SEN
MA
Rappelons enfin l'épitaphe de Helias, argenlarius mort à 35 ans et 23 jours11 (voir Dictionn., t. v, col. 1187). Dans les codes barbares et, en particulier, dans la loi salique, le puer est un serviteur dont la condition est rapprochée de l'état servile ; mais quand Grégoire de Tours parle de pueri qui sont produits comme champions des Alamans et des Vandales, on doit les regarder comme de condition libre; c'est ainsi que le puer régis est presque assimilé au conviva régis.
H. Leclercq.
PUGILLARIS. — L'objet que nous allons décrire ne porte aucun symbole chrétien, mais il est trop usuel pour que des chrétiens n'aient pas fait usage d'instruments semblables. Il a été trouvé à Rapidum (Algérie), en 1926, et se compose d'une sorte d'oeuf allongé en terre cuite rouge, mesurant 0 m. 093 de longueur. 0 m. 045 de largeur, 0 ni. 04 de hauteur (fîg. 10574). Dans le sens de la longueur il est creusé sur une face d'une cavité longue de 0 m. 055 et profonde de 0 m. 015, il présente en outre une petite encoche sur un des côlés longs. Il semble que pour en faire usage il a fallu placer l'index replié dans la cavité, l'extrémité du pouce dans l'encoche et frotter avec la surface recourbée qui se trouve du côté opposé à la cavité.
Un autre outil du même genre mais de forme un peu différente a été trouvé à Tébessa, il est en terre cuite blanchâtre, a la forme d'un fer à repasser dont la surface inférieure serait très convexe; il mesure o ni. 10 de longueur. 0 m. 06 de largeur. 0 m. 0(i3 de hauteur, poignée comprise. La destination de ces objets a été
Majus, p, loi, n. 3. - " Différents exemples dans les évangiles : Matlh., vin, ti, 9; vu. 18; .Joa., xxi, 9. — ■ Bosio, Borna sotterranea, p. 601. — * De Rossi, Inscr. christ., t. î. p. 103, n. 193. — • Id., ihid.. t. i, p. 13, n. 19. ,0 Corp. inscr. lai., t. xi. n. 6289; lign. 5-6 </<■ iiwictas sen(iores). — " C.urp. inscr. lai., t, vi, n, 9161 ; De Uossi, op. cit., t, 1, p, 236, n. 553,
PU G ILLARIS
PURGATOIHK
parfaitement déterminée, ce sont des polissoirs et celui de Rapidum porte encore le nom de son propriétaire en écriture cursive : PVgL • ROGVTIA II NI. Ce sont des pugillares en usage dans les écoles et chez les particuliers. On s'en servait pour effacer les notes prises sur les tablettes de cire. A cet effet on pouvait, appuyer sur la cire avec la palette qui terminait le stylus ou bien recourir à ce polissoir ou frottoir qui permettait d'effacer les notes prises bien plus rapi-
10574. — Pugillaris. D'après Bull, de la Soc. des antiquaires de France, 1927, p. 227, n. 1 et 2.
dément en égalisant la surface. En somme ce petit outil rendait les services qu'une éponge rend de nos jours encore aux écoliers pour effacer leur ardoise l.
H. Leclercq.
PUITS. Origène a rassemblé quelques-uns des principaux passages de l'Écriture où les puits et les citernes inspirent des interprétations symboliques et spirituelles; sans être venu jamais à Rome et sans avoir visité la catacombe de Calliste il explique heureusement le sens mystique d'une fresque du cubicule A3 des « Chambres des sacrements » (voir Diclionn., t. m, col. 153, fîg. 2446 à droite). On y voit un homme tirant d'un puits un seau qui est vide, tandis que sur un plan plus élevé, un docteur assis tient un livre ouvert 2. Ce livre est celui de la parole divine dont le Sauveur disait à la Samaritaine : Qui biberit ex aqua, quam ego dabo, non sitiet in setemum 3. On pourrait facilement grouper les textes qui font allusion aux eaux courantes où le fidèle se désaltère. Rappelons seulement l'hypogée de Domitille dont le vestibule contenait un puits indispensable aux rites liturgiques (voir Diclionn., t. I, col. 809, flg. 173 F; col. 811, fig. 174), ce qui, de très bonne heure, fut le cas de tous les édifices chrétiens.
Il n'est pas possible d'entrer ici dans une énumération de tous les monuments de cette espèce que nous connaissons, malgré l'intérêt qui s'y attache et dont il serait intéressant de retrouver la décoration. Sur les épistyles de la citerne établie dans le vestibule du monastère de Pammachius à Porto, on lisait cette sentence : QVISQVE SITIT VENIAT CVFIENS HAVRIRE
1 E. Albertini, Objet de terre cuite, pugillaris, trouvé à Rapidum, dans Bull, de la Soc. nat. des antiq. de France, 1927, p. 214-217. — 2 .1. Wilpert, Le pilture délie catacombe romane, 1903, pi. 29, n. 2. — 3 Joa., iv, 13. —
• Bijzanlion, t. i, 1924, et le commentaire d'Ainalof. — 6 Le mot pretio devant être rapporté au vendeur plutôt qu'à l'acheteur a été employé ici au lieu de pretium. —
• P. Monceaux, Les Africains, étude sur la littérature latine d'Afrique, in-12, Paris, 1894, p. 59 sq., 81-85, 90 sq„ 102,
Ft VENTA (voir Diclionn., t. il, au mot Bénitier). D'autres avaient simplement une décoration cruciale, florale, etc. (voir Diclionn., t. vm, col. 1586, fig. 6800). Une plaque d'ivoire byzantin nous montre l'épreuve des eaux amères (voir Diclionn., t. xn, col. 534, fig. 8605) qui se passe auprès d'un puits4; mentionnons pour terminer une margelle de puits de la villa Altoviti, sur la rive droite du Tibre, portant cette inscription en caractères du vme ou du ixe siècle : De donis Dei el sancli Marci Johannes presbyler fie (ri ) rogabit. Omnes silienle(s), benile ad aqua (s) et si quis de isla aqua pretio tuleri(l) analhema s/75.
H. Leclercq.
PUNIQUE. — En Afrique, le grec a connu une période de large expansion ", mais le punique y était solidement implanté dès avant la conquête romaine et jusqu'au vie siècle, il s'y parlait encore couramment dans tout le pays. Dans les villes, il se réfugiait probablement dans les classes inférieures de la population. Les allusions de saint Augustin au punique sont sans nombre'; mais, comme les autres textes qu'on cite d'ordinaire à ce sujet, elles ont trait presque toujours aux campagnards ou aux habitants des petites villes, sans qu'on puisse dire si elles visent jamais la pratique de Carthage. Ce qui paraît certain c'est que les anciennes langues usitées en Afrique ne furent pas supprimées par l'invasion du latin. On continua à y parler le libyque et le punique. Quant à la proportion de ceux qui s'en servaient par rapport à ceux qui parlaient latin ou grec, nous ne la savons pas, et il est probable que nous ne la saurons jamais. Avancer, ainsi qu'on l'a fait, que « c'est surtout en punique que se fit en Afrique la prédication chrétienne », c'est une affirmation qui ne s'autorise pas d'un seul texte. Sans doute le christianisme dut être prêché en punique à ceux qui ne comprenaient que cette langue, et il est probable qu'on fit pour eux des recueils de prières et comme une sorte de catéchisme en cette langue. II restait encore de ces christiani punici à l'époque de saint Augustin et il cite avec complaisance une définition qu'ils donnent du baptême et qui lui semble venir de la tradition apostolique ». A propos de la diffusion du latin à Hippone, le saint semble se contredire. I! laisse entendre dans ses Confessions (I. xiv) que tout le monde le parle et qu'on l'apprend inter blandimenta nutricum. Au contraire, il dit ailleurs (Epist., lxxxiv) que la prédication évangélique souffre par le manque de gens qui parlent latin : Cujus (latin.ee linguiej inopia in noslris regionibus evangelica dispensatio multum laborat. Évidemment il ne veut pas dire qu'on ne le sait pas, mais qu'on ne le sait pas assez bien pour prêcher en cette langue. Seule une infime minorité ne parlait que le punique. Il n'est question nulle part d'une traduction de la Bible en punique.
H. Leclercq.
PUPITRE. — Voir Diclionn., 1. 1, col. 1330-1347, au mot Ambon ; t. vm, col. 2493-2496, au mot Légile.
PURGATOIRE. — Aux témoignages épigraphiques de cette croyance parmi les fidèles que nous avons rapportés (voir Diclionn., t. iv, col. 427-456), nous ajouterons ce qui suit.
En regard des formules affirmatives de l'introduction immédiate de l'âme en paradis, ce que nous lisons
115; J. Toutain, Les cités romaines de la Tunisie, p. 199- 201. — ' S. Augustin, Confessiones, 1. I, c. xiv, xxm, Fnarr. in psalm., cxxiii, 8; In epist. Joann. ad Parihos; tract. II, 3; Epist. ad Romanos. inclioata expositio, n. xm; Epist., xvii, 2; cvm, 14; Serm., cxm, 2; Retract., Il, 3; Paul Orose, Hist., 1. V, c. xi; Rufus Festus Avienus, Orée merit., vs. 267-269, 345-347; Aurelius Victor, Epist., xx; cf. P. Monceaux, op. cit., p. 37 sq., 102 sq.; J. TouUin, Cités,
p. 201-204, => ' Serm,, clxyji,