‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 122 sur 477 · PROSTRATION · texte numérisé non relu

PROSTRATION

col. 127, fig. 9312.

Voir Dictionn., t. xm,

PROTE ET HYACINTHE. — Voir Dictionn., t. vi, col. 2328-2331. Nous avons cité l'inscription : Martyribus sanctis... du pape Symmaque que le P. Grossi-Gondi place dans la crypte de Saint-Hermès près du tombeau des martyrs. Elle aurait, dit-il, orné l'autel élevé en leur honneur dans la rotonde de Saint- André, au Vatican, où le pape Symmaque (f 514) fit transporter leurs reliques. Mais la découverte de 1845, que nous avons rapportée, s'y oppose. Le texte martyribus sanctis n'est pas des plus limpides, et J.-B. De Rossi y est revenu jusqu'à trois fois. Tout d'abord, faisant état des mots corpora rursus condidit, il a placé l'inscription sur la tombe des martyrs, ensuite il a suivi l'opinion de L. Duchesne pour retirer le texte au cimetière d'Hermès et le transporter dans la rotonde Saint-André; enfin, il en est venu à croire que le pape Symmaque aura orné les tombes demeurées intactes dans la catacombe et aura en même temps édifié une confessio au Vatican. Resterait à savoir si le texte en question remonte bien jusqu'à Symmaque; cette opinion n'a pour elle que le témoignage de Fulvio Orsini*.

H. Leclercq.

PROTECTEURS (SAINTS). — Voir Dictionn., t. i, col. 488-508; t. x, col. 1482-1483 10.

PROTHÈSE. —Voir Dictionn., t. iv, col. 3527; t. xn, au mot Offertoire.

PROU (MAURICE). — Maurice Prou poussait jusqu'au scrupule son culte de la sincérité historique lorsqu'il condamnait les oraisons funèbres et les notices

' Juvénal, m, vs. 296. — - S. Reinach, La communauté juive d'Athribis dans la Basse-Egypte, dans Bull, de corresp. hellénique, t. xm, 1889, p. 181. — 3 Corp. inscr. yrœc., t. n, p. 1004, Addenda, n. 2114 b, 2114 bb. — * A Athribis, voir note 1, p. 178-182; p. 279. — s Ephemeris epigraphica, t. iv, p. 25. — 'Corp. inscr. lai., t. vi, 2e part., n. 9821. — ' Schurer, Gesckichte des jiidischen Volkes, 2e édit., t. n, p. 370, note 85. — * F.-M. Abel, dans Conférences

nécrologiques. L'épreuve ne lui a pas été épargnée, on ne la renouvellera pas ici, car sa carrière scientifique relève plus particulièrement d'une période postérieure à celle qui remplit le cadre du Dictionnaire. Cependant il garde plusieurs titres éminents à n'être pas passé sous silence.

Jean-Maurice Prou était né à Sens le 28 décembre 18G1 dans une famille d'ancienne bourgeoisie provinciale dont la foi catholique et la gravité magistrale en même temps que la simplicité de mœurs et la politesse foncière le marquèrent pour toute la vie. Son pays sénonais lui inspira le goût du passé qu'il voyait revivre dans les monuments de sa province, ses études lui permirent d'étendre son attention à l'histoire générale de la France. Après la forte discipline puisée au collège d'Auxerre, puis au lycée de Sens, à l'École des Chartes et à l'École française de Rome, il se trouva en mesure d'occuper un poste qu'il remplit de façon éminente au Cabinet des médailles de la Bibliothèque nationale, d'où il revint à l'Ecole des Chartes prendre possession de la chaire de diplomatique en attendant qu'il en prît la direction en 1910. Edmond Le Blant lui avait légué, en mourant, son épée d'académicien qu'il fut appelé à ceindre en 1910. Dès ses vingt ans, il avait pris la plume et, malgré une santé fragile, il ne la quitta plus pendant un demi-siècle, menant de front la production scientifique et les obligations de sa carrière professorale et académique. Les anciens — et même les jeunes — cependant paraissaient respectueux de cet homme d'apparence un peu frêle dont la silhouette ne se modifiait pas plus, avec l'âge, que la physionomie : « Toujours cette attitude d'homme penché sur sa tâche, et cette nature à soubresauts, bougonne à l'occasion et puis soudain rassénérée en face d'un interlocuteur de pauvre contenance. Les tempéraments émotifs s'allient à des esprits sincères : il était ferme dans ses résolutions et ses idées, pénétré de ses devoirs et prêt à fulminer contre les jeunes gens qui ne se sentaient pas en mesure de le suivre jusqu'au bout dans la voie du désintéressement ll. » Les nerfs, facilement excitables chez lui, prenaient aisément le dessus; le 20 janvier 1930, il fut frappé subitement et se déclara perdu. Des soins le rétablirent, il reprit sa lourde tâche pour quelque temps et se rendit aux eaux de Néris, où il mourut le 4 octobre, consolé par la foi et l'espérance, guides et soutiens de sa vie entière.

« Ce fut un grand érudit. Il doit à cette poursuite d'études ardues et peu connues que son nom n'a point dépassé les cercles savants autant que la variété des aptitudes d'un esprit brillant et sa large culture l'auraient permis. Dans sa jeunesse, il avait écrit sur la Gaule mérovingienne un livre net, sûr, élégant, dont le succès aurait pu l'engager dans la voie de l'ampleur historique. Il eût été à sa place clans une chaire d'université. L'abondance étincelante de sa parole lui aurait valu une grande faveur. Mais il ne prisait guère les diplômes, il négligea de prendre sa licence. Le Collège de France lui aurait volontiers ouvert ses portes. A l'action fugitive sur un nombreux auditoire, il préférait la pénétration de quelques esprits fidèles. Non point qu'il fût infatué des sciences à l'abord secret ou qu'il considérât le passé uniquement du point de vue grêle de l'antiquaire. Il débordait d'imagination et d'audace, les systèmes l'exaltaient, il s'enthousiasmait pour les anciennes constructions juridiques sur le

de Saint-Étienne, p. 248. — ' Grossi-Gondi, dans Xuovo bull. di urch. crist., 1917, p. 89-94; E. Josi, dans Rômische Quartalsclirift, t. xxxn, 1924, p. 25-32; De Rossi, Inscr. christ, urb. Ronue, t. n, 1" part. (1888), p. 42, 207, 457- 458. — • 10 Sur les saints protecteurs des cites, cf. P. L., t. xxxvm, col. 1355. — " V. Chapot, dans Bulletin de la Société nationale des antiquaires de France, 1931, p. 70.

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