due à l’accumulation des masses adipeuses sous la peau de sa base. Ces masses adipeuses se logent souvent plutôt sous la peau des fesses. '
Les moutons de Grèce sont donc des moutons à large queue ou à queue grasse, comme l'expriment les noms qui viennent d’être cités. Ils ont la tête forte, toujours pourvue de cornes quand ils sont bien de la variété dont il s’agit ici (car un autre type, celui du Soudan, à nez fortement busqué et à oreilles larges et pendantes, qui s’y est mélangé, en est au contraire toujours privé). Leur cou est long et mince, leur poitrine étroite, leur dos tranchant, leur croupe courte et oblique. Ils ont les membres longs et sont de taille très variable, suivant les localités.
Leur toison, toujours fortement mélangée de poils ou jarre, est en mèches pointues, formées de brins grossiers. Elle est souvent de couleur rousse ou brune, comme la tête etles membres, quelquefois blanche, et toujours rude au toucher, par conséquent d’une très faible valeur.
La chair de ces moutons, peu estimée des populations grecques, qui n’en consomment guère, a plutôt une saveur de venaison. La viande des jeunes agneaux de lait est seule un objet de grande consommation. Les troupeaux, qui passent presque tout leur temps sur les montagnes sous la conduite de leurs pâtres, sont surtout exploités pour le lait des brebis, dont on fait des fromages, et pour les agneaux. Il y aurait de grandes améliorations à leur faire subir, pour en tirer meilleur parti.
VARIÉTÉ PORCINE GRECQUE. — Cette variété, qui est l’une des nombreuses que compte la race Ibérique (S. ibericus), ne diffère de celle de l'Italie méridionale, appelée Napolitaine, que par des formes moins correctes et une moindre aptitude à l’engraissement. Son corps est moins épais, beaucoup moins cylindrique, et ses membres sont moins courts. Elle est d’ailleurs l’objet de beaucoup moins de soins. Sa peau est toujours fortement pigmentée et ses soies sont au moins de couleur brune, souvent noire. Elle se ressent de la négligence dont tous les animaux sont l’objet en Grèce. C’est en somme une variété inférieure. A. S.
GREFFE (horticulture). — La greffe est une opération qui a pour but de transporter sur un végétal un fragment d’une autre plante dans des conditions telles que ces deux parties se réunissent et puissent croître l’une sur l’autre. On donne le nom de sujet à tout individu qui reçoit une greffe et celui de greffon à toute partie de plante qui est réunie à ce sujet. La greffe est une opération très anciennement connue, et des documents certains montrent qu’elle était déjà pratiquée par les Phéniciens et les Carthaginois. Très longtemps la greffe. est restée une opération entourée de mystères, à l’égard de laquelle on ne possédait aucune idée précise. De nos jours encore il existe sur le
compte de cette pratique beaucoup d’opinions erro-
nées.
Une des questions les plus importantes à connaître sur ce sujet, est de savoir exactement dans quels cas cette opération est possible, ou au contraire inapplicable. Les données requises pour la réussite de la greffe sont de deux ordres; les unes