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III. Miniatures. IV. Classement

I. Description. — Le ms. sir. 5(1 de la bibliothèque Laurentienne, à Florence, est un évangéliaire syriaque dont l'illustration fut exécutée par le moine Rabula, du monastère de Zagba, en Mésopotamie: il porte la date de 586. L'auteur ne semble pas viser à l'originalité. Il a dû travailler d'après des modèles grecs, ce qui permet de faire remonter ceux-ci à un quart de siècle plus haut ou même un peu plus; de toute façon, il nous présente un exemple assez complet des frontispices de cette époque. L'illustration remplit quatorze feuillets qui se succèdent dans l'ordre de l'écriture syriaque, il faut par conséquent feuilleter le manuscrit de droite à gauche comme si on commençait par la fin. Le premier et le dernier feuillets sont collés sur onglets et dépareillés, les autres sont au complet et dans l'ordre. Pour obtenir la suite normale il faut intercaler le 1" feuillet entre le 13e et le 14'.

Suivant l'usage, le manuscrit s'ouvre par les canons évangéliques, mais ceux-ci sont précédés par les images d'Eusèbe de Césarée et d'Ammonius d'Alexandrie, représentés debout entre trois colonnes, sous un cône cintré; à la suite deux pages d'ornements géométriques et enfin les canons. Ceux-ci « se développent dans un décor architectural emprunté à la peinture murale, mais, sauf une exception, sans perspective. Ce sont des colonnes plus ou moins nombreuses supportant des arcades ou des frontons. Ces formes sont antiques;

1 M.-A. Frantz, The provenance o/ tlie open lihô in Ihe Christian monogramm, dans The american Journal of archaeology, t. xxxui, 1920, p. 10-25. — 2 G. Millet, L'art

toutefois M. Ajnalov y a justement distingué des éléments nouveaux : chapiteaux à figures, pilastres ornés de dessins géométriques, ciboires coniques, croix sur le sommet ou dans un cercle, enfin ornements d'un caractère copte bien tranché. Ces architectures enferment entre leurs colonnes le texte des canons (voir Dictionn., t. il, col. 1948, fig. 2018), tandis qu'à l'extérieur, dans les marges, se développe une riche décoration d'un double caractère : fleurs et oiseaux au-dessus des arcades, scènes ou personnages bibliques auprès de la courbe; plus bas, aux côtés des colonnes, des scènes évangéliques; enfin, près des bases, des plantes et des animaux. Ce mélange de texte et de figures rappelle avec une disposition différente le calendrier de 354 (voir Dictionn., t. in, col. 1555-1560). Les deux Testaments se déroulent suivant l'ordre chronologique, d'un mouvement parallèle, mais sans relation précise de concordance. Au point où finit l'ancien, les quatre évangélistes prennent place au milieu des arcades, auprès des doubles colonnes du canon, interrompant sur deux pages voisines le cycle évangélique. Puis à ces vignettes tracées sur le fond du parchemin, sans cadre, d'une composition très simplifiée, adaptée à leur fonction décorative, font suite de grandes scènes encadrées, à la façon des mosaïques, de motifs géométriques et se détachent sur un fond de paysage antique; ce sont la Crucifixion, la Résurrection, l'Ascension et, si notre transposition est exacte. l'Élection de Matthias. Le cycle se terminait par la Pentecôte, au verso du dernier feuillet; mais il était interrompu par deux pages (pie l'on avait réservées à dessein pour pouvoir présenter l'une près de l'autre, dans le volume ouvert, les deux figures qui sont l'âme de tout ce frontispice, la Vierge debout tenant l'Enfant et le Christ assis entre deux évoques et deux moines * ».

IL Contenu. — L'ornementation est entièrement placée au début du volume et précède le texte des quatre évangiles qui est ainsi réparti :

Fol. 1-14 vn : sur parchemin, contient les enluminures.

Fol. 15 : sur papier rapporté, présente diverses notices en syriaque et en arabe.

Fol. 20 : début du texte, mais le commencement de l'évangile selon saint Matthieu fait défaut.

Fol. 93 v° : fin de l'évangile selon saint Matthieu et début de celui selon saint Marc.

Fol. 143 : fin de l'évangile selon saint Marc.

Fol. 143 v° : début de l'évangile selon saint Luc.

Fol. 253 v° : évangile selon saint Jean.

Fol. 291 v° : fin de l'évangile selon saint .Jean. Notes marginales.

Fol. 292 : notices et mémoriaux.

Fol. 292 v° : notices et mémoriaux.

Écriture d'une impeccable régularité, mais impersonnelle, c'est le scribe Rabula, distinct peut-être de l'enlumineur. Ce Rabula ne doit pas être confondu

byzantin, dans André Michel, Histoire tic l'art depuis les premiers temps chrétiens, t. I, grand in-8°, Paris, 1905, p. 228-220.

RABULA

avec son homonyme qui devint évêque d'Édesse (412- 435)'.

Quant aux enlumineurs, ils sont deux et d'époques différentes, celui des pages pleines et celui des miniatures marginales.

III. Miniatures. — En 1742, Etienne Évode Assemani (voir Dictionn., t i, à ce nom) publia le Bibliothecie Mediceœ Lawentiae et Palatinse codicum manuscriptorum orienlalium catalogus, qui contient la description du ms. sir. ;><i avec 26 planches; en 1752, ce fut au tour de A. -M. Biscioni dans son Bibliothecœ Mediceo-Laurentianœ ratalogus, t. i, p. 169-199 avec de nouveau les 26 planches qui confinent à la carica-

•10585. — Élection de l'apôtre Mathias

Miniature du manuscrit de Rabula, d'après Mélanges

Charles Diehl, 1930, t. n, p. 87, fig. 9.

ture. Il fallut attendre plus d'un siècle pour trouver dans la Sloria dell' arte crisliana de R. Garrucci, au tome m (1876), pi. cxxvni à cxl inclus, un commentaire amélioré et des planches déjà plus satisfaisantes. Depuis lors des reproductions phototypiques ou autres ont mis à la portée des archéologues plusieurs miniatures du manuscrit que nous signalerons dans l'énumération descriptive qu'on va lire d'après l'étude du manuscrit de Florence faite en 1928 par M. Fr. Macler, dans Mélanges Charles Diehl, in-4°, Paris, 1930, t. n, p. 81-97.

Fol. 1. Élection de l'apôtre Mathias, d'après Act., i, 15-26, pour remplacer Judas Iscariote. Les onze sont réunis en cercle, en bas à gauche, saint Pierre a pris la parole, et devant lui deux candidats debout : Juste, à droite et Mathias à gauche (fig. 10585). Ce feuillet, en parchemin, isolé, est monté sur un onglet en parchemin. Fond vert, colonnes lie de vin, toit rose couronné de verdure piquée de fleurettes roses. Cette représentation est exceptionnelle dans l'art chrétien primitif. — Assémani, pi. i; Biscioni, pi. i; Garrucci, t. m, pi. cxxvm, 1 ; Macler, p. 87, fig. 9.

Fol. 1 v°. La Vierge et l'Enfant sous un ciborium,

1 Rubens Duval, La littérature syriaque, in-12, Paris, 1907, p. 339-340; cf. Reclierches de science religieuse, t. XVIII,

DICT. D'ARCH. CHRÉT

entre deux paons. — Ass., pi. n; Bise, pi. n; Garr., pi. cxxvm, 2; Macler, p. 87, fig. 10 (d'après Ass.).

Fol. 2. Ammonios (à droite) et Eusèbe (à gauche), debout sous un édicule dont le toit porte deux paons; cette miniature est peinte sur un feuillet de parchemin différent des autres feuillets enluminés. — Ass., pi. m; Bise, pi. m; Garr., pi. cxxix, 1; H. Peirce et R. Tyler, L'art byzantin, t. n, 1934, pi. cem a.

Fol. 2 v°. Texte d'Ammonius et d'Eusèbe sur deux colonnes; feuillet sur onglet.

Fol. 3. Suite et fin du texte d'Ammonius et d'Eusèbe, sur deux colonnes, dans des encadrements multicolores.

A partir du fol. 3 v° jusqu'au fol. 12 v°, canons de concordance qui forment deux séries distinctes pour l'architecture et l'ornementation. La première série offre des scènes des deux Testaments (fol. 3 v° à fol. 9) en marge, presque tous les personnages sont nimbés à l'exception de Samuel et Josué (pi. 4), Jonas endormi (fol. 6), Daniel (fol. 8 v°), Matthieu et Jean (fol. 9 v°). La deuxième série (fol. 9 v°-12 v°) ne comprend que des scènes et des personnages du Nouveau Testament ; les arcs sont surmontés de fleurettes, de boutons de fleurs et de fruits.

Fol. 3 v°. « Canon premier, dans lequel les quatre évangélistes ont été d'accord ensemble. » En haut, à droite : Aaron tenant la verge fleurie et portant le pectoral orné de quatre pierres précieuses; à gauche : Moïse et la scène du buisson ardent. En marge droite, l'annonce faite à Zacharie qui tient la tablette sur laquelle est gravé le nom de son fils. — Ass., pi. iv; Bise, pi. iv; Garr., pi. cxxix, 2.

Fol. 4. Début d'un 2e cahier rapporté. » Canon premier. » Josué, en guerrier, Samuel tenant une corne d'abondance. En marge, l'Annonciation avec ces mots en syriaque : « Voici la servante du Seigneur. » — Ass., pi. v; Bise, pi. v; Garr., pi. cxxx, 1.

Fol. 4 v°. « Canon premier ». En haut, droite, David roi, debout, tient une lyre. En haut, gauche, Salomon, assis sur son trône, tous deux imberbes et nimbés d'or. En marge, droite, la Nativité; gauche, Baptême du Christ. En bas, à droite et à gauche : Jugement de Salomon. — Ass., pi. vi; Bise, pi. vi; Garr., pi. cxxx, 2; W. Neuss, Die Kunst der alten Chrislen, 1926, pi. lxxxv, fig. 173.

Fol. 5. « Canon deuxième, dans lequel trois évangélistes parlèrent et furent d'accord ensemble » (Matth., Marc, Luc). Osée à droite, Joël à gauche. Hémorrhoïsse. Miracle de Cana avec six vases. — Ass., pi. vu; Garr., pi. cxxxi, 1.

Fol. 5 v°. « Canon deuxième ». En haut, droite, Amos; gauche, Abdias. En marge : la fille de Jaïre. — Ass., pi. vm ; Bise, pi. vin; Garr., pi. cxxxi, 2.

Fol. 6. « Canon deuxième ». En haut, droite, Jonas endormi; gauche, Michée. En marge, la Samaritaine. — Ass., pi. ix ; Bise, pi. ix: Garr., pi. cxxxn, 1; G. Millet, Art byzantin, p. 228-229, fig. 126; H. Peirce et R. Tyler, L'art byzantin, t. n, 1934, pi. ccn a.

Fol. 6 d°. « Canon deuxième ». En haut, droite, Nahum; gauche, Sophonie. En marge, résurrection. — ■ Ass., pi. x; Bise, pi. x; Garr., pi. cxxxn, 2.

Fol. 7. « Canon troisième, dans lequel trois évangélistes sont d'accord ensemble. » En marge, droite, la scène a été lavée; à gauche, trois personnages, peutêtre Jésus, Moïse et Élie. En haut, droite, Job; gauche, Isaïe. — Ass., pi. xi; Bise, pi. xi; Garr., pi. cxxxm, 1.

Fol. 7 v°. « Canon quatrième dans lequel trois évangélistes encore ont parlé et furent d'accord ensemble » (Matt., Mare, Joa.). En haut, droite, Habacuc; gauche, Aggée; en marge droite, Jésus parle à un homme.

1928, p. 178-209; P. Peeters, dans Byzantion, t. v, 1929- 1930, p. 690-692; Revue biblique, 1931, p. 120-129.

RABULA

— Ass., pi. xii ; Bise, pi. xn; Garr., pi. cxxxm, 2.

Fol. 8. « Canon cinquième dans lequel deux évangélistes ont parlé et ont été d'accord ensemble » (Matt., Luc). En haut, droite, Zacharie avec une faucille; gauche, Jérémie. En marge, gauche, personnage mutilé par le relieur. — Ass., pi. xin; Bise, pi. xm; Garr., pi. cxxxiv, 1.

Fol. 8 v°. « Canon cinquième » (Matth., Luc). En haut, droite, Ézéchiel; gauche, Daniel; en marge, le Christ délivrant deux démoniaques. — Ass., pi. xiv; Bise, pi. xiv; Garr., pi. cxxxiv, 2; Macl., p. 87, fig. 12.

Fol. 9. « Canon sixième, dans lequel deux évangélistes encore ont parlé et ont été d'accord ensemble » (Matth., Marc, Luc, Joa.). En haut, droite, Malachie; à gauche, Elisée. En marge, la scène du didrachme (Matth., xvii, 27). — Ass., pi. xv; Bise, pi. xv; Garr., pi. cxxxv, 1.

Fol. 9 v°. « Canon septième dans lequel deux évangélistes ont été d'accord ensemble » (Matth., Joa.). Matthieu et Jean assis, pas nimbés, tenant leur évangile sur les genoux. Matthieu tient un livre ouvert, Jean un rouleau déployé. — Ass., pi. xvi; Bise, pi. xvi; Garr., pi. cxxxv, 2; Macl., p. 91, fig. 13.

Fol. 10. « Canon huitième, dans lequel deux évangélistes ont été d'accord ensemble » (Marc, Luc). Ils sont représentés, debout, nimbés, vêtus de blanc rayé de bleu, tenant leur évangile. — Ass., pi. xvn; Bise, pi. xvn; Garr., pi. cxxxvi, 1; Macl., p. 91, fig. 16.

Fol. 10 v°. « Canon neuvième, dans lequel deux évangélistes ont été d'accord ensemble » (Luc, Joa.). » Ici commence, d'après M. Fr. Macler, une série de canons de concordance d'une architecture tout autre que les précédentes; il n'y a plus de scènes et de personnages de l'Ancien Testament. Il faut voir, dans cette différence, des feuillets rapportés, inspirés d'un autre manuscrit ou dessinés et peints d'après un autre original. A partir des feuillets où sont représentés les évangélistes, les architectures ont des arcatures différentes, surmontées d'oiseaux (canards) qui présentent une grande ressemblance avec les manuscrits arméniens du même genre. On pourrait se demander si on n'a pas là affaire à des sortes de canons de concordance passe-partout, dessinés et peints par des artisans (quelquefois des artistes), qui les vendaient, anépigraphes, aux églises et aux monastères qui en faisaient la demande et qui, plus tard, faisaient écrire dans leurs langues (grecque, syriaque, arménienne) les canons de la concordance évangélique. » — Ass., pi. xviii ; Bise, pi. xvm; Garr., pi. cxxxvi, 2.

Fol. 11. « Canon dixième, de Matthieu, où lui tout seul sur chose et autre, a écrit et parlé » (Matth.). Le Christ assis, trois groupes d'infirmes. — Ass., pi. xix ; Bise, pi. xix; Garr., pi. cxxxvn, 1; Macl., p. 91, fig. 19.

Fol. 11 v°..t Canon dixième, de Marc, où, lui seul, sur chose et autre, a parlé et écrit. » Procession des rameaux, communion des apôtres. — Ass., pi. xx; Bise, pi. xx; Garr., pi. cxxxvn, 2. Voir Dictionn., t. vin, col. 807, fig. 6528 et t. xi, col. 1281, fig. 8111.

Fol. 12. « Canon dixième, de Luc, où lui seul, sur chose et autre, a parlé et écrit ». Le baiser de Judas. — Ass., pi. xxi ; Bise, pi. xxi; Garr., pi. cxxxvm, 1.

Fol. 12 v°. « Canon dixième, de Jean, où lui seul sur chose et autre a écrit. » Pilate à son tribunal, presque effacé. — Ass., pi. xxn; Bise, pi. xxn; Garr., pi. cxxxvm, 2. Voir Dictionn., t. II, col. 1948, fig. 2018.

Nous arrivons maintenant aux miniatures en grande page.

Fol. 13. Crucifixion et résurrection, « d'un coloris très bigarré, presque laid », écrit Fr. Macler. C'est la raison qui nous détourna d'en donner une reproduction en couleurs, d'après celle de Ch. Labarte, Histoire des arts industriels au Moyen Age et à l'époque de la Renais-

sance. Album, in-4°, Paris, 1864, t. n, pi. lxxx; B. Fôrrer et A. Muller, Kreuz and Kreuzigung Christi, in-8°, Strasbourg, 1894, p. 220, pi. m; A. de Waal, Das Kleid des Hernn, in-8°, Freiburg, 1891, pi. i, n. 1 ; R. Garrucci, Storia, t. m, p. 61, pi. cxxxix, n. 1 (voir Dictionn., t. m, col. 3075, fig. 3380); — Ass., pi. xxm; Bise, pi. xxm; W. Neuss, op. cit., pi. lxxxiv, fig. 171.

Fol. 13 v". Ascension, feuillet monté sur onglet, nous en avons donné une reproduction. — Ass., pi. xxiv; Bise, pi. xxiv; Garr., pi. cxxxix, 2; Macl., p. 93, fig. 21 ; H. Peirce et R. Tyler, L'art byzantin, t. n, 1934, pi. ccn b; W. Neuss, op. cit., pi. lxxxiv, fig. 172 (voir Dictionn., t. i, col. 2932-2934, pi. hors texte). Cf. Rev. d'hist. ecclés., 1935, p. 121.

Fol. 14. Le Christ entre quatre personnages. Le Christ assis, les quatre personnages debout à ses côtés, on a proposé d'y voir deux évoques et deux moines, ou bien Moïse, Aaron et deux apôtres. — Ass., pi. xxv; Bise, pi. xxv; Garr., pi. cxl, 2, voir Dictionn., t. xi, col. 1281, fig. 8112.

Fol. 14 v°. La Pentecôte. — Ass., pi. xxvi; Bise, pi. xxvi ; Garr., pi. cxl, 2; Diehl, Justinien, pi. iv, p. 336; H. Leclercq, Manuel d'archéol. chrét., t. il, 1907, p. 609-610, fig. 392; Dictionn., t. xi, col. 1285. fig. 8113.

IV. Classement. — Au jugement de M. Fr. Macler « les miniatures ne sont pas contemporaines les unes des autres et, soit par le dessin, soit par le coloris, elles doivent être rapportées à des époques très différentes. » En outre, elles ne sont pas placées dans leur ordre logique et d'après la conservation généralement bonne des couleurs, cet érudit propose un classement qui se ramène à peu de chose près à celui que nous avons suivi :

1° Ammonius et Eusèbe, la Vierge à l'Enfant, le Christ entre quatre personnages.

2° Les canons de concordance de l'Ancien et du Nouveau Testament; les évangélistes assis, les évangélistes debout; les canons de concordance du Nouveau Testament.

3° Crucifixion. Ascension, Élection de Matthias, Pentecôte.

« Ces miniatures ne procèdent ni de la même inspiration artistique, ni du même atelier. Les tableaux de concordance ne sont pas spécifiquement syriaques; on en rencontre d'analogues chez les Arméniens, chez les Byzantins et même en Occident. A comparer certaines arcades de Rabula et de tétraévangiles arméniens, on pourrait se demander s'il n'y avait pas des ateliers où l'on peignait de ces arcades et de ces frontispices pour les tableaux de concordance évangélique. Et l'acquéreur. Arménien, Byzantin, Syrien, aurait ensuite fait écrire dans sa langue les canons et les autres indications relatives au texte évangélique.

« On pourrait peut-être envisager que les enluminures en pages pleines, telles que la Crucifixion, l'Ascension, l'Élection de Matthias et la Pentecôte sont d'une date assez ancienne, à moins qu'elles ne soient au contraire des copies relativement tardives d'originaux plus anciens. Les enluminures représentant Ammonios et Eusèbe, la Vierge à l'Enfant et le Christ trônant sont sûrement d'une autre main et d'un autre atelier que les précédentes.

« Par contre, les canons de concordance, avec leurs jolies arcatures et leurs miniatures marginales trop souvent rognées par le relieur, sont du plus bel effet à l'œil. Le coloris est bien conservé et encore très vif. Bien qu'il semble y avoir deux motifs architecturaux différents, on se croit autorisé à tenir ces feuillets de concordance comme procédant du même atelier, sinon du même enlumineur l, »

H. Leclercq.

1 Fr. Macler, op. cit., p. 95-96.

RACHIMBOURGS

RACHIMBOURGS. — I. La thèse générale.

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