Slrzygowski, Eine alexandrinische Weltchronik,p
— 2 .1. Strzygowski, Die Miniaturen des serb. Psalt., p. 91.
— 3 II., ibid., p. 94. — * Tikkanen, Die Psallerillustration, p. 3 sq. — - * Ch. Diehl, dans Journal des savants, 1907,
Pour l'histoire, Augustin suivait exactement les notions d'Optat de Milève et n'ajoutait rien de nouveau; pour la poésie, on sentait que l'auteur lui était étranger et c'était une gageure d'en vouloir introduire dans un sujet qui ne la supportait pas, néanmoins il arrivait à y glisser des antithèses, des sentences, du mouvement et du rythme. Voici ce que lui-même a jugé bon d'en dire : « J'ai composé un psaume, destiné à être chanté, avec des strophes commençant par les lettres successives de l'alphabet latin, mais seulement jusqu'à la lettre V.; ce qu'on appelle des abécédaires. J'ai omis les trois dernières lettres; mais je les ai remplacées par une sorte d'épilogue, où notre mère l'Église interpelle les schismatiques. Le refrain (hijpopsalma) qui sert de répons, et le prélude ( proœmium). destinés à être chantés, ne comptent pas dans la série des lettres, série qui commence après le prélude. J'ai tenu à n'employer aucune espèce de mètre, dans la crainte que la nécessité métrique ne me contraignît à user d'expressions étrangères à l'usage populaire. »
Le poème s'est conservé intact, sauf d'insignifiantes lacunes; il devait se composer de 291 vers, dont il nous reste 288, soit 20 strophes de douze vers chacune (str. m : 11 vers; str. xvi : 10 vers1), chaque strophe commençant par A, B, C, jusqu'à V inclusivement. Tous les vers sont assonances, en e et se; le vers est de 16 syllabes simplement comptées; il est coupé par une césure en deux hémistiches égaux, de huit syllabes chacun. Dans chaque hémistiche, l'avant-dernière syllabe porte toujours l'accent tonique. « On ne connaît pas, dans l'antiquité classique, d'autre exemple de ce système de versification. Ce qui est neuf dans le Psalmus, suivant la remarque de M. P. Monceaux, c'est la réunion et la combinaison des divers éléments qui se retrouvent ailleurs, surtout la structure originale du vers. Dans ces strophes abécédaires avec refrain, comme dans l'épilogue, apparaît un vers tout nouveau, qui a pour principes la fixité du nombre des syllabes, l'assonance de la rime, la césure immuable, les deux hémistiches égaux avec deux accents fixes. On remarquera la frappante analogie de ce vers latin avec le vers roman, qui de même a pour éléments fondamentaux l'isosyllabie, la césure régulière, la rime ou l'assonance, l'accent fixe à l'hémistiche et à la fin. Cette versification nouvelle est-elle une création du génie d'Augustin? On ne peut l'affirmer. Mais elle apparaît pour la première fois dans le Psalmus contra partem Donati, elle ne se trouve que là dans l'antiquité, et elle marque la plus importante des étapes dans l'évolution rythmique qui aboutit à notre versification moderne. »
Bibl. — H. Vroom, Le psaume abécédaire de saint Augustin et la poésie latine rythmique, in-8°, Nimègue, 1933; P. Monceaux, Histoire littéraire de l'Afrique chrétienne depuis les origines jusqu'à l'invasion arabe, in-8°, Paris, 1923, t. vu, p. 81-85; F. Ermini, Étude sur le Psalmus abeccdarius contra partem Donati, dans Miscellanea Agostiniana, in-8°, Roma, t. il, 1931 ; C. Lambot, Texte complet et amendé du Psalmus contra partem Donati de saint Augustin, dans Revue bénédictine, t. xlvii, 1935, p. 312-330.
XVI. Psaume abécédaire de saint Fulgence. — Ce psaume avait rencontré en Afrique un succès assez vif pour inspirer à saint Fulgence, évêque de Ruspe, la pensée de l'imiter, quoique de son temps le schisme donatiste eût beaucoup perdu de son importance et évolué vers I'arianisme. Sa composition a été rapprochée de celle de saint Augustin dans le manuscrit de
p. 303; Le même, L'Orient byzantin, p. 241-272. Cf. L. Bréhier, A propos du psautier byzantin ù frontispice, dans Iiyzantion, t. v, 1929, p. 38-45. — a lïelraclationes, 1. I, c. XIX.
PSAUTIER
PUDENTIKNNE
Leyrie, Voss. lat. 8°, 69, du ixe siècle, fol. 74 v°-80 v° : Abeeedarium. Il semble difficile de rencontrer une imitation mieux caractérisée. La première lettre de chaque strophe suit l'ordre de l'alphabet; chaque verset se partage en hémistiches de huit syllabes (sauf quelques détériorations) et finit en e ou se, ce qui produit un effet de rime; outre les strophes alphabétiques, il y a refrain, prélude et conclusion, ainsi rien n'y manque. « Cependant, ajoute l'éditeur de ce nouveau psaume abécédaire, le contenu diffère du tout au tout. Saint Augustin cherchait à éclairer le peuple sur les véritables origines de la secte des donatistes; notre psaume, au contraire, s'en prend à l'arianisme. Cette hérésie y est décrite à l'état cru; elle apparaît sous une forme plus étendue encore que celle du concile de Rimini, car elle dénie ouvertement au Saint-Esprit, non moins qu'au Fils, la divinité au sens propre. Ce n'est donc plus l'arianisme du temps des grandes luttes théologiques, mais bien celui qui florissait chez les peuples barbares installés dans l'empire romain. » La situation historique au sein de laquelle le psaume doit prendre place est celle qui régna en Afrique à l'époque de la domination vandale. » Le psaume décrit en effet les hérétiques de la même manière que les documents de la persécution vandale : ils détiennent solidement le pouvoir séculier et, forts de leur puissance matérielle, ils s'acharnent sur leurs sujets orthodoxes : Infidèles arianos non debemus jormidare, qui mine positi videntur in s<eculi poleslale et catholicos adfligunt persévérantes in fide (vs. 290-292). Ils les privent de leurs églises, les écartent de l'armée : non permittunt militare (vs. 249), les dépouillent de leurs biens : Noxio dant res aliénas quas tollunt ab innocente (vs. 240), les rebaptisent de force après leur avoir arraché un prétendu aveu de paganisme : Baplismum sanction non metuunt iterare; catholicos jam fidèles conpellunl Christian negare; docent falsum confiteri si quos valent in relire ut qui fuit christianus paganum se dicat esse (vs. 67-72). Ils ne regardent pas à la qualité des recrues qu'ils ravissent à l'Église; ils vont jusqu'à admettre des criminels dans les rangs de leur clergé et dans les hautes charges : Suscipiunt criminosos et provenant in honore et incertosœ pollulos arse faciunt servire. »
L'ouvrage est désigné sous ce titre : Abeeedarium domni Fulgenli episcopi Ecclesisp Ruspensis; il n'y a pas lieu de contester cette attribution.
Bibl. — C. Lambot, Un psaume abécédaire inédit de S. Fulgence de Ruspe contre les Vandales ariens, dans Revue bénédictine, t. xlviii, 1936, p. 221-234.
H. Leclercq.
PSENOSIRIS. — Voir Dictionn., t. xm, col. 1425-1426.
PTOLÉMÉES (COUPE des). Voir Dic-
tionn., t. il, col. 1638-1642, fig. 1914. C'est un canthare de sardonyx dont on trouvera une reproduction excellente dans la Gazette des beaux-arts, 3° période, t. xix, 1898, p. 32, pi. hors-texte, gravure de (1. (iaicn.
PUDENTIENNE (basilique de sainte-).
I. L'emplacement. II. La légende. III. Les fouilles. IV. L'histoire. V. La mosaïque.
I. L'emplacement. — Le site sur lequel s'élève la basilique de Sainte-Pudentienne est la colline du Viminal séparée de l'Esquilin par une étroite vallée, appelée Vicus Putricius qui, de la Subure, conduisait à la porta Yiminalis. Le nom du vicus indique l'origine traditionnelle de ces lieux où Servius Tullius aurait obligé les familles patriciennes à construire leurs maisons.
1 II y a une confusion visible, car le pape Pie était le propre frère de I fermas, l'auteur du l'astar (voir Dictionn., t. vi, au mot Hf.rmas). — * J.-H. Parker, The hotise of
Sur le versant du Viminal face à l'Esquilin, au pied de la colline, sous l'église Sainte-Pudentienne, de récentes explorations ont révélé à une profondeur assez notable des vestiges de très anciennes constructions en blocs de tuf, en opus incertum et des traces de pavement en mosaïque polychrome (lilhostroton) d'un bon travail, ayant dû faire partie d'une riche habitation de l'époque républicaine. L'entrée s'ouvrait sur le vicus Palricius et l'habitation primitive fut restaurée et développée dans le courant du Ier siècle et au début du ne, comme en témoignent des pans de mur en opus reticulafum.
Une transformation complète des bâtiments fut exécutée vers le milieu du ne siècle lors de la construction de. thermes pour lesquels on employa des briques dont l'estampille date des années 127 et 128 de notre ère. Ces thermes privés ont pu être ouverts au public payant; on peut les identifier avec ceux qui portent les noms de Novatianœ ou Timothinœ, élevés sur la propriété de Novatus et de Timothée, fils d'un certain Pudens.
IL La légende. — Ce nom évoque tout un cycle légendaire. Ici se serait élevée la demeure du sénateur Pudens qui oflrit l'hospitalité à saint Pierre, et qui serait le père de Novatus et de Timothée ainsi que de Pudentienne et Praxède. Il fut un temps où, tous les souvenirs topographiques étant brouillés ou éteints, on imagina que les deux basiliques de sainte Pudentienne et de sainte Praxède s'élevaient sur la demeure de Pudens. C'est chose bien difficile à croire puisqu'elles sont séparées par le vicus Palricius.
Les plus anciens documents relatifs à l'église Sainte- Pudentienne sont apocryphes et tendent à faire croire que vers le milieu du IIe siècle, le pape Pie Ier donna à ce lieu de prière le nom de tilulus Pastoris, qui était le nom de son frère \ nom qui fut échangé avec celui de litulus Pudenlis. En l'état de nos connaissances on ne peut rien dire de certain2, mais c'est évidemment vers l'an 150 que le pape Pie Ier érigea un titre domestique dans une des salles de l'habitation annexée aux thermes dont il a été question plus haut, c'est également ce que portent à croire les actes de saint Justin qui a vécu vers ce temps, et qui nous apprennent qu'il habitait prope ad balneum cognomenlo Timolinum.
Voici la note que contient le Liber pontificatis dans la notice de Pie Ier : Hic ex rogatu beatœ Praxedis dedicavit œcclesiam Ihermas .Xovuti, in vico Patricii, m honore sororis sue sanctœ Potentialité, ubi et milita dona obtulit; ubi ss'pius sacri/icium Domino offerens ministrabat. Immo et fontem baptismi ronstrui fecit, manus suas benedixit et conseeravit; et multos venientes ad /idem bapti-avit in nomine Trinitatis. « Cette note ne se rencontre que dans le Vaticanus 3764 et ses dérivés, ainsi que dans le Laurenlianus i.xyi, 35. Elle dépend d'un récit conservé dans ce qu'on appelle les Acla SS. Pudentiame et Praxedis3. Ces Acla se composent de deux lettres et d'un appendice narratif. La première lettre est adressée par un prêtre Pastor à Timothée. disciple de saint Paul, évidemment la même personne que le Timothée des épîtres. Il y est dit qu'un certain Pudens (II Tim., iv, 21), disciple lui aussi de saint Paul, a, dès axant sa mort, changé sa maison du vicus Patricius en paroisse romaine (litulus), sous le nom de Pastor, l'auteur de la lettre; que ce Pudens étant venu à mourir, ses deux tilles. Praxède et Pudentienne. ont donné leurs biens aux pauvres et se sont consacrées au service de Dieu et de l'Église dans le litulus fondé par leur père; que le pape Pie y a joint un baptistère et qu'il y a exercé souvent les fonctions épiscopales; que Novatus, frère de Timothée, étant mort peu
Pudens in Rom, dans The archteological Journal, t. xxvm, 1871, p. 41-49. — s Voir Acta sunctonim. maii t. iv, p. 299.