‹ Dictionnaire d'archéologie chrétienne et de liturgieChapitre 156 sur 477 · QUICHE RAT — QUI ET · texte numérisé non relu

QUICHE RAT — QUI ET

res, etc. On le rencontre attentif et dispos sur tous les points de notre sol, à Laon dont il faut déterminer L'âge de la cathédrale '; à Tours où il s'agit d'une Restitution de la basilique de Saint-Martin, d'après Grégoire de Tours et les autres textes anciens2; à Troyes où il est question d'une Notice sur plusieurs registres de l'œuvre de la cathédrale 3 ; à Embrun où, à propos de la cathédrale, il est prouvé que les monuments du Midi n'étaient pas mieux construits que ceux du Nord, qu'ils n'ont pas plus que ceux-ci échappé aux désastres qui ont détruit les monuments antérieurs à l'an 1000, que les édifices voûtés de la Provence et du bassin du Rhône ne peuvent donc remonter à Charlemagne. La démonstration est péremptoire 4. On pourrait rappeler encore ce qui a trait au Ferrage des chevaux 5 et aux Puits Itinéraires 8. Ce sont des morceaux achevés.

Nous ne pouvons entreprendre rénumération de tous les emplois assumés par J. Quicherat et qui, sous le titre de « Commissions », absorbaient son temps et s'alimentaient de son expérience scientifique. La charge la plus lourde fut, en 1871, la direction de l'École des Chartes où il « se révéla administrateur de premier ordre. Quel admirable parti il sut tirer de ressources dérisoirement insuffisantes! Quel génie inventif ne lui fallut-il pas pour organiser un enseignement si complexe dans un local si obscur et si exigu, pour y introduire chaque année des innovations si bien combinées et pour y rassembler des collections si diverses et parfois si encombrantes '? »

L'âge se faisait sentir et Quicherat se préoccupait à l'idée que la mort pourrait le surprendre avant l'achèvement de son œuvre. Il s'en ouvrait à ses amis; cédant à de vives instances, il commençait la rédaction de son cours d'archéologie et s'appliquait à une Histoire de la laine depuis l'époque gauloise jusqu'à nos jours \ l'n jour vint où Quicherat donna sa démission afin de réserver ses années de vieillesse à ses travaux personnels. L'émotion fut si vive, si profonde, la protestation si émue et si générale qu'il revint sur sa décision. Admirateurs, amis et élèves lui en témoignèrent leur reconnaissance et sa vigueur parut devoir suffire à de nouveaux travaux. A cette manifestation, l'Académie des inscriptions et belles-lettres s'associa par un prix de 10 000 francs n pour se consoler, en quelque sorte, de ne point le compter parmi ses membres0 ». Lue consolation plus digne d'elle était à sa portéel

Jules Quicherat était républicain, mais il ne bénéficia guère de l'avènement du régime par de lucratifs emplois; il ne brigua jamais ni place ni honneurs et, en 1852, refusa la chaire du Collège de France retirée à Michelet. Célibataire, il avait toujours refusé de faire partager sa pauvreté qu'il supportait fièrement, mais quand la vieillesse approcha il sentit cruellement le vide de son foyer. Bon, serviable, mais un peu rogue parfois, il souffrait d'une affection intestinale et se ressentait des privations du siège de Paris. Un séjour de vacances dans le Jura lui rendait courage; en 1881 il n'y trouva plus le regain annuel de santé. L'hiver fut rude; au mois d'avril il sentit ses forces décroître et songea à revoir La Grange-IIuguenet ; le mal fut plus prompt que le remède et l'enleva brusquement le 8 avril 1882.

Dieu avait été absent de sa vie.

' Bibliothèque de r École des Charles, 1874, |>. 249-254. » Kcmic archéologique, 1869, p. 313-321, 403-404; 1870, p. 1-13, 82-90. — 3 Mém. de l<i Sac. nat. des antiq. de France, t. xix, 1819, p. 11-83. — * Rapport, dans Bulletin de l'Académie delphinale, t. ix, p. 129-137. - - s Revue des Sociétés savantes, 1873, p. 250-270. — • Ibid., 1806, p. 365-377. — ' L. Delisle, Discours, dans Biblioth. de l'École des Chartes, 1882, p. l.r>7. — ■ l'ne vingtaine de chapitres fuient retrouvés dans ses papiers. — • I.. Delisle, op. cit., 1882, p. 158. Il avait posé sa candidat lire une fois, on l'écarta, il ne se re-

II. Bibliographie. — A. Giry a publié la Bibliographie des ouvrages de Jules Quicherat, dans Bibliothèque de l'École des Chartes, t. xliii, 1882, p. 316-360; elle comprend 363 numéros, et ce nombre seul suffit à faire comprendre qu'elle ne puisse trouver ici sa place; on la trouvera dans les Mélanges d'archéologie et d'histoire de Quicherat, t. i, 1885; R. de Lasteyrie, Notice sur M. Jules Quicherat, dans Bulletin du Comité des trav. hist. et scient., 1883, p. 4-41; Aug. Castan, Jules Quicherat, dans Mém. de la Soc. d'émulation du Doubs, 1882, p. 42-57; A. Giry, Jules Quicherat, 1814- 1882, dans Revue historique, t. xix, 1882, p. 241-264; J. Berthelé, Jules Quicherat et son œuvre archéologique, dans Ann. de la Soc. hist. archéol. Je Château-Thierry,

H. Leclercq.

QUIESCERE. — Ce verbe reparait dans un trop grand nombre d'inscriptions chrétiennes pour qu'il soit nécessaire d'en donner beaucoup d'exemples; on les trouvera disséminées dans le Dictionnaire. Le choix de ce mot s'inspire de la même pensée que celui de depositio, c'est celle de repos dans l'attente de la résurrection. Dans les textes chrétiens, il a eu à subir diverses déformations qui le laissent d'ailleurs reconnaissable, par exemple : cesquo, quesco et quesquo. Ainsi nous lisons : CESQVAT IN PACE 10; QVES- CET11; QVESQVENS12: QVIISCIT13; à Rome sur une épitaphe de l'année 340 u :

PELEGRINVS IN PACE CVM VXOREM SVAM SIL VANAM QVIEXIBIT IN PACE Xllll KAL -IAN- DNCONSTAVG-X-ET-IVL-CAES III CONSS-

A Tabarka, dans la basilique, une tombe recouverte de ciment (haut. 2 m. 45; larg. 0 m. 20) est surmontée d'un chrisme constantinien accosté de A et 00 et flanqué de deux colombes affrontées surmontées chacune d'une rose renversée ,s :

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