PRONE — PRONONCIATION
Les dimanches et jours de fête étaient jours de prédication 1, de même que les jours de station (mercredi et vendredi), les jours de carême et de la semaine de Pâques. Parfois, l'évêque prêchait deux fois dans la même journée -; on trouve des exemples de plusieurs sermons consécutifs faits par différents prédicateurs 3. Il n'est sans doute pas nécessaire de dire que l'on composerait un recueil, ou même une bibliothèque, en rassemblant tous les sermons et homélies de saint Grégoire le Grand, saint Martin de Vertou, saint Willibrord, saint Boniface, saint I.udger, saint Benoît d'Aniane, etc. Nous ne pouvons rien faire de plus que de suggérer l'étude critique qui devrait se trouver à la base d'une histoire de la prédication chrétienne où se dérouleraient la magnificence oratoire, la science théologique et la splendeur littéraire à côté de la naïveté du langage, et de l'émouvante simplicité de ceux dont les noms se sont conservés dans le souvenir des générations. Au vme et au ixe siècle, les capitulaires insistent sur la nécessité de la prédication 4: les conciles et synodes insistent sur le devoir des pasteurs à remplir ce devoir. En 813, le concile de Mayence leur rappelle « que jamais les dimanches et jours de fête le sermon ne doit être omis 6 »: la même année, le concile de Tours prescrit de traduire en langue romane ou teutonique les homélies des Pères, afin que tous puissent comprendre6 (voir Dictionn., t. xi, col. 1754).
VI. Le sujet des sermons dépendait plus ou moins des lectures liturgiques dont il était en quelque façon le commentaire pendant les premiers siècles de l'Église; à partir du ive siècle le thème est plus large, surtout en dehors de l'office liturgique, mais le prône conserve alors son ancien caractère d'explication des mystères. Chez les Pères de l'Église latine, le début présente souvent cette formule de bénédiction : « La paix soit avec vous ' » ou bien : « Bénissons le Seigneur; » ou encore : « Que la grâce de Notre-Seigneur Jésus-Christ, que l'amour du Père, que l'union du Saint-Esprit soient avec vous tous 8. » La fin est souvent marquée par une doxologie en l'honneur de la sainte Trinité. Souvent le prédicateur invitait l'auditoire à adresser ses prières au Seigneur pour les intentions que le diacre allait proposer, et particulièrement les catéchumènes et les pénitents. Cette formule servait de transition à la deuxième partie du prône 9.
VIL Bibliographie. -- L'rsm. Berlière, Le prône dans la liturgie, dans Revue bénédictine, t. vu. 1890, p. 97-104, 145-151, 241-246. — Petr. Blanchot, Bibliotheca sanctorum Patrum concionaioria, qua SS. Palrum et celehriorum Doclorum ad ann. 1500 conciones, homilife, orationes, etc., summalim expositœ, servato rerum et lemporum ordine, sub unum conspectum exhibentur, in-4°, Parisiis, 1631;in-8°, Colon. Agripp., 1633; cura etlabore M. de La Noue, in-4°, Parisiis, 164 4; locuplet. et corr. op. Pétri Pilartii, in-fol., Trecis-Paris, 1654. — Joh. Bona, Perum litwgicarum de sacrificio missœ libri duo, 1. II, c. vu, 7. - Franc. Combefis, Ribliotheca Palrum concionaioria, hoc est anni totius evangelia, festa dominica, sancliss. Deiparœ iiluslriorumqur sanclorum solennia. Palrum symbolis, traclatibus, panegyricis iisque qua novum ex velustis mss. codd. produclis, qua recensilis, emendatis, auctis, ad fontes eompositis, e grœco casligalis elegantiusque redditis, illustrata ac cxornata latine, 8 vol. in-fol., 1662; altéra editio, 9 vol. in-fol., 1719; sol., homiliis nique sermonibus adornala
■Act., xx, 7; Origène, Homil., vu, In Exod.,h. 5, P. G., t. xil, col. 346; S. Augustin, Confessiones, 1. VI, cm, n. 4; Serm., clxxx, n. 4, P. L., t. xxxvni, col. 974; S. Jean Chrysostome, Serm., cxxn, P. G,, t. lu, col. 533. — ■ a S. Basile, Homil., vu, In Hexam., n. 6, P. G., t. xxix, n. 163; S. Augustin, In psalm. CXXII, serm., Il, 1, P. L. , t. xxxvn, col. 1131. — 3 Constit. apost., 1. II, c. lu; Eusèbe, De vita Constantini, 1. IV, cxlv; S. Jean Chrysost.,
SS. Palrum scriptorumque ecclesiaslicorumqui XI il prioribus sœculis floruerunt, edit. perquam diligenler casligata, novis monumentis ampli ficida, etc., accur. Joa. Alex. Gonel et Ludov. Père, ordine digesta, juxta editioncs accuratissimas diligenler emendala, notis illustrala, commenlariis, sermonibus atque disserlationibus permullis locuplelata, in-8°, Paris, 1860, t. i. — Du Cange, Glossarium med. et inftrn. lalinil., au mot Pronus. — J. Kraft, De prônas sive de nexu, quo conciones, preces communes et promulgaliones ecclesiasticœ cum missarum solernniis cohœreant, in-8°, Treviris, 1848. — B.-Th. Pevnitzkig, Die Bildung der hcil. Prcdigervater im IV. Jahrh., dans Arbeiten der theol. Akad. :u Kief, 1892, p. 3-61, 261-304. — Georg.-Barth. Pontanus, Ribliotheca scu thealrum concionum e celebrioribus lum antiquis novisque autlioribus per dominicas feslivitates, et per totem Quadragesimam ordine digesta, 2 vol. in-fol., Colonise, 1625. — Ferd. Probst, Lehre und Gebet in den drei erslen christlichen Jahrhunderlen, in-8°, Tûbingen, 1871. — W. Schubart, Chrislliche Predigten, aus Egypten, dans Miltheil. d. dcutsch. Instit. fur segypl. Allertumskunde in Kairo, t. i, 1930, p. 93-105. — Thalhofer, Von Pronaus, speciell von den an die Pfarrpredigl sich ausschtiessenden Gebeicn und Verkiindigen, dans Linzer theol. praklische Quarlalschrift, t. xxxvm,
H. Leclercq.
PRONONCIATION. Il existe une ques-
tion, déjà ancienne et non résolue encore, de la prononciation du grec et du latin; on ne s'attend pas, espérons-le, à la voir exposée dans le Dictionnaire. Nous nous contentons de mentionner quelques travaux dignes d'attention tels que : A. -P. Weemaes. La prononciation du grec. Valeur des arguments épigraphiques, dans Le Musée belge, revue de philologie classique, t. iv, 1900, p. 38-54; J.-M. Meunier, La prononciation du latin, in-8°, Corbigny, 1908; B. Moissenet. La prononciation du latin (avec un appendice de l'abbé Bousselot), in-8°, Dijon, 1928; J. Marouzeau, La prononciation du latin : histoire, théorie, pratique, in-8°, Paris, 1931; L. Boussel, La prononciation de l'attique classique, in-8°, Paris, 1931 ; L. Boussel, La prononciation du latin, dans Revue des éludes anciennes, t. xxxiv, 1932, p. 88-90; F. Brittain. Latin in Church Episodes in the history of Us pronunciation parlicularly in England, in-16, Cambridge, 1934.
Tel fabricant de comptes rendus se plaindra une fois de plus que dom Leclercq renvoie à autrui sans dire ce qu'il pense, ce qui importe assez peu. Ce que j'en pense c'est que, beaucoup moins qu'on ne le croit, saxa loquuntur. On a trop dit que la solution de la prononciation du grec et du latin se trouve dans l'orthographe et surtout dans les fautes d'orthographe des inscrip tions. Celles-ci, a-t-on dit, émanent de gens peu lettrés reproduisant des sons qui frappaient leurs oreilles, elles renferment donc l'orthographe phonétique d'une prononciation qu'elles ressuscitent. Cette démonstration épigraphique n'est pas décisive. Un lapicide a pu, par mégarde, mettre une lettre pour une autre, sauter une lettre, ou écrire le même mot de deux manières différentes ; les copistes de manuscrits ne s'en sont pas privés pour leur part et les typographes les plus attentifs n'en sont pas tous et toujours exempts. La mémoire de l'œil ou celle de l'oreille ou même l'une et l'autre ont été en défaut; ou bien ils se sont trompés de lettre.
In I Cor., homil. xxxvi, n. 4, P. G., t. lxi, col. 312; In Act. apost., homil. xxxm, n. 1, P. G., t. lx, col. 239. — 4 Capitulaires de 789 et de 817, dans Pertz, t. m, p. 6(>, 209. — 6 Concil. Mogunliacense, can. 25. — • Concil. Turunense, can. 27. — 7 S. Jean Chrysostome, Homil., m, In Coloss., n. 4, P. G., t. lxii, col. 323. — ■ Const. <ti><>sl., 1. VIII, c. m; S. Augustin, In psalm. XCI. — "F. Probst, Die Liturgie in den drei ersten Jahrhunderlen, p. 154 sq.