‹ Dictionnaire d'agricultureChapitre 92 sur 270 · NN N NN AN · texte numérisé non relu

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Fig. 53. — Greffe en fente avec deux greffons.

Fig. 52. — Greffon pour la greffe en fente ordinaire.

à incliner légèrement le greffon par rapport au sujet; on est ainsi certain que ces couches se couperont sur une certaine longueur sur laquelle la soudure pourra avoir lieu. Une fois la greffe en place, on retire le ciseau qui servait à maintenir la fente ouverte. Lorsque l’on a affaire à de vieux pieds à tronc fort et robuste, afin de mieux proportionner le premier développement de l'appareil extérieur nouveau qui leur est donné avec la vigueur dé la souche, on effectue la fente de manière qu’elle traverse d’un côté à l’autre et l’on pose un greffon à chacune de ses extrémités (fig. 53). On double ainsi les chances de reprise; on assure, si les deux greffons se sont soudés, une meilleure végétation pendant la première année; on doit, dans ce cas, supprimer l'hiver suivant le moins bon d'entre cux. |

Ce procédé de greffage convient plus particulièment aux Vignes à trone déjà assez gros; pour celles d’une moindre grosseur, on peut, afin d’obtenir un serrage suffisant, avoir recours àune ligature, ou bien ne pratiquer la fente que sur un côté au moyen de la serpette.

Greffe en fente pleine. — Ce système de greffe est le plus répandu parmi ceux usités dans le midi de la France à cause de la facilité avec laquelle les ouvriers greffeurs apprennent à l’exécuter. Il n’est applicable qu’à des sujets d’un faible diamètre tels que des plants d’un an ou deux, par suite de la nécessité où l’on est de placer sur le pied un greffon de même volume.

Après avoir déchaussé le sujet, on le coupe au niveau du sol ou légèrement au-dessus, mais toujours assez bas pour qu’on puisse facilement recouvrir la section par le buttage, puis on le fend par le milieu avec une serpette ou un ciseau à greffer tranchant. Le greffon est choisi d’un diamètre égal à celui du sujet, afin d’avoir chance d'obtenir une soudure de chaque côté; on le taille en biseau sur les deux faces, mais en donnant à chaque côté une pente égale; on enfonce ensuite

GREFFE DES VIGNES

le greffon dans la fente, en ayant soin de le faire affleurer des deux côtés si l’épaisseur des écorces des deux parties est sensiblement la même, cu en lui donnant une légère inclinaison sur l’axe du porte-greffe, si l’une d’elles est notablement plus épaisse que l’autre. Les inconvénients de cette.

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Fig. 54. — Greffe en fente pleine.

greffe sont que les solutions de continuité qui existent nécessairement à l’origine des deux biseaux ne peuvent être recouvertes qu’au bout de plusieurs années et d’une manière imparfaite ; elle est en outre moins solide au début et donne lieu à des bourrelets plus volumineux que celle en fente anglaise.

Greffe à la Pontoise. — La greffe à la Pontoise a été proposée il y a quelques années pour

Fig. 55. — Greffe à la Pontoise.

les sujets d’un diamètre moyen qui n’ont pas une élasticité suffisante pour serrer fortement ie greffon, lorsqu'ils ont été fendus et qui sont trop gros. pour se prêter au greffage en fente pleine.

Le sujet ayant été déchaussé et rabattu comme. il a été dit précédemment, on creuse sur un côté un évidement en forme de pyramide triangulaire

GREFFE DES VIGNES

qui servira de logement pour le greffon. Ce dernier est taillé lui-même de manière à remplir exactement son logement (fig. 55). Le creux du sujet est exécuté soit à la serpette, soit au moyen du greffoir Noisette ; il est, ainsi que la taille du greffon, d’une exécution difficile et exige beaucoup de soin et d’habileté de la part de celui qui l’exécute. Cette greffe présente en outre le grave inconvénient de se dessouder après qu’elle avait repris, par suite de la poussée qu’exercent contre le greffon les tissus conjonctifs nouvellement produits. En résumé, ce système n’a pas donné d’aussi beaux résultats que celui en fente ordinaire ; aussi a-t-il été abandonné ; on le remplace dans les circonstances en vue desquelles il avait été proposé, par le greffage en fente de côté.

Greffe en fente anglaise. — Ce mode de greffage, assez anciennement connu, n’a été apppliqué à la Vigne que d’une manière récente ; il peut être regardé comme le meilleur toutes les fois que l'on doit greffer de jeunes sujets pour. lesquels il est possible de trouver des greffons du même diamètre qu'eux-mêmes.

Pour exécuter cette greffe, le sujet est taillé en biseau, au niveau du sol, au moyen d’une serpette ou d’un couteau spécial, puis refendu verticalement vers le milieu de la section. On doit -éviter de faire un biseau très aigu, ce qui détermine la formation de languettes trop minces qui se dessèchent parfois et ne peuvent par suite pas se souder; de plus les biseaux n’ont pas la rigidité voulue pour garder la direction rectiligne qu'ils doivent conserver une fois la greffe assemblée ; ils se courbent et laissent des vides. M. Pulliat estime que l’on doit donner au biseau une pente de 28 à 32 pour 100, ce qui correspond à un angle de 16 à 18 degrés, et pour la fente une profondeur de 4 à 5 milli-

Fig. 56. — Greffe en fente anglaise à biseau allongé.

Fig. 57. — Greffe en fente anglaise à biseau court.

Fig. 58. — Greffe Champin.

mètres. Le greffon étant préparé de la même manière, mais en ayant soin de faire partir la section de la base d’un œil, on le présente au bout du sujet en engageant mutuellement les languettes dans les fentes. On doit chercher, si les deux éléments en présence sont de même grosseur, à faire coïncider de toutes parts la surface des écorces ; lorsque le greffon est plus petit, il faut au moins qu'un de ses côtés se raccorde avec un de ceux du sujet. Si la greffe a été bien faite, toutes

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les sections doivent porter à plat les unes sur les” autres et se recouvrir parfaitement sans vide ni jour ; elle doit rester assemblée de telle sorte que l’on puisse à la rigueur l’abandonner sans liga-. ture.

La greffe anglaise qui permet de placer de très. bonne heure (à un an le plus souvent) nos cépages: européens sur pied américain, donne les meilleurs résultats, tant au point de vue de la proportion des. reprises qu'à celui de la bonne constitution des. plants qui en proviennent. Ces résultats nous paraissent dus à la multiplicité et à l'étendue dessurfaces de contact entre les couches génératricesdu bois du sujet et du greffon, qui assurent mieux. la reprise, facilitent les échanges de matériaux. entre les deux individus réunis et déterminent la formation d’une cicatrice allongée et peu renfléequi ne nuit pas au bon fonctionnement ultérieur dela plante. Grâce aux divers avantages qui viennent d’être indiqués, la greffe anglaise prend chaqueannée une place plus importante dans les opérations. de reconstitution des vignobles.

Greffe Champin. — La greffe Champin est:

une modification de la greffe en fente anglaise. On la pratique de la manière suivante (fig. 58): le sujet, étant coupé perpendiculairement à son axe, est fendu vers les deux tiers de son diamètre, puis on taille en biseau la partie la plus épaisse de la tige, de manière que la section vienne mourir près de la fente en formant une languette. Le greffon est traité de la même manière et les languettes sont mutuellement engagées dans les fentes. Ce procédé offre l'inconvénient de donner lieu à deux talons, dont le plus haut se sèche ou produit des excroissances, tandis que l’autre émet généralement des racines, au risqu® d’en entrainer l’affranchissement. Les défauts que nous venons de signaler ont fait abandonner aujourd’hui ce genre: de greffe.

Greffe à cheval. — Cette greffe peut être regardée comme la greffe en fente pleine renversée; comme cette dernière, elle n’est applicable que sur de jeunes sujets ; elle consiste à tailler le pied en

Fig. 59. — Greffe à cheval.

Fig. 60. — Greffe Camuset.…

biseau aigu et à le faire pénétrer dans une simple: fente pratiquée suivant le diamètre du greffon. (fig. 59). Afin d'augmenter les chances de soudure, on a proposé de substituer à ce procédé, la greffe: Camuset, qui n’en diffère que par ce qui suit: la languette du sujet est fendue par le mileu, de: manière à recevoir une esquille réservée dans la fente du greffon (fig. 60). Ces deux systèmes présentent l'avantage de bien protéger les plaies contre la pénétration des eaux de pluie, mais ils.

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ont l'inconvénient de laisser, en -bas du greffon, deux talons qui émettent facilement des racines et favorisent par suite l’affranchissement. La greffe Camuset est en outre d’une exécution difficile, et, bien qu’on ait imaginé divers outils pour en préparer les éléments, aucun jusqu'ici ne semble entièrement satisfaisant.

Greffe à talon. — Cette greffe, ainsi que la la greffe Fermaud que nous décrirons après celleci, est destinée à hâter le développement d'un sarment américain qui joue le rôle de bouture, émet des racines et vit d’une vie indépendante lorsque le Phylloxera a détruit celles du cep d'Europe sur lequel on l'avait d’abord placé. Pour qu'une opération de ce genre donne des résultats durables,

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Fig. 61. — Greffe à talon.

il faut qu’elle soit effectuée sur des vignes situées dans des terrains riches, susceptibles de nourrir suffisamment le nouveau pied qui se forme sur la place même où l’ancien périt peu à peu.

Le greffage se fait de la manière suivante: le sujet largement déchaussé est rabattu à 4 ou 5 centimètres au-dessous du niveau du sol, il est ensuite fendu comme il a été dit pour la greffe en fente ordinaire ; le greffon que l’on a eu le soin de choisir légèrement courbé et muni d'un talon, est aminci sur ses deux faces en forme de lame de couteau. Il est ensuite inséré dans la fente de manière que les couches génératrices coincident bien entre elles et quele talon setrouve dans une situation convenable pour s'enraciner (fig. 61).

Greffe Fermaud.

— M. P. Fermaud a imaginé un système de greffage tendant au même but que le précédent, mais qui en diffère cependant comme mode d’exécution ; le pied étant coupé et fendu, on enlève avec une gouge appropriée une portion du bois en avantde la fente, de façon à obtenir un biseau aigu sur l'un des côtés. On détache, environ vers le tiers inférieur du greffon, une languette de bois que l’on dénude

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Fig. 62. — Grefle Fermaud.

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à l’extérieur et que l’on insère dans la fente. L’épaisseur du sarment est logée dans l’excavation creusée à la gouge (fig. 62).

Outils et machines à greffer. — On fait usage pour l'exécution de la greffe en fente, des outils suivants: 1° une scie à archet en fer ou une scie ordinaire de jardinier pour décapiter les pieds de forte dimension ; 2° un sécateur pour les sujets plus faibles ; 3° un ciseau en acier ; 4° un marteau ordinaire ou plutôt un marteau-piochon, qui sert tout à la fois à enfoncer le ciseau et à dégager au besoin le pied à greffer; 5° une serpette pour aviver les plaies, faire la fente sur les jeunes souches et préparer les greffons.

Le seul de ces outils qui exige une description spéciale est le ciseau à greffer, qui se prête à des dispositions variées, mais qui doit remplir certaines conditions bien déterminées. En principe cet outil peut être regardé comme un simple coin destiné à fendre le tronc, et un ciseau à froid ordinaire pourrait au besoin servir pour cet objet ; mais, ainsi que nous lavons indiqué précédemment, dans le cas le plus ordinaire, celui où l’on ne pose qu'un seul greffon sur chaque sujet, on cherche dans l'intérêt de la conservation du pied et pour obtenir un serrage suffisant de la greffe, à ne déterminer la fente que du côté de cette dernière, sans la laisser traverser de part en part ; pour obtenir cet effet, la lame ne doit pas avoir la même épaisseur sur les deux tranches ; quelquefois on lui donne tout à fait la forme d’un couteau, de manière à disposer d'un tranchant latéral qui permet de fendre entièrement les jeunes sujets d’un faible diamètre.

La greffe en fente anglaise s'effectue au moyen de la serpette ou d’un couteau à greffer ; ces instruments doivent être fabriqués et entretenus d’une manière spéciale afin de faciliter l'exécution de sections planes. Lorsque la lame est disposée avec

Fig. 63. — Coupe d'une lame ordinaire aiguisée sur ses deux faces.

des pentes symétriques et qu’on l’aiguise sur ses deux faces, elle présente près de son tranchant des parties convexes (fig. 63), qui déterminent des oscillations et des variations d’inclinaison qui donnent lieu à des coupes festonnées. Pour éviter cet inconvénient, il faut construire les couteaux à greffer de telle sorte que l’un des côtés de la lame,

Fig. 64. — Coupe d’une lame de greffoir aiguisée sur une seule face.

que l’on fera porter sur le bois, soit plat, tandis que l’autre est seul soumis à l’aiguisage (fig. 64).

De nombreuses machines ont été imaginées pour faire la greffe en fente anglaise; la plupart ont été abandonnées aujourd’hui, la seule dont il soit encore fait usage dans quelques exploitations viticoles est celle de M. Petit, ingénieur civil à Langon (Gironde).

Cet appareil (fig. 65) est formé essentiellement de deux lames : l’une Csert à exécuter la coupe en biseau du sarment, l’autre F est destinée à faire la fente ; elles sont portées toutes deux par un levier auquel on peut communiquer, au moyen d'une poignée P fixée à l’une de ses extrémités, un mGuvement de rotation autour d’un axe À qui traverse l’autre extrémité. Une glissière qui se meut entre deux guides parallèles situés en MN, maintient le

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levier dans un plan horizontal et limite l’étendue de ses déplacements.

La lame qui fait la coupe est une sorte de plane de charron; elle est située en avant, si l’on considère l’appareil en place et prêt à servir. La lame F qui fend, se rapproche beaucoup de la portion droite d’une serpette ordinaire et se trouve placée du côté opposé à la première. Au-dessous de la lame C se trouve une tablette en bronze (T, fig. 65, et abcd, fig. 66), formant un plan gauche. Cette tablette est limitée à sa partie supérieure par une buttée horizontale B ; c’est au pied de cette buttée que vient s'arrêter la lame coupante, à l'extrémité de sa course en avant. Cette disposition de la tablette permet, en plaçant un sarment sur un point convenable de sa surface, d'obtenir une même inclinaison de coupe, quel qu'en soit le diamètre. Sous la lame F se trouve une seconde tablette en bois semblable à la première et sur laquelle on fait la fente.

Tout cet ensemble est supporté par un bâti en fonte, que l’on fixe au bord d’une table au moyen de vis solides.

L'appareil semanœuvre de la manière suivante : 1° pour couper en biseau, on place le sarment sur la tablette T, en un point convenable, et en faisant porter l’extrémité contre le buttoir B; puis on pousse à fond la lame coupante, par l'intermédiaire de la poignée P; 2° pour fendre, on pose sur la tablette en bois le sarment déjà coupé, en plaçant la section au-dessus, de telle sorte que le tranchant de la lame l'attaque vers le milieu, perpendiculairement à son axe; on ramène alors le levier vers l'opérateur, jusqu'à ce que la fente ait atteint la profondeur voulue.

Mais, ainsi que nous l'avons dit précédemment, l'emploi des machines tend de plus en plus à disparaitre devant celui de la serpette ou du couteau à greffer, dont le maniement est presque aussi facile que celui des divers appareils imaginés jus-

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Le raphia est une fibre provenant d'un Palmier du Japon, le Sagus raphia ou R. Tædigera; elle est disposée en rubans minces, souples et très tenaces, fort commodes pour lier les greffes. M. Champin à proposé, pour l’empêcher de pourrir trop promptement, de le tremper dans une dissolution de sulfate de cuivre plus ou moins concentrée, suivant le temps pendant lequel on veut voir persister la ligature.

Les liens en caoutchouc sont de deux sortes : les uns sont des fragments de tube formant des anneaux plus ou moins grands que l’on passe après les avoir élargis au moyen de pinces spéciales, autour de la greffe et qui exercent une pression con-

. Machine Petit pour greffer en fente anglaise.

venable lorsqu’on les a abandonnés à eux-mêmes ; les autres sont des cordons à section carrée d’environ deux millimètres de côté que l’on découpe dans une feuille de caoutchouc vulcanisé. Les premiers de ces liens ont été presque partout abandonnés pour les seconds, qui sont d’un emploi commode sur les greffes sur boutures ; leur élasticité, qui assure un serrage continu et Jamais excessif, les fait considérer comme très bons; ils sont malheureusement coûteux. On peut, il est vrai, en les enlevant après la soudure, en faire usage pendant plusieurs années consécutives.

qu'ici.

Ligatures et engluements. — Les greffes devraient être faites avec assez de soin pour pouvoir à la rigueur, une fois ajustées, se maintenir en place et se souder sans qu’il soit nécessaire de les serrer. Elles ne peuvent malheureusement pas, le plus souvent, se passer d’une ligature lorsque le sujet n’est pas assez gros pour exercer par lui-même, grâce à l’élasticité de ses tissus, une pression énergique sur le greffon; il faut, en effet, lors même que l'opération a été faite avec le plus grand soin, consolider la greffe de manière à la protéger contre les déplacements qui pourraient résulter des chocs ou de l’action des vents violents. Les liens employés pour réaliser cet objet sont la ficelle, le raphia, le caoutchouc ou les garnitures en ruban d’acier flexible.

La ficelle constitue d'excellentes ligatures, grâce à sa solidité. Dans le Midi et dans les sols secs, elle se conserve quelquefois si bien qu'on est obligé de la couper une fois la soudure faite, afin d'éviter l'étranglement de la greffe. Dans les climats et les terres humides, au contraire, on a cherché à en prolonger la durée en la trempant dans le sulfate de cuivre ou en la goudronnant.

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Fig. 66. — Tablette de la machine Petit.

Les liens en acier sont des fragments de ruban d'acier mince et élastique courbés de manière à former un collier interrompu; on écarte les bords de la partie ouverte, afin de les passer autour du pied; une fois l’outil enlevé, le collier se referme et exerce une pression tout autour de la greffe. Ce système, qui présente divers inconvénients, est peu employé jusqu'ici.

La crainte de voir se dessécher les tissus coupés du greffon et de la greffe amène les greffeurs à les protéger contre l’action de l’air en les recouvrant d’un engluement convenable. Les mastics à base de résine, tels que celui de Lhomme-Lefort, qui est très usité pour les arbres fruitiers, ont échoué; c’est l'argile pétrie qui s’est montrée, en définitive, la matière la plus convenable. Il n’est du reste utile d'avoir recours à l'argile que lorsque l’on a affaire à des greffes laissant à découvert des plaies éten-

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dues ou quand on opère dans des terres caillouteuses ou motteuses faciles à dessécher. Lorsqu'on greffe, au contraire, des sujets jeunes en fente anglaise, et que l’on a affaire à des terres meubles et fraiches sans qu’elles soient humides à l'excès, on peut s’en passer, surtout si l’on fait usage d’une ligature soignée au raphia ou à la ficelle goudronnée ou si, ainsi qu'on le fait parfois pour les boutures greffées, on entoure la greffe d’une feuille d’étain ou de plomb logée sous la ligature.

SOINS A DONNER AUX GREFFES. — Dès que l'exécution proprement dite de la greffe est achevée, on la recouvre de terre par un buttage énergique, de manière à ne laisser sortir qu’un seul bourgeon

du greffon; la terre préalablement bien ameublie est ramenée en forme de cône autour de la greffe (fig. 67) au moyen d’une houe triangulaire. On doit opérer avec beaucoup de précaution, de manière à éviter les ébranlements et les déplacements du greffon.

On doit visiter les greffes avec soin à peu près tous les mois pendant l'été qui suit leur exécution, afin de débarrasser le pied des repousses qui s’y développent et le greffon des racines qu’il peut émettre. Le succès du greffage dépend, dans une large mesure, de la bonne exécution de ces soins. Lorsqu'on laisse, en effet, les racines du greffon se développer, la végétation du portegreffe diminue et la partie extérieure grossit plus rapidement que celle qui est sous terre. Ce grossissement anormal détermine l’écartement des parois de la fente et finit souvent par provoquer le décollement complet de la greffe. Du reste, alors même que cet accident ne survient pas, l’affranchissement du greffon est toujours une chose fàcheuse; les racines de ce dernier se développent au détriment de celles du sujet qui est alors insuffisant pour nourrir la greffe.

La destruction des drageons n’est pas moins importante ; si on les laisse croître, ils se développent au détriment des rameaux de la greffe qui ne se soude pas bien dans ces conditions, demeure chétive et finit quelquefois par succomber.

CONDITIONS D'APPLICATION DU GREFFAGE. — Le greffage n’a été appliqué au début que sur des Viynes enracinées et en place; lorsque le sol est chaud cet léger et que les Vignes sont jeunes, on obtient une proportion de reprises considérable; on procède presque exclusivement ainsi dans le Midi. Cependant, cette manière de faire offre l’inconvénient de ne jamais donner lieu à des vignobles très

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réguliers à cause de la nécessité où l’on est de regreffer successivement les pieds où l'opération a échoué. Afin d'éviter cette irrégularité, on peut greffer en pépinière des plants qui y ont été enracinés; cette méthode offre l'avantage de réduire sensiblemnt les frais d’entretien de première année. On peut même, dans le but de rendre le greffage possible pendant tout l'hiver et au moyen des machines, opérer sur des plants enracinés arrachés que l’on replante, une fois greffés, pour un an en pépinière.

Le greffage s'effectue enfin, dans certaines contrées, sur des boutures ; c’est surtout dans le Beaujolais et le Lyonnais que l’on a recours à cette manière de faire, à cause de la difficulté de réussite des greffes faits en plein champ dans ce milieu. Un certain nombre de pépiniéristes du Midi ont également adopté cette pratique qui tend à se répandre à cause des avantages importants qu’elle présente.

Les boutures coupées à une longueur d’environ 29 centimètres sont greffées en fente à biseau court, avec un greffon à un seul œil. La greffe est liée avec du raphia ou de la ficelle; on l’enveloppe quelquefois, avant la ligature , avec une feuille d'étain ou de plomb. Les greffes ainsi préparées sont mises à stratifier dans du sable ou dans de la mousse fraiche jusqu’au momentde la plantation; si on les a placées dans de bonnes conditions, un commencement de soudure se produit parfois pendant la stratification.

La plantation se fait habituellement au mois d'avril dans une pépinière que l’on doit choisir autant que possible en terre légère, et arrosable si on opère dans le Midi. On creuse un fossé de 25 centimètres environ de profondeur contre l’une des parois duquel on appuie les boutures; on les place généralement dans une position verticale ; cependant certains viticulteurs les inclinent de manière à mettre la partie à enraciner dans une couche relativement superficielle et par conséquent susceptible de s’échauffer sous l'influence des rayons solaires. Lorsque la terre de la pépinière est un peu compacte, on recouvre le pied des boutures avec du sable fin et on achève de combler le fossé avec les déblais du fossé que l’on ameublit le mieux possible.

On butte enfin complètement la partie supérieure de la greffe, de manière à la protéger contre le desséchement: l'intervalle entre les lignes se trouve ainsi creusé et sert de rigole pour les eaux lorsqu'on est amené à arroser la pépinière. Ces diverses opérations doivent se faire avee de grandes précautions afin d'éviter le déplacement relatif des éléments de la greffe qui, comme nous l'avons vu, a déjà subi quelquefois .un commencement de soudure. Lorsque l'utilité des arrosages est reconnue, ainsi que cela a lieu dans le Midi, on doit les donner par infiltration, de manière à se préserver contre le tassement ble refroidissement du sol.

Le greffage sur boutures a donné des résultats assez divers, suivant les milieux où il a été appliqué. Il réussit mieux dans les climats à printemps un peu humide, tels que le Lyonnais, le Beaujolais et le Mâconnais, que dans ceux à printemps sec-de la région méditerranéenne; ce fait s'explique facilement par le fait que la bouture doit non seulement se souder, mais encore s’enraciner, et que, ainsi que nous l’avons vu, une certaine humidité estnécessaire pour cet objet. Malgré cette infériorité au point de vue des chances de’ réussite de ce mode de greffage dans le Midi, il semble cependant devoir s’y répandre à cause des facilités qui en résultent pour l'exécution des greffes, de la régularité que l’on peut assurer aux plantations et. entin de la bonne qualité des soudures obtenues dans ces conditions. G. EF.

GREFFOIR

GREFFOIR (outillage). — Nom donné en horticulture à tous les instruments qui servent dans la pratique de la greffe et plus particulièrement à un couteau spécial qui sert dans le greffage en écusson. Le greffoir dont on se sert avec le plus d'avantage ne porte qu'une seule lame; celle-ci doit être en acier de première qualité et présenter la forme indiquée par la figure 68. Le manche est en ivoire et se termine en un biseau allongé et arrondi à son extrémité ; il sert dans le greffage à soulever l’écorce du sujet, ce que l’on ne saurait faire impunément avec une lame de fer à cause du tanin que renferment les tissus corticaux de la plupart des plantes.

Le greffoir doit être toujours maintenu dans un état de propreté absolue et la lame conserver un tranchant très affilé. Les greffoirs qui portent plusieurs lames, ceux qui sont fixés sur le manche d’une serpette, sont souvent trop lourds et toujours d’un maniement incommode.

On donne encore le nom de greffoir à la gouge qui sert, dans les greffes en approche, à prélever sur le sujetune portion de bois suffisante pour y loger le greffon. On lui donne habituellement une longueur totale de (0,25.

L’extrémité libre de la lame de la gouge est évidée et son bord très tranchant.

Le ciseau à greffer est un greffoir employé spécialement dans la greffe en fente. On s’en sert pour fendre le sujet sur lequel on pose son côté tranchant et on le fait pencher dans le bois à coups de maillet, tout en tenant dela main gauche l’extrémité du manche afin de diriger l'opération et d'empêcher que le ciseau ne penche inégalement ou en prenant une direction oblique. La longueur totale de l'instrument est de 0®,35. Cet instrument, ainsi que le précédent, servent, dans le midi de la France, au greffage de la vigne. J; D:

GRÈGE. — Voy. SOIE.

GRÉGOIRE (biographie). — Le comte Henri Grégoire, né à Veho (Lorraine) en 1750, mort en 1831, homme politique français, a joué un rôle important dans les affaires publiques. Il fut mémbre de l’Institut et de la Société nationale d’agriculture. C’est sur son rapport que la Convention décréta la création du Conservatoire des arts et métiers à Paris. On lui doit le remarquable Essai historique sur l'état de l’agriculture en Europe au seizsième siècle, qui figure dans l’édition du Thédtre d'agriculture d'Olivier de Serres publiée par la Société d'agriculture en 1804. H:°45

GRÊLE. — Chute de pluie solidifiée sous forme de grains d’une grosseur variable, depuis celle de la tête d’une épingle jusqu'à celle d’un œuf de pigeon. Les grêlons sont généralement formés d’un noyau neigeux entouré de couches concentriques de neige et de glace; leur forme varie; ils sont tantôt sphériques, tantôt ronds et aplatis, tantôt irréguliers ; ils fondent sur le sol, avec une rapidité

Fig. 65. — Greffoir, gouge et ciseau à greffer.

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